Quand le jardin devient intelligent

Des potagers où les plantes s’entraident, avec la complicité des oiseaux et de la pluie, ça existe et c’est à la portée de tous: voici la permaculture.

Le jardin collectif de Saint-Jérôme où Wen Rolland a été chef jardinier pendant plus de cinq ans. Un petit univers en soi. (Photo: Wen Roland)
Le jardin collectif de Saint-Jérôme, où Wen Rolland a été chef jardinier pendant plus de cinq ans. (Photo: Wen Roland)

Le jardin que Wen Rolland bichonne depuis deux ans dans sa cour, à Sainte-Thérèse, a beau être minuscule, il a tout de la jungle urbaine. Dans un joyeux capharnaüm de verdure, framboisiers, pommiers, sureaux et plants de menthe coexistent… et s’entraident. Les pommiers attirent les insectes pollinisateurs, les sureaux ombragent les framboisiers, la menthe fait fuir les insectes indésirables…

C’est le principe même de la permaculture, une technique mise au point dans les années 1980 en Australie, qui séduit de plus en plus de Québécois: favoriser les relations qui existent naturellement entre les espèces afin d’assurer leur résistance, dans un milieu durable, et sans produire de déchets dont il faudra se débarrasser.


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La permaculture ne se limite pas aux clôtures du potager — biologique, cela va de soi. «Le jardinage est la porte d’entrée», explique Wen Rolland, 40 ans, qui conseille les adeptes depuis 2008.

Et ils sont nombreux: Permaculture.Qc, une page Facebook créée en 2011, compte plus de 6 700 abonnés. Selon Tommy Laprade, gestionnaire du site, «des milliers de personnes suivent désormais la centaine d’activités, stages ou formations qui ont lieu chaque année au Québec».

Jardin potager permaculture
Cultivé selon les principes de la permaculture, le jardin collectif de Saint-Jérôme est un petit univers en soi. (Photo: Wen Rolland)

Quand on a un grand terrain, on peut créer un écosystème complet, explique Wen Rolland. Des poules vont manger les insectes nuisibles et leurs fientes fertiliser le sol, des canards vont se délecter des limaces dévoreuses de laitues, des cochons vont arracher les racines et fertiliser le terrain. Mais la technique va plus loin: les déchets de la cuisine et des toilettes servent de compost pour le potager, les eaux de pluie sont récoltées pour servir à l’arrosage, le vent et le soleil alimentent une source d’énergie solaire ou éolienne…

L’objectif des permaculteurs est de ne plus exploiter la nature en gestionnaire, «mais d’y prendre une place durable, qui ne nuit à personne», dit Wen Rolland, un ancien informaticien devenu horticulteur après des études à l’Institut de technologie agroalimentaire de Saint-Hyacinthe, en 2004. «On se préoccupe beaucoup du monde qu’on va laisser aux générations futures.»

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Notes supplémentaires et corrections: La Permaculture, contraction des mots Culture et Permanence, a été inventée dans les années 70 et c’est plus qu’une simple technique, c’est une science du design écologique appliqué qui cherche à combler les besoins des personnes tout en améliorant le bien-être écologique. La Permaculture peut s’appliquer à toutes sphères de la vie, dont les communautés, l’habitation, l’économie, l’agriculture, etc. Elle offre une perspective positive pour planifier et concevoir des projets régénérateurs visant l’abondance. En termes plus concrets, la permaculture explique comment choisir parmi l’énorme boite à outils créée par l’humain pour vivre, afin de résoudre le ‘nouveau’ problème de la durabilité.