Tous menteurs?

Athlètes dopés, sénateurs dépensiers, entrepreneurs malhonnêtes, scientifiques au CV gonflé… le mensonge est partout. Et si c’était dans la nature humaine? Reportage.

Illustration: Gérard Dubois
Illustration: Gérard Dubois

Auriez-vous l’audace d’un Sacha Guitry, ce dramaturge français qui, au terme d’un repas raté et d’une soirée ennuyeuse, a fait remarquer à son hôte que «tout était froid, sauf le champagne»?

On aura beau dire que «mentir, c’est pas beau», on ment tous un peu, parfois. Par politesse, vu que la vie en société serait impossible si l’on devait toujours dire toute la vérité, et rien que la vérité. Les philosophes ont même un qualificatif pour ce genre de choses: les mensonges «officieux».


Ce texte fait partie de notre dossier sur le mensonge:

Le grand bluff de Lucien Bouchard


Mais il y a un mensonge d’un autre type, du genre qui dérange. Le mensonge dit «pernicieux», qui sert à camoufler la triche, l’escroquerie ou le crime. Triche, comme: Volkswagen a truqué des tests antipollution pour obtenir de meilleurs résultats. Escroquerie, comme: des entrepreneurs se sont entendus pour gonfler des factures de travaux d’infrastructures. Crime, comme: l’ex-lieutenante-gouverneure du Québec Lise Thibault a soumis des dépenses non liées à sa fonction, fraudant les gouvernements.

On a beau crier au scandale, vitupérer contre les filous qui font la une des médias… ceux-ci n’ont pas l’exclusivité du mensonge pernicieux! Bien sûr, nos mensonges sont loin d’avoir les conséquences de ceux révélés à la commission Charbonneau. Nos petits délits ordinaires — apporter des fournitures de bureau à la maison, rouler en voiture plus vite que la limite permise, embaucher des ouvriers au noir — passent souvent sous l’écran radar des autorités. Et il est bien difficile d’en estimer l’ampleur. Mais ces délits seraient très courants, au point de faire de la malhonnêteté le défaut le plus répandu chez les humains. La bonne nouvelle, c’est que les scientifiques comprennent de mieux en mieux pourquoi il en est ainsi, et qu’ils ont des solutions pour nous ramener dans le droit chemin!

Rassurez-vous : rares sont les gens qui trichent beaucoup. Mais presque tout le monde le fait un peu, conclut le chercheur américain Dan Ariely. «Ils trichent, vous trichez, et oui, je triche aussi à l’occasion», écrit-il dans son essai The (Honest) Truth About Dishonesty (la vérité honnête sur la malhonnêteté), publié en 2012.

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«Il faut voir les délits rapportés dans les médias comme la pointe d’un iceberg, croit le chercheur Jean-François Sénéchal, qui enseigne l’éthique professionnelle aux futurs ingénieurs à l’Université Laval. Des étudiants qui jurent que jamais ils n’auraient agi comme les ingénieurs véreux qui ont défilé à la commission Charbonneau. Je les préviens qu’ils sont tous à risque… simplement parce qu’ils sont humains : comme nous tous, ils surestiment leur intégrité, ont tendance à se soumettre à l’autorité et à faire comme les autres!»

Pour les spécialistes de l’évolution, la capacité de contourner les règles pour son profit personnel est indissociable de l’intelligence sociale. Elle irait même de pair avec la créativité. Les spécialistes du comportement animal ont ainsi montré que de nombreuses espèces magouillent pour accaparer des avantages au sein d’un groupe, depuis les bactéries (capables de détourner à leur compte des réactions biochimiques) jusqu’aux grands singes, qui chapardent et mentent copieusement à leurs congénères. L’éthologue écossais Richard Byrne a même calculé que la capacité de tricher des primates est proportionnelle à la taille de leur néocortex, la partie la plus complexe et élaborée du cerveau.

