Opprimées, les femmes musulmanes ?

Avant de conclure que l’islam transforme systématiquement les femmes en citoyennes de second ordre, lisez ceci.

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Photo : Alamy

L’image de la musulmane prisonnière du carcan de sa religion, asservie par son père, ses frères, son imam, son mari, est tenace. Les récents débats sur le port du niqab lors de l’assermentation des nouvelles citoyennes, ou bien sur la présence en sol canadien d’imams fondamentalistes au discours misogyne, ont encore renforcé cette conviction dans l’esprit de bien des gens : l’islam serait incompatible avec l’émancipation des femmes.

Le sociologue Jeffrey Reitz, professeur de l’Université de Toronto qui étudie depuis 40 ans l’intégration des immigrants, a entrepris de mettre cette impression à l’épreuve. Les musulmanes du Canada sont-elles aussi opprimées que certains le prétendent ? Ses travaux, publiés l’année dernière dans la revue universitaire Ethnic and Racial Studies, font voler en éclats quelques idées préconçues.

Le chercheur a braqué sa loupe sur la participation des femmes au marché du travail : il a voulu savoir si, au sein des différents groupes religieux du pays, les femmes ont un peu, moyennement ou beaucoup moins tendance que les hommes à gagner leur pain en dehors du foyer. Un moyen puissant, souligne-t-il, de détecter lesquels ont les valeurs les plus conservatrices en ce qui concerne le rôle de la femme dans la famille et la société.

Remarquez, aucune communauté n’a encore atteint la parité sur ce plan, les Canadiens « de souche » non plus. Chez les Blancs nés au pays qui ne s’identifient à aucune religion, 79 % des femmes sont actives sur le marché du travail — c’est-à-dire qu’elles travaillent ou sont à la recherche d’un emploi — contre 88 % des hommes, ce qui donne un rapport femmes-hommes de 0,89 (un rapport de 1 correspondrait à l’égalité parfaite). Chez les Blancs natifs du Canada qui se disent catholiques, protestants ou d’une autre confession chrétienne, le rapport est d’environ 0,85.

Le sociologue a comparé ces chiffres à ceux des autres religions — musulmane, juive, bouddhiste, hindoue et sikhe. Il s’est aussi demandé s’il y avait une différence entre les nouveaux arrivants (installés au Canada depuis 10 ans ou moins), les immigrants de plus longue date (établis avant 1991) et les personnes nées ici de parents venus d’ailleurs. Ses données, tirées du recensement canadien de 2001, portent sur plus de trois millions de personnes, un échantillon gigantesque pour ce type de recherche. (Le recensement de 2006 ne comportait pas de question sur la religion et celui de 2011 n’était pas encore accessible.)

Au premier abord, les résultats de Jeffrey Reitz confirment le stéréotype : ce sont les musulmans récemment arrivés au pays qui montrent les plus grandes disparités entre les sexes. Dans cette communauté, 83 % des hommes travaillent ou sont à la recherche d’un emploi, mais seulement 47 % des femmes, pour un rapport de 0,57. Les deux autres groupes les plus inégalitaires sont les hindous et les sikhs d’immigration récente, qui présentent respectivement des rapports de 0,71 et 0,74.

Or, une analyse plus fine des données révèle un portrait beaucoup plus complexe.

1. Le pays d’origine en dit plus long que la religion

Quand on creuse davantage, on se rend compte que le pays d’origine est plus déterminant que la religion dans l’équation. Les musulmanes originaires de certains endroits — l’Égypte, la Turquie, le Liban et, en particulier, le Pakistan — sont nettement moins nombreuses sur le marché du travail que les hommes, c’est vrai. Mais les Somaliennes, les Algériennes, les Marocaines, les Afghanes et les Iraniennes, par exemple, sont moins désavantagées. Il y a même des musulmans qui, à leur arrivée, sont plus égalitaires que les Canadiens « de souche » : ceux de la Bosnie.

Mettre tous les coreligionnaires dans le même panier occulte ces nuances culturelles. Même chose pour les immigrants de confession chrétienne : ceux de certains pays sont particulièrement équitables (les Français, les Philippins, les Chinois et les Haïtiens, par exemple), d’autres le sont beaucoup moins. Les chrétiens récemment arrivés de l’Allemagne, des Pays-Bas ou du Portugal, notamment, présentent des rapports femmes-hommes aussi bas que ceux des musulmans issus de l’Égypte ou de la Turquie.

