Qu’est-ce que la Russie mijote?

La Douma a applaudi l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis. Dans la rue, bien des Russes croient que le salut de l’Occident viendra de la Russie… et de leur président, Vladimir Poutine.

(Sergey Ponomarev / The New York Times / Redux)
(Sergey Ponomarev / The New York Times / Redux)

La première impression, quand vous débarquez à Moscou, c’est que tout va. C’est une capitale européenne moderne, hip, même. Des jeunes branchés à leur cellulaire sillonnent en planche à roulettes le parc Gorki. Vous déambulez dans les rues du vieux Moscou jusqu’à tard le soir sans la moindre inquiétude. Les épiceries regorgent de produits locaux, fromages du Nord, vins rouges du Sud, fruits, légumes, plats traditionnels surgelés. Vous vous dites que 25 ans après la chute de l’Union soviétique — ce laboratoire socialiste qui avait abouti à des comptoirs vides —, les Russes s’en sont sortis.

Et puis, dans votre chambre d’un hôtel-boutique, vous ouvrez la télé. Vous éprouvez un certain inconfort en écoutant Vesti, l’émission d’affaires publiques la plus regardée de Russie. L’animateur, Dmitri Kisselev, élégant et plein d’assurance, montre une Europe et une Amérique à feu et à sang: attentats terroristes, hordes de migrants qui hantent l’Allemagne, manifestations qui tournent à la violence en France et aux États-Unis. Vous saviez que tout n’était pas rose, mais à ce point?

«Les excès du “politiquement correct” nous conduiront à notre perte», soutient l’animateur, en parlant d’un Tchétchène accepté comme réfugié en Autriche, accusé d’avoir commis l’attentat survenu à l’aéroport d’Istanbul en juin 2016 — ce qui est loin d’être confirmé. Selon l’homme en complet foncé, l’envoi de troupes de l’OTAN en Pologne et dans les pays baltes à l’été 2016 est une provocation. Dans sa bouche, la Russie demeure l’éternelle victime de l’Ouest.

Heureusement, Vesti a de quoi rassurer les téléspectateurs. En Russie, tout va bien! Des images montrent le président entouré de généraux qui hochent la tête en signe d’approbation. Vladimir Poutine est la voix du gros bon sens, une figure paternelle. «Je ne suis pas votre fiancé ni votre ami, je suis le président, je suis là pour vous protéger», dit-il sur les ondes de Vesti. Et l’armée russe est en train de sauver la Syrie, ce que l’incompétent président Obama n’a pas su faire, précise l’animateur.

Deux jours après l’élection de Donald Trump, aux États-Unis, Dmitri Kisselev s’en est réjoui en ondes: «Enfin! Washington abandonnera ses slogans agaçants de “démocratie” et de “droits de la personne”, qui ont été le prétexte des conflits du XXe siècle.» Rien de moins.


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Lorsque j’entends celui que bien des journalistes occidentaux surnomment «le propagandiste en chef du Kremlin», je ne peux m’empêcher de constater le contraste avec le message d’il y a 25 ans.

À l’époque, les grands médias et le Kremlin ne juraient que par les modèles occidentaux. L’URSS avait perdu la guerre froide, mais son implosion avait fait naître 15 républiques indépendantes. Pour la nouvelle Russie de Boris Eltsine, c’était l’exaltation. Après 74 ans de communisme, les Russes pouvaient enfin sortir de leur pays sans demander la permission à quiconque et se libérer de l’emprise d’un État totalitaire. L’Ouest était la référence. «On avait une impression de grandes possibilités, d’un grand avenir qui s’ouvrait devant nous», se souvient avec nostalgie Sergueï Parkhomenko, une star des médias de l’époque, aujourd’hui marginalisé — et une des bêtes noires du nouveau roi des médias.

La Russie ayant adopté les lois du marché, les puissances occidentales espéraient qu’elle deviendrait une démocratie libérale, avec une économie forte et des libertés individuelles pour tous. Le milliardaire George Soros, le Fonds monétaire international, et même des équipes de parlementaires canadiens se rendaient enseigner la démocratie aux Russes.

Comment la propagande du Kremlin en est-elle arrivée à mépriser l’Amé­rique et l’Europe à ce point?

Il y a 25 ans, ceux qui rejetaient l’Occident étaient les perdants d’un match entre les tenants de l’Ouest et ses idées libérales et les nostalgiques de la Grande Russie — qu’elle soit tsariste ou communiste. Ils étaient les parias, les laissés-pour-compte du régime Eltsine.