Chez l’humain, les premiers mensonges apparaissent vers l’âge de deux ans, puis s’affinent progressivement. À l’âge de raison, vers sept ou huit ans, les enfants sont capables de bâtir un discours cohérent autour de leurs mensonges. Ils en comprennent alors très vite l’intérêt. La triche à l’école culmine au secondaire, quand l’adolescence encourage la prise de risques.

En 2006, dans une étude menée par des chercheurs ontariens auprès de 20 000 étudiants universitaires au Canada, 53% des jeunes ont avoué avoir déjà pratiqué le «copier-coller» dans leurs travaux, s’attribuant sans mot dire le fruit du labeur de quelqu’un d’autre. Et les trois quarts ont admis avoir triché au moins une fois, par exemple en copiant sur leur voisin, pendant leurs examens au secondaire !

Depuis l’avènement d’Internet, universités et collèges ne savent plus à quel saint se vouer pour endiguer le plagiat. Dans la dernière décennie, la plupart ont révisé leurs règlements pour punir plus sévèrement les fautifs et ont accru la sensibilisation. Nombre d’établissements, comme l’Université du Québec à Chicoutimi, misent aussi sur des logiciels de détection du plagiat, tels que Compilatio ou Turnitin, deux ténors d’un marché en expansion.

«Vous avez déjà triché, vous le ferez encore et pour les mêmes raisons», dit à ses étudiants Jean-François Sénéchal, qui me raconte la blague préférée des éthiciens. Un père dispute son enfant qui a chapardé des crayons à l’école: «C’est mal de voler! Si tu as besoin de crayons, dis-le-moi, je t’en rapporterai du bureau.»

Dans l’anonymat des sondages ou des études scientifiques, on cesse parfois de mentir pour avouer ses écarts de conduite. Interrogés par la Société de l’assurance automobile du Québec, 70% des conducteurs ont ainsi dit rouler souvent au-dessus des limites de vitesse.

Selon un sondage mené par H&R Block en 2012, 55 % des Canadiens se sont dits prêts à payer un entrepreneur au noir pour éviter d’acquitter les taxes. Partout dans le monde, l’évasion fiscale est un des délits les plus courants. Selon de multiples experts, cela tient surtout au fait qu’on ne se rend pas compte que cet argent va au bien commun, ou qu’on ne fait pas confiance à l’État pour le gérer.

Mentir à sa compagnie d’assurances est aussi un acte très répandu. Le Bureau d’assurance du Canada estime que 15% des primes servent à compenser des arnaques! Dans un sondage réalisé aux États-Unis en 2003, un assuré sur trois jugeait raisonnable de mentir en réclamant un peu plus que les dommages réels lors d’un accident de voiture. Une enquête en Ontario a révélé que la majorité des coupables sont des gens ordinaires qui profitent de l’occasion, et non des arnaqueurs professionnels.

À ce stade, cher lecteur, vous pensez sans doute que vous valez bien mieux que toute cette «racaille».

C’est fort possible… sauf que de nombreuses études ont montré que, pour conserver son estime de soi, on a souvent tendance à se croire bien plus intègre que la moyenne des gens.

«Si on demande à un groupe de personnes comment elles se situent sur une échelle du bien et du mal de 0 à 100, qui irait, disons, de Darth Vador à Gandhi, la plupart s’accordent la note de 75, mais donnent seulement 50 ou 60 à leurs pairs», confirme l’éthicien Jean-François Sénéchal. Ce syndrome du «supérieur à la moyenne» a été démontré à de multiples reprises et dans toutes sortes de contextes.

On en a vu un bel exemple à la commission Charbonneau, où Frank Zampino a reconnu s’être mis en conflit d’intérêts en acceptant des cadeaux d’entrepreneurs. L’ancien président du comité exécutif de la Ville de Montréal a refusé d’admettre qu’il avait été influencé, estimant qu’il était un homme particulièrement rationnel. Supérieur à la moyenne, quoi…

Frank Zampino, ex-numéro deux de la Ville de Montréal, a nié devant la commission Charbonneau avoir été influencé. (Crédit: PC Pickpocket)
Frank Zampino, ex-numéro deux de la Ville de Montréal, a nié devant la commission Charbonneau avoir été influencé. (Image: PC Pickpocket)