2. L’intensité de la foi n’a rien à voir

Elles peuvent fréquenter la mosquée tous les vendredis, prier à la maison plusieurs fois par jour, considérer que l’islam est essentiel à leur existence : cela n’a aucune incidence sur leur présence ou non sur le marché du travail. Lors du recensement de 2001, un sous-échantillon de 6 500 Canadiens ont répondu à un questionnaire mesurant leur religiosité. On a donc pu vérifier s’il existait une corrélation entre l’intensité de la pratique religieuse et l’activité économique — autrement dit, si les immigrantes les plus attachées à leur foi étaient davantage confinées dans le rôle traditionnel de la femme au foyer. Résultat : ça n’a aucun rapport. Pas chez les musulmanes, en tout cas.

3. Le temps arrange les choses

Les écarts entre les sexes sont bien plus profonds chez les immigrants qui viennent de s’installer au Canada que chez ceux qui y vivent depuis longtemps. Plus le temps passe, plus les néo-Canadiens ressemblent à la population générale, qu’ils soient musulmans, sikhs, bouddhistes ou hindous. En fait, il suffit d’une génération pour que les immigrantes rattrapent leur retard sur les autres Canadiennes en matière de participation au marché du travail.

Ainsi, bien que les musulmans soient particulièrement inégalitaires sur ce plan lorsqu’ils entrent au pays, une génération plus tard, ils sont carrément indifférenciables des Canadiens « de souche ». Pareils ! Une musulmane née ici de parents étrangers a autant de chances d’avoir son propre gagne-pain qu’une Blanche catholique ou protestante. (Plus précisément, les musulmans natifs du Canada présentent un rapport femmes-hommes de 0,87, tandis que les Blancs de confession chrétienne se situent à environ 0,85.) « Une croyance répandue veut que les musulmans aient des valeurs en matière d’égalité des sexes qui rendent leur intégration à notre société plus difficile, dit le professeur Jeffrey Reitz, joint à son bureau de l’Université de Toronto. Mais ce discours est davantage une réaction aux événements politiques extérieurs que le fruit d’observations de leur comportement réel. Quand on regarde l’évolution de la participation économique au fil des ans, c’est fascinant de constater à quel point l’assimilation fait son œuvre. Dans tous les groupes religieux, il y a des changements considérables qui se produisent dans les attitudes à l’égard du statut de la femme, et ce, en un laps de temps relativement court. »

4. Et au Québec ?

Selon des analyses que Jeffrey Reitz n’a pas encore publiées, les musulmanes du Québec ont autant leur place sur le marché du travail que celles du reste du Canada, et peut-être même plus, révèle le chercheur. La musulmane québécoise serait-elle plus égale à son homme que son homologue canadienne ? C’est un résultat qui reste à confirmer. Mais une chose est sûre : à Montréal comme à Toronto ou Vancouver, l’islam n’empêche pas à lui seul les femmes de voler de leurs propres ailes professionnellement. Et ça — la possibilité de s’épanouir autrement que comme épouse ou comme mère, l’occasion d’acquérir une autonomie financière —, c’est le début de l’émancipation.

 

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39 commentaires
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Encore une fois, il faut crier haut et fort que la religion, la foi religieuse relève du domaine privé et personnel. Que la religion qu’est quelle soit CESSE d’être un passe-droit au dessus de la CHARTE CANADIENNE, du CODE CIVIL et de l’IDENTITÉ CANADIENNE. Que CESSE la convergence identitaire par l’islam; ethnie, politique, justice, éducation, moeurs sociales et individuelles, coutumes vestimentaires, signes ostentatoires = religion = SOURCE de tous les maux qui nous accablent nous les CANADIENS et surtout les musulmans eux-mêmes… Me semble que c’est CLAIR !!! Et je prie que nos médias officiels sachent décrie cette réalité. Et je souhaite que notre chère CHARTE soit dépoussiérée et remise à jour afin de nous assurer une paix sociale vraie et durable.

N’y a-t-il pas un genre de dicton qui dit : on ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre !

Libérez vous de ces grands foulards qui vous gênes

Peut-être que ces foulards ne les gênent pas, au contraire. Imaginez le matin, vous mettez votre foulard au lieu de passer 10-15 minutes pour vous coiffer… c’est beaucoup plus rapide. Ce qui me gêne, par contre, c’est le visage caché !

