Pour une poignée de circonflexes

Pardonnez-moi, mais quand je vois le mot-clic #JeSuisCirconflexe, je lis plutôt #JeVeuxQueToutResteToujoursPareilCommeCétaitDansMonTempsParceQueDansMonTempsCétaitMeilleur.

Photo: storkman/Pixabay
Photo: storkman/Pixabay

Je me suis levé ce matin avec l’envie de soulever la controverse. Pour le plaisir, comme ça, parce que rien ne divertit plus les chroniqueurs que de voir le lectorat se déchirer autour de leurs écrits. On regarde ça aller avec un sourire machiavélique, en flattant un chat blanc.

J’ai donc jonglé avec quelques sujets (le blackface, l’Islam radical, la vraie ville d’origine de la poutine), avant de trouver LA polémique. Êtes-vous prêt à être fâchés fâchés fâchés? Attachez vos tuques, je fesse fort et en majuscules:

J’AIME LA RÉFORME DU FRANÇAIS ET ÇA NE ME DÉRANGE PAS QUE DES ACCENTS CIRCONFLEXES DISPARAISSENT.

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Non, non. Je suis sérieux: je l’aime bien, moi, la nouvelle orthographe. Amenez-en des ognons, des iles et des nénufars!

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Allons! Vous tenez vraiment à garder à tout prix les accents circonflexes sur ile, hopital, flute et fraiche? Honnêtement (<– ce mot conserve son ^, ça vous rend heureux?), je ne vous comprends pas.

Pardonnez-moi, mais quand je vois le mot-clic #JeSuisCirconflexe, je lis plutôt #JeVeuxQueToutResteToujoursPareilCommeCétaitDansMonTempsParceQueDansMonTempsCétaitMeilleur.

Vous les avez toujours vus écrits ainsi, mais savez-vous pourquoi ces mots ont droit à un petit chapeau pointu, comme si c’était leur fête? Après tout, on ne le prononce pas cet accent… et c’est justement parce qu’il n’est pas là pour ça.

Voyez-vous, avant d’écrire île, on écrivait isle. Avant hôpital, hospital. Avant flûte, fluste. Et avant fraîche, il y avait le mot fraische (même qu’avant fraische, il y avait fresche!). L’accent circonflexe est là pour nous rappeler qu’il y a déjà eu un s. Avant. Un moment donné. Il y a longtemps. Tellement longtemps qu’on ne peut même plus nous le rappeler parce qu’on ne l’a jamais su en premier lieu.

Une partie des accents circonflexes de la langue française sont aujourd’hui aussi utiles qu’une collection de cassettes Beta. Il est temps d’en faire notre deuil. Autrement, on va commencer à ressembler à des accumulateurs compulsifs de la langue, incapables de se séparer d’une vieille boîte d’accents et d’une pile de journaux d’il y a 23 ans, sous prétexte que «ça peut encore servir».

Si ça vous dérange tant de devoir jeter des ^, vous pouvez les recycler en les mettant sur le côté pour en faire en des « ». Sauvons la planète, un circonflexe à la fois.

Dans la besace à arguments des opposants, j’entends aussi souvent celui voulant que «ognon-pas-de-i ou nénufar-avec-un-f, ce n’est pas beau. Ça fait mal aux yeux.»

Si on veut vraiment parler d’esthétisme orthographique, peut-on commencer avec le mot «bru»? C’est clair que ce mot a été conçu par quelqu’un qui n’aimait vraiment pas l’épouse de son fils. Bru. Beurk. Ça n’a même pas besoin de réforme pour être laid.

Pour ma part, j’ai toujours pensé que c’est ce qu’on faisait avec les mots, plutôt que les mots eux-mêmes qui faisaient la beauté de la langue. Et tant pis pour les cruciverbistes enragés convaincus que la langue doit être compliquée pour être valable.