Il y a un an, par une belle matinée de novembre, j’ai retrouvé quelques-uns de ces «perdants». Ils n’étaient plus des parias, mais les participants d’un grand rassemblement de quelque 80 000 personnes, organisé par le Kremlin! Ils maudissaient les mêmes démons occidentaux et portaient les mêmes bannières que dans les années 1990. Aux banderoles rouges de l’ancien empire se mêlaient celles de la Sainte Russie, celles du tsar, alors que d’autres ridiculisaient les États-Unis et leur président, Barack Obama.

Poutine, m’ont répété des manifestants, a redonné un sentiment de fierté nationale aux Russes. Ils se sont sentis compris lorsqu’il a déclaré que «la chute de l’URSS a été la plus grande catastrophe géopolitique du siècle».

L’Ouest, ses leaders et ses médias ont sous-estimé l’humiliation vécue par une grande majorité de Russes à la suite de l’écroulement de l’empire soviétique. Cette démocratie libérale imposée — celle de l’ancien ennemi — rimait avec hyperinflation, désordre, capitalisme à outrance, corruption, insécurité. L’élection de Vladimir Poutine, en 2000, a été, tout comme celle de Donald Trump, en 2016, une réaction de «y en a marre des élites politiques et médiatiques». Aujourd’hui, il est perçu comme étant celui qui a redonné à la Russie sa grandeur d’antan. Les conséquences ont toutefois été brutales pour certains.

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«Une fois Poutine au pouvoir, raconte Sergueï Parkhomenko, la première chose qu’il a faite a été de détruire un grand consortium médiatique indépendant. Dans la tourmente, j’ai tout perdu: mon journal, mon émission de télé et mon magazine. Du jour au lendemain, 74 personnes étaient dans la rue. Et la population a, en grande majorité, dit: on s’en fout.»

Depuis, la presse indépendante est réduite à une radio, un quotidien et une station de télé. Des journalistes ont été assassinés depuis 2000, ainsi que le leader de l’opposition, Boris Nemtsov, en 2015. Dans la majorité des cas, les enquêtes policières n’ont mené nulle part. Selon Sergueï Parkhomenko, nul besoin d’assassiner des journalistes pour avoir la haute main sur l’information: le gouvernement coupe le financement des organes de presse ou prend les commandes de médias par des entreprises amies. Et on peut prétexter des accusations en tous genres, dit-il aussi.

Le 14 novembre dernier, dans ce pays que Transparency International désigne pourtant comme l’un des plus corrompus, le ministre du Développement économique, Alexeï Oulioukaïev, a été arrêté par les services secrets et accusé d’avoir accepté un pot-de-vin de deux millions de dollars. Corruption réelle ou règlement de comptes? Difficile de savoir ce qui s’est passé derrière les murs opaques du Kremlin.

Récemment, le Parlement russe, la Douma, a banni les ONG étrangères, considérées comme des menaces pour le pays. Ceux qui acceptent leur argent sont considérés comme des agents de l’étranger et peuvent être mis en prison. En février 2016, des députés russes ont demandé sans succès l’expulsion de Coca-Cola, symbole de l’Amérique. En représailles aux sanctions européennes imposées après l’invasion de l’Ukraine, le gouvernement interdit l’importation de denrées alimentaires d’Europe.

Poutine sait faire vibrer les cordes des Russes. Le 9 mai, qui commémore la fin de la Deuxième Guerre mondiale, est devenu une fête. Fini l'armée montrant ses muscles. (Photo: EPA / Yuri Kochetkov / La Presse Canadienne)
Poutine sait faire vibrer les cordes des Russes. Le 9 mai, qui commémore la fin de la Deuxième Guerre mondiale, est devenu une fête. Fini l’armée montrant ses muscles. (Photo: EPA / Yuri Kochetkov / La Presse Canadienne)

Dans la foulée nationaliste et protectionniste, le Kremlin a revampé la grande fête du 9 mai, jour de commémoration de la fin de la Deuxième Guerre mondiale, appelée en Russie la «Grande Guerre patriotique». Jadis une fête militaire où l’armée soviétique montrait ses muscles, elle est aujourd’hui l’occasion d’inviter tous les Russes à sortir dans la rue avec une photo d’un parent vétéran de cette guerre. En mai dernier, ils étaient près d’un million, à Moscou et à Saint-Pétersbourg, à marcher en souvenir de ces gens qui ont risqué leur vie pour libérer l’URSS et l’Europe des nazis. Par ces grands événements, le Kremlin rappelle que la patrie est brave et glorieuse, que la Sainte Russie millénaire est infaillible.

