OQLF : après le «Pastagate», le «Facebookgate» ?

L’OQLF refait parler de lui dans les médias anglophones pour avoir demandé à une commerçante de traduire en français la page Facebook de sa boutique.

En octobre dernier, l’Office québécois de la langue française (OQLF) disait espérer que le fameux « pastagate » était désormais derrière lui, grâce à « son nouveau mode de traitement des plaintes et au bon jugement de ses fonctionnaires ».

Quatre mois plus tard, l’organisme refait parler de lui dans les médias anglophones pour avoir demandé à Eva Cooper, une commerçante de Chelsea, en Outaouais, de traduire en français la page Facebook de sa boutique de vêtements, Delilah in the Parc.

Sans action de sa part d’ici au 10 mars, elle devra faire face à une injonction qui pourrait aboutir à une amende. En réponse, Eva Cooper a demandé à l’OQLF de lui envoyer ses demandes en anglais. De bonne guerre.

« En fin de compte, pour moi, Facebook n’a rien à voir avec le Québec. Ça me fera plaisir de mélanger les langues, mais je ne vais pas faire chaque publication à moitié en français et en anglais », a expliqué Cooper au Toronto Star. L’entrepreneure utilise les réseaux sociaux pour prévenir ses clients des nouveaux produits en vente dans sa boutique, qui dispose d’un personnel bilingue et où l’affichage se fait dans les deux langues.

Le cas de Cooper met en lumière la nouvelle frontière à laquelle s’attaque l’OQLF : les médias sociaux. Les enquêtes liées aux plaintes les concernant sont récentes et peu fréquentes, a-t-il fait savoir.

« Aurai-je le droit de rédiger mes textes en anglais sur Pinterest ou Twitter ?» s’est questionnée Cooper.

Jean-Pierre Le Blanc, porte-parole de l’agence linguistique, a expliqué que Facebook et les médias sociaux sont soumis à la loi sur la publicité. « Si vous parlez à vos amis, ce n’est pas un problème, mais si vous faites une vente ou une promotion d’un produit ou d’un service, cela doit être en français. Notre demande est la suivante : si vous vendez au Québec, vous devez le faire en français. »

Eva Cooper, qui dit avoir publié sans problème des publicités unilingues dans des journaux anglophones québécois, ne voit pas les choses de la même façon. « Pour moi, Facebook, c’est une extension de notre service à la clientèle. Je ne fais aucune transaction […] alors il n’y a pas d’échange d’argent. Pour moi, c’est une façon de faire des annonces d’information », a-t-elle indiqué à Radio-Canada.

Cette affaire s’ajoute aux discussions pré-électorales initiées par Diane De Courcy, la ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles, qui a notamment expliqué, lors d’une rencontre avec les gens d’affaires de Montréal, vouloir éviter – si le Parti québécois obtient un mandat majoritaire aux prochaines élections – que le Québec bascule dans le bilinguisme institutionnel. Fini, donc, le « Bonjour-Hi » qui accueille les clients à l’entrée d’un commerce.

Ce débat a également été alimenté par la publication d’un sondage selon lequel la moitié des Anglo-Québécois ont songé à quitter la province au cours de la dernière année.

Marie-Lou St-Onge, journaliste à Radio-Canada Ottawa-Gatineau, s’est entretenue avec Eva Cooper.

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8 commentaires
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« Sans action de sa part d’ici au 10 mars, elle devra faire face à une injonction qui pourrait aboutir à une amende. En réponse, Eva Cooper a demandé à l’OQLF de lui envoyer ses demandes en anglais. De bonne guerre. »

Pourquoi plutot que de faire sa baveuse comme bien d’autre pourquoi elle fait pas juste traduire la page en francais.

J’essaie de comprendre son probleme et je le vois pas.

A part de la mauvaise foi.

Pour ma part, je comprends pas pourquoi l’etat communique dans une autre langue que le francais avec les entreprise. Tu fais des affaires au Quebec, on te parle en francais.

—-

« Fini, donc, le « Bonjour-Hi » qui accueille les clients à l’entrée d’un commerce. »

J’essaie de comprendre le probleme que des gens ont avec le visage francais de montreal dans les commerce et je le vois pas.

