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Le déclin de l’empire américain

On ne parle que du dollar canadien, mais cela occulte la vraie crise qui secoue la planète. Nous assistons – en direct – au déclin de l’empire américain. Tout montre la perte de puissance et d’influence des États-Unis, que ce soit dans les villes irakiennes ou sur les marchés financiers. Juste cette semaine, nous avons appris que la dette publique du pays venait de dépasser les 9 000 milliards de dollars, que les profits des banques américaines sont moindres que prévu à cause de la crise du subprime et que la banque centrale chinoise vient d’annoncer que ses énormes réserves de devises ne seront plus seulement en dollar américain. De plus, la journée de son introduction en Bourse, la capitalisation boursière de PetroChina dépassait celle de Exxon Mobil et de General Electric ensemble! Les avis sont partagés, mais une menace de récession plane sur le pays qui importe plus qu’il n’exporte et dont les consommateurs dépensent plus qu’ils ne gagnent. Le dollar américain était au cœur du système financier international et de toutes les transactions, il ne cesse aujourd’hui de perdre du terrain, notamment au profit de l’Euro. Pire, la flambée du pétrole ne cesse d’enrichir les ennemis des Américains, notamment l’Iran et le Vénézuela, alors qu’elle les appauvrit. Sans compter que l’allié pakistanais, rempart dans la défense de la démocratie dans cette région, vient de suspendre les droits et de proclamer l’état d’urgence. Ce n’est pas tout car la Turquie, un autre allié important, menace de compliquer davantage le bourbier irakien. Certains attendent que la Banque du Canada freine la progression du huard. Certes, le gouverneur de la banque centrale a un certain pouvoir, mais je le crois totalement impuissant face à des remous majeurs causés par de puissantes forces internationales. Je ne vois pas de pause dans ce tourbillon avant janvier 2009, à l’assermentation du successeur de George W. Bush.