Discours de pudeur, discours sur des visons debilitante du corps de la femme et de la l’homme, des relaitons home-femme, contact home femme, phobie sexuelle, phobie du corps, phobie de d’une mixite home-femme …

segregation a la piscine, meme dans des conferences a l’universite …

chriurgie de reconstruction …. virginite …

discours de la matante, mononcle, frère, soeur, pere, mere, toute la famille etendue …

De mon point de vue la situation ressemble ( dans la maniere ) a la facon dont on
cachait l’inceste dans les annees 50 …. on va regler ca entre nous autre …. entre membre du nous ….

Combien de choc de valeur entre des enfants d’immigrant pis leur parents et leur famille …

Meme la DPJ sait meme pu ou donner de la tete la dedans …

Lire un texte comme le votre c’est pas croyable …. j’ai jamais fait d’etude en science molle … mais je peux pas croire a ces discours aussi naïf dans les rapports entre les individus comme si on s’impreignait meme pas de sociologie, psychologie et du reel ….

Vos propos sont encore plus caricaturaux que l’image que vous vous faites des musulmans.

Comment on fait pour poser une question?.. Et interroger la journaliste directement?

Selon votre article le sociologue Jeffrey Reitz utilise comme définition femmes actives sur le marché du travail — c’est-à-dire qu’elles travaillent ou sont à la recherche d’un emploi. Une telle prémisse ne peut qu’introduire un biais dans le résultat des conclusions. Mettrait-il dans le même panier les personnes qui souhaitent manger et celle qui mangent… combien auraient faim ? La véritable question est: Combien de ses femmes ont-elles réellement intégré le marché du travail et ont un emploi ?

Ce n’est pas surprenant que les immigrants acceptent que leurs femmes travaillent: ils ne peuvent pas survivres sur un seul salaire (souvent moindre en raison de la perte de leur éducation et expériences de travail). De plus, le fait que les femmes travaillent n’est pas nécessairement un signe d’indépendance. Si toute la culture, la religion et surtout les familles s’attendent a ce qu’elles ne divorcent pas, qu’elles obeissent a leur maris et qu’elles ne soient jamais sans supervision, le fait de travailler ne change pas grand chose. La cage est simplement un peu plus grande.

Il y a égalité tant qu’au marché du travail….OK….mais pou le reste ??????
Pourquoi le voile ( cheveux en tant qu’objet sexuel, attirance sexuelle, beauté trop belle ?????? ), pourquoi la femme entre à la mosqué par le porte arrière, pourquoi l’homme permet des permissions ???? etc.
Et vous parlez d’ÉGALITÉ…………………………..ce n’est pas ma valeur québécoise…la mienne , elle est entière et partout.

Il faudrait comprendre que le monde ne peut avancer avec une seul pensée que celle des occidentaux qui dictent leurs lois et leurs idées aux autres ; L’Islam a émancipée plutot la femme avant car c’est Mohamed qui avait fait cesser toute les stigmatisations que subisser les femmes il faut la mondialisation dans la diversité culturele car tous les peuples n’ont pas les memes cultures et aucune culture ne peut etre effacer totalement
tant que voudrant imposer ses pensées au reste du monde il yaura de stabilité dans les pays l’unité ne peut se faire que si l’un accepte et respecte l’autre

Je pe crois pas que les Québécois sont gênés par le port du voile. Mais, malheureusement, le voile, comme le Kirpan, peuvent paraître pour certains comme une démonstration du refus de s’adapter à la terre d’accueil. Pire, car tous devraient être heureux de vivre dans un Québec et un Canada comme le notré, ils veulent posséder la Terre d’accueil. Seule chose, c’est qu’ils oublient que lorsque la Terre d’accueil sera leur, il voudront la quitter par trop de malheurs.

Et les musulmans doivent comprendre que les pays occidentaux ont chacun leurs propres lois et traditions, et qu’ils n’ont pas à s’imposer et vouloir vivre comme chez eux dans leur pays d’accueil.
Là où je vis, les Français ont leur conception toute particulière de la laïcité (rien de plus étonnant quand on voit ce que ce pays a traversé par rapport à la religion et à son influence, du baptème de Clovis au mouvement de mai 68, en passant par les croisades, la Saint-Barthélémy ou l’affaire Dreyfus, et maintenant les attentats islamistes). Et pourtant, les musulmans continuent de manquer de respect à ce pays, à exiger des passe-droits, sont d’abors musulmans et ensuite éventuellement Français.

Elles sont présentes partout mais uniquement parce que les hommes de leur famille leur donnent la permission.Au moindre écart de conduite,elles sont punies sous le couvert du »crime d’honneur ».Elles veulent vivre libres,loin de toute contrainte et avec raison mais il y a touours quelqu’un derrière qui tire les ficelles.

