Prochainement sur votre table

Les futurologues avaient prédit que les pilules remplaceraient un jour la nourriture. C’est tout le contraire ! Non seulement les aliments sont là pour de bon, mais ils sont de plus en plus un véhicule pour les suppléments qui vous veulent du bien.

Une tomate qui a du cœur

Bourrée d’anthocyanines, antioxydants qu’on retrouve également dans les bleuets et les fraises, cette tomate mise au point par l’Université de l’Oregon devrait donner du tonus à nos artères. Sur le marché en 2011.

 

Jus d’orange aux légumes

Aux États-Unis, la société Minute Maid a ajouté des molécules de légumes à son jus d’orange Heart Wise. Ces phytostérols pourraient faire baisser le taux de « mauvais » cholestérol chez l’humain. On trouve également cet ingrédient naturel dans des chocolats, barres de céréales ou margarines, une façon inédite d’encourager certaines personnes à manger des « légumes ». Au Canada, le ministère de la Santé n’a pas encore approuvé l’ajout de phytostérols.

Filles de Starbuck


vente de viande et de lait de bovins clonés
La Food and Drug Administration a approuvé l’an dernier, aux États-Unis, la vente de viande et de lait de bovins clonés. Ces produits seraient aussi sûrs que ceux des autres animaux d’élevage, et le Canada pourrait emboîter le pas. Le hic : un animal cloné coûte des dizaines de milliers de dollars à produire. On utiliserait donc plutôt la semence de taureaux, comme Starbuck II, clone du célèbre reproducteur canadien, pour inséminer des femelles et produire des vaches laitières.

Plein de microbes

Les yogourts enrichis de probiotiques existent déjà. Ces suppléments, faits des bactéries Bifidobacterium lactis ou Lactobacillus acidophilus, renforceraient l’appareil digestif et le système immunitaire. D’autres souches agiraient contre les maladies cardiovasculaires, certaines allergies ou le cancer du côlon. On pourrait en inclure dans tous les aliments. On commence aussi à ajouter des prébiotiques (suppléments alimentaires non digestibles), dont raffolent certaines « bonnes » bactéries.


Oeufs enrichis de lutéine, nutriment qui aide à prévenir la cataracte et la dégénérescence maculaire liée à l'âgeVoir la vie en œuf

Enrichi de lutéine, nutriment qui aide à prévenir la cataracte et la dégénérescence maculaire liée à l’âge, l’œuf nouvelle génération produit par la société belge Belovo est déjà sur le marché dans plusieurs pays d’Europe et aux États-Unis.

Lait-cola

La folie de la nanotechnologie, science de l’infiniment petit, n’épargne pas l’industrie alimentaire, qui tente de mettre au point des « nanopépites » de saveur. Ajoutées ni vu ni connu à un aliment, elles en transforment le goût. Frans Kampers, de l’Université de Wageningen, aux Pays-Bas, veut profiter de cette technologie pour produire de nouveaux aliments santé. Un lait qui a le goût d’une boisson gazeuse, par exemple !

Du poulet aux fibres


poulet fibres
Les fibres aident à régulariser la fonction intestinale. Aussi Peter Jones, de l’Université du Manitoba, veut-il en ajouter dans certains aliments, sans que « ça goûte le carton ». Solution envisagée : les fibres solubles, qu’il suffirait d’ajouter, par exemple, à l’eau que les transformateurs injectent dans les poitrines de poulet pour les rendre dodues. Catherine Mounier, de l’UQAM, veut faire manger des acides gras à chaîne moyenne (présents, par exemple, dans l’huile de coco) aux poulets d’élevage. Ces molécules modèrent l’action de l’enzyme FAS, active dans la transformation des sucres en lipides. Le poulet serait moins gras, donc meilleur pour le cœur.

Pauvre en sodium

Nouvelle cible des nutritionnistes : le sel, qui fait augmenter la tension artérielle. On en consommerait presque deux fois trop, et un des grands coupables serait le pain. L’industrie alimentaire n’a pas encore découvert de substitut parfait au sel. La solution consistera peut-être à en diminuer graduellement la concentration dans les aliments préparés, histoire d’aider notre palais à s’adapter.


Une tomate qui a du cœur Encore plus performant, le brocoli
!

Notre bon vieux brocoli est déjà riche en glucosinolate, substance à laquelle on attribue un rôle protecteur contre le cancer de la prostate. Des chercheurs allemands veulent le rendre encore plus performant en y ajoutant du sélénium, dont la consommation quotidienne diminuerait aussi le risque de cancer de la prostate. Le truc : faire pousser ce légume dans un sol enrichi en sélénium.

Fruits bioniques

Des fruits « améliorés » garniront les étals d’ici quelques années. Les agriculteurs sélectionnent les plants les plus riches en molécules bénéfiques pour la santé. D’un croisement à l’autre, le fruit devient rouge jusqu’au cœur ! Les antioxydants nous protégeraient, selon certaines recherches, contre les maladies cardiovasculaires, neurodégénératives et certains cancers.

Gras nouvelle génération


Bien des fabricants ont remplacé les gras trans dans leurs produits par de l’huile de palme, car elle est bon marché et reste semi-solide à la température de la pièce. Mais cette huile est riche en gras saturés, donc néfaste pour la santé cardiovasculaire. Alejandro Marangoni, de l’Université de Guelph, veut transformer les molécules des huiles polyinsaturées, bonnes pour la santé, afin de leur donner la structure d’une gélatine. Les beignes et autres pâtisseries pourraient ainsi passer la journée sur le présentoir sans s’affaisser.

 


SOURCES : Claude Champagne, Centre de recherche et de développement sur les aliments, Saint-Hyacinthe ; Peter Jones, Chaire de recherche du Canada sur la nutrition et les aliments fonctionnels, Université du Manitoba ; Willy Kalt, ministère de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire du Canada ; Benoît Lamarche, Chaire de recherche du Canada en nutrition et santé cardiovasculaire, Université Laval ; Alejandro Marangoni, Chaire de recherche du Canada en sciences de l’alimentation et des matériaux mous, Université de Guelph ; Catherine Mounier, Département de sciences biologiques, UQAM ; Paul Paquin, Institut des nutraceutiques et des aliments fonctionnels, Université Laval ; Marc-André Sirard, Chaire de recherche du Canada en génomique fonctionnelle appliquée à la reproduction animale, Université Laval.