Où est la monarchie? Elle est partout!

L’actuelle visite de William et Kate nous le rappelle : nous vivons dans une monarchie constitutionnelle. Et au quotidien, la présence royale est partout. Suivez le guide…

Où est la monarchie ? Elle est partout !
Photo : A. Wyld / PC

AU NOM DE LA REINE !

« Sa Majesté la Reine enjoint et commande à tous ceux qui sont ici réunis de se disperser immédiatement… » Tels sont les premiers mots de la proclamation de la Loi contre les émeutes du Code criminel canadien. Cette formule traditionnelle nous rappelle que le Canada est une monarchie constitutionnelle. Élisabeth II est reine du Canada et c’est en son nom que les lois, tant fédérales que provinciales, sont promulguées. Le ministère du Patrimoine rappelle dans son site que « dans la monarchie constitutionnelle qu’est le Canada, le gouvernement gouverne et la Couronne règne ».

 

BYE-BYE MONARCHIE ? PAS SI VITE…

Selon un sondage CROP-L’actualité, 64 % des gens estiment que le Canada devrait couper ses liens avec la monarchie britannique. Déjà en 2002, John Manley, vice-premier ministre du gouvernement libéral de Jean Chrétien, avait proposé qu’à la mort d’Élisabeth II le Canada remplace la monarchie par une institution canadienne. Il ne sera pas facile d’abolir la monarchie, car il s’agit d’un changement constitutionnel qui exige le consentement unanime du Sénat, de la Chambre des communes et des assemblées des 10 provinces. Ouf !

 

À NOS FRAIS !

Invités du Canada, le prince William et sa femme, Kate, visitent le pays depuis le 30 juin et ce, jusqu’au 8 juillet. Le coût de cette tournée royale, partagé entre Ottawa et les provinces visitées, est évalué à trois millions de dollars. L’État québécois a assumé les frais de la présence du couple au Québec les 2 et 3 juillet. Combien ? On le saura après la visite. La visite de 11 jours de Charles (photo : T. Rooke / Rex Features / PC) et Camilla au Canada, en 2009, avait coûté 2,57 millions de dollars.

 

1,59 $

La monarchie coûte plus cher aux Canadiens qu’aux Britanniques eux-mêmes ! Selon les estimations de la Ligue monarchiste du Canada, les dépenses occasionnées par la monarchie au Canada s’élevaient à un peu plus de 53 millions de dollars en 2007-2008 pour une population de 33,4 millions d’habitants, soit 1,59 $ par habitant. En 2010, les 62 millions de Britanniques ont dépensé 57,8 millions de dollars, soit 0,93 $ par habitant.

L’EFFET WILLIAM

La venue du prince et de sa femme au Québec laisse les deux tiers des Québécois indifférents, selon un sondage CROP-L’actualité. William est pourtant le plus populaire des membres de la famille royale au pays, récoltant 60 % d’opinions favorables, selon un sondage Angus Reid de décembre 2010. Charles (30 %) et Camilla (18 %) sont les mal-aimés. Une rumeur persistante veut d’ailleurs que la reine puisse demander à son fils d’abdiquer la couronne au profit de William.

 

LA REINE DU DOLLAR


En 1969, la Banque du Canada a commenc­é à remplacer le portrait de la reine sur les billets de banque par ceux d’anciens premiers ministres du pays. Avec la disparition progressive des billets de 1, de 2 et de 1 000 dollars, la reine n’apparaît plus que sur la coupure de 20 dollars (photo : iStock). Mais elle peut se consoler en songeant que ce billet représente, en nombre, 55 % de tout le papier-monnaie émis par la Banque du Canada et qu’elle figure sur toutes les pièces de monnaie.

 

JURER OU PAS

Le serment d’« allégeance à Sa Majesté la Reine Élisabeth II » est obligatoire pour tous les parlementaires fédéraux et provinciaux, pour les nouveaux citoyens canadiens, les juges et les membres des Forces armées. Sauf au Québec et au Manitoba, il est aussi imposé aux élus des conseils municipau­x. Depuis 2003, les fonctionnaire­s fédéraux peuvent lui substituer une « affirmation solennelle » qui ne comporte aucune mention de la monarchie. Même s’il a dénoncé cette promesse de fidélité à la reine, le député de Québec solidaire, Amir Khadir, a dû prêter serment, sinon il n’aurait pu siéger à l’Assemblée nationale.

 

UN PORTRAIT KING SIZE

La ville de Winnipeg retrouvera bientôt non seulement une équipe de hockey de la Ligue nationale, mais aussi peut-être le plus grand portrait connu d’Élisabeth II (photo : Ron Bull / Getstock.com). Ce portrait à l’huile de 5 m sur 7 constitué de 12 panneaux est l’œuvre du muraliste Gilbert Burch et il a trôné dans l’aréna de Winnipeg de 1979 à 1999. Des Winnipégois font pression pour que ce portrait, entreposé à Whitby, en Ontario, soit monté dans le MTS Centre, où devrait jouer la nouvelle équipe de hockey.

TIMBRÉS

La poste canadienne a exceptionnellement émis un timbre à l’occasion du mariage de William et Kate. La plupart des timbres per­manents n’ont plus de thématique royale, même si chaque bureau de poste a l’obligation d’avoir en stock le timbre classique à l’effigie de la reine. Et le portrait de la reine, jadis accroché dans tous les bureaux de poste, n’apparaît plus que dans les rares endroits où la demande populaire l’a fait sortir du placard. Mais la poste met en vente les pièces de collection que la Monnaie royale canadienne consacre à la famille royale.

 

ROYAL OU PAS

Entre 1801 et 2010, 86 organismes ont obtenu du gouvernement­ canadien la permission de porter la mention « royal ». Cela va de la Royal Institution for the Advancement of Learning, de l’Université McGill, au Royal College of Chiropractic Sports Sciences, en passant par l’Hôpital Royal Victoria et le Royal Automobile Club of Canada.

 

UNE COURONNE ÉVANESCENTE

Le terme symbolique de « couronne » est surtout présent de nos jours dans les expressions « procureur de la Couronne » et « terres de la Couronne ». Au Québec, elles ont été remplacées par « procureur aux poursuites criminelles et pénales » et par « terres du domaine de l’État ». Au fédéral, les terres de la Couronne sont devenues les « terres du Canada ». En justice pénale, le ministère public se définit toujours comme étant « la Couronne ».

La couronne elle-même (photo : A. Hussein / Empics Ent. / PC), l’objet de métal précieux, orne le passeport canadien, où elle sur­monte les armoiries du pays, indiquant la présence d’un souverain comme chef d’État.

 

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