Merci pour cette information qui permet d’objectiver. De plus, il y a probablement un bon nombre de femmes immigrantes qui ont un service de garde à domicile à la fois pour élever leur famille et parce que leur formation n’est pas reconnue chez nous. C’est le cas près de chez moi.

N’embêtez-pas trop les chantres de l’identité québécoise menacée avec des faits, leur idée est trop bien arrêtée.

Pas surpris du résultat de la recherche.

Le monde musulman n’est pas uniforme comme certains aiment penser; la culture locale de chacun a beaucoup plus d’impact sur son comportement que sa religion, j’irai même à dire qu’il y a des saveurs de religions, l’islam de la Turquie ou le Maroc n’est pas celui de l’Arabie Saoudite ou le Yemen.

Le monde musulman ne parle même pas la même langue, comment voulez-vous partager une culture quand on parle Turque en Turquie, le Farsi en Iran, L’indonésien en Indonésie (plus grosse population musulmane au monde en passant) et une multitude de dialectes arabes aussi comparable les uns des autres que le Créole d’un Hatien est proche du Français d’un Parisien.

Malheureusement, la nuance n’est pas une vertu de nos bien-pensants…

79 % des femmes blanches sont actives sur le marché du travail contre 47% des femmes musulmanes.
Désolé, mais l’écart est considérable

Votre logue a joué par la suite avec les dénominateurs pour diluer le produit.

L’emploi n’est qu’un indicateur parmi plusieurs autres et on ne peut tirer de conclusions globales comme le fait l’article. D’abord, la grande majorité des religions tendent à opprimer les femmes étant des créations humaines et une question de pouvoir et de contrôle, ce qui fut l’apanage des hommes pendant au moins quelques millénaires. Ensuite, plusieurs familles immigrantes n’ont pas le choix si elles veulent vivre décemment dans ce pays et souvent la femme n’a pas le choix de travailler surtout que les diplômes étrangers ne sont pas reconnus ici. L’oppression n’est pas uniquement une question de pouvoir aller travailler (les esclaves en savent quelque chose) – on peut très bien être opprimée et forcée d’aller travailler quand même.

Là où l’étude touche probablement un point important c’est que la culture (le pays ou la région d’origine) joue beaucoup dans le niveau de liberté / oppression des femmes qui viennent au Canada pour y immigrer. C’est tout à fait vrai qu’il y a des pays dits musulmans où les femmes sont plus émancipées que d’autres, tout comme les pays chrétiens etc. D’ailleurs il y a des pays musulmans où toutes les femmes doivent porter le niqab en public alors que d’autres où il n’y a pas de telle obligation et où les femmes ont plus de liberté de se vêtir comme elles le veulent.

Mais il reste un fait: l’islam, comme bien d’autres religions, tend à marginaliser les femmes et à fermer les yeux sur, voire encourager leur oppression. C’est une question de pouvoir et on sait que le pouvoir est une drogue très puissante…

ce n’est pas parce qu’elle travaille, qu’elle aura l’autonomie financière – qu’elle est sont réelle pouvoir décisionnel à tout les niveaux – c’est là qu’elle l’égalité homme-femme se mesure.

Prendre des données de 2001 pour expliquer la réalité de 2015, ça m’apparait très biaisé.

La montée des discours radicaux religieux mulsulmans des dernières années et les effets concernant l’égalité entre les sexes ne peut pas apparaitre dans les résultats de 2001.

De plus, quelles sont les tailles d’effet des données obtenues dans cette recherche ? Parce qu’avec un si grand échantillon, il est statistiquement très facile de trouver des résultats et c’est la taille d’effet qui nous permet de savoir à quel point cela explique le phénomène étudié. Des informations importantes ne sont pas divulgées au lecteur, ce qui l’empêche d’avoir une opinion éclairée sur le sujet.

Par ailleurs, affirmer que l’accès au travail des femmes est un signe d’égalité, c’est vrai, mais c’est partiel. L’égalité entre les hommes et les femmes n’est pas seulement une question d’accès au travail… Il faudrait mesurer beaucoup d’autres variables pour en arriver à une telle conclusion sur l’opression des femmes de différentes confessions (religieuses ou laiques).

En somme, je trouve que cet article manque de rigueur.