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La folie Facebook

Caroline Bégin, 34 ans, n’en pouvait plus de voir ses proches succomber tour à tour aux attraits de Facebook. Elle a donc décidé de fonder un groupe de discussion pour les aider à se libérer de cette « nouvelle drogue quotidienne » qu’est devenu le populaire site de réseautage. En l’espace de quelques jours, des dizaines d’internautes se sont inscrits à ce regroupement, intitulé « Je suis accro à Facebook, mais j’essaie de m’en sortir ». À la manière des Alcooliques Anonymes, ses membres promettent de se rencontrer en personne, chaque mois, afin de parler de leur dépendance… « J’ai fondé ce groupe par dérision », précise en riant Caroline Bégin, doctorante en psychopédagogie à l’Université Laval. Facebook s’est répandu comme un virus sur son campus. Plus de 4 000 étudiants et professeurs se sont déjà inscrits au site, qui permet en quelques clics de créer une communauté virtuelle, de faire partager des photos, des vidéos, des idées, de comparer ses goûts avec ceux de son cousin ou de sa voisine et, surtout, de renouer avec des ex-camarades de classe ou de travail — ou d’anciennes flammes. D’abord conçu, en 2004, par un étudiant de Harvard pour aider ses condisciples à créer des liens entre eux, ce site n’a été ouvert au grand public que l’an dernier. Sa croissance suit depuis lors une courbe exponentielle : Facebook conquiert chaque jour plus de 200 000 nouveaux adeptes et devrait en compter 60 millions dans le monde d’ici la fin de l’année, selon la maison de recherche Forrester. « C’est tout un phénomène », dit André Caron, directeur du groupe de recherche sur les jeunes et les médias à l’Université de Montréal. Ce professeur vient d’ajouter Facebook au programme de son cours de maîtrise sur les technologies émergentes. D’après lui, le succès de ce site vient entre autres du fait qu’il permet de combler un besoin vital chez l’Homo sapiens : celui d’appartenir à un groupe. « Facebook a la même fonction qu’avaient, à une autre époque, les sous-sols d’églises. Sa plate-forme très conviviale permet aux gens de discuter et d’agrandir leur cercle social. » Facebook permet aussi de suivre, à distance, l’évolution de la carrière ou de la vie amoureuse de gens depuis longtemps perdus de vue. Une ancienne conquête se marie ? Un ami d’enfance publie en ligne un album photos de ses récentes vacances familiales ? Les utilisateurs sont tenus au courant de la moindre modification dans le profil de leurs amis grâce à la fonction Newsfeed. « C’est un peu effrayant, ça nous rend à la fois voyeur, exhibitionniste, espion et un brin parano », dit Julie Leduc, 28 ans, de Montréal… qui ne peut pourtant s’empêcher de s’y brancher plusieurs fois par jour. Pour le plus grand plaisir des dirigeants de Facebook. Car si l’inscription au site reste gratuite, les publicités qu’on y trouve rapportent, elles, des sommes colossales au fondateur et propriétaire, Mark Zuckerberg, 23 ans. Son équipe et lui disposent d’une arme fatale pour séduire les annonceurs : ils peuvent analyser le profil de chacun des utilisateurs — date de naissance, lieu de résidence, sports pratiqués, livres et films préférés, etc. — pour diffuser des publicités très ciblées. Les agences de marketing ont déjà flairé le potentiel de cet outil et les grands annonceurs se précipitent pour occuper ce nouvel espace virtuel. Au Canada, la Banque TD a créé un groupe de discussion dans Facebook pour « entendre les jeunes et les aider à parfaire leurs compétences en matière de gestion budgétaire ». De nombreuses autres entreprises ont aussi fait le saut, dont Jeep et Victoria’s Secret. Le jeune Zuckerberg a déjà refusé une offre de rachat du géant américain Yahoo!, évaluée à un milliard de dollars. Une bonne décision, puisque le site a par la suite accepté 240 millions de dollars de Microsoft en échange d’une participation d’à peine 1,6 %. Cette entente porte la valeur de la jeune entreprise à 15 milliards de dollars ! Les annonceurs ne sont pas seuls à saliver. Des politiciens ont également investi le site pour y cultiver leurs contacts — ou soigner leur image. Stéphane Dion, chef du Parti libéral du Canada, compte ainsi plus de 11 000 « amis », rebaptisés « supporters » sur sa page. (On y apprend peu de choses, sinon que son chanteur préféré est Jacques Brel.) La Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec et le Comité national des jeunes du Parti québécois ont eux aussi établi une antenne dans Facebook, dont ils se servent notamment pour mobiliser leurs militants et les inviter à des assemblées politiques. La chef du PQ, Pauline Marois, n’est pas membre du réseau, contrairement à sa fille, Catherine Marois-Blanchet, 28 ans. En septembre, au cœur de la controverse entourant La Closerie, la résidence de ses parents, à l’île Bizard, elle se vidait le cœur dans une lettre bourrée de fautes d’orthographe publiée sur sa page personnelle et accessible par une simple recherche dans Google. « Il parrait que j’habite