Vous trouvez ça ridicule, nénufar? Pourtant, la graphie ph n’est utilisée que depuis 1932. Ça veut dire que vos arrières-grands-parents ont sans doute été complètement outrés (comme vous!) que leurs enfants apprennent ce ridicule nénuphar-avec-un-ph. Ils ont probablement (eux aussi!) vu ça comme un indice de la fin de la civilisation, le début d’une déchéance certaine. Pourtant, on est encore là.

D’ailleurs, ce n’est pas pour écrire «au son» qu’on ramène le f. C’est pour respecter l’origine persane du mot. Le ph est arrivé dans le portrait parce qu’on a pensé pendant un temps que c’était un mot d’origine grecque. Ce n’est pas le cas.

C’est fou quand même, hein? On dirait que des gens ont pensé à tout ça…

«Personne ne va me forcer à écrire comme ça!», se sont écriés plusieurs, comme s’ils craignaient que la branche armée de l’Académie française débarque chez eux pour les obliger à couper des ognons plutôt que des oignons. N’ayez crainte: vous pouvez encore écrire nénuphar si ça vous branche. Bernard Pivot ne vous enverra pas de lettres de menaces et le fantôme de Maurice Druon ne viendra pas hanter vos nuits.

Tout ça, ce sont des suggestions.

Dans les années 1970, un linguiste sur le LSD (on présume, puisque c’était les années 1970) a proposé le mot gaminet, pour remplacer tee-shirt. Depuis, personne n’a réussi à le placer dans une phrase sans s’écrouler de rire et la dernière fois qu’on a aperçu le mot, il quêtait sur le coin de rue, amer de n’avoir jamais connu le succès.

La même chose pourrait arriver à ognon, nénufar, ile et les autres. Seul le temps nous le dira.

En attendant, pourquoi s’opposer à cette réforme? Ou, plutôt: pourquoi SEULEMENT à cette réforme? Pourquoi ne pas aussi rejeter les précédentes?

Allez jusqu’au bout de vos opinions! Retournez au vieux français! «L’empereur avoit failly sur l’isle, de quoy le roy ne pouvoit avoir la raison.» C’est si beau, c’est si pur. Ça, c’était du vrai français.

Pour ma part, je ne suis pas inquiet. Si la langue française a pu résister à Marie-Chantal Toupin, ce n’est pas une petite réforme qui va la mettre au plancher.

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47 commentaires
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Moi je veux surtout que les amants de la langue française choisissent. Vous voulez que qu’on conserve le français tel qu’il est ou vous voulez que les gens fassent moins de fautes? Parce que, franchement, on ne peut pas avoir trois façons différentes d’écrire le son o (ou le son f) et espérer que les gens ne fassent pas de fautes…

Votre choix sera le mien.

J’appuie la réforme à 100%, les changements proposés ne transforment pas l’ancienne orthographe en faute, les deux sont acceptés (mais la nouvelle est à privilégier).

Moi, je trouve difficile toutes ces réformes, surtout pour les enseignants(es) car ils devront connaîtres toutes les anciennes et nouvelles façons d’écrire, car dans les 2 cas, ils ne pourront pas donner de fautes. Donc, c’est pour simplifier la langue française, mais pas pour tout le monde!

La nouvelle orthographe fait partie de la formation des enseignants depuis nombre d’année. La réforme est adoptée depuis 1990, si 26 ans n’ont pas été suffisants aux enseignants de français pour se familiariser avec les changements, il n’y a rien qui va y faire.

Et j’espère que cette réforme va se poursuivre. Regardez l’espagnol qui a su évoluer et faciliter l’apprentissage de cette belle langue. Pourtant c’est une langue latine au même titre que le français.
Il y a tellement d’aberrations dans notre grammaire que c’en devient frustrant. Pourquoi on n’utilise pas le subjonctif après la locution « après que »? Ça sonnerait vraiment mieux à l’oreille. Pourquoi pas de S au subjonctif de la 2e personne des verbes du 1er groupe? Tous les autres en ont !!!! Et le ridicule c’est que l’on doit en ajouter un pour que ça sonne bien dans « manges-en! ». Malheureusement le ridicule n’a pas tué les fofolles qui se sont amusés à créer ces règles farfelues.
Vivement une grande réforme à l’espagnol!