Si les musulmanes sont moins opprimées ici que chez eux c’est simplement qu’ici ce sont nos lois, nos droits et nos libertés qui s’appliquent et non ceux de leur pays d’origine. Ici une musulmane a le droit de divorcer sans tout perdre, ça rend peut-être les maris un peu plus «honnêtes»…

Morale de l’histoire il faut continuer à protéger jalousement nos droits et libertés individuels, y compris celui de religion.

Aux féministes enragées qui tentent de « libérer » ces femmes voilées: que pensez-vous des étudiantes voilées qui saccagent notre UQAM ces temps-ci?

Pourquoi ne les « libérez-vous » pas???

Ai-je bien compris que l’égalité passe impérativement par le marché du travail ?
Quant à moi une femme qui porte le niquab qu’elle travaille à l’extérieur ou non n’est pas égale aux hommes de son milieu.

Dommage qu’il n’y ait pas de comparaison avec les agnostiques et les résolument laïques…

Alors pourquoi, se sentent-elles obligées de se déguiser si elles ne sont ni asservies par leur religion , ni par les hommes. La religion est une affaire personnelle, qu’elles cessent de nous imposer leur signe religieux.

Cette analyse est fort limitée, réduite à la présence sur le marché du travail. Ce n’est pas du tout suffisant pour dire si un groupe de femmes sont opprimées ou non. Je partage cependant les nuances faites sur la question du lieu d’origine. Les traditions peuvent varier selon les pays (et être attribuables, dans certains cas, à d’autres facteurs que la religion).
En plus de s’intéresser à la présence des femmes sur le marché du travail, par contre, il faut se questionner sur d’autres aspects. Entre autres:

Ces femmes ont-elles la possibilité de choisir si elles vont se marier ou non? Si elles choisissent de ne pas se marier, est-il accepté qu’elles soient indépendantes financièrement de leur famille? Si elles se marient, peuvent-elles choisir leur conjoint? Peuvent-elles épouser quelqu’un en dehors de la communauté ethnique et/ou religieuse, ou se font-elles discrètement amener dans le pays d’origine de leur famille pour y marier un homme choisi par celle-ci? Ont-elles accès à la contraception? Peuvent-elles décider de ne pas avoir d’enfant? Risquent-elles des représailles si elles se font avorter? Doivent-elles craindre pour leur vie si jamais elles ont le malheur de se faire agresser?

Une femme peut avoir un travail à l’extérieur et se faire imposer un mari, se faire interdire de se marier à l’extérieur de la communauté, devoir subir un mariage forcé dans le pays d’origine (qui sera subtilement présenté autrement aux autorités), et j’en passe.

Bravo Sophie la religion musulmane étouffe les femmes dans tout les domaines, moi je suis rendu allergique à ces femmes, et que pensez-vous des musulmanes enfermées chez elle avec tous les rideaux tirés , et des fillettes avec leur voiles (4, 5 ans) dans ma rue, dans mon cartier on en retrouve beaucoup, vous croyez qu’elles aiment ça
Karo

Égalité, liberté, oppression, foulard, niqab, …
J’ai le vertige, moi.
À nous, occidentales que pensons être libres …je vous demande …
C’est quoi le … maquillage, l’habillement selon les dictat de la mode, les cures d’amaigrissement/de jouvence à répétition, …et j’en passe ?
Ce n’est pas une forme d’oppression …par hasard ?
NON ! Évidemment !
C’est nous même qui le voulons ! Au nom de la …beauté ! Really ??
Égalité vous dites ?
Regardez combien des femmes occupent des postes de haute fonction ; dans le gouvernement, dans les entreprises …partout.
Même dans les emplois où il y a majoritairement des femmes – enseignement, infirmières …- la plupart des cadres sont …des hommes !! Il faut le faire …mesdames !
Oui, on a le droit de travailler – à un salaire moindre qu’un homme …mais ça …on l’oublie- (mémoire sélective ?)
Choisir son mari/conjoint. Divorcer/se séparer – dans +que 50% des cas – C’est très bien.
Il reste qu’en cas d’échec, les deux galèrent pareillement – l’occidentale et la musulmane –
J’ai beau à écouter le discours « féministe », « égalitariste », « libertaire » – et je suis …pour.
Mais je ne peux pas … ne pas voir, qu’on n’est pas si loin que ça, de ces « musulmanes » qu’on plaigne tant.
Toutes les religions ont opprimée les femmes.
Bien des femmes oppriment des …femmes. Je ne vous apprends rien, je pense.
Il faut juste ouvrir les yeux. Et commencer à regarder d’abord dans son jardin.
Je suis certaine que les musulmanes, sauront trancher et choisir, le moment venu – comme les occidentales l’on fait, il n’y a pas si longtemps (ne vous en déplaise)-
Cordialement, codalie