Frank Zampino a aussi illustré ce que les chercheurs nomment la «dissonance cognitive», ce mécanisme de rationalisation qui permet à chacun de concilier ses actes et sa morale, même quand ils semblent a priori incompatibles. «On veut tous pouvoir se regarder dans le miroir pour y voir quelqu’un de bien», explique Laurent Bègue, qui explore la question dans son livre Psychologie du bien et du mal, paru en 2011. Mais l’image peut être drôlement déformée…

De nombreux témoins de la commission Charbonneau ont dit qu’ils n’avaient fait que prendre le train en marche, pour faire comme les autres. Une excuse hypocrite, qui rappelle celle que le cycliste déchu Lance Armstrong a lancée à l’animatrice Oprah Winfrey pour justifier le fait qu’il se soit dopé: «Je pensais que je me battais à armes égales.» Comprendre: que tous les autres se dopaient aussi.

Photo: L. Cironneau / AP / La Presse canadienne.
Photo: L. Cironneau / AP / La Presse canadienne.

La malhonnêteté est aussi contagieuse qu’une maladie infectieuse, estime le chercheur américain Dan Ariely. Et dès qu’un système qui l’encourage se met en place, par exemple en permettant des gains faciles sans grand risque de se faire prendre, ou en tolérant des pratiques douteuses, beaucoup de gens succombent.

Sitôt que les délits se multiplient dans un milieu, le réflexe premier consiste souvent à renforcer la surveillance et à gonfler les peines. Par exemple, dans les dernières années, le ministère du Revenu du Québec a mis les bouchées doubles pour tenter de récupérer l’argent de l’évasion fiscale. L’agence gouvernementale a engagé 1 100 personnes en trois ans pour multiplier les contrôles. Les universités appliquent la même recette pour lutter contre le plagiat: l’UQAM prône la « tolérance zéro », et l’Université Concordia prévient ses étudiants qu’aucune excuse ne sera acceptée.

Cette approche a ses limites: on ne peut pas mettre un policier derrière chaque feu rouge et envoyer en prison à perpétuité le conducteur qui le grille! Pire, selon Dan Ariely, l’escalade de la répression est contre-productive. Depuis qu’il serre la vis aux contribuables, Revenu Québec a été traîné de nombreuses fois devant les tribunaux, et les juges ont condamné certaines de ses pratiques, comme le fait de donner aux employés des quotas d’argent à récupérer.

De tout petits changements peuvent avoir de bien plus grands effets. Dans ses conférences, l’économiste de l’Université de Chicago Steven Levitt, auteur du très populaire bouquin Freakonomics, raconte comment, dans les années 1980, un employé du fisc américain a eu l’idée de demander aux contribuables le numéro d’assurance sociale de leurs enfants plutôt que leur prénom dans leurs déclarations. Du jour au lendemain, sept millions d’enfants à charge ont «disparu», et le Trésor public a récupéré 20 milliards de dollars!

Les organismes qui subventionnent la recherche au Canada croient eux aussi avoir mis le doigt sur un moyen très simple de lutter contre la fraude scientifique, qui serait en plein essor: changer une ligne dans leurs formulaires de demande de financement. Plutôt que d’exiger des chercheurs la liste exhaustive de leurs publications scientifiques, ils envisagent de leur demander seulement leurs cinq articles les plus importants.

«Cette mesure pourrait avoir un effet radical sur le nombre d’études bâclées ou dédoublées», estime Jean-François Sénéchal. Dans les dernières années, l’augmentation de la compétition pour les subventions a, croit-on, amené des scientifiques à aller de plus en plus vite en besogne pour publier le plus grand nombre possible d’articles, suivant le célèbre adage «publier ou périr». Si on diminue la pression à publier, on va sans doute faire rentrer bien des chercheurs dans le rang.