Ce n’est pas au subjonctif qu’il n’y a pas de «s» à la 2e personne du singulier des verbes en -er, mais à l’impératif.
Comme dans : «Mange ta soupe!»
Et ce n’est pas seulement en espagnol qu’on a remplacé les nombreux «ph» provenant du grec ancien par simplement un «f», mais aussi dans les autres langues latines : italien, portugais, catalan, roumain, etc. Prenons ça avec «filosofie», la langue française est plus conservatrice…

Les 3/4 des gens qui commentent les articles de journaux et autres ne savent même pas que ça existe, un accent circonflexe…

Lisez-les. C’est hallucinant!

50% d’analphabètes fonctionnels au Québec… L’Éducation est une des compétences exclusivement provinciales.

Et ça veut faire un pays!

Évidemment, pas un sujet qui ne vous soit prétexte à ramener vos marottes.
Bien hâte de voir ce que ce sera demain : l’intolérance au gluten est un complot socialiste ou le retour des pattes d’éléphants est la faute aux méchants souverainistes.
l’important est de taper sur le clou, n’est-ce pas?
Vous être la preuve par l’absurde que le ridicule ne tue pas.

J’ai fait référence aux séparatistes et/ou aux socialistes dans mon intervention?

Savais pas…

Vous pouvez m’indiquer où?

« Et ça veut faire un pays! »

Force est d’admettre que vous faites partie des soit disant 50% d’analphabètes fonctionnels au Québec.

D’accord avec vous, par contre d’en faire passer la responsabilité sur le dos de l’État, là je n’embarque pas. Tous les outils sont là pour tous au Québec (et c’est encore plus vrai aujourd’hui avec les moyens de communication sophistiqués que nous possédons) pour s’instruire, se cultiver et se développer. Je pourrais vous apprendre toutes les gammes, dans les douze tons, mais si vous ne pratiquez pas, jamais vous ne deviendrai pianiste. Celui qui apprend aura toujours la plus grande part de responsabilité.
En aparté, fidèle à vos habitudes, votre dernière phrase est à mon avis hors d’ordre. Pourquoi vous faut-il toujours ressasser, déblatérer ad nauseam ce leitmotiv (votre « trademark » en quelque sorte) sur vos aspirations politiques. On le connait votre point de vue depuis le temps que vous le répétez sur cette tribune.

Et pourtant, ma dernière phrase est totalement et indiscutablement VRAIE!!!

Nous avons officiellement près de 50% de NOTRE population en état d’analphabétisme fonctionnel. CINQUANTE %!!! Et NOUS en sommes responsables. NOUS!!!

Pour régler un problème, il faut tout d’abord se rendre compte qu’il EXISTE.

Plusieurs solutions existent dont celle de prendre exemple sur les écoles privées où les profs et la direction sont régulièrement évalués, où les structures sont allégées, où le militantisme syndical est minimaliste, où les parents sont très présents (ils PAIENT!), où les infrastructures sont bien maintenues et modernisées, etc…

« Et pourtant, ma dernière phrase est totalement et indiscutablement VRAIE!!! »

Techniquement, votre dernière phrase est : « Et ça veut faire un pays! » – si on prend cette phrase de façon isolée, j’imagine que vous avez raison, quoiqu’elle n’a pas beaucoup de sens non plus.

On comprend que vous faites référénce au taux d’analphabétisme lorsque vous écrivez « ma dernière phrase », mais on repassera pour ce qui est de votre affirmation qu’elle est « indiscutablement vraie ». Par exemple, si vous regardez la méthodologie sur laquelle repose les données publiées sur la littéracie au Québec, vous allez réaliser que l’enquête repose sur un échantillon de moins de 2% de la population de 16 à 65 ans au Canada.