Votre analyse ne veut absolument rien dire! Comme plusieurs ont écrit, elles n’ont souvent pas le choix de travailler pour aider aux dépenses (probablement obligées de le faire). À part travailler à l’extérieur que font-elles? Vous n’en dites rien….Ce discours ressemble à une pub pour nous faire croire que ces femmes sont libres…Françou

Il aurait été intéressant de faire une association entre le degré de scolarité, le travail rénuméré avec le pays d’origine et la religion.
Il est possible que les femmes sont sur le marché du travail parce qu’elles n’ont pas le choix pour boucler le budget…

@ Noémi Mercier, on a l’ impression qu’ en lisant cet article que les musulmanes sont pratiquement égales aux hommes ici en Amérique! Je comprend que c’ est un questionnement le titre de votre article , mais ce que je vois dans la vie de tout les jours ne représente pas la lecture de l’ actualité et du quotidien que l’ on vit!! Je met en doute l’ étude et j’ aimerais qu’ on précise davantage l’ origine et le statut social de ses femmes!

User encore l’usage rhétorique de l’expression… Selon une étude….dont le site renvoi à une page web sans plus. User encore de la ruse du selon…
Le plus comique de vos propos est l’image qui illustre votre billet. Voilà une femme qui porte un voile de couleur joyeuse, souriante comme une publicité dans l’Actualité et non le voile noir à l’iranienne. Elle est joyeuse d’occuper un emploi comme préposé dans un centre d’appel.
Pour ce qui est de la visibilité d’une femme, d’une femme qui porte un voile, On passera et on se téléphone !

On ne naît pas femme : on le devient. On ne naît pas musulmane , on le devient. Les suffragettes portaient des très beaux chapeaux signe d’appartenance sociale quand elles marchaient pour le droit de vote des femmes. Simone Beauvoir portait un foulard à la manière des travailleuses d’usine malgré son appartenance bourgeoise. Son foulard signifiait que la condition féminine va au-delà des classes sociales.
Être une musulmane suppose un voile ? Elle pourrait aussi avoir un voile à temps partiel et un emploi à temps plein. C’est un choix de vivre le temps du travail et celui du temps spirituel.

Cette séparation entre ciel et terre est nécessaire pour que la séparation entre Église et État se concrétise réellement. Le temps humain n’est pas le temps du ciel.

Un petit rappel historique, le monde arabo-musulman est un monde dont la culture dominante est sans représentation, sans image. Même qu’il a tabou envers l’illustration de Mahomet dont certains sont morts pour avoir osé cette liberté de la caricaturé. Nous étions Charlie encore que des bons sentiments ! Le monde du regard, le regard comme appropriation, le regard de ce qui est permis de voir, de montrer, d’illustrer est frappé d’un tabou, d’un interdit …le sens du regard est oblitérer voire refouler…Le monde du voile est tissé dans cette culture de la non-représentation, de la non-visibilité avec une logique de la coercition qui impose la non-visibilité de la féminité d’une femme. On va se souvenir d’un des premiers gestes de la révolution iranienne a été d’imposé le voile.

La civilisation judéo-chrétienne et gréco-romaine qui informe l’Occident est un monde de l’image, assez d’images pour en faire des d’histoires, des histoires de de l’art, des musées, du commerce, un marché de représentation de soi jusqu’au monde des images télévisuel et cinématographique. De la mort de Mahomet on ne sait presque rien, mais de Jésus chaque église à son chemin de croix pour l’illustré.

Le voile a été une affaire de distinction de classe et de statue sociales avant d’être une affaire de coercition politique. Les femmes qui ne portaient pas de voile étaient soient des esclaves, soient des femmes de classe inférieure. On peut comprendre l’engouement pour le voile. La burqa que notre PM Harper dénonce touche aussi le monde du travail. Une femme avec une burqa fait quoi dans le monde du travail, un monde qui demande une interaction avec les autres !

Vous suggéré un islam modérer, avec des femmes souriantes qui porte un voile de couleur plus photogénique, plus facile à intégrer dans le marché du travail peu rémunérateur . C’est ce que souhaitent beaucoup de capitalistes. Normalisons le voile, de fille en mère pour reproduire un modèle d’une féminité qui la limite dans le temps et l’espace.