Pour Nina Mazar, professeure de marketing à l’Université de Toronto et ancienne collègue de Dan Ariely, on pourrait aller beaucoup plus loin pour inciter les fraudeurs à la vertu. «La recherche en neurosciences et en psychologie a montré qu’il existe dans le cerveau humain de puissants mécanismes internes de récompense aux comportements vertueux», explique-t-elle.

Nina Mazar croit que par différents artifices, on pourrait faire en sorte que le cerveau mobilise cette «envie de faire le bien» au moment même où l’on pourrait être tenté de tricher.

Pour tester cette idée, elle s’est livrée à une expérience étonnante avec l’équipe de Dan Ariely. Les chercheurs ont sollicité 450 étudiants d’une université californienne. Ils ont demandé à la moitié de se remémorer les 10 commandements, et à l’autre moitié une liste de 10 livres qu’ils avaient lus au collège. Immédiatement après, tous devaient accomplir un exercice de calcul au cours duquel ils pouvaient tricher en toute impunité. « Les 10 commandements agissaient comme un puissant rappel éthique: ceux qui avaient dû faire l’effort d’essayer de se les remémorer ont beaucoup moins triché lors du test que ceux de l’autre groupe, qu’ils aient été ou non croyants, et bien que personne ne se soit souvenu de toute la liste », raconte Nina Mazar.

Ces petits rappels éthiques, encouragements doux que les psychologues désignent par le surnom anglais nudge (coup de pouce), pourraient s’avérer très puissants pour combattre nombre de malhonnêtetés ordinaires. En 2012, Nina Mazar en a trouvé un tout simple… et diablement efficace: le fait de demander à des gens de signer une déclaration sur l’honneur en haut d’un formulaire, donc avant de le remplir, plutôt qu’à la fin, fait chuter radicalement le nombre de déclarations frauduleuses !

Au Royaume-Uni, le fisc s’intéresse beaucoup à ces ruses qui encouragent la vertu. Récemment, l’agence du revenu a modifié certains de ses formulaires en s’appuyant sur la recherche sur les nudges. «Elle a testé une nouvelle formule pour rappeler à l’ordre les gens ayant dépassé la date limite pour envoyer leur déclaration de revenus. Plutôt que d’insister sur le retard, on leur dit que 98% de leurs voisins ont déjà payé leur dû. Et ça marche!» explique Nina Mazar, qui regrette que les autorités canadiennes se montrent encore frileuses par rapport à ce genre d’expérimentation.

La moralité, comme l’art, signifie tracer une ligne quelque part, disait Oscar Wilde. Cette ligne, c’est aussi celle qui sépare les petits délits des crimes plus graves, celle qui fait que bien des gens sont prêts à faire figurer un repas entre amis sur une note de frais à l’occasion, mais pas à réclamer des remboursements pour une résidence secondaire, comme l’ont fait des sénateurs à Ottawa. La morale reste toutefois une notion très élastique, puisqu’on a déjà prouvé que ceux qui sont les plus virulents à condamner les tricheries de leurs semblables… sont aussi les plus susceptibles d’en faire autant!

*

3,5 milliards de dollars

Somme des taxes et impôts impayés en 2012 au Trésor public québécois. De quoi combler le déficit budgétaire ! Revenu Québec se dit incapable de chiffrer la part des fraudes
portant sur de petites sommes.

1 000 universités fantômes

Nombre recensé aux États-Unis seulement par la société américaine eVerifile, qui offre des services de vérification de CV. Le commerce de diplômes bidon, vendus pour quelques centaines de dollars, est florissant !

*

Gare aux logiciels tricheurs!

Au fur et à mesure que l’informatique et la robotique envahissent nos vies, la fraude par logiciel interposé risque de prendre beaucoup d’ampleur, croient de nombreux spécialistes. Tout comme Volkswagen a muni ses voitures diésels d’un logiciel capable de détecter les tests de pollution pour s’y conformer, des fabricants d’appareils dits «intelligents» ou d’équipements industriels pourraient doter leurs produits de programmes informatiques discrets leur permettant de se soustraire à des inspections ou d’obtenir indûment des certifications, estime Ryan Calo, spécialiste de la cybercriminalité à l’Université de Washington. Instruments médicaux, radars photographiques, systèmes de banques en ligne, machines à voter… Tout ce qui contient de l’électronique peut a priori être manipulé par des codes de triche souvent bien difficiles à repérer.