Peut-être qu’en réalité, le taux d’analphabétisme fonctionnel au Québec dépasse les 49% cités par la dernière enquête. Je ne dis pas que c’est un problème, par contre il semble que ce problème soit commun à tous les pays occidentaux, même les pays scandinaves auraient un taux d’analphabétisme fonctionnel de 34% selon la même définition.

Sources :

– Méthodologie du PEICA : http://www23.statcan.gc.ca/imdb/p2SV_f.pl?Function=getSurvey&SDDS=4406
– Définition et comparaison des taux d’analphabétisme : http://www.ledevoir.com/societe/education/330606/l-analphabetisme-au-quebec-un-fleau-pour-toute-la-societe

Ah tient, je viens de regarder les données (analphabétisme fonctionnel) du PEICA de 2012 :

– La moyenne canadienne est de 48,5 et au Québec 53,2 (similaire au Nouveau-Brunswick)
– Ce taux diminue avec l’âge (à l’exception des 16 à 24 ans), en ordre d’âge décroissant (55 à 65 ans, 45 à 54, 35 à 44, 25 à 34 et 16 à 24) ça donne ceci :

Moyenne Canadienne : 59,7 / 52,9 / 42,4 / 39,9 / 46,4
Québec : 69,3 / 59,9 / 44,7 / 39,7 / 48,7
Ontario : 56,5 / 49,9 / 41,7 / 41,1 / 44,2

Il semblerait donc que le Québec accusait un important retard, mais que celui-ci s’était complètement résorbé dans le système d’éducation vers la fin des années 1970.

Mais comme ça coïcide avec l’élection du PQ, j’imagine que vous allez me dire que c’est de la foutaise et que c’est à cause d’eux que le taux d’analphabétisme fonctionnel a remonté avec l’éducation des jeunes éduqués depuis la fin des années 1990 (dont j’en suis) et ce même si la tendance est identique dans la moyenne canadienne.

Source : CANSIM 477-0079

« Je me suis levé ce matin avec l’envie de soulever la controverse. Pour le plaisir, comme ça, parce que rien ne divertit plus les chroniqueurs que de voir le lectorat se déchirer autour de leurs écrits. On regarde ça aller avec un sourire machiavélique, en flattant un chat blanc… »
Il y a longtemps qu’on s’en doutait, merci d’avoir une fois pour toute écarté le doute. Il s’agit, par le fait même, d’une vieille technique journalistique pour tenter de se faire un nom. Écoeurer pour faire jaser.

Enfin, je vois que je ne suis pas seul à penser comme ça! Pourquoi faire si compliqué quand on peut faire si simple. Mon père était un rédacteur/traducteur/etc. parfaitement bilingue toute sa vie. Il connaissait la langue française, anglaise et espagnole sur le bout de ses doigts. C’est grâce à lui si je peux écrire sans faute (ou du moins, presque pas de fautes). Il n’était pourtant pas de ceux qui s’offusquaient lorsqu’un régionalisme était entendu. Il me disait souvent, une langue évolue et a toujours évolué. Avez-vous déjà lu des livres ou articles du 17ième siècle? Non? Allez voir, vous comprendrez. Vous nous en avez donné quelques exemples. Pourquoi ne pas simplifier de temps à autres. La langue française est belle avec ses changements, ELLE ITOU. En passant, ce n’est pas à cause de la langue anglaise que nos jeunes ont décidé d’écrire des textos phonétiquement!! LOL Vous avez sans doute aussi entendu les anglophones dire: « I cannot learn french because I only understand Parisian French » Je viens tout juste de visiter Paris. Je comprends ce qu’ils veulent dire. Les parisiens sont des adeptes des mots anglais (shopping, stop, etc. etc.). Ça, c’est insultant. Au Québec, nous nous efforçons de conserver notre langue même avec ses changements. Bel article …

D’accord. Je n’ai pas voulu faire la liste de tous les mots anglais utilisés. Vous savez comme moi combien ils en utilisent. Il en faudrait une pleine page. D’autres exemples? En voici (Cool, week-end, smartphone, parking, lifting, brushing, debriefing …)

À mon avis, il y a davantage de mots anglais qui sont utilisés dans la langue parlée au Québec que dans celle parlée en France. Le tourbillon anglophone est très fort partout, mais particulièrement au Québec. Écoutez les commentaires d’Ariane Moffatt ou d’Éric Lapointe à l’émission La Voix, My God!, vous allez être flabbergastés…!

