Plus d’anglais au primaire, yes sir !

Lors de son discours inaugural, le premier ministre Jean Charest a annoncé que, d’ici cinq ans, tous les élèves inscrits en sixième année du primaire recevront la moitié de leur enseignement en anglais. Une idée déjà évoquée auparavant par l’adéquiste Gérard Deltell et le conservateur Maxime Bernier.

Sondage : plus d'anglais au primaire, yes sir !
Photo : iStock

Près des deux tiers des Québécois souhaitent que les enfants puissent faire une partie de leurs études primaires en anglais, indique un sondage CROP-L’actualité.

Une idée qui déplaît au politologue Christian Dufour, professeur à l’École nationale d’administration publique. « Le Québec est déjà l’une des sociétés les plus bilingues de la planète. Le problème, c’est de vouloir que tout le monde devienne bilingue, d’en faire une norme. C’est le signe d’un affaiblissement identitaire. » Dufour, auteur de l’essai Les Québécois et l’anglais : Le retour du mouton, craint aussi que les immigrants n’aient plus de raisons d’apprendre le français si tous ceux qu’ils côtoient comprennent l’anglais.

Robert Papen, professeur au Département de linguistique de l’Université du Québec à Montréal, a une opinion moins tranchée. « Un semestre d’anglais intensif à la fin du primaire permet aux enfants d’acquérir un bilinguisme fonctionnel », dit-il. En revanche, il juge que le Québec compte trop peu d’enseignants qualifiés pour qu’on puisse déployer un tel programme à l’échelle de la province.

Avant le discours de M. Charest, L’actualité était allé sonder la population :

Le chef de l’ADQ, Gérard Deltell, propose que tous les enfants inscrits en 6e année du primaire reçoivent la moitié de leur enseignement en français, l’autre en anglais. Êtes-vous…

TOUT À FAIT / PLUTÔT D’ACCORD :

63 %

TOUT À FAIT / PLUTÔT EN DÉSACCORD :

37 %

Sondage CROP-L’actualité mené par l’intermédiaire d’un panel Web auprès de 1 000 adultes du 18 au 21 janvier 2011.