Volkswagen a toute une pente à remonter auprès des consommateurs depuis que la société a été prise à mentir sur ses avantages «verts».
Volkswagen a toute une pente à remonter auprès des consommateurs depuis que la société a été prise à mentir sur ses avantages «verts». (Photo: B. Classen / Alamy Stock Photo)

Il serait aussi facile de programmer la durée de vie de certains appareils, pour forcer les consommateurs à les remplacer rapidement. Dans des imprimantes, des programmeurs indépendants ont déjà trouvé des lignes de code qui hâtent la fin de la cartouche d’encre! Mais «l’obsolescence programmée» n’est pas un crime (sauf en France, depuis l’été dernier) et peu d’entreprises se sont fait pincer.

Par manque d’expertise en génie logiciel, les autorités ont bien du mal à déceler la triche informatique. Il a ainsi fallu six ans à l’Agence américaine de protection de l’environnement pour épingler Volkswagen, et c’est une organisation non gouvernementale qui a découvert l’arnaque. Ryan Calo souhaite que les États-Unis se dotent d’une commission fédérale sur la robotique, formée d’ingénieurs et de juristes, pour mieux traquer les programmes truqués.

Des employés modèles?

• Au sommet du palmarès des fraudes professionnelles trônent la fausse facturation, la corruption et la triche sur les allocations de dépenses, selon Dominic Peltier-Rivest, spécialiste en prévention et détection de la fraude. «La corruption n’est pas qu’une affaire d’État, elle se produit à tous les niveaux et dans toutes les organisations. Des techniciens qui acceptent de l’argent pour intervenir plus rapidement sur un problème informatique, ça se voit!»

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Les femmes sont-elles aussi menteuses que les hommes ? Notamment en tout ce qui a une incidence financière. Et en rapport avec la fidélité conjugale ? Avec qui les hommes en couple trompent-ils leur conjointe sinon avec des femmes en couple ?

À la lecture de ce texte, je constate que quelques distinctions sont à établir : le dire et le faire. La théorie et la pratique. L’image qu’on a de soi-même, l’image qu’on entend donner aux autres et ce que l’on est.

En cette occurrence, il conviendrait d’établir une sorte d’échelle du mensonge. Une échelle fiable. Dire si le mensonge est admissible ou s’il ne l’est-il pas ? Savoir ce qui permet d’établir qu’une chose est mensongère ou qu’elle ne l’est pas ? Suivant quels algorithmes ou alors quelles lois ?

Ainsi, on reproche notamment dans ce texte à Lise Thibault d’avoir fraudé le gouvernement, donc en d’autres termes tous les citoyens du Québec qui tous sont d’excellents payeurs de taxes évidemment. Si ce n’est que personnellement, je n’éprouve pas le moins du monde le sentiment d’avoir été fraudé par madame Thibault et je trouve même scandaleux qu’elle soit actuellement en prison. D’ailleurs de telles fonctions ont-elles le moindre bon sens, tout dépendamment du coût ? — Est-ce que mes propos font-ils de moi un menteur également et un fraudeur par compassion ?

Le fait d’accabler Lise Thibault, l’acharnement judiciaire n’est-il pas une forme de mensonge également ? Qui donc est qualifié, quelle autorité, quelle sommité scientifique pour affirmer qu’une chose relève du mensonge ou bien ne l’est pas ?

Dans ce texte, on pourra relever encore que mensonge et malhonnêteté ne font qu’un. Ces deux termes ne font-ils qu’un et/ou sont-ils indissociables ? Quelle place fait-on au savoir et à l’ignorance ? Pour moi, la malhonnêteté est une forme d’ignorance. Pourtant on peut ne pas être malhonnête bien qu’on ne sache pas tout. Il existe une autre dimension : celle de l’intérêt. Aussi est-ce le mensonge qui pose problème ou ce qu’on en fait ?