J’ai apporté ce commentaire dans le but de dire qu’au Québec, on parle aussi bien et même mieux notre français que chez nos amis français. D’entendre dire les anglophones – qu’ils ne peuvent parler la langue française du Québec parce que les parisiens le parlent mieux, je n’aime pas ça! Je trouve ça insultant. C’est tout …

Ces chers parisiens, qui se croient si parfaits, devraient nous laisser parler notre langue régionale avec ses accents avec ou sans circonflexes. Français!!! un peu de réflexions et de respects s.v.p.

Je vais avoir 65 ans le mois prochain,toute ma vie j`ai toujours fait attention de faire le moins de fautes quand j`écris car je ne suis pas beaucoup instruit.Avec tout ces changements je suis mieux d`arrêter d`écrire.C`était quoi le problème ? Pourquoi changer le français que j`aime ?

Des français veulent conserver la langue de la Grande Nation, croyant toujours que celle-ci, même amoindrie, pourra dicter encore longtemps les usages et les pratiques. Or la langue française est devenue la propriété de centaines de millions de citoyens qui ne vivent pas dans ce pays et qui ne ressentent aucune loyauté envers les membres de l’Académie actuelle. En 2025, les francophones seront en très grande majorité africains et ils joueront avec les mots et les accents comme ils l’entendent. Je suppose également que les « éternels » seront en grande partie, comme Dany Laferrière, nés ailleurs que dans l’hexagone et témoigneront d’autres sensibilités. La même chose est arrivée aux britanniques, qui ne contrôlent plus leur langue.

J’ai vécu plus de 11 ans en terre africaine et ils parlent et écrivent bien mieux le français que les québécois et les français.

Avez-vous autre chose que votre expérience personnelle (que je ne peux pas vérifier) pour appuyer votre affirmation? Par exemple des résultats à des tests internationaux?

Pour la plupart des Africains qui utilisent le français, cette langue est une langue coloniale et il ne serait pas surprenant qu’ils l’abandonnent au profit de leur propre langue et de l’anglais comme langue de communication internationale. Voyez les anciennes « colonies » françaises comme l’Algérie et le Maroc qui sont revenus à leur langue originale, l’arabe. Il y a peu de pays où le français n’est pas une langue coloniale et le Canada en fait partie pour les descendants des gens d’origine française.

Font chier avec leurs changements à la con! Ça devient de plus en plus compliqué de savoir comment écrire. Et si on laissait les changements se faire naturellement, sans être imposés par le haut, par ceux et celles qui pensent que les gens sont trop gnochons pour apprendre à écrire avec des accents? Y’a pas d’accents en anglais, mais y’en a en finlandais et y’en a en français. Ça fait partie de l’histoire. Ça fait partie du charme et de la richesse. Aujourd’hui, les Français renient leur langue. Et nous, on suit?

Il faut l’avoir enseigné aux adultes migrants et immigrants pour comprendre que ce qui fait le rire et le charme pour un étudiant en linguistique française, fait naitre l’horreur et le découragement chez l’adulte en francisation. Tout à fait d’accord pour les changements, même si la prononciation, qui nous vient du latin, demeurera inchangée (ville et fille par exemple et les consonnes doubles qu’on ne prononce pas). Le français est une langue si sophistiquée que ses locuteurs doivent l’écrire avec un Robert et un Grévisse et on s’étonne de voir partir pour l’Ontario les immigrants. Je suis d’accord pour des changements intelligents.

Bienvenue à la paresse intellectuelle de cette nouvelle ère des “texteux” et leurs nombreuses expressions de langue anglaise (lol et autres).

Selon l’article que vous proposez c’est “dans le but de faciliter l’apprentissage du français et de suivre l’évolution de la langue” et “portent notamment sur le trait d’union, le tréma et les accents, les marques du nombre, les consonnes doubles”.

