Quel soutien pour les vétérans ?

Le retour du front des soldats, en 2011, aura bien peu à voir avec celui de la Deuxième Guerre mondiale, en 1945…

Le retour du front des soldats, en 2011, aura bien peu à voir avec celui de la D
Photo : Pawel Dwulit / PC

Les temps ont bien changé. Lorsque le million de Canadiens enrôlés dans l’armée pendant la Deuxième Guerre mondiale sont démobilisés en quelques mois, en 1945, ils ont droit au forfait « tout compris » pour réintégrer la vie civile. Dans les trois années qui suivent, l’État leur construit 25 000 maison­s, puisqu’une crise du logement sévit au pays. Ottawa leur donne un chèque de 100 dollars pour acheter des vêtements et leur paie le transport pour retourner dans leur ville. Ils ont droit à des prêts pour lancer une entreprise ou acheter de la machiner­ie agricole. Un chèque de 3 600 dollars attend ceux qui souhaitent acquérir une ferme ! Et bien sûr, le fédéral assume la facture des soins médicaux et dentaires, puisque l’assurance maladie n’existe pas encore.

Les militaires qui reviennent d’Afghanistan n’ont évidemment plus droit à ce traitement. « Ce sont deux époques différentes », dit Raymond Lalonde, du ministère des Anciens Combattants.

Lalonde a contribué à la rédaction de la Charte des anciens combattant­s, adoptée en 2006, ce qui lui a permis de comparer le traitement réservé aux militaires de ces deux périodes. « Les soldats qui reviennent d’Afghanistan sont des militaires de carrière, ce qui n’était pas le cas lors de la Deuxième Guerre mondiale. Et le filet social étant plus étendu, l’État n’a pas besoin de s’occupe­r de tout. »

La presque totalité des militaires qui reviennent d’Afghanistan ne quittent pas les Forces canadiennes. Toutefois, l’armée a mis en place un programme destiné à venir en aide à ceux qui doivent raccrocher leur uniforme pour de bon, notamment en raison de problèmes de santé.

Les invalides reçoivent un chèque en fonction de la gravité de leur état (jusqu’à 276 000 dollars), plus une indemnité mensuelle à vie qui oscille entre 500 et 1 600 dollars.

Les traitements thérapeutiques sont payés par le fédéral, peu importe leur durée. « C’est probablement ce qui s’est le plus amélioré depuis la Deuxième Guerre : l’aide psychologique », dit Raymond Lalonde.

À ceux qui peuvent travailler, le ministère des Anciens Combattants offre un coup de main pour trouver un emploi dans la vie civile (rédaction de CV, aide au placement). Pendant cette recherche, il leur verse 75 % de leur salaire.