Dans ce contexte, la prise de la Crimée, en février 2014, était une évidence pour nombre de Russes, la correction d’une erreur historique — celle de l’ancien secrétaire Khrouchtchev, qui avait fait don de la Crimée à l’Ukraine en 1954. Poutine répète qu’il est là pour rassembler les terres russes. La guerre avec l’Ukraine est donc justifiée.

«Aujourd’hui, toutefois, ce conflit prend moins d’importance», précise Maria Lipman, analyste politique russe et rédactrice en chef du journal Counterpoint, publié par l’Université George Washington. «À quoi cela sert-il de s’acharner contre les Ukrainiens? L’Europe est en déroute. Alors, l’Ukraine ne risque pas de se joindre à l’Europe! Le Brexit et la crise des migrants, ce sont de magnifiques cadeaux pour Poutine.» L’élection de Donald Trump est une autre bénédiction, ajoute-t-elle. Son inexpérience politique, ses nominations controversées et ses idées parfois bizarres risquent de fragiliser les États-Unis, ce vieil adversaire. Trump pourrait aussi apporter un réchauffement des relations entre les deux pays, son discours populiste de droite rejoignant celui de Vladimir Poutine.

Une famille russe participe aux célébrations du 9 mai. (Photo: Stanislav Krupa / LAIF / Redux
Une famille russe participe aux célébrations du 9 mai. (Photo: Stanislav Krupa / LAIF / Redux

De toute évidence, le message du président russe sait faire vibrer les cordes sensibles. La chute des prix du pétrole a entraîné une crise économique majeure. Les revenus ont glissé de 8,3 % en un an, selon les statistiques officielles. Malgré tout, 86 % des Russes appuient toujours leur président, si on en croit le Centre Levada, une ONG indépendante.

Cette Grande Russie réinventée, ce sentiment patriotique galvanisé par Poutine sont nourris par une Église orthodoxe dont la frange conservatrice prédomine.

«Les chrétiens orthodoxes ne critiquent pas la Sainte Russie ni ceux qui la dirigent», m’explique le père Dimitri dans son église du centre de Moscou, pleine à craquer quelques instants plus tôt.


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Parmi les fidèles, je rencontre Lubasha et Maxime Makachev, à peine 40 ans, qui m’invitent chez eux, en banlieue de la capitale. Elle, ancienne actrice, lui, homme d’affaires, ont vendu leur grand appartement du centre de Moscou pour se faire construire une jolie maison de bois inspirée de l’isba traditionnelle, mais avec planchers chauffants et lave-vaisselle Bosch.

Élevée dans une doctrine marxiste-léniniste qui rejetait les rôles traditionnels, Lubasha, enceinte de son quatrième enfant, est heureuse à la maison. «Ma place est ici», dit-elle. Prière avant le repas, magnifiques petites têtes blondes qui jouent à la poupée, mère qui chante des airs traditionnels en faisant des crêpes et père pourvoyeur qui assure le bien-être de la famille.

L’amie qui m’accompagne chez les Makachev se pâme: «Des familles comme ça, c’est notre espoir. S’il y a davantage de familles comme celle-là, notre pays ne finira jamais.»

Mais attention, les Russes ne sont pas pour la majorité des chrétiens orthodoxes dévots, rappelle Maria Lipman. Ni des extrémistes de droite. «Les Russes veulent des emplois, de l’ordre, de la paix, et envoyer leurs enfants à l’école sans problème. Ceux qui appuient Poutine ne sont pas si différents de ceux qui appuient Donald Trump aux États-Unis ou Marine Le Pen en France. Et ils entendent du Kremlin: “Les Occidentaux ont tort, et nous, on a raison.” Ça les conforte», explique-t-elle.

Selon l’analyste politique, l’idéologie du Kremlin est sans conteste nationaliste et très à droite. «La Russie se doit d’être infaillible et grande, mais cette idéologie est “flexible”. Vous êtes libre d’être communiste, de prier Lénine ou l’empereur Nicolas II, pourvu que vous soyez loyal à Vladimir Poutine et que vous partagiez sa vision antioccidentale du monde.»

Vingt-cinq ans après la fin de l’Union soviétique, les Russes sont passés d’un régime totalitaire à la dictature. S’en sont-ils vraiment sortis?