Hors le mot scellé utilizé dans le même tex devrait s’écrir célé ou, les consones doubles com vermillon s’écrirait vermilon et communication deviendrait la co munication (il semble que les académiciens n’apprécient plus à leur juste valeur le lien entre l’écrit et la prononciation. Et pourquoi pas “prononciacion” ou “prononsiasion” et au diable les mots qui utilisent un “T” ou lieu d’un “C” ou un “S” et vice versa, nous devrions enlever les “C” dans tous les mos qui finissent (ou plutot (sic) finicent) en ions et bien d’aut.

Pour ce qui est de Noël, et bien Noel, prononcé noel dans un seul trait, cé ben correk.

Tout com un nombre croissant de mots qui n’ont plus leur place et proviène de la langue en glaize tel que “efficient” au lieu d’efficace parce que efficient c’est plus efficace, hum scusé eficace.

Pour une entité com l’ofice québécoize de la lange fransaize (en collaboration avec l’organisation dé ptit fiyes qui on des bouton) qui se doit de protégé la lange fransaize, cé fonctionaire pouront continué à dormir en pais. (Efficient mintenan disponible en langue fransaize provient de efficient en langue anglaize).

Entité ou antité, et bien enlevons les “E” et utilizons les “A”. Et pourquoi bienvenue prendrait-il un “E” à la fin, bienvenu cé ben correk.

Abolissons les au et eau pour utilizé seulement le “O”, cé ben plu efficient.

Oh la langue fransaize ! quel bel lange vivante ?

Après les journo cé le dictionaire qui va disparaite. Pourquoi apprendre plus de 100 mo quan on peu en parlé que 50.

Merci Roger, J’ai bien apprécié la lecture de tous ces commentaires, comme d’ailleurs de l’article lui-même. Mais je dois avouer que le « clou » de toute cette histoire, c’est bien vous qui nous l’avez servi. Bravo. Doit-on vraiment chercher à « simplifier » une langue? C’est une question qui se pose, et qui n’en finira sans doute jamais de se poser. Une question complexe… et qui n’a aucune réponse, bien évidemment. Oui, il y a sans doute certains avantages à « alléger » certains « tics » d’une langue, à corriger certaines façons de s’exprimer qui ne sont pas ( très ) cohérentes… Mais il faut bien avouer que de vouloir « tout changer », selon le génie du moment, ou selon sa logique personnelle, cela présente de sérieux inconvénients, dont le principal et le plus évident est la danger de n’être compris par personne… À quoi sert une langue? sinon à permettre à un grand nombre de personnes de communiquer entre elles, plus subtilement et plus efficacement que par le simple langage des signes. Une langue, par définition, c’est complexe, car cela réfère à une façon plus ou moins savante d’organiser la pensée… Et cela évolue, sans relâche, pour le meilleur comme pour le pire. Une langue est influencée par une ou plusieurs autres langues, comme cela les influence aussi… Et puis, il y a divers « niveaux de langage », de langue parlée, comme de langue écrite… Effectivement, est-il bon, serait-il souhaitable, de retourner à des façons plus anciennes de s’exprimer — avant tout au moyen de la langue écrite — qui demeure, jusqu’à preuve du contraire, une sorte de « rempart » au laisser-faire et à la « facilité » de la langue trop souvent « baragouinée », dans certains milieux…. La langue française n’est pas la plus facile à apprendre, et tel n’est certes pas sa plus grande qualité… J’ai beaucoup de sympathie pour ces personnes apprenant le français, qui doivent se convaincre qu’il est « logique » de dire : « Je me suis rendu à Montréal, en fin de semaine… », plutôt que « Je m’ai rendu à Montréal… » Ou encore : « Le pauvre, il s’est fait virer par son employeur… » ( au lieu de « il s’a fait virer… » ). Pourquoi ce journal, qui avait écrit en gros titres, à la première page : « La France s’est payée toute une célébration », pourquoi ce journal avait-il erré lamentablement? Oh, certains professeurs de français avaient applaudi : verbe pronominal, le « s » complément, placé devant le verbe, on accorde au féminin… Non, la langue française n’est pas facile à maîtriser… illogique? parfois oui, parfois non. On a certes tout intérêt à savoir « d’où les choses viennent », pour comprendre au moins en quoi un illogisme est si dérangeant. Cela facilité l’apprentissage « logique » de ce moyen de communiquer. La pratique, l’usage de la langue orale, c’est autre chose, en bonne partie… Il faut pratiquer, écouter beaucoup… ceux qui parlent bien, comme ceux qui parlent moins bien… L’exercice n’est jamais fini. On n’a jamais fini d’apprendre… et c’est très bien ainsi… Et savoir « d’où ça vient » aide sûrement à mieux imaginer « où ça s’en va »… En passant, « aujourd’hui », ça vient de « au jour de hic » Hic. celui-ci, en ce jour-ci, en ce présent jour. « Maintenant » veut dire « tandis qu’on se tient la main », « toutefois » vient de à toute fois, à n’importe quelle fois… La langue française est passionnante. Continuons à la bien découvrir, pour mieux la goûter… et la maîtriser un peu mieux?