dans le château de Moulinsard… Voulez-vous ben me dire qui se souvient de koi il a l’air ce putain de château ??? Ben j’ai une tite nouvelle pour vous autre : même pas une miette pareil que la Closerie, bande de morron qui croyaient vraiment que mes parents étaient assez cave pour copier Tintin… » Une partie de cette lettre a par la suite été diffusée à Infoman, l’émission télé de Jean-René Dufort, à Radio-Canada… De nombreux autres membres de Facebook ont appris à la dure que leurs actions en ligne ne se déroulaient pas sous le sceau de la confidentialité. C’est le cas de quelques recrues de l’Agence des douanes du Canada, qui ont récemment mis en ligne des commentaires désobligeants à propos des Québécois. Un ancien douanier a rapporté ces propos à la CBC, ce qui a plongé l’Agence des douanes dans l’embarras. En avril dernier, six élèves de l’école secondaire St. Thomas, à Pointe-Claire, ont été renvoyés après avoir dénigré leurs professeurs dans Facebook. Des élèves ont aussi fait l’objet de commentaires infamants, ce qui a attisé les craintes liées au cyberbullying, ce phénomène de harcèlement moral par Internet. Les utilisateurs de Facebook font souvent preuve d’angélisme. Ils auraient pourtant intérêt à prendre quelques mesures de précaution, dit Vincent Gautrais, titulaire de la chaire de l’Université de Montréal en droit de la sécurité et des affaires électroniques. « Le public peut se compromettre en donnant de l’information complètement anodine, dit-il. Les utilisateurs de Facebook révèlent fréquemment, dans leur profil, leur date de naissance, le nom de leur mère, de leur chien, de leurs enfants. Or, ces mêmes renseignements peuvent souvent servir à récupérer des mots de passe ou, pire encore, à usurper leur identité. » C’est d’autant plus vrai, note-t-il, que Google intègre depuis peu les pages de Facebook dans ses recherches. « Je ne veux pas être alarmiste, mais il ne faut pas non plus être naïf. Ce serait pourtant si simple d’améliorer la sécurité. » Pour bien des adeptes de Facebook, le plus grand danger semble plutôt… d’y rester accrochés. Marie-Noëlle, inscrite au groupe de discussion « Je suis accro à Facebook, mais j’essaie de m’en sortir », y parle fièrement des progrès accomplis dans sa lutte contre cette dépendance. « J’ai réussi à faire des travaux d’école à l’ordinateur pendant trois heures sans aller sur Facebook ! » Facebook en français, SVP ! Malgré sa grande popularité auprès des francophones d’ici et d’ailleurs, Facebook demeure un site unilingue anglophone, ce qui soulève la grogne de nombreux utilisateurs. Dont Mathieu Laroche-Casavant, Québécois résidant depuis peu à Vancouver, qui a lancé un groupe de discussion (dans le site) intitulé « Facebook en français ». « Dans mon entourage, tout le monde est membre de Facebook, ça remplace le téléphone et le courriel. Je devrais pouvoir communiquer dans un environnement en français. » Son groupe comptait près de 9 000 membres à la mi-octobre. Gadgetville Quelles villes avez-vous visitées ? Quelles sont vos connaissances en cinéma ? Quel type de crime commettriez-vous en premier lieu ? Des centaines de petits jeux, quiz et tests en tous genres sont offerts gratuitement aux utilisateurs de Facebook, qui peuvent ensuite comparer leurs résultats avec ceux de leurs amis. Mis au point par des développeurs externes, ils sont l’une des clés du succès de Facebook. Et une formidable occasion de perdre son temps, diront les plus critiques… Mon réseau, ton réseau, notre réseau Les sites de réseautage se multiplient dans Internet. Voici un aperçu des principaux protagonistes, avec leur slogan et leur clientèle. Facebook.com « Un logiciel social qui vous relie aux gens autour de vous » D’abord conçu pour les étudiants universitaires ; aussi très populaire auprès des jeunes — et moins jeunes — spécialistes MySpace.com « Un endroit pour les amis » Écoliers, collégiens et musiciens LinkedIn.com « Les relations comptent » Spécialistes désireux d’élargir leur réseau de contacts espace.canoe.ca « Partage tes passions » Écoliers et collégiens québécois Capazoo.com « Le site de réseautage et de divertissement suprême » Lancé à la fin d’octobre par des investisseurs québécois, il veut ravir les utilisateurs des géants Facebook et MySpace. Rien de moins ! copainsdavant.linternaute.com « Retrouvez un copain d’avant perdu de vue » Français ayant terminé leurs études (compte cinq millions de membres en France) 3 raisons d’adhérer à Facebook… – Retrouver d’anciens camarades de classe ou de travail – Agrandir son cercle social et peaufiner son profil à l’aide d’outils et de logiciels sans cesse renouvelés – Voir le réseau d’amis de ses amis ou d’inconnus : permet d’être voyeur sans être vu… … et 3 raisons de ne pas y adhérer – Voulez-vous vraiment renouer avec tous ces « amis » que vous n’avez pas vus depuis 15 ans ? – Combien de temps avez-vous à perdre ? – Êtes-vous un brin exhibitionniste ? Si la protection de votre vie privée vous tient à cœur, Facebook n’est pas pour vous.