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17 commentaires
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Lorsque Boris Eltsine démissionne officiellement de ses fonctions le 31 décembre 1999, la Russie est en faillite technique, elle traverse sa pire crise alimentaire depuis la seconde guerre mondiale. L’armée est à l’agonie et les multinationales sont à l’affût de bonnes affaires pour racheter à très bon prix toutes sortes de pans de l’industrie anciennement soviétique désormais devenus obsolètes ou exsangues. On est passé d’un emploi pour tous au chômage endémique.

Dans cette Russie de 1999, ce n’est pas le Kremlin, ni la Douma qui font les lois ; c’est plutôt le crime organisé qui s’est immiscé dans tous les strates de la société. Ce sont de nombreux ex-militaires licenciés, abandonnés par l’État, laissés sans ressources qui se sont convertis dans ce genre d’activités.

Les Russes vivent dans la peur, l’insécurité, la faim, on ne peut rien obtenir sans corruption, c’est la loi du silence qui prévaut. Sans oublier les multiples attentats qui cette même année sèment la terreur et la mort un peu partout. Cinq attentats du 31 août ou 16 septembre feront 293 morts en Russie dont 118 à Moscou.

De plus, ceci entrainant cela, la Russie doit pratiquement toute seule s’engager dans un second conflit avec la Tchétchénie. C’est à ce moment-là que Vladimir Poutine entre en scène.

Avec les années Eltsine, nombre de Russes sont condamnés à choisir la voie de l’immigration, quand ce n’est pas celle de l’exile, dans cette naguère généreuse Russie qui ne peut plus rien donner de bon à ses habitants. Ce pays se dépeuplait, les femmes ne voulaient plus d’enfants, les hommes déclassés sombraient dans l’alcoolisme comme leur président, ce pays naguère fertile était en train de perdre son âme et sa population.

Plusieurs experts, notamment américains estimaient alors qu’à cette vitesse-là, la langue russe et la culture russe allaient totalement disparaitre avant 50 ans. L’angélique occident « si tellement si bien tellement bien-pensant » possède aussi son lot de rapaces et de charognards.

Alors, on pourrait ergoter très longtemps sur l’attitude hystérique plutôt incompréhensible des élites occidentales soutenues par toutes sortes de médias qui n’en peuvent plus de casser continuellement du sucre sur le dos de Vladimir Poutine.

Il n’en est pas moins, pour comprendre la chose dans sa complexité, qu’il ne serait pas inutile — peut-être — de regarder le chemin parcouru par ce pays en seulement dix-sept ans.

En regardant attentivement en arrière, cela nous permettra — peut-être — de comprendre un peu mieux ce qui devrait s’en venir aussi pour nous… en avant dans un prochain cycle d’ici dix-sept ans.

— Post Scriptum : À ma connaissance, il n’y a jamais eu d’invasion de l’Ukraine. Si tel était le cas elle serait encore aujourd’hui envahie. Stratégiquement parlant, il serait beaucoup plus intéressant pour la Russie de prendre le contrôle de Londres que celui de Kiev. Le Brexit d’ailleurs pourrait s’avérer un très bon pas dans cette impressionnante direction 🙂

Intéressant commentaire… effectivement il y a eu des changements importants en Russie, certains positifs d’autres pas mal moins (évidemment je porte un jugement ici basé sur ma vision d’occidental…) cependant je ne donnerais pas la bénédiction sans confession à M.Putin et ses oligarques associés (tous immensément riches… est-ce cela qui inspire M.Trump dans ses choix pour les postes clés de son gouvernement?), surtout après avoir terminer un des bouquins de David Satter, »The less you know, the better you sleep » . On y parle notamment d’une mise en scène particulièrement tordue concernant la Tchétchénie pour mettre en scène l’Arrivé d’un sauveur…

Invasion de l’Ukraine: effectivement, pas officiellement, cependant le retour de la Crimée (zone stratégique pour GazProm et les gazoducs alimentant l’Europe) dans le giron russe apparaît davantage comme le résultat de diverses manoeuvres tactiques (suivant diverses manoeuvres militaires de »distraction » aux frontières de l’Ukraine, prise de l’aéroport de Sébastopol par un groupe armé cagoulé non identifié…)menant au résultat stratégique désiré par la mère Russie.

Quant à ce qui s’en vient pour nous, les fins renards sondent déjà nos réactions à propos de différents thèmes pour utiliser ceux qui seront les plus porteurs émotivement (votez avec votre coeur, pas avec votre tête…) … exit le politiquement correct ?

@ Robert,

Merci pour vos commentaires.