En ce sens, le mensonge serait une perversion de la connaissance. Tout comme la connaissance porte le germe du vice. Ce qui signifie qu’il ne peut pas y avoir de valeur pour la vertu, s’il n’était pas possible de corrompre la vertu sans valoriser le vice. En d’autres termes tout reste encore dans le bien qu’on retire de ses choix. Une personne qui ne choisirait que le chemin du bien et rien d’autre, ne saurait mentir.

Les travaux de madame Mazar tendraient à établir à cet effet que le bien est indissociable des valeurs qui sont introduites dans chaque être humain. C’est dire en quelques sortes que le « vieux » Moïse n’était pas loin du compte. Ce qui ne fait pas de celles et ceux qui gouvernent, sont en charge, devraient donner l’exemple ou exerce une quelconque autorité : toutes et tous des prophétesses et des prophètes ou à tout le moins des êtres qui aient l’aptitude de commander.

Ce pourrait-être alors dans le seul choix des individus que résiderait en quelques sortes le don de la vérité comme l’unicité dont le pire adversaire reste encore comme toujours la duplicité.

Le mensonge est un acte délibéré en toute connaissance de cause, il s’agit d’un trouble du comportement qui sert à détourner l’attention envers le mensonge vers tout, à l’exception de la vérité. Un phylosophe dont je ne me souviens pas du nom disait « Que peut cacher le mensonge si ce n’est que la vérité ». Cela n’a rien à faire avec une présumé méconnaissance de quelque chose. Quelqu’un qui dit ne rien savoir d’un crime alors qu’il en a été témoin n’est pas un manque de connaissace mais bien comme vous le précisez, un acte malhonnête.

Si vous trouvez abominable que l’on s’acharne contre des personnes qui ont grandement abusé des pouvoirs mais aussi des priviléges dont ils ont été investis, c’est certes votre opinion mais depuis 10 ans nous vivons dans une ère de « mises au point » et de la connaissance réelle de la vérité, des personnes comme Assange ont mit fin à un très grand nombre d’actes criminels intentionnels par les membres de la haute direction de la Défense Nationale des États-Unis et de la tricherie insidieuse et pernicieuse de ceux qui nous dirigent. Il en est de même pour cet individu qui rendit publique le nom de milliers de personnes qui cachent des fortunes à coup de milliards pour ne pas payer leur dûs aux gouvernements qui de fait est l’ensemble des citoyens dont vous faite partie.

Depuis, nous pouvons constater que l’ensemble des pays industrialisés se mettent en accord pour mettre fin aux paradis fiscaux, l’Union Européenne en tête comme toujours. Pouquoi les citoyens devraient ils toujours payer pour l’enrichissement par voies criminelles d’une très petite minorité. Je n’ai rien contre les personnes qui sont riches, mais pas par le truchement de la criminalité.

Avec tout ses mensonges, politique, économique, nourriture, médicament et autre on est tous perdant, à chaque jour on pers confiance dans nos dirigeants ceux qui sont sensé nous protégé contre toute cette corruption qui gangrène notre confiance dans la société.

Ceux qui dénoncent les mensonges et mettent tout en oeuvre pour le démontrer sont rapidement étiqueté « conspirationnistes ».
Les menteurs se protègent ainsi.
Ils ne perdre pas de temps à confronter les faits et analyser les preuves, ils accusent ceux qui les dénoncent et les étiquettent «conspirationnistes ».
Une trouvaille remarquable.
Efficace.
Géniale.

Mais bon… C’est la réalité qui finit toujours par avoir tôt ou tard le dernier mot.

Souvenez-vous de ce témoignage devant le congrès US et retransmis sur toutes les chaînes de nouvelle:
https://www.youtube.com/watch?v=s-qgvcIFC80

Ce fut dénoncé:
https://www.youtube.com/watch?v=ZbnyAIjh0aE

Ce fut enquêté:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_des_couveuses_au_Kowe%C3%AFt

Mais malgré ça, malgré que la réalité a eu le dernier mot, le sale objectif pour lequel ce mensonge a été fabriqué a été atteint.
Il y a eu la première guerre du Golfe et des milliers de morts.