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Le spectre du privé

Les syndicats condamnent d’avance, les journalistes sont aux aguets et tout ce qu’il y a de bien-pensants s’inquiètent. Jusqu’à mercredi, à Saint-Sauveur, se tient un forum regroupant des leaders du domaine de la santé de plusieurs pays. L’idée qu’on puisse regrouper des gestionnaires provenant à la fois des réseaux publics et de l’entreprise privée semble insupportable à tous ces gens, sinon louche. Pour me dédouaner, je dis d’emblée que je ne crois pas que le privé constitue « la » solution au problème de la gestion des soins de santé. Je préfère aussi un système public comme celui du Canada à celui des Américains. Voilà, vous pouvez continuer à lire. Néanmoins, je crois que le privé peut apporter des éléments de solutions et qu’on juge trop sévèrement sa contribution. Dans le New York Times hier, un chroniqueur expliquait les écarts entre le Canada et les États-Unis. J’ai trouvé les explications intéressantes. Sur l’espérance de vie, plus élevée au Canada (2,6 ans pour les hommes et 2,3 ans pour les femmes). La différence s’explique davantage par les conditions sociales que par l’accès aux soins de santé. En effet, la mortalité des Américains dans la vingtaine est plus de 50 % plus élevée que celle des Canadiens du même âge. Autre phénomène qui explique l’écart : il y a beaucoup plus d’Américains qui sont obèses (31 % des hommes américains contre 17 % des hommes canadiens). Le taux de mortalité pour les nouveaux-nés plus élevé aux États-Unis s’explique par le plus grand nombre de bébés pesant moins de 2, 500 grammes à la naissance chez nos voisins du Sud. Cela s’expliquant à son tour par un plus grand nombre d’adolescentes qui donnent naissance aux États-Unis. 47 millions d’Américains n’ont pas d’assurance pour les soins de santé. Il faut compter parmi eux plus de 10 millions d’immigrants illégaux (il y en a 11,6 millions) qui n’y ont pas accès et plus de la moitié des autres en auraient les moyens. Les soins de santé représentent 16 % du PIB américain, un taux plus élevé que dans les autres pays. Cette proportion a triplé depuis 1950 et elle ne cessera d’augmenter. Certains économistes prédisent qu’elle atteindra 30 % d’ici 2050. Mais cela serait plutôt un signe de l’enrichissement du pays et de l’accès rendu possible à de formidables développements scientifiques et technologiques.

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Trois records et deux scandales

C’est la journée des records. Le dollar se pointe aujourd’hui à 1,07 $ américains, le baril de pétrole se approche des 100 dollars et Statistique Canada annonce que le taux d’emploi au Québec est à 61,2 % en octobre, le taux le plus élevé de notre histoire. Ces trois records ont un prix : les entreprises québécoises auront à se démener encore plus pour maintenir leur position concurrentielle. Voilà pourquoi Bommbardier Produits Récréatifs fabrique ses nouveaux VTT au Mexique. Voilà pourquoi également le géant mondial Breakwater veut faire venir 47 mineurs de la Tunisie pour combler des postes vacants à sa mine de Lebel-sur-Quévillon. Certains crient déjà au scandale. Je les comprends. Il y a dans cette région des centaines de travailleurs forestiers qui sont en chômage. Or, les programmes de formation sont insuffisants en Abitibi pour permettre aux travailleurs forestiers de se trouver un emploi dans les mines. Il faut donc trouver les fonds et favoriser cette migration du sol au sous-sol. Voilà où est le premier scandale. Mais il y a pire. L’étude publiée hier par Statistique Canada sur l’éducation des jeunes Canadiens est dévastatrice pour le Québec. Les jeunes Québécois sont presque deux fois plus susceptibles de décrocher pendant le secondaire que les jeunes Ontariens et deux fois moins susceptibles d’obtenir un diplôme universitaire. Ces chiffres méritent d’être nuancés, compte tenu des différences dans les systèmes scolaires. Les Québécois «raccrochent » en grand nombre et finissent leurs études plus tard que les autres, ce qui a un impact négatif dans une étude délimitée dans le temps. Selon ses auteurs, l’écart reste néanmoins important et il est encore plus significatif quand on compare les francophones aux anglophones. Comment rivaliser avec les autres quand nos jeunes étudient moins ? Comment les entreprises vont trouver du personnel qualifié quand nos jeunes boudent la formation technique ? Comment reprocher aux entreprises de réclamer des travailleurs immigrés pour répondre à des besoins qui ne semblent pas pouvoir être comblés ? Et on ne parle même pas du départ à la retraite des premiers babyboomers…

