Quel placard?

Les gais ne font plus peur… Mais au travail, ils se font parfois discrets.

Les homosexuels ne sont pas seulement égaux devant la loi, ils le sont de plus en plus dans l’esprit des gens! Sept Canadiens sur dix ne voient aucun problème à ce qu’un homosexuel enseigne dans une école primaire. Ils étaient moins de un sur deux à penser ainsi il y a 15 ans.

Au Québec, le taux d’acceptation est encore plus élevé, à 80 %. Mais la progression est moins marquée qu’ailleurs au Canada, puisqu’en 1992, 64 % des Québécois étaient déjà favorables à l’idée.

Cette ouverture n’étonne pas Laurent McCutcheon, président de Gai Écoute, centre d’aide téléphonique pour les gais. «Tant sur la question homosexuelle que sur bien des questions sociales, le Québec a toujours fait preuve d’une plus grande ouverture que le reste du Canada, dit-il. Les unions de fait et les unions civiles, par exemple, ont été reconnues au Québec d’abord.»

Claude Gauthier, de la maison CROP, estime que les résultats du sondage suivent les efforts consacrés par les gouvernements au cours des dernières années pour assurer l’égalité entre gais et hétérosexuels. «Le débat sur le mariage entre conjoints de même sexe a beaucoup fait pour l’acceptation des homosexuels, dit-il. Il a ouvert les yeux de bien des gens sur une réalité qu’ils ne connaissaient peut-être pas.»

Cela ne veut pas dire que tout est rose en ce bas monde! Trouver un seul enseignant du primaire disposé à parler ouvertement de son homosexualité a été impossible. «Un seul parent homophobe peut mettre la bisbille dans ta classe», dit un prof qui enseigne en 5e année, à Montréal, pour justifier qu’il faille garder son identité secrète. «Je ne mêle pas vie personnelle et vie professionnelle…»

Les préjugés, il est vrai, peuvent parfois être tenaces. «Quelques personnes associent peut-être encore homosexualité et pédophilie, explique Claude Gauthier. Mais les résultats du sondage montrent qu’elles sont de moins en moins nombreuses.»

Ce qui réjouit le prof de 5e année. «Ça fait 27 ans que j’enseigne, dit-il. Jamais je n’ai senti une telle ouverture de la part des parents à l’égard de l’homosexualité. Même chose dans la cour d’école. Il y a des années que je n’ai pas entendu mes élèves se traiter de tapettes.»

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