Quartier vert au pays des Bleuets

L’entreprise Sourceia construit un quartier écoénergétique à Saint-Félicien.

Photo : Mathieu Langevin photographe

Un nouveau quartier écologique est en construction à Saint-Félicien, au Lac-Saint-Jean. Ce sera le premier quartier au Canada constitué de maisons utilisant simultanément panneaux solaires, énergie solaire passive et réseau de chaleur alimenté avec des résidus d’usines de sciage.

La jeannoise Sourceia, maître d’œuvre du chantier, est spécialisée dans la construction de quartiers écoénergétiques depuis 2016. L’entreprise mise sur les sources d’énergie les plus logiques — selon la situation géographique — pour alimenter le système de chauffage de ses maisons. Saint-Félicien étant une ville forestière, une partie de l’énergie renouvelable proviendra de granules de bois. Les maisons devraient coûter 70 % moins cher à chauffer.

Pour réduire la consommation d’énergie, les 13 maisons et 6 condos du quartier seront aussi mieux isolés et conçus de façon à capter et à emmagasiner au maximum la chaleur du soleil. Les huit panneaux photovoltaïques connectés au réseau d’Hydro-Québec et installés sur chaque maison produiront suffisamment d’électricité pour répondre aux besoins d’une famille de quatre personnes, chauffage exclu.

Le coût d’une propriété de 1 200 pi2 ? Moins de 200 000 dollars, dit Jérôme Simard, promoteur de l’initiative, car toutes les maisons sont fabriquées en usine — plomberie, électricité et plâtrage compris —, ce qui en réduit les coûts de construction.

Sourceia compte construire son prochain quartier écolo à Papineauville, une collectivité forestière de l’Outaouais. L’entreprise a déjà acheté des terrains à proximité de l’usine de granules de bois de l’endroit.

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Si le principe conceptuel est bon, c’est la réalisation qui laisse quelque peu à désirer. De prime abord, la possibilité de réduire la consommation d’électricité par l’ajout de panneaux photovoltaïques est venue par la suite, en complément du projet initial. La base étant d’abord de produire des maisons ayant un bilan énergétique positif avec une faible consommation spécifiquement pour le chauffage, tout en offrant une chaleur confortable par l’emploi de planchers radiants.

C’est ce qui explique le manque, pour ne pas dire l’absence d’intégration des panneaux solaires dans l’architecture initiale du projet.

Pratiquement, je pense que les acheteurs de ces maisons auront toujours le choix de se connecter à Hydro-Québec pour tous leurs besoins en électricité plutôt que d’utiliser finalement un système mixte : électricité solaire pour les besoins ordinaires et Hydro-Québec pour des besoins plus intensifs.

Ce qui est plutôt dommage, c’est qu’on n’ait pas poussé un peu plus le projet pour offrir des maisons 100% écoénergétiques — donc des maisons théoriquement entièrement « débranchables » d’Hydro –, quitte à proposer aux acheteurs le choix entre plusieurs types de maisons.

Un autre problème qui selon moi, résulte en partie de l’orientation, du positionnement des maisons dans des parcelles de taille limité : c’est l’intégration au site des espaces de stationnements. Il n’est pas certain que tous types de véhicules pourront s’y stationner facilement ; de même, il n’y a aucune option de stationnement intérieur attenant aux maisons.

L’ample fenestration de la façade sud et le corridor central de ventilation limitent d’autant les possibilités et les opportunités de l’aménagement des espaces intérieurs. L’absence dans ce type de projet d’un deuxième étage à tout le moins partiel ou d’une volumétrie permettant des combles aménageables ou des hauteurs sous plafond permettant l’ajout de mezzanines notamment. Tout cela limite pour les usagers les possibilités de rangements et une fois encore les possibilités offertes d’aménagements enlevants.

La dimension des espaces techniques conduit à un dessin de la chambre de bain insuffisant, lorsque par exemple la possibilité d’avoir des toilettes séparées répond plus naturellement aux besoins du temps présent, voire d’une douche en plus du bain ; ici on trouve plutôt le bol de la toilette coincé entre la baignoire et le comptoir de l’évier, ce dernier entrant pratiquement dans le dégagement de la porte…. Je me demande même s’il reste la moindre petite place pour le papier toilette.

Si la volonté de produire des maisons offrant d’excellents bilans énergétiques répond aux impératifs actuels, cela ne devrait pas se faire au dépend de la versatilité des agencements propres aux dits bâtiments.

De toute façon, il est apparemment impossible de ne pas être connecté au réseau électrique d’Hydro-Québec. Même autonome, une résidence située dans un secteur où le réseau est disponible doit être connectée et payée un minimum. Je n’ai malheureusement pas pu remettre la main sur la source de cette information. Quelqu’un pourrait m’aiguiller?

@ Alain,

Vous soulevez un très bon point. Concrètement, c’est la Régie de l’énergie qui détermine les règles. Sur ces bases, Hydro-Québec rédige les documents des conditions de services ; on peut notamment se référer au Règlement 634 sur les conditions de fourniture de l’électricité.

Je n’ai pas lu ce document (assez volumineux) en entier, il résulte cependant qu’Hydro-Québec doit fournir obligatoirement un « point de livraison » avec ou sans utilisation de l’électricité pour tout type de bâtiment, incluant les logements ou tout local d’habitation privé.

L’obligation pour un particulier de se raccorder au réseau d’Hydro-Québec n’est pas évidente et je ne pense pas qu’elle soit obligatoire. Il y a d’ailleurs des fournisseurs d’électricité indépendants au Québec comme Hydro-Sherbrooke. De même Hydro-Québec peut vous priver de votre abonnement à l’électricité en cas de non-paiement.

Cependant, pour souscrire une assurance notamment, votre compagnie d’assurance peut exiger un raccordement en bonne et due forme au réseau d’Hydro-Québec et si vous ne le faites pas, vous devrez prouver que votre habitation est à l’abri du gel et que tous les appareils électriques dont vous disposez seront opérationnels normalement en tout temps.

Par exemple lors de la crise du verglas de 1998, il y eut de nombreux bris de canalisation, des pertes dans les congélateurs, etc., dans ce cas l’approvisionnement en électricité ne se rendait tout simplement plus. La plupart des contrats d’assurance ont été honoré puisque les usagers n’étaient pas responsables des bris et des pertes encourus.

Pour trouver de plus amples renseignements vous pouvez consulter la page suivante :
http://www.hydroquebec.com/publications/fr/loi-reglements-conditions-service-electricite/

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