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La république des sondages

Je me pose moi aussi des questions sur le sondage qui indique qu’une pluralité de Québécois est contre le projet de loi du Parti Québécois sur l’identité. Certains s’enflamment parce qu’une courte majorité de francophones appuyaient la semaine dernière le projet de loi. Mes questions sont simples. Depuis quand un sondage a-t-il valeur de référendum ? Depuis quand le résultat d’un sondage constitue la preuve ultime et irréfutable du désir de la population et, surtout, de la justesse d’une position ? Je me pose ces questions parce que… 65 % des Américains se disent en faveur de la peine de mort (2006, ABC News). Ont-ils nécessairement raison ? Les majorités ont-elles toujours raison ? Les sondages expriment-ils toujours l’opinion réelle des individus ? Si l’on en croit un sondage Léger Marketing (pour Équiterre) dévoilé en juin, 77 % des Québécois « ont indiqué faire un effort pour acheter localement ». Cela est contredit chaque semaine dans les habitudes de consommation des Québécois et les parts de marché des détaillants en alimentation. Les sondages nous apprennent année après année que la Société Radio-Canada est plus admirée que TVA (Revue Commerce). Pourtant, les Québécois sont deux fois plus nombreux à écouter TVA (28,5 % vs 14 % lors de la semaine du 8 au 14 octobre 2007). 20 % des Européens de l’Ouest assistent régulièrement à des services religieux contre 47 % des Nord-Américains. (L’opinion du monde 2006) Qui a raison, qui a tort ? 52 % des Israéliens se considèrent comme une personne non religieuse. Il n’y a qu’au Japon où la proportion est plus élevée. (L’opinion du monde 2006) La perception qu’ont les Israéliens d’eux-mêmes elle-t-elle fondée ? Je le crois, mais je conçois que cela peut paraître étonnant pour plusieurs. Les deux tiers des Canadiens croient que les produits « verts ou meilleurs pour l’environnement » mis en marché ne constituent qu’une tactique de marketing. (Ipsos) Qui dit qu’ils ont raison ? Est-ce une raison pour ne pas acheter les produits en question ? En 2005, un sondage CROP nous apprenait que 28 % des Québécois n’auraient aucun scrupule à frauder l’impôt. Faut-il considérer la fraude fiscale comme un comportement acceptable pour autant ? En novembre 2006, 67% des Canadiens considéraient que le Québec n’était pas une nation (Léger Marketing). Puisqu’ils étaient fortement majoritaires, avaient-ils forcément raison ? 68 % des Québécois trouvent que les jeunes sont moins motivés et moins travaillants ? (Léger Marketing) Que les gens le pensent est une chose, mais est-ce que la réalité est pour autant bien traduite par cette réponse ? Le 14 avril 2004, une majorité des Québécois affirmait que le peuple avait fait un mauvais choix le 14 avril 2003. Le sondage de 2004 a-t-il plus de valeur que les élections de 2003 ? Les sondages constituent un précieux outil permettant de mesurer les humeurs de l’opinion publique à un moment précis. Rien de moins, mais rien de plus.