Il n’y a pas que l’espagnol qui a cherché à se simplifier. L’allemand aussi qui enlève des lettres inutiles comme le h de thé. En fait, presque toutes les langues le font, sauf l’anglais et le français. Je suis d’accord avec l’article qui replace la question dans son juste contexte. Les problèmes sont ailleurs, quand je vois des étudiants universitaires qui écrivent fut avec un accent circonflexe parce que le correcteur leur suggère, quand je vois les policiers qui n’ont plus de problèmes, mais seulement des problématiques (c’est plus chic). La réforme touche des règles parfois stupides comme imbécile avec un l, mais imbécillité avec deux, la volonté de simplifier est exemplaire, essayez d’expliquer à des gens qui apprennent le français toutes ces contradictions difficiles à intégrer. De plus, pour en ajouter, j’enseigne dans plusieurs pays et les étudiants hispanophones font aussi beaucoup d’erreurs dans leur propre langue, qui est pourtant assez simplifiée. Enfin, pour le plaisir, allez lire Victor Hugo, ou Alexandre Dumas dans le texte et vous serez surpris de la complexité de l’écriture au 19e siècle, on n’a pas envie d’y retourner. La langue est un objet de communication, par un objet d’admiration muséale

Welche sind die Buchstaben entzogen sie ? Keine, ist der nicht ? En fait, parlez donc de ce dont vous connaissez puisqu’il n’y a eu aucun changement à la langue allemande si ce n’est que des expressions mais ils demeurent intrinsèques au fondements de la langue allemande. La plupart des gens croient à tort que la lanque française est complexe, apprenez l’allemand ou encore le russe, nous en reparlerons !

farmacie – filosofes – phélin – je vais écrire suivant mon humeur du moment..pourquoi pas ? ou encore comme je l’ai appris, ainsi tout le monde va ma comprendre.. Au scrabble, les nouveaux mots ne seront pas acceptés ?

Vous écrivez « Ça veut dire que vos arrières-grands-parents ont sans doute été complètement outrés (comme vous!) que leurs enfants apprennent ce ridicule nénuphar-avec-un-ph »… Or pour les gens plus âgés aujourd’hui, leurs arrières-grands-parents ne pouvaient pas écrire étant illétrés. Quand on fait des recherches généralogiques, on examine souvent les extraits de registres de l’état civil des églises surtout pour les mariages où on trouve les noms des parents des époux et la plupart du temps on voit la mention que les époux et les témoins n’ont pas signé, ne sachant le faire. De plus l’orthographe variait souvent de l’un à l’autre et les noms des gens varient selon celui qui l’écrit (Harel, Arel, Arelle etc.). Les règles orthographiques sont relativement récentes avec l’éducation plus accessible au XXième siècle et une langue vivante évolue en suivant son temps mais s’acharner sur l’accent circonflexe est certes dérisoire! L’évolution se fait souvent au son et à l’emprunt de mots d’autre langues qui décrivent bien un objet ou un concept nouveau mais pas nécessairement sur le remplacement du ph par un f…

La langue évolue, la preuve étant qu’à Radio-Canada on dit: il pleuvra possiblement demain au lieu de : il pleuvra peut-être demain. La langue évolue vers l’anglais… Possibly….

