Qu’arrive-t-il quand on «like» tout sur Facebook ?

Après 48 heures, un journaliste américain a vu son compte se déshumaniser, adopter des idées politiques de droite et… s’abrutir !

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L’expérience est la suivante : «aimer» systématiquement chaque publication qui surgit dans son fil d’actualité Facebook pendant 48 heures.

Banale, direz-vous ? Pas si l’on en croit le journaliste américain Mat Honan, de Wired, qui s’est récemment prêté au jeu intensif du pouce en l’air.
Fouineur

«Facebook utilise des algorithmes pour décider du contenu qui apparaît dans votre fil d’actualité. Ce n’est pas simplement un défilé constant des mises à jour de vos amis et des choses pour lesquelles vous avez exprimé un intérêt. En 2014, le fil d’actualité est maintenant une présentation très organisée, qui vous parvient grâce à une formule complexe fondée sur les actions que vous posez sur le site et partout sur le Web», dit-il.

Des actions qui valent de l’or pour les annonceurs, comme l’explique un récent article du New York Times qui se penche sur les rouages de la campagne publicitaire d’une huile de krill sur Facebook. «Aimer est un acte économique», poursuit Honan, qui se spécialise dans les nouvelles technologies.

Partant de cette prémisse, il a voulu tester comment l’algorithme de Facebook réagirait en poussant sa logique à l’extrême. Vidéos, contenus commandités, statuts (même celui d’un ami à qu’il n’a pas parlé depuis 20 ans)… Durant ces deux journées, le journaliste a tout aimé sur son passage, à l’exception des publications relatives aux décès de proches.

Comme Facebook propose désormais quatre vidéos liées à chaque «like», il s’est également limité à n’aimer que quatre contenus publicitaires à la suite. Autrement, le test se serait transformé en une spirale infinie de marques.

«Son» Facebook n’a pas tardé à réagir. En moins d’une heure, toute trace humaine avait disparu, pour ne laisser place qu’à du contenu commandité, avec Huffington Post et Upworthy en tête — deux sites qui ont trouvé la recette de la viralité sur Facebook grâce à leurs titres accrocheurs.

Autre constat : après avoir aimé un message pro-israélien, son mur Facebook s’est rapidement droitisé. «On m’offre d’aimer le deuxième amendement [sur les armes à feu] et une page anti-immigration. J’aime les deux. J’aime Ted Cruz. J’aime Rick Perry. La Conservative Tribune s’affiche encore, et encore, et encore dans mon fil d’actualité».

Au jour 2, son Facebook — qu’il qualifie alors de «temple de la provocation» — était non seulement un concentré de positions politiques tranchées, mais il est devenu «profondément stupide». «Mon fil d’actualité affichait de l’info-poubelle dont nous sommes complices dans le milieu des médias et dont nous devrions avoir honte. De l’ordure sensationnaliste. J’ai tout aimé».

Le journaliste a appris que ses «like» ont aussi des répercussions sur les comptes Facebook de ses amis et des personnes qui le suivent. Tout ce qu’il aimait, le réseau social le rapportait consciencieusement sur les fils d’actualité de son entourage virtuel. Certains ont cru que son compte s’était fait pirater. D’autres l’ont accusé de polluer «leur» Facebook.

Bref, une expérience instructive, mais éprouvante, au cours de laquelle Mat Honan a surtout appris… qu’il détestait tout aimer.

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Facebook, c’est « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». On peut seulement indiquer que l’on « aime », le pouce en l’air, mais il est exclu de cliquer le pouce vers le bas, parce que l’on n’aimerait pas! De plus, quand on commente, cela s’entend comme complimenter, féliciter.
C’est un réseau pour adolescents attardés. La démocratie, ce n’est pas cela, c’est discuter, argumenter, trancher et savoir mettre fin à un débat de manière polie. On n’es pas obligés de s’entendre.

Un monde gris, terne, inodore, incolore et insipide, voilà ce que Facebook nous offre. Je suis quand même content de pouvoir y observer que mes enfants s’amusent. Je faisais cela aussi il y a trente ans quand je les amenais au parc.

Il y a une façon d’utiliser Facebook pour que cela doit agréable et pertinent. Tout ce qui n’est pas opportun, il suffit de le bloquer via le petite flèche qui apparait à droite d’un post. Pour les personnes qui envoie quinzes images de citations par jour, tu changes leurs paramètres pour « Afficher que ce qui est important ». Si ce que des amis affichent n’est jamais intéressant, on peut même les enlever sans qu’ils le sachent et eux, ils pourront continuer à nous lire s’ils le veulent. Et surtout, on utilise AdBlock. Sur mon fil Facebook, aucun post lié à des jeux apparaît, aucune pub, presque aucun truc vraiment fatiguant. Et j’adore mon expérience et mes interactions avec mon réseau.

J’ai aussi AdBlock Plus et j’ai toujours des annonces de jeux et des pub sur FB. Je dois les éliminer un à la fois 🙁

Les échanges musclés sont aussi présents sur Facebook. Les débats gauche-droite, pro-ceci vs pro-cela y sont légion. Certains menés de façon intelligente, d’autres un peu moins. Bien entendu, si les gens que l’on « fréquente » sont plutôt du genre à afficher des images de petits chatons, l’expérience peut s’avérer assez terne et plutôt décevante. Facebook, c’est comme le reste, il faut savoir, selon ses goûts, trier le bon grain de l’ivraie.

À quand le « No like »(pouce vers le bas)? Je suis entièrement d’accord avec M. St-Cyr, on ne peut pas montrer notre désaccord concernant certaines publications à part commenter et souvent cela ne vaut même pas la peine…

Que nous apprend cette «expérience»? Rien, sinon que l’excès mène à l’excès.

Je supprime ce que je ne veux pas voir et je like que ce qui me semble édifiant. Il est possible de désactiver un contact qui ne nous intéresse pas !

Pour ma part je crois qu’il est important de se garder des réserves et de ne pas trop se dévoilé publiquement sur tout ses médias sociaux. Nous sommes constamment bombardé de tout coté par la publicité ce qui nous apportent à des exercés de consommation. Facebook n’échappe pas aux moyens qu’ont trouvés les entreprises pour nous insister à s’accrocher de plus en plus à la surconsommation. Parlons de vive voix avec nos proches de sorte à respecter notre vie privée. Notre opinion compte mais ne tombons surtout pas dans l’excès!