Les coupables de cette tuerie faite sur un mensonge n’ont jamais été condamnés.

Serge Charbonneau
Québec

Tout le monde sait qu’on nous ment quotidiennement.
Avec le plus grand sérieux et la main sur le cœur.

Mais qui sont les pires ?
Ceux qui nous mentent ou ceux qui relaient leurs mensonges comme s’il s’agissait de grandes vérités ?

De grands hypocrites ont tout à coup révélé que l’équipe Bush nous aurait menti «au moins» 935 fois.
http://www.ledevoir.com/international/etats-unis/173203/935-fois

M. Serge Truffaut, grand éditorialiste du Devoir, l’a « découvert » suite au grand rapport scientifique.
Il ne le voyait pas avant.

Et pourtant, bien des gens dans la presse alternative soulignaient les aberrations de cet odieux mensonge qui avait pour objectif de faire consentir à l’invasion et la destruction de l’Irak.
http://www.ledevoir.com/commentaire/liste?id=173050&offset=

Avec le temps les mensonges sont révélés, mais jamais les menteurs ne sont condamnés. Ils s’en tirent toujours et poursuivent bien paisiblement leur vie d’honorables notables !

Mais reste à savoir si ce sont ces gens, les menteurs, qui sont les pires ou ceux qui les protègent et qui ont été les porte-voix de leurs mensonges.

Qui sont les pires ?

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/journalistes-ou-politiciens-qui-140237

Serge Charbonneau
Québec

Les tribunaux nous démontrent depuis des décennies jusqu’où le mensonge peut faire des dégâts mais l’application de sa suppression par l’application des dispositions des crimes contre l’administration de la justice dont le parjure fait partie n’intéresse personne puisque les avocats préfèrent se remplir les poches en amenant un grand nombre de menteurs professionnels à témoigner pour augmenter leurs frais.

Dans ce contexte, tel que l’honorable Juge de la Cour Suprême Antonio Lamer déclarait lorsqu’il prit place comme Juge en Chef de la Cour Suprème du Canada en 1990 ou lorsqu’il mit fin à sa carrière à la Cour Suprême en 2000 dans une entrevue octroyée à Madeleine Poulin sur antenne de Radio-Canada “les avocats mentent, les procureurs mentent, les victimes mentent, les témoins mentent, les policiers mentent et les citoyens attendent de nous (les juges) que nous y retrouvions la vérité”. Il répondait à la question de madame Poulin “comment faites-vous pour rendre une décision et départir ce qui est vrai de ce qui est faux ?

Il poursuivit sur un air taquin qui lui était reconnu “Voulez-vous changer de place avec moi ?”

Internet a permis la tricherie, le mensonge et surtout les crimes à prendre des proportions jamais atteintes auparavant. Selon le rapport annuel d’Interpol de 2013 (vers), le nombre de crimes fut multipliée par 1,400, seulement 10 ans après le début du commerce électronique.

Le mensonge, la tricherie, la manipulation sont les bases du narcissisme dont certains croient qu’il s’agit bêtement pour la fierté. Le narcissisme a atteint depuis environ 10 à 15 ans un degré jamais surpassé chez les professionnels de tout acabit comparé aux autres segments de la société. Du même acabit, ce que la formidable révolution du féminisme avait comme préceptes a dégénérer en une société de “gère mène” tout comme chez les mâles dont les principes de base sont devenus “touttt des bras, rien dans tête”.

J’ai déduit il y a plus de 30 ans que “l’argent fut la plus formidable invention de tous les temps mais en moins de 2,000 ans, celle-ci qui nous amène vers la plus profonde déchéance”. Cette croyance prend tout son sens aujourd’hui.

ainsi que

“La mise en service d’internet est le plus extraordinaire outil de divulgation et propagation d’enseignement enrichissant mais est devenue en moins de 15 ans, l’outil par excellence pour le mensonge, la tricherie, la supercherie mais aussi l’augmentation de la criminalité de tous les temps”.

