Peut-on parler d’autre chose ?

« En plus d’être otages de ce maudit virus, on est présentement otages de l’information. Et mon Dieu que de l’information, il n’en manque pas ! »

Photo : Andréanne Gauthier

Je sais qu’il faut se renseigner, mais y a des limites, quand même. Une fois qu’on a compris les règles du confinement, du lavage de mains intensif, de la distance physique, peut-on parler d’autre chose ?

En plus d’être otages de ce maudit virus, on est présentement otages de l’information. Et mon Dieu que de l’information, il n’en manque pas ! Y a surdose, là. Je n’empêcherai personne de faire son travail et de rapporter l’actualité, mais nous, enfermés avec nos enfants à la maison, assoiffés de contacts extérieurs, on ne va pas seulement nourrir notre tête d’une quantité astronomique de détails négatifs !

Ce qui me sidère, c’est que, les premiers jours (on dirait que ça fait des mois), je capotais parce que j’avais l’impression que la vie n’était plus du tout la même. Tous mes repères se barraient un à un. Les rôles que je pensais entretenir — mon rôle d’humoriste qui va sur scène, d’auteure qui rédige des livres, mon rôle au sein de la société, même mon rôle de mère —, j’avais l’impression qu’ils se déstructuraient. J’étais rendue une flaque de peur. Assaillie par les nouvelles, paralysée par l’angoisse, l’anticipation d’un monde qui, du jour au lendemain, ne serait plus jamais pareil.

What. The. F*ck. Mais comment vit-on une transformation aussi rapide ? Comment ne pas sombrer dans la peur quand tous nos repères foutent le camp ?

Et puis, en parlant au téléphone avec mon psy (un monsieur de 80 ans que je connais depuis que j’ai 17 ans, qui m’a vue fleurir depuis sa sagesse de vieil arbre de la forêt), je me suis rendu compte que ce n’était pas vrai. Ce n’est pas vrai que la vie a complètement changé.

Oui, notre routine est morte. Oui, notre horaire, notre travail, les règles de société, tout ça a été chamboulé, mais la vie, elle a toujours été comme ça, incertaine et fragile. On a toujours été vulnérables, c’est juste que c’était caché sous nos petites certitudes et nos habitudes. Maintenant, nous sommes nus.

Dans les faits, la semaine dernière ou celle d’avant, nous étions déjà ces êtres mortels et mystérieux. Et le choix de chaque heure était déjà là. Celui de basculer dans la peur ou d’accepter la game. D’accepter que nous sommes là, même sans savoir pourquoi. Nous sommes la vie. Nous sommes les habitants de cette magnifique planète qui tourne, et nous sommes les êtres à travers lesquels passe la vie.

Aujourd’hui plus que jamais, nous avons le choix. Celui de sombrer dans la peur ou d’accepter la vie telle qu’elle est. D’opter pour les décisions qui nous font grandir ou celles qui nous détruisent. La vie a toujours été fragile et incertaine. La game a toujours été celle-là.

Et merde! Je n’ai pas parlé d’autre chose…

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6 commentaires
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Bien dit !
Quand on enlève le fard, qu’on laisse tomber le masque et qu’on se dévêt du superficiel, on aperçois soudainement la VIE. La vie dans toute sa fragilité, dans toute sa beauté, dans toute son unicité. C’est alors qu’on réalise sa valeur, sa très grande valeur. Et si un brin de sagesse nous habite un peu, c’est le moment propice de saisir l’instant qui se présente pour remettre en place les choses réellement fondamentales.

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Moi les nouvelles je ne les suis plus. Je n’ai pas besoin de connaître le nombre de personnes atteintes pas plus que celui du nombre de morts. Ça ne change strictement rien à ma vie.

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Mais oui ! Parlons un peu de philosophie….

La vie n’a pas changé. Mais… on cherche à nous faire croire que plus rien n’est plus comme avant. La question est toute simple : Pourquoi tout cela ? La réponse est un petit peu plus compliquée.

Il y a plein d’excellentes raisons, pour que « tout cela » devienne « tout ceci ». D’entités relativement libres, nous voici désormais devenus otages. Otages pour notre bien à ce qu’il parait.

Le syndrome de Stockholm se décrit comme suit, voici la définition de Wikipédia : « Le syndrome de Stockholm est un phénomène psychologique observé chez des otages ayant vécu durant une période prolongée avec leurs geôliers et qui ont développé une sorte d’empathie, de contagion émotionnelle vis-à-vis de ceux-ci, (…) »

Eh bien voilà où nous en sommes, alors que nous souffrons désormais de ce syndrome planétairement. Ceux qui nous gouvernent sont devenus nos idoles et le meilleur dans tout cela, c’est que dorénavant nous les adorons….

Ainsi la contagion n’est-elle pas seulement virale, elle est aussi mentale ; cet état malsain et déséquilibré pourrait très bien durer pour longtemps. À moins qu’il n’en plaise au peuple de conclure qu’il ne soit à bien des égards possible de s’autoréguler, de faire nos choix en conscience, ce qui signifie autrement. J’entends pas là : vivre librement, libéré des entraves de l’esclavage naturellement.

Pour le philosophe Emmanuel Kant, ce qui définit l’être libre, c’est sa capacité d’obéir à la raison par la pensée critique. Pour Jean-Paul Sartre, la liberté se réalise lorsque l’homme ne subit pas les évènements du monde. Le monde, ce n’est pas le Covid-19, ce n’est la dictature de quelques autorités que ce soit. Et pourquoi ce n’est pas cela ?

— Parce que le monde, c’est l’unicité qui existe en chacun d’entre nous. Le monde : c’est nous !

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Vous ne vous en êtes pas aperçue mais vous avez parlé d’autres choses …. vous avez parlé de la vie celle qui continue .

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Avez-vous remarqué comment la nature est belle autour de nous ? L’humain vit un moment difficile mais le reste de la nature vit sa vinaigrette car elle n’est pas touchée par cette pandémie. Notre planète est en fait un grain de sable dans l’univers et l’humain est encore plus minuscule. Nous sommes des entités temporaires, comme le reste de l’univers, en perpétuel changement et cette pandémie vient juste de nous rappeler cela.

Nous sommes quand même chanceux ici : on peut aller dehors et respirer à fond, l’air est encore respirable et le soleil nous chauffe encore la couenne quand il apparaît. On pourra toujours se dire que ça pourrait être pire…

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