Pandémie et plaisirs d’automne

Comme m’a dit ma belle-mère quand j’ai eu mon premier enfant : « Souviens-toi que tout, le bon comme le mauvais, est temporaire. »

Photo : L'actualité

Je ne peux pas parler seulement de la COVID-19 et de Trump. J’essaie de m’en enfuir. Mais j’ai remarqué qu’ils recommencent à nous accaparer. La preuve, je discutais avec ma meilleure amie au téléphone et on avait beau s’éloigner de l’actualité, on y revenait toujours. Ugh. La deuxième vague est bien là et dans une sorte de kaléidoscope de bruns, les nouvelles de la COVID et les nouvelles de Trump se juxtaposent depuis qu’il a le virus.

Je n’en peux plus de sa présidence. J’ai compris dernièrement ce qui me fait si mal, au-delà de l’incompétence crasse, du racisme, du sexisme, de la misogynie, de l’homophobie, de la transphobie, de l’élitisme, de l’injustice latente et de la prise en otage d’un appareil politique à des fins égoïstes, c’est le mensonge. J’ai l’impression que depuis quatre ans, j’assiste à un match de lutte de la WWF et que je dois faire semblant que c’est la réalité. Que je n’ai pas vu qu’il a visiblement tapé à côté du gars avec la chaise et que c’est le gars qui a sauté pour faire semblant qu’il revolait. On le voit que c’est du théâtre ! Arrêtez de nous faire croire que c’est vrai. C’est une présidence digne d’un match arrangé qui s’adresse exactement à ce public-là et je ne peux pas croire que cette « petite » partie de l’Amérique sera suffisante pour nous faire endurer quatre autres années de ce cirque. Hulk Hogan est bien divertissant, mais il n’a aucunement sa place à la tête d’un pays du G7. On peut-tu passer à autre chose ?

Bon, ça sent le pot-au-feu. La mijoteuse. Les feuilles sont orange, j’écoute Fleetwood Mac en boucle, je porte un chandail chaud, j’ai mis des chrysanthèmes devant ma porte, il nous reste des plaisirs. C’est pas vrai que je vais me faire voler tout mon automne. Oui on traverse une pandémie, oui nos vies sont chamboulées, mais contrairement à la première vague, on a aujourd’hui plus d’infos qu’avant. On connaît les mesures. Celles-ci me semblent beaucoup plus temporaires qu’au printemps. Grâce à l’été, on a vécu un semblant de retour à la normale; cette bouffée d’air devrait être assez pour se rendre de l’autre bord. Ou le sera-t-elle vraiment ? Ce que l’on sait, c’est que le goût d’une vie meilleure existe encore. C’est assez pour garder espoir. Pour se rappeler que ça finira un jour. Oui, on sera transformés, mais je bénis le ciel de ne plus vivre le même choc qu’au printemps. Passer de 100 à 0 du jour au lendemain, sans crier gare, voir absolument tout s’arrêter en quelques jours, le ronron de la ville cesser pour laisser place à un silence de mort, s’engouffrer dans un gris opaque… Ne pas savoir quand on reverra nos proches. Je n’étais pas prête.

Cette fois-ci, j’écoute les mesures, les conférences de presse, le ministre de l’Éducation et, mine de rien, je me sens plus confiante. Oui, bien sûr, tout le monde chiale. Oui, bien sûr, quand les restaurants ferment, les restaurateurs sont mécontents, quand les gyms ferment, les sportifs sont de mauvaise humeur. On traverse une pandémie, c’est pas Noël ! Y a rien d’agréable là-dedans et on n’est pas sortis de l’auberge. Mais au moins, on commence à être habitués. Habitués à ce que ceci soit notre lot, et ça m’amène une certaine paix d’esprit que je n’avais pas quand tout cela a commencé. Je ne me sens plus victime, je n’ai pas le sentiment d’être en colère. Je suis témoin d’une petite partie de l’histoire qui sort de l’ordinaire. Je vais dire comme m’a dit ma belle-mère quand j’ai eu mon premier enfant : « Souviens-toi que tout, le bon comme le mauvais, est temporaire. »

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Merci pour cette bouffée de fraîcheur et d’authenticité! Définitivement j’adore votre style limpide, instantané et joyeusement franc!

…Et la réflexion de votre belle-mère à votre accouchement « enfante » l’espoir – tout n’est pas définitif, le changement peut être long à venir mais il arrive. Accrochons-nous y!

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Pour ce qui est de Trump, moi aussi j’en ai ras-le-bol d’en entendre parler, surtout que nous n’avons pas le droit de vote. On nous rabat les oreilles à toute heure du jour avec ces histoires d’un pays étranger alors qu’il se passe bien des choses ici, dans notre pays, là où on pourrait changer les choses. J’en ai marre d’être dans la situation où on me plonge dans une campagne électorale dans laquelle je ne peux même pas voter. Si les Américains ont viré fou, c’est leur affaire et tout ce que je souhaite c’est que ce genre de folie furieuse ne vienne pas nous contaminer.

Je sais que les ÉU sont nos voisins et notre principal partenaire commercial (de fort mauvaise foi d’ailleurs) et je comprend qu’on en parle dans les nouvelles, mais un clip ça suffit, on n’a pas besoin d’analyses et de disscetion de la société américaine en temps d’élection… Pour ceux que ça intéresse, il y a les canaux américains qui nous inondent ici, alors ce n’est pas le choix qui manque. On pourrait-tu passer à autre chose?

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