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Ce qu’en pensent les Québécois

Année après année, les Québécois se disent favorables à la publication du Palmarès des écoles. Et il ne s’agit pas d’un appui aveugle : plus des deux tiers des Québécois sont conscients qu’il s’agit d’un outil incomplet. La grande majorité des Québécois considèrent tout de même qu’il est utile pour aider les parents à choisir une école, et que cela favorise une saine compétition entre les établissements pour les pousser à s’améliorer. L’actualité demande chaque année à la firme de sondage CROP de sonder l’opinion du public sur le Palmarès. Voici les plus récents résultats.

Salut, Ron ! Société

Salut, Ron !

Pour prendre le pouls de la planète hockey, personne ne peut rivaliser avec Ron Fournier, cet ancien arbitre devenu animateur-vedette. Notre journaliste l’avait rencontré à l’automne 2007.

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Nordiques : opération résurrection

J’étais au cabinet du premier ministre quand la tentative de sauvetage des Nordiques par Marcel Aubut a échoué. Je n’étais pas chargé du dossier. J’avais suivi la chose de loin. Jacques Parizeau avait fait un effort louable, mais chacun sentait l’échec inévitable. Et fallait-il vraiment, après son départ de Québec pour Denver, en 1995, que l’équipe se venge en remportant, dès l’année suivante, la coupe Stanley ? Pour les plus jeunes, sachez que pendant près de 20 ans les matchs Canadien-Nordiques ponctuaient nos hivers comme autant de tempêtes du siècle. Chacun retenait son souffle. Pendant les retransmissions, les rues étaient désertes. Les billets, hors de prix. Cela attisait la rivalité Québec-Montréal ? Pas du tout, cette rivalité gît dans le code génétique des deux villes. Mais cela la canalisait, lui offrait un exutoire. Et au moins, sur la glace, en fin de troisième période ou de prolongation, on savait clairement qui avait gagné, qui avait perdu, jusqu’à la prochaine fois. Les Nordiques ont survécu de façon subreptice sous la forme de l’équipe fictive du National, dans l’inépuisable série de Réjean Tremblay, Lance et compte (dont la prochaine saison porte sur un affrontement National-Canadien). Les tentatives d’entrepreneurs de Québec pour faire revivre la vraie équipe disent aussi combien elle nous manque, comme un membre qu’on nous aurait coupé, mais que l’on sent encore, dans les moments de grande émotion. On parle beaucoup d’identité ces temps-ci au Québec. De langue, de culture, d’efforts à déployer pour ne pas, comment dire ? dégénérationner. De respect pour le patrimoine culturel, historique, religieux du Québec. Et cela me frappe qu’on ait si peu compris combien l’existence d’une équipe de hockey dans chacune des deux grandes villes québécoises constituait, non seulement pour les gens de Québec, mais pour tous les Québécois, un élément structurant de la vie collective. Cela tenait à la fois du divertissement, de la présence de notre sport national dans nos vies et même de l’aiguisement de notre esprit compétitif. Et du respect de notre langue. Car avez-vous remarqué que le départ des Nordiques a signifié le déclin du français au hockey, même au sein du Canadien ? Il est d’ailleurs intéressant de noter qu’au moment où le climat se réchauffe et restreint la période où on peut patiner sur les ronds de glace extérieurs (imaginez, il y a maintenant des patinoires extérieures réfrigérées à Montréal !) l’attachement à ce sport se raffermit, plutôt que de fondre au soleil. Le film sur Maurice Richard a contribué à raviver cette flamme (et il est scandaleux que si peu soit fait, à Montréal, pour commémorer le « Rocket », un des seuls grands héros modernes du Québec). L’État québécois dépense à lui seul plus de 600 millions de dollars par an pour la culture, les artistes, les musées, l’opéra. Je suis pour. La culture ne peut pas s’autofinancer. Même nos films les plus courus seraient déficitaires sans aides publiques, car notre marché est trop petit pour absorber tous les coûts. Idem pour les Nordiques. L’État va investir 105 millions dans la construction d’une nouvelle salle pour l’Orchestre symphonique de Montréal. Quelque 1 900 mélomanes pourront y prendre place. Bravo. C’est de la culture avec un grand « C ». Mais pourquoi les 14 000 partisans des Nordiques (l’assistance moyenne à leurs matchs, à l’époque) n’ont-ils pas droit à une somme équivalente pour construire l’aréna qui pourrait faire revenir leur équipe ? (Le Colisée actuel, désuet, fut construit en 1930.) Pourquoi est-il interdit d’investir dans la culture populaire avec un grand « P » — ou avec un grand « H » ou un grand « N », en l’espèce ? Maintenant que le dollar canadien vaut davantage que l’américain, réduisant les coûts, je crois le temps venu de faire un effort collectif pour retrouver le tandem Canadien-Nordiques. La somme totale nécessaire : 260 millions. Que le gouvernement du Québec s’engage à investir, dollar pour dollar, ce que la Ville de Québec y mettra. Que la Ville, de son côté, demande par référendum à sa population si elle désire verser une contribution spéciale pour ramener l’équipe. Qu’une campagne de financement générale soit lancée en plus des aides publiques. Retrouverons-nous la magie des matchs d’autrefois ? Pas du tout. Ce sera mieux. Parce qu’avec les nouvelles règles de la LNH, les Nordiques et le Canadien pourront s’affronter en demi-finale de la Coupe Stanley. Jamais nous n’aurons vécu ce niveau d’intensité. Jusqu’au jour dit, on en rêvera. Lorsqu’il arrivera, on sera en transe. Après, il entrera dans la légende. Divisés pendant cette étape cruciale, les Québécois s’uniront ensuite derrière le vainqueur pour la finale, contre la meilleure équipe du reste de l’Amérique. Pour donner du tonus à l’identité québécoise, la résurrection des Nordiques serait la plus belle mise au jeu. — Le saviez-vous ? Notre chroniqueur n’a pas fini de parler d’identité. Il publie un essai sur le sujet : Nous, aux éditions du Boréal, au début de novembre.