L’anomalie c’est d’accueillir le monde systematiquement en bilingue, la normalite c’est d’accueillir les gens en francais.

Prochaine étape de l’OQLF: envoyer une mise en demeure au monde entier?

Sont épais rare!!!

Toujours intéressant de vous lire François 1. Tenez-vous à ne pas mettre la cédille ou peut-être n’avez-vous pas un clavier le permettant?
Impressionnant de constater jusqu’à quel point vous êtes fidèle à une certaine philosophie.
Il est alors rapide de vous lire.
Peu importe le sujet, j’ai à chaque fois compris le sens de votre intervention avant même d’en avoir lu le premier mot!
Bonne journée!

Plus que tous les OQLF du monde, le pouvoir de la carte de crédit fait des miracles. Pas de français, pas de problème! Pas d’achat non plus. Je trouverai ailleurs.

« Eva Cooper, dit « Pour moi, Facebook, c’est une extension de notre service à la clientèle. »
-extension de notre service à la clientèle: et s’adresse-t-elle alors qu ‘à des Anglophones ou aussi à des francophones du Québec à partir d’une connection internet située au Québec, par une entreprise enregistrée au Québec et qui a pignon au Québec, là où une loi existe et qui régie la langue d’affichage et de publicité?
« Je ne fais aucune transaction […] alors il n’y a pas d’échange d’argent ». Aucune pertinence!
« Pour moi, c’est une façon de faire des annonces d’information » »: information ou publicité?

« Eva Cooper a demandé à l’OQLF de lui envoyer ses demandes en anglais. »
« De bonne guerre. »: S’il n’en était que de moi, l’état, les municipalités et le reste du même genre communiqueraient qu’en français et ne répondraient qu’en français, fourniraient les services à part qu’en de très rares exceptions qu’en français, dont ce cas-ci ne ferait pas partie. Ce serait de bonne guerre ! Car elle ne semble pas finie à ce que je comprend, cette guerre de la langue au Québec. Et pourtant…

Je me pose toujours la question, encore et encore et encore: pourquoi alors que les francophones qui représentent 23% de la population canadienne doit toujours se contenter de peu au chapitre de la langue alors qu’il existe dans ce pays 2, deux, 2, deux langues officielles et que les Anglos-Québécois qui en obtiennent beaucoup plus, énormément plus et en tout temps, n’en ont jamais assez et que ce genre d’entêtement existe encore, et encore, et encore, aussi longtemps après l’adoption de la loi 101, alors que ceux-ci ne sont que 18% de la population et qu’officiellement et légalement au Québec il n’y a que le français.

Une fois de plus cette dame, comme de nombreux aux exemples que je pourrais citer ici sans fin avant plusieurs jours et seulement pour les cas que je connais, la majorité pour les avoir vécu, me prouvent que la minorité anglophone veut continuer à ce comporter comme majoritaire au Québec.
Je me demande ce que serait la situation s’il n’y avait pas la loi 101. La majorité francophone serait certainement devenu la minorité, comme cela est à ce produire à Montréal.

Pour terminer, je tiens à préciser, que j’ai toujours déploré très amèrement que le Québec de la majorité (+ de 85% à son adoption) ait eu à adopter une loi pour forcer, pour tenter de forcer la minorité (- de 15% à son adoption) à respecter la majorité. En fait, je resterai toujours déçu de cette minorité, pour me limiter qu’à cela ici. Ce que j’ai vécu depuis en trop d’occasions et à répétition et toutes les Madame Cooper de la province ne font rien pour m’aider à changer ma perception de cette minorité Québécoise.

Car si je décode bien Madame Cooper, comme pour toutes les dames Cooper de la province, « ses services » à la clientèle francophone qu’elle offre et qu’elle dit offrir, elle ne le fait pas par respect pour sa clientèle mais par obligation de respecter une loi. En effet, car aussitôt, qu’elle interprète que cette loi ne s’applique pas, elle ne voit pas, elle ne comprend pas pourquoi elle devrait offrir du français à des francophones qui pourraient consulter ses « des annonces d’informations »!

Sincèrement, comment pourrais-je avoir du respect pour quelqu’un qui a une vision aussi tordue de respect?