Je remets mon commentaire que j’avais fait à la suite de l’article: Ognon, nénufar et iglou: le Québec et la (pas si) nouvelle orthographe. J’y ajoute cependant la question du genre.

Il reste à réapprendre à compter, en éliminant les soixante-dix, quatre-vingt et quatre-vingt-dix, pour les remplacer officiellement par septante, octante (ou huitante) et nonante.

Et que fait-on de AUJOURD’HUI, qui est la contraction de trois mots? Peut-être devrait-on utiliser AUJOURD’HIER pour uniformiser cette contraction inutile. Ou, plus logiquement, utiliser HUI comme on dit HIER.

Et j’éliminerais MONSIEUR, MADAME et MADEMOISELLE, pour revenir à l’orthographie initiale SIEUR, DAME, DEMOISELLE.

Il reste donc du chemin à faire pour avoir une langue plus logique et pour corriger les fautes de nos ancêtres qu’on a incorporé dans la langue écrite et qu’on propage depuis quelques siècles.

J’ajouterai aussi que le genre des noms serait à modifier. En anglais, les choses ne sont ni masculines ni féminines. On ne dit pas une table ni un crayon en anglais, mais A TABLE et A PEN. Dans le contexte d’une société égalitaire où même le genre des personnes est remis en question, il serait temps d’introduire un nouveau pronom neutre correspondant au IT en anglais. Ce pronom pourrait aussi être appliqué à certaines concepts religieux comme Dieu, et en faire un être ni masculin ni féminin, ce qui éliminerait certaines luttes féministes religieuses. En japonais, il existe plusieurs pronoms personnels correspondant à la troisième personne du singulier. Notre pauvre langue ne nous en permet que deux: IL et ELLE.

De plus, on pourrait aller plus loin et éliminer presque tous les féminins inutiles (à part le ELLE qui ne serait utilisé que pour les femmes et les femelles animales), de sorte qu’un nom ou un adjectif serait identique au masculin et au féminin. Ce serait la fin du LA et de UNE, comme en anglais. Mais juste à imaginer la levée de boucliers devant une telle suggestion… Je serais excommunié par l’Office de la langue française parce que «mon suggestion transformerait son nom en Office du langue français.»

Vous avez une très mauvaise connaissance de la langue anglaise. Toute les choses ont un genre qui change selon l’appartenance de la chose. C’est his table ou his table, dépendemment si la table appartient à lui ou elle. C’est une forme utilisé par l’allemand, le néerlandais, le danois, le sudédois mais non par le norvégien.

J’adore l’article, ça m’a bien fait rire.

Mais le problème, le vrai problème, personne n’en a parlé, personne.

Le vrai problème, c’est que ognon et nénufar, c’est beaucoup moins payant au Scrabble que oignon et nénuphar. 😉

Ognon gnochon, n’en vous déplaise, moi je vais continuer à manger des oignons. Ceux qui ne se donnent pas la peine de maîtriser une langue, ce n’est pas en supprimant quelques accents ou quelques lettres ici et là pour les accommoder qui va faire une différence.

Je suis d’accord avec la réforme. Est-ce trop peu, trop tard? Les Français ont condamné leur langue en la surchargeant de mots anglais qu’ils adoptent par snobisme. Pourtant, ils ne se sont pas gênés pour traduire la plupart des noms géographiques. Sans être pour la traduction à tout prix, j’aime bien les consultations de l’Office de la langue française du Québec lorsqu’on propose d’aussi jolis mots que « courriels » plutôt que « mail ».