Je n’ai pas lu le livre de David Satter que vous mentionnez, il m’est donc difficile de commenter précisément sur ce sujet.

Bien sûr qu’il y a des aspects stratégiques dans tout cela, notamment en ce qui concerne Sébastopol qui a toujours disposée d’un statut spécial même après la fin de l’URSS.

Ce sont précisément les conséquences de cette « supposée » révolution de l’Euromaïdan qui mettaient à risque la présence de la marine russe en Mer Noire — malgré les traités –, qui obligeaient la Russie à vouloir à préserver à tout le moins ses intérêts acquis dans la région. D’autant que le rejet de l’influence russe en Ukraine est loin de faire consensus dans la population.

Vous conviendrez probablement avec moi que si Viktor Ianoukovytch avait pu terminer son mandat, puisqu’il avait été démocratiquement élu, quitte à être battu à la régulière dans la suivante élection, que probablement aucun de ces évènements ne se seraient produits.

L’adhésion et l’intégration à l’Union Européenne est un processus qui peut prendre plusieurs années, voire des décennies comme c’est le cas pour la Turquie. L’économie de l’Ukraine ne se qualifie pas pour être membre à part entière de l’UE.

Les politiciens qui ont été à l’origine de l’Euromaïdan savaient très bien tout cela. Pourquoi n’en ont-ils pas informé leurs concitoyens comme normalement il se doit ?

Depuis la chute de l’URSS, la Russie est prise d’assaut par le colonialisme économique des États-Unis (« sont venus leur enseigner la démocratie »). Poutine a émergé de ce contexte de domination pour s’imposer comme dictateur. Tout n’est pas imputable à lui-seul : cessez de vendre une vision dichotomique États-Unis-bonne-démocratie – Russie-ennemi-héréditaire-qui-refuse-la-bonne-démocratie sans nuances et plaquée sur la propagande occidentale de la Guerre Froide. La Russie n’est pas à considérer strictement comme une victime de l’occident, mais les États-Unis sont encore moins à considérer comme des libérateurs éclairés !

A lire cet article,un non-québécois pourrait penser que L’Actualité est financé par la CIA dans le cadre de son programme de dénigrement de la Russie.

Parce que les assasinats de journalistes, le non-respect des libertés fondamentales, la corruption qui gangrène le gouvernement c’est une invention de l’Actualité, selon vous? Les gouvernements occidentaux ne sont pas parfaits, mais entre vivre ici ou en Russie, le choix est pas mal facile à faire, sauf pour certains qui préfèrent se complaire dans un discours d’occidental « self-hating ».

En tk. Les Russes approuvent leur président à 86% malgré toutes ses années à la tête de la Russie. Poutine est un homme intelligent, articulé et c’est un très compétent politicien. Il a certainement un main de fer et n’hésite pas à donner du fil (parfois barbelé) à retordre à tous ses adversaires. Mais les Russes en redemandent. Leurs valeurs sont différentes concernant la liberté et la démocratie. À voir les animaux de foire qui se font élire un peu partout en occident, on peut les comprendre. On ne vivrait pas la-bas et pour bcp d’entre eux, ils ne vivraient pas ici.

Merci à Mme Robitaille pour ce portrait actuel de la Russie, certes résumé, mais doublé d’un survol historique. Je comprends mieux maintenant les défis des rapports de l’Occident avec ce géant qu’est la Russie débarrassée du communisme, mais pour le mieux? Pas sûr.

« Qu’est-ce que la Russie mijote? »

Non, mais c’est une vraie farce cette paranoïa russe !
En plus de toutes ces théories du complot qui surgissent depuis l’élection de Trump !
Ce serait les Russes qui auraient fait élire Trump !
Rien de moins !

Et je soupçonne aussi les Russes de venir chaque nuit emplir ma cour de neige que je dois constamment déblayer !

On semble vraiment regretter que Trump ne menace pas la Russie d’une guerre, comme le faisait la criminelle Clinton.
https://www.youtube.com/watch?v=Z869b0fPL9I

Serge Charbonneau
Québec

Comment la propagande occidentale en est-elle arrivée à mépriser la réalité à ce point?

Comment la propagande occidentale en est-elle arrivée à mépriser à ce point la démocratie ?
On nie la réalité:
« Référendum en Crimée : victoire écrasante pour la Russie »
http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/658106/crimee-vote-referendum-debut-ukraine-russie
Ce n’est pas sur Sputnik ou Russia Today, c’est sur Radio-Canada !

Quel crapuleux mensonge parler de l’invasion de la Crimