Quand haïr le Québec unit le Canada

Au Québec, on ressasse le cliché de l’Alberta. Dans le ROC, on perpétue le cliché du Québec-la-province-fatigante-pas-comme-les-autres. Ce n’est pas l’idéal, mais ça reste mieux que d’être un verre d’eau tiède.

Photo: Antoine Bordeleau

Sortez les mouchoirs, Québécoises et Québécois, parce que le Manitobain moyen ne nous aime pas beaucoup, et l’Albertain moyen encore moins. Dans le ROC, le Québec est vu comme la personne qui amène une salade de légumineuses au pot luck de la Confédération : quelqu’un qui prend beaucoup, sans apporter quoi que ce soit de vraiment utile.

C’est du moins ce que nous révèle un récent sondage de l’Institut Angus Reid, réalisé dans le cadre de sa série « Ces questions dont on connaît déjà la réponse ». Le mois prochain, Angus Reid demandera aux Canadiens s’ils trouvent qu’il fait plus froid en hiver. Les résultats vous surprendront !

On apprend dans le sondage que l’Ontario est la province qui considère le plus les Québécois comme ses amis. Mais encore là… 44 % des Québécois voient l’Ontario comme un allié, tandis qu’il n’y a que 12 % des Ontariens qui acceptent notre bracelet de l’amitié. Le genre de réciprocité qui me rappelle ma vie amoureuse au secondaire.

Les trois quarts des répondants de l’Ouest canadien croient même que le Québec est hostile à leur province. Dans le palmarès des choses populaires à Calgary, le Québec se place quelque part entre marcher sur un clou et le gars saoul au karaoké qui choisit une chanson emo de sept minutes avec pas vraiment de mélodie.

Pendant ce temps-là, le mieux que les Québécois sont capables de faire, c’est d’être 51 % à se méfier de l’Alberta. Pour toutes les autres provinces, l’animosité demeure sous la barre des 25 %.

Je regarde le reste des Canadiens nous détester et, franchement, je les envie un peu d’avoir autant de passion pour le sujet. J’aimerais bien haïr les autres provinces autant qu’elles disent ne pas m’aimer, mais… c’est difficile d’haïr quelque chose qui n’a pas de personnalité. Ne pas aimer la Saskatchewan, ce serait comme avoir des émotions fortes envers l’eau tiède.

Comprenez-moi bien : ce sont sans doute de très chouettes endroits pleins de personnalité. Ce que je dis, c’est que celle-ci ne se rend pas jusqu’au Québec. Vous me dites « Manitoba », et il ne me vient rien en tête.

Amis de la Saskatchewan, vous pouvez bien penser que le Québec vous est hostile si ça vous fait du bien. La vérité plate comme les Prairies, c’est qu’on ne pense pas assez à vous pour ça.

Bien confortable dans sa bulle francophone, le Québécois moyen croise rarement ce qu’on appelle le « Rest of Canada ». Le ROC. D’ailleurs, juste le fait qu’on appelle ça le « ROC », ça en dit long.

Imaginez si le Vermont parlait du « Reste des États-Unis ». Imaginez si le bretzel parlait de la crotte au fromage, du Doritos et du Ringolo comme étant « le reste du sac de Party Mix ». C’est une description qui coupe vraiment les coins ronds.

C’est pourtant ainsi que les Québécois voient le Canada, dans une série de coins coupés extrêmement ronds. Il y a les Rocheuses en Colombie-Britannique. En Alberta, les gens mettent du pétrole dans leurs céréales. L’Ontario, c’est la province qui nous ressemble, mais en anglais. Et à part ça, ben… y a le bout où le monde pêche, le bout où il fait toujours froid et le bout où tout est plat.

Le Québec n’a jamais réussi à faire son indépendance réelle. En lieu et place, il a plutôt fait l’indépendance par l’indifférence. Les Québécois ne sont souvent canadiens que de passeport, et le Ô Canada ne nous émeut que si on a commencé à boire durant l’avant-match.

Le Canada, lui, entend régulièrement parler du Québec. De ce que je comprends, nous sommes le Nickelback des provinces, la cible facile sur laquelle on peut sans fin s’épancher sans avoir besoin de connaître ça pour vrai.

Le Québec se fait haïr en bonne partie parce qu’il est différent et qu’il se fait remarquer. C’est un phénomène que les spécialistes (lire : moi) surnomment l’« effet Catherine Dorion ». Tout le monde a de fortes opinions envers Catherine Dorion, mais personne n’en a contre son collègue solidaire Alexandre Leduc, député d’Hochelaga-Maisonneuve, qu’on surnomme amicalement « Qui ça ? ».

Le sondage d’Angus-Reid se nourrit entièrement de perceptions et d’émotions. Au Québec, on ressasse le cliché de l’Alberta. Dans le ROC, on perpétue le cliché du Québec-la-province-fatigante-pas-comme-les-autres.

Ce n’est pas l’idéal, mais ça reste mieux que d’être un verre d’eau tiède.

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Imaginez si le Vermont parlait du «Reste des États-Unis»?
Euh, il y a un mouvement souverainiste au Vermont
Pis c’est le seul État qui élit un sénateur indépendant. Et tout un! (Bernie Sanders)

https://vermontindependent.net/about-vermont-independent/
A. First founded in 2005 as Vermont Commons: Voices of Independence, the Vermont Independent is a multimedia news forum for exploring the idea of Vermont independence – political, economic, social, and spiritual. We are solutions-oriented, non-partisan, and interested in promoting ongoing and vigorous debate about a more resilient future for the once and future republic of Vermont

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Les albertains (et leurs voisins de l’ouest du Canada) devraient comprendre que ce n’est pas en publiant de la désinformation et en lançant de la merde au visage des québécois qu’ils vont s’en faire des amis. Vu d’ici au Québec, c’est courant de tomber sur des déclarations haineuses qui déforment la réalité et accusent les québécois de tout les maux des provinces de l’ouest. Pourtant, vous nous aimiez tellement un certain soir de 1995… Et, moins d’une semaine plus tard, recommençaient les discours mensongers et remplis de haine qui n’ont jamais vraiment cessé depuis. Ici, on en a marre à l’imparfait de vos jérémiades et de votre fiel. Bonne chance si vous pensez qu’en continuant ainsi vous allez convaincre le Québec qu’un dialogue peut s’établir avec vous.

C’est contre la constitution américaine qu’un État se sépare de l’union. Au Canada, la constitution canadienne dans les faits sépare le Québec du Canada. Le Québec, n’ayant pas signé cette constitution …

Ouiiiii, et sans parler de la république de Cascadia sur la côte ouest où on parle d’indépendance de la Californie à l’Alaska en passant par l’Oregon, Washington, BC et Yukon!

Faux, il y a un sénateur indépendant dans le Maine, Angus King (un conservateur modéré, comme il ne s’en fait plus, dans la ligné de George H.W. Bush, le #41).

@ Jacques Lafond:

Mais si le Québec « n’a pas signé la constitution », comment diable peut-il bénéficier de la généreuse péréquation Canadienne de $11.0 Milliards par année? Et en plus des dépenses fédérales au Québec de plus de $10.0 Milliards par année?

A mon avis, pour la survie du Bloc Québécois faudrait changer le nom pour »le Bloc Canadien » avec des représentants partout au Canada. L’objectif :expulser le Québec du Canada, et avec une majorité d’élus du Bloc Canadien, le Québec devrait finalement accepter de devenir indépendant.

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Très drôle, merci ! Le Canada ce n’est pas d’Un océan à l’autre mais plutôt Juste un trou d’eau à l’autre. Comment voulez-vous alors que ça fonctionne ?

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Les perceptions se nourissent en grande partie d’ignorance et de clichés ressassés ad nauseam. Cet article est débile, un prétexte pour faire des jeux de mots faciles sans plus.

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Nous sommes les grains de sel dans l’engrenage du Party Mix canadien… Mais je regarde la pub de Telus avec la toune d’Hubert Lenoir, l’hippopotame et le tél. intelligent Huawei en même temps que je lis vos blagues et je garde espoir. 😉

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Cette ignorance crasse qu’on a d’un bout à l’autre du pays les uns pour les autres, et surtout le plaisir de s’y complaire m’agace énormément. C’est la raison pour laquelle on s’invective à l’occasion, et s’ignore presque tout le temps. C’est sans doute à la SRC/CBC que devrait incomber le devoir de nous raconter ce pays, son histoire, ses habitants, ses premières nations, sa faune, ses ressources, ses avancés technologiques, ses défis pour l’avenir, et ses rêves. Que les télé-romans ne se passent pas qu’au Québec en français, mais puissent aussi nous montrer la vie quotidiennes d’autres canadiens. Comment s’est vécu les feux de forêts du nord de l’Alberta? Tout ce qu’on peut voir de l’ouest du Canada ce n’est que « Michèle et la vie sauvage » au Yukon et en Alaska. Pas grand chose d’autre. Tant qu’à payer des taxes, elles seraient mieux utilisées comme çà.

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Une série télévisée sur la vie des albertains? Çà serait le meilleur somnifère au monde. Ça éviterait a tous ces pauvres insomniaques de prend des des pilules. Ça pourrait être bon ….

L’été dernier j’ai traversé le Canada en auto. Deux mois et 13700 km de route de Québec jusqu’à Ucluelet en passant par Toronto, Winnipeg, Calgary et Vancouver, mais aussi Kenora, Fort Qu’Appelle et Gravelbourg. Au retour, une question revenait souvent: as-tu été bien reçue ? Eh bien oui. Partout. Malgré ma plaque d’immatriculation distincte. Il est tellement facile (et probablement payant pour ceux qui en vivent…) d’entretenir les idées toutes faites et les préjugés…

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J’ai aussi observé, la même chose il y a 15 ans passé pour avoir travaillé dans toutes les provinces Canadiennes, excepté Terre-Neuve! Rien de négatif dans leurs attitudes.
En fait, les Québécois ne connaissent pas les Canadiens, ils devraient enlever leurs ornières de préjugés et ce s’adresse aussi aux Canadiens hors-Québec!

J’ai également fait un voyage similaire et…même constat.

Lorsque l’on se mêle à la « vraie » population d’un endroit et qu’on cesse d’écouter ou de lire les « leaders d’opinion », ça donne une perspective très différente des choses.

Et les Rocheuses…qu’elles sont magnifiques!

Moi-t-aussi !

Trois ou quatre voyages dans les années ’80, toujours bien reçu !

Une dame âgée m’a même offert le couvert, un repas, quelque part dans les Prairies, j’ai longtemps conservé la couverture chaude qu’elle m’a donnée, devenue doudou pour mon fils beaucoup plus tard …

J’aime bien votre article ca représente assez bien le ROC. J’ai résidé a Winnipeg de 1984 a 89 c’était le « Quebec bashing » y était très intense. Je dirais même que c’est « LE » vrai sport national au Canada. C’est bien sur voulu par le partie politique en place en 1984 c’était encore le père de l’autre et sa décision de faire traduire les livres de lois au fédérales et provinciale dans les deux langues officielles qui a coûté une petite fortune au ROC pour ne presque jamais leurs servir tout ca pour que le ROC nous haïssent encore plus. Aujourd’hui c’est leurs pipelines qu’on ne veut pas alors c’est de notre faute s’ils sont presqu’en faillite… même si la Colombie-Britannique n’en veut pas non plus ça c’est pas grave… En plus les médias fond leurs choux gras avec ça… Je me souviens que dans le temps Péladeau père avait un journal anglais a Winnipeg qui parlait contre le Québec…et son journal ici qui parlait contre le ROC. C’est payant la chicane.

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«c’était encore le père de l’autre et sa décision de faire traduire les livres de lois au fédérales et provinciale dans les deux langues officielles qui a coûté une petite fortune »

Vraiment !

Plutôt une décision juridique !

Le papa n’y était pas pour grand chose, et puis … y était-il toujours je ne me rappelle pas !

« J’ai résidé a Winnipeg de 1984 à 1989. Le « Quebec bashing » y était très intense. Je dirais même que c’est « LE » vrai sport national au Canada. »

Ah non : c’est LE vrai sport fédéral, pas « national ». (S’cusez la, je suis antinationaliste).

Au temps de la production de blé, avant le pétrole, l’Ouest, à oublié ce qu’à fait l’est pour eux.
Le pétrole brule la mémoire. C’est fort le pétrole!!

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Une PARTIE de l’Est seulement car à cette époque, le Québec était déjà accro à la généreuse péréquation. Il l’est depuis les années ’60.

Oui, je crois qu’il y a une réelle remontée de la québécophophie dans le reste du Canada et vice versa. C’est là l’expression de la peur, mais de quoi au juste? À qui la division du pays peut-elle profiter? Cet article est très superficiel et n’a pas sa place dans l’Actualité.

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Du point de vue de la côte ouest, c’est une bonne chose que l’Alberta ait le Québec dans sa cible! Pendant ce temps là, on peut bloquer leur pipeline Trans Mountain sans qu’ils pensent à boycotter notre vin ou notre pot. Fiou!

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J’ai travaillé une bonne patie de ma carrière pour des compagnies pétrolières de l’Ouest et de pipelines et je peux confirmer qu’ils carburent à « leur » pétrole. Celui-ci, par les taxes prélevés par son extraction, leur permet d’éviter le concept de la taxe de vente provinciale, d’avoir des taux d’impositions plus bas, autant corporatif que pour particuliers et donc, leur permet de s’enrichir plus et c’est aussi ce qui a motivé plusieurs corporations de déménager leurs sièges sociaux en Alberta (créant par la bande beaucoup d’emplois et encore plus de richesse). Pas surprenant qu’ils aiment « leur » pétrole.

Le Canada est grand et il est tout à fait normal que sa population connaisse des réalités différentes.

Pour l’Alberta ou la Saskatchewan, il faut aussi comprendre qu’ils se sentent victimes et pris en otages économiques, (et un peu géographique) parce qu’ils sont présentement limités à vendre leur pétrole issue des sables bitumineux et de gisements de schiste aux américains (question de pipelines existants) et que le prix ainsi obtenu est beaucoup plus bas que ce qu’il devrait être (et ils ont raison sur ce fait de prix). Mais pour avoir un meilleur prix « plus juste », ils doivent absolument avoir un accès à d’autres marchés (tout à fait normal). D’où leurs propositions de mettre en place de nouveaux pipelines autant vers l’Est que vers l’Ouest qui leur donneraient accès aux côtes et donc, des accès vers d’autres marchés, de meilleur prix et plus de richesse…. pour eux.

Et maintenant que le Québec a dit non à TransCanada Est et que la Colombie Britannique dit non aussi à Trans Mountain, ils sont très très frustrés (découragés, fâchés, amers) et surtout, se sentent toujours otages et victimes d’injustice économique. Et ils ont les peuples de provinces côtières à blâmer, dont le Québec. Ajoutons la désinformation sur la péréquation et ses fondements, ils haïssent le Québec parce nous sommes sources de leur « pauvreté » ou plutôt de leur « manque à gagné de plus de richesse ». Ils ne voudront jamais admettre que nous avons dit non à leur pipeline parce que le tracé proposé a été fait pour minimiser leurs coûts, avec peu d’égard aux risques qu’il exposait la population locale (qu’ils haïssent de toute façon) ou sur l’environnement et cours d’eau (loin de chez eux de toute façon, « not in my backyard anyway ») et qu’ils n’ont pas voulu changer le tracé pour le repositionner plus loin des concentrations de populations et mettre en place des mesures de sécurité supplémentaires pour protéger l’environnement et les cours d’eau en cas de bris ou d’explosion (qui leur coûteraient plus et baisserait la rentabilité du projet). Alors que pour nous, peu ou pas d’avantages économiques à long terme provenant du projet, tout en assumant l’ensemble du risque santé, sécurité et environnemental (et j’aimerais bien voir qui paierait la facture en bout de ligne si un incident devait arriver…. Si facile de créer des sociétés spécifiques pour de tels projets, justement pour les mettre en faillite en cas d’incidents majeurs et ainsi éviter ses responsabilités financières « en toute légalité »). Croyez moi, je ne suis pas contre les pipelines. Ils sont plus sécuritaires et plus « efficaces » que l’est le transport par trains. Mais, il y a toujours un « mais », ils ne sont pas infaillibles et lorsqu’un incident survient, et bien, c’est généralement majeur (à cause de la pression et du volume y circulant). Donc, un pipeline, oui, mais pas n’importe où et pas à n’importe quelles conditions. Et tout a un prix. Aussi, pourquoi de pas faire profiter d’une partie de l’avantage économique aux populations régionales qui assumeront les risques associés au tracé du pipeline. (Ce qu’ils ont rejetés). Résultat, pas de pipeline, pas de meilleurs prix pour leur pétrole, toujours frustrés et nous sommes à blâmer (pas leur manque de volonté de reconnaître les risques qu’ils désirent imposer aux autres, sans compensations)…. Toujours plus facile de blâmer les autres que de se regarder dans le miroir et assumer. Pas demain que ça va changer. Croissance économique forte oui, mais tout en demeurant soucieuse d’un développement durable responsable et des préoccupations sociales.

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Au lieu de pipelines que nous leur refusons, ils utilisent…des trains!!!

Pas tellement mieux selon ce que j’en sais.

Il s’agit de lire le rapport de Angus-Reid (malheureusement en anglais seulement) pour se rendre à la vrai réalité…ce rapportage de l’Actualité est biaisé. Oui, les autres provinces ont des attitudes négatives envers le Québec…mais aussi envers les autres provinces…le plus loin d’eux elles se trouvent…le plus négatif est l’opinion. Voilà la réalité d’un si grand pays, tout comme dans les autres pays du monde qinsi qu’aux États- Unies. Et tout celà n’a rien à faire avec le langue. La popularité des programmes d’immersion française dans les écoles de l’ouest canadien et en Ontario en est la preuve.

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« La popularité des programmes d’immersion française dans les écoles de l’ouest canadien et en Ontario en est la preuve. »

Cette popularité est malheureusement un tantinet idéologique. Dans les faits, la fameuse « immersion » (notion qui a aussi des relents identitaires de type « our great bilingual country », un peu comme « francisation » pour nos nationalistes à nous) n’est pas DU TOUT, hélas, la meilleure façon de maîtriser une langue seconde. Ça sert surtout à parader. Ma maman, heureuse retraitée, a enseigné le français langue seconde toute sa carrière – aux immigrants aussi bien qu’aux Canadiens arrivant d’autres provinces -, et elle m’a bien expliqué que la fameuse immersion ne marchait pas, que ce type de programme produisait rarement des locuteurs compétents d’une langue seconde, peu importe laquelle.

La fameuse « immersion » satisfait surtout une certaine idée « promotionnelle » du Canada, mais dans les faits la PLUPART des gens n’en sortent pas vraiment bilingues. Quoique il faille préciser que la meilleur traduction anglaise pour « bilingue », c’est « fluently bilingual », expression qui m’a toujours semblé un pléonasme: ou bien vous l’êtes fluently, ou alors vous n’êtes pas bilingue.

Faux! Ce n’est pas parce qu’on est loin d’une autre province on la hait plus. La preuve, les rivalités Montreal-Toronto, Montréal-Québec, Saguenay-Lac-St-Jean, Le haut de la paroisse une tel contre le bas de la paroisse, les voisins d’une même habitations.
Je crois sincèrement qu’il est illusoire de penser qu’on peut facilement côtoyer ses voisins immédiats

Article très juste et désopilant! On devrait s’amuser bien davantage à dénigrer le ROC comme dans le bon vieux temps de RBO, parce qu’eux autres (le ROC) n’a jamais renoncé à le faire à notre égard.

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Il n’en demeure pas moins que si l’on change de place avec eux, nous aurions exactement la même réaction et peut-être même pire.

Ça fait presque 60 ans que nous retirons de la généreuse péréquation canadienne et nous n’avons fait et ne faisons toujours aucun effort véritable pour modifier cet état de fait. En plus, nous avons le toupet de critiquer vertement la ressource même qui nous permet de jouer les parasites éternels.

Que ferions-nous à leur place?

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La péréquation est de la poudre aux yeux. C’est un mensonge. Le Québec est très largement déficitaire financièrement de son association avec le Canada. Vous Lldz le comprendre in jour peut être. ..

@ Jacques Lafond:

« Près de 11 MILLIARDS de beaux dollars PAR ANNÉE… Ça fait pas mal de poudre aux yeux ne trouvez-vous pas?

Moi, si.

Je répète: ça fait plus de 50 ans que le Québec parasite le reste du Canada et il n’a RIEN foutu pour se sortir de cette situation gênante. RIEN!!! Et vous trouvez ça tout à fait normal?

Moi, non.

Faudrait mentionner toute la période ou c’est l’Alberta et la Saskatchewan qui retiraient de la péréquation.

@ Gilles H:

Le Québec en retirait déjà et toujours à cette époque.

Le Québec est accro à la péréquation depuis les années ’60!!! Et n’a rien foutu pour remédier à la situation.

J’ai travaillé deux ans à Sudbury en Ontario, dans les mines, et je peux vous dire que j’y ai connu plein de gens sympathiques et serviables, autant français qu’anglais . La seule place où je ne me suis pas senti apprécié, c’est au centre ville de Toronto où les orangistes sont maîtres et rois et où on nous fait sentir, nous les ¨frugs¨, des moins que rien. Pour les autres provinces de l’ouest, je les connais autant qu’eux connaissent les québécois, c-à-d pas du tout. Alors, je n’ai rien à dire et eux non plus. Pour les maritimes, en règle générale, j’y ai toujours été bien reçu comme touriste. Alors, le portrait ne me semble pas si tragique que ça. Quand le ROC se sera séparé du Québec,(vu qu’on n’a pas pu faire le contraire, ils vont peut-être finir par comprendre) on pourra parler d’égal à égal.

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Ce texte rempli d’humour résume fort bien la situation, j’aime particulièrement la phrase suivante : «Amis de la Saskatchewan, vous pouvez bien penser que le Québec vous est hostile si ça vous fait du bien. La vérité plate comme les prairies, c’est qu’on ne pense pas assez à vous pour ça.»
Hilarant !!!

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Bonjour,
Je n’ai aucun mépris pour les personnes qui reçoivent de l’aide sociale. Mais je les haïrais s’ils se promenaient en Mercedes avec mon argent.
Les autres provinces haïssent le Québec. Moi je le méprise parce qu’il est ingrat.
Le pétrole est « sale » comme disait quelqu’un , mais on aime bien l’argent du pétrole.

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Tu aurais peut-être eu avantage à lire la chronique de Michel Girard dans le journal de Montréal il y a quelques semaines sur la ¨Péréquation¨; c’était très bien expliqué, et il n’y a pas de honte à en tirer profit pour le Québec. L’Alberta semble être la victime dans ce jeu, mais c’est tout le contraire,c’est plutôt le Québec qui l’est en rapport à sa population et aux autres provinces. Une recherche dans les archives du journal pourrait donner des résultats.

Vous avez tellement raison.

Il n’est pas du tout normal que le Québec retire de la péréquation depuis plus de 60 ans (!) et ne fasse strictement rien pour changer cet état de fait.

La péréquation N’EST PAS l’argent du pétrole. C’est l’argent des impôts fédéraux de tous les Canadiens, dont une partie est retenue pour fin de redistribution afin que tous les Canadiens puissent obtenir des services de niveaux similaires partout. Cette redistribution est faite en fonction du revenu moyen des citoyens par province. Si l’Alberta est riche, c’est simplement que le pétrole crée des emplois très bien rémunérés.

À vous lire, on jurait que l’argent sort des pipelines jusqu’à notre porte. À ce que je sache ce pétrole « sale », on ne nous le donne pas, on nous le vend, et on contribue à l’enrichissement de ceux-là. Quelle ingratitude, en effet !

@ Laurent:

Vous avez raison, cependant, le principe des vases communicants fait en sorte qu’une bonne partie de la généreuse péréquation dont bénéficie le pauvre Québec depuis plus de 50 ans provient, depuis quelques années, directement du pétrole « sale » albertain.

Nous parasitons le reste du Canada depuis plus de 50 ans tout en refusant d’exploiter notre propre pétrole et en plus, nous condamnons l’une des provinces qui contribue le plus à ce très généreux système.

Pas beau tout ça??? Moi, ça me fait honte que nous n’ayons pu trouver depuis toutes ces années (50 ans!!!) une façon de redonner au reste du Canada la part qu’il nous a prodigieusement fournie et qui nous permet de survivre.

À François 1: On redonne amplement au Canada, à travers nos impôts qui servent à inonder de subventions fédérales les industries du pétrole, de l’automobile et des chantiers maritimes dans les provinces côtières.

Very well written and super funny… but true. Let’s all raise a glass of luke-warm water in recognition of le ROC. Quebec needs some better PR… It’s terribly underappreciated.

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Drôle, triste, et vrai! en fait, rien de bien nouveau. Tensions de longue date depuis le Haut Canada et le Bas Canada. La langue modèle la pensée dit Chompsky. Elle contribue à un certain rapport au monde et à une culture. Que le ROC n’aime pas le Québec est une chose mais il me semble que le Québec est le premier à ne pas s’aimer lui-même: se dire « non » deux fois… faut le faire….

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@ Céline Lemay.
Faut dire aussi qu’à part ¨l’argent et le vote ethnique¨, il y avait également les neuf autres petits amis (provinces) qui y ont mis le paquet avec leur grand ¨We love Quebec¨.
C’est drôle mais, en 1995, c’était le Québec qui voulait se séparer du ROC. Maintenant, c’est le ROC qui veut se séparer du Québec… J’espère juste qu’eux au moins ils vont réussir. En tout cas , je ne me taperai pas un voyage jusqu’aux montagnes pour leur dire ¨Le Québec vous aime¨. Je ne les connais même pas.

Si les Canadiens anglais se donnaient la peine de connaître l’histoire du Canada, il accueilleraient leurs partenaires canadiens-français à bras ouverts.
Sans les Canadiens-français, le Canada n’existerait pas aujourd’hui. Si les Québécois de la fin des années 1600 et des années 1700 avaient été Anglais, toutes les colonies de l’Amérique du Nord se seraient débarrassées du roi George d’Angleterre et se seraient jointes à la révolution américaine.
Ce fut la société distincte des Canadiens-français, leur langue, leur religion et leurs coutumes qui donnèrent à l’Angleterre sa dernière chance de demeurer en Amérique du Nord. Sans le Québec, l’Angleterre n’aurait pas eu de centre d’opérations pour se battre contre les insurgés américains.
Après la conquête de la Nouvelle France en 1759, les 13 colonies américaines déclaraient leur indépendance de la Grande-Bretagne.
Et en 1812, les insurgés américains du Sud essayèrent d’envahir le Canada. Dans les deux cas, les Britanniques savaient pertinemment qu’ils auraient besoin de l’aide, ou du moins de la neutralité des Canadiens-français pour repousser l’invasion.
Sans eux, il n’y aurait pas de Canadiens-anglais aujourd’hui. Tous les Canadiens seraient des citoyens des États-Unis d’Amérique…

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De la haine ? Il y en a sûrement. Mais le pire n’est pas là. Le pire, c’est l’innocence ahurie, l’angélisme. Car qui veut faire l’ange fait la bête.

Tout en se prenant dur comme fer pour la statue de la vertu antiraciste guidant le monde, le Canada anglais prend dur comme fer le fait français pour un fait racial (« descent », « ancestry », « bloodlines », « lineage », alouette !), comme si les gens étaient déjà d’un peuple ou d’un autre à la naissance. C’est la fusion dans le même crâne de deux idées contraires (antiracisme et racisme) qui engendre ce phénomène : que le Canada anglophone, comme on le dit parfois, « voit du racisme partout » dès qu’il est question de quelque chose ou de quelqu’un de French.

La source de la haine est là, bien entendu. Prendre les peuples pour des races – et ce, qu’on s’en rende compte ou non – c’est présumer qu’ils se trouvent de l’autre côté d’une paroi PHYSIQUE, héréditaire, dont infranchissable. On ne peut dès lors que leur attribuer les pires intentions, puisque celles-ci sont à jamais invérifiables. Comme les ultranationalistes grand-serbes qui attribuaient systématiquement aux Croates l’intention de commettre un « nettoyage ethnique » sur le peuple serbe. D’où le nom que s’étaient donné les plus tarés d’entre eux: « Armée antigénocidaire de libération ».

Les plus timbrés des perpétrateurs serbes du génocide n’étaient pas des cyniques, mais au contraire des croyants finis du délire de la race (la soi-disant « substance biologique du peuple serbe », comme l’appelait Biljana Plavsic, biologiste génocidaire), des gens qui étaient absolument persuadés d’être en train de PRÉVENIR un génocide au moment précis où ils le COMMETTAIENT.

Je prétend que c’est au même type d’aberrante configuration – à un stade certes moins avancé – que nous avons affaire avec l’antiracisme racial made in Canada.

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Ça revient toujours à la question de qui devrait amadouer l’autre en premier dans cette relation? C’est la même rhétorique usée et fatigante.
« Tu ne m’aimes pas assez! »
« Non! C’est toi! »
Comme francophone en milieu minoritaire, je sais que les nuances de la complexité linguistique de ce grand pays s’oublient trop facilement. Ce sondage ne représente pas ma réalité.

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Article si caricaturé qu’il permet de parfaitement toucher du doigt le problème identitaire dans lequel est engouffré et dans lequel se complaît le québécois. Il faut d’abord s’accepter soi même pour être capable d’accepter les autres ou même de ne pas s’en préoccuper. Mais c’est souvent plus facile et meilleure pour la conscience de trouver des coupables et de se placer en victime. Aide toi et le ciel t’aidera…

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Citoyen Calimero, vous parlez du « problème identitaire dans lequel se complaît le (sic) Québécois. »

Je suis moi-même l’ennemi de toute politique identitaire. Mais justement pour cela, je ne crois pas du tout que le problème soit limité par magie au seul Québec. Combien de fois me suis-je fait rabattre les oreilles par la soi-disant « identité canadienne » ! De part et d’autre existe le même syndrome : c’est la croyance à l’État-Nation dans un pays dont l’unité n’a pas été révolutionnaire. Donc de braves Québécois qui, constatant l’existence d’un peuple, veulent le faire correspondre aux contour de l’État ; et de braves Canadians qui, constatant l’existence d’un État, veulent y faire correspondre les contours de la nation. Dans les deux cas, c’est ce que le comte Sforza appelait « substituer l’idée abstraite de nation à la réalité de la vie sociale ». Tiré de la phrase suivante publiée ici même à Montréal en 1944 dans ‘Les Italiens tels qu’ils sont’ :

« « La guerre de 1939 aura montré aux plus aveugles à quel point il est insensé et dangereux de susbtituer exclusivement l’idée abstraite de Nation à la réalité de la vie sociale. »

Les frontières culturelles – qui sont heureusement aussi ondoyantes que poreuses – ne correspondent aux frontières politiques ni à l’échelle du Québec, ni à l’échelle du Canada. Et malheur à qui veut les faire se correspondre. En sorte que les notions « identité québécoise » et « identité canadienne » sont deux erreurs. La même erreur, pour être exact, se regardant dans le miroir.