Deux observations qui en disent long sur notre avenir collectif, non de celle du prochain siècle mais des 20 prochaines années. Je suis heureux d’avoir atteint 66 ans, je n’aurai pas à subir tous les contrecoups de cette déchéance qui déboule à grande vitesse depuis 20 ans mais seulement être un observateur.

Mais au fond, je plaint ces malheureux enfants (actuels et futurs) qui ont et auront à composer avec les abus de leurs parents et l’enseignement qui reçoivent et recevront.

Pour les tribunaux, le mensonge n’est pas toujours un mensonge et on oublie un peu trop facilement les réactions normales du cerveau qui servent à protéger les individus contre les impacts de traumatismes. Il est démontré que les victimes de crimes violents reconstruisent l’évènement dès qu’il est fini pour se protéger et la reconstruction se poursuit par la suite pendant des mois, voire des années. Alors quand la personne vient témoigner au procès, est-ce qu’elle ment quand elle ne peut se souvenir fidèlement de ce qui s’est produit? Ou encore qu’il y a des contradictions entre ses déclarations et son témoignage?

Ce qui est encore beaucoup plus préoccupant c’est que tout notre système judiciaire est basé sur les témoignages de gens qui souvent ont reconstruit l’évènement, la plupart du temps à leur insu. On condamne des gens à des peines lourdes sur la foi de témoignages de gens dont le cerveau a reconstruit l’incident pour les protéger! Sont-ce des menteurs? Absolument pas – ces gens croient dur comme fer qu’ils disent la « vérité » mais la science dit autrement…

Vous avez en partie raison sur le côté émotionnel que peut rendre une déclaration faites de bonne foi ou sous le coup d’un traumatisme encore frais à sa mémoire qui embrouille ce dont elle veut souvent s’en cacher pour revivre l’horreur de l’acte mais les avocats sont très bien formés sur les techniques d’interrogatoire pour déceler le caractère même d’une déposition et y trouver des inconsistances, des contradictions et des propos qui ne tiennent pas la route en utilisant les faits matériels qui leurs sont dispoible.

Ce n’est pas ce dont je parlais mais bien de cet acte délibéré qui sert à induire un tribunal en erreur, devenu de plus en plus fréquent depuis la deuxième guerre et mena presqu’à une norme des 30 dernières années. Pourquoi, tout simplement parce que les tribunaux sont débordés et les procureurs n’ont plus le temps de travailler sur une pousuite pour parjure.

Consulter la jurisprudence et vous verrez que les poursuites pour parjures brillent par leur absence ce qui a mené à la norme des 30 dernières années puisque les citoyens qu’il n’y aura pas de conséquences à moins qu’il s’agit d’une cause criminelle pour un délit comme le meurtre. Mais encore lorsque le tribunal décide qu’il y a eu parjure, la personne victime des parjures a déjà passée plus de 20 ans derrière les barreaux.

Pour ce qui est de « Ou encore qu’il y a des contradictions entre ses déclarations et son témoignage? » j’ai peine à vous suivre puisqu’un témoignage est l’ensemble des déclarations qu’une personne effectue durant le dit « témoignage » vous avez dû vous tromper de mot à quelque part dans votre phrase.

Les témoignages ne sont pas les seuls éléments pour conduire vers une condamnation. Il faut toujours au moins deux témoignages identiques pour que les faits relatés soient pris en compte et encore ce n’est pas suffisant. Il il a les preuves matérielles ainsi que les enquêtes qui reposent de plus en plus de rapports scientifiques qui représente beaucoup plus que les témoignages dans l’appréciation d’une cause. C’est ce que le Juge Antonio Lamer exprimait à madame PoulinPour lors de cet interview de 40 minutes.

Ça aurait été bien que vous sachiez distinguer mensonge et tricherie. J’ai cessé de vous lire parce que j’étais tanné de vous voir confondre les termes.