« Produit du Canada » : changement d’étiquette

En limitant l’usage de la mention « Produit du Canada », Ottawa a ouvert la porte à nombre d’aberrations. Et s’apprête à faire marche arrière.

« Produit du Canada » : changement d'étiquette
Photo : iStockphoto

Fini le temps où un pot d’olives pouvait porter la mention « Produit du Canada ». Depuis janvier 2009, pour être considéré comme d’origine canadienne, un aliment doit contenir au moins 98 % d’ingrédients canadiens. Une règle qui a vite tourné au cauchemar. Du jour au lendemain, la confiture de bleuets du Lac-Saint-Jean et les conserves de haricots de Lanaudière ont perdu leur titre d’origine. Les coupables ? Les pincées de sucre ou de sel – importés – qui entrent dans leur fabrication.

Mais tout cela pourrait changer sous peu… L’Agence canadienne d’inspection des aliments songe à exclure certains condiments – tels le sel, le sucre et les épices – des calculs de pourcentage d’ingrédients.

Une solution qui reçoit un accueil mitigé au Conseil de la transformation agroalimentaire et des produits de consommation. « Ça réglerait seulement une partie du problème, dit Christine Jean, directrice technique aux affaires réglementaires de l’organisme. Beaucoup d’aliments préparés contiendront toujours plus de 2 % d’ingré­dients importés. On en fait quoi ? »

L’industrie de la transformation alimentaire propose plutôt que le pourcentage minimal d’ingrédients canadiens soit fixé à 85 %. « Entre-temps, ironise Christian Malenfant, directeur du marketing chez Bonduelle, producteur des légumes surgelés québécois Arctic Gardens, si vous voulez acheter un produit du Canada, cherchez les emballages où on ne trouve aucune mention de l’origine. » Tous les produits non canadiens doivent porter la mention du pays d’origine.

Avant 2009, il suffisait que 51 % des coûts de transformation aient été engagés au Canada pour que n’importe quel produit – même les olives – devienne canadien.