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Ce qu’il faut aussi regarder dans le bulletin

Le rang dans le classement général n’est pas le seul élément révélateur de ce bulletin, loin s’en faut! Chaque école fait l’objet d’un bulletin détaillé comportant une vingtaine d’indicateurs pertinents : les garçons y réussissent-ils mieux que les filles? Quel est le pourcentage d’élèves en retard? L’école est-elle plus forte en français, en mathématiques ou en histoire? Il y a aussi l’indicateur de valeur ajoutée, qui mesure l’influence de l’école sur la performance de ses élèves. Cette cote permet d’isoler l’impact du milieu socioéconomique sur la performance globale d’une école, pour ainsi mesurer la «valeur nette» de sa contribution à la réussite de ses élèves. Le bulletin de chaque école se trouve dasn le supplément du magazine, en kiosque du 26 octobre au 8 novembre. Et voici le palmarès des écoles en milieu défavorisé – i.e. où le revenu moyen est inférieur à la moyenne – qui font le mieux réussir leurs élèves.

« Un indien, ça ne vaut rien… » Société

« Un indien, ça ne vaut rien… »

Huit ans après avoir fait trembler l’industrie du bois avec son film L’erreur boréale, le chanteur cinéaste Richard Desjardins récidive avec un documentaire-choc sur les Algonquins, le plus pauvre des peuples autochtones du Québec. Sera-t-il entendu ?

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Qui représente qui ?

Richard Desjardins estime que les Algonquins devront tôt ou tard se « fédérer » et parler d’une seule voix pour faire avancer leur cause. Actuellement, deux organisations les représentent dans leurs négociations. • Le Conseil tribal de la nation algonquine Anishinabeg parle au nom des communautés de Pikogan (Abitibiwinni), Kitcisakik, Kitigan Zibi (Maniwaki), Lac-Simon, Winneway et Kebaowek, de même que celle de Wahgoshig, en Ontario. • Le Secrétariat de la nation algonquine représente pour sa part les communautés de Timiskaming, Lac-Barrière (Lac-Rapide) et Wolf Lake (Hunter’s Point). Les 10 nations amérindiennes et la nation inuite constituent environ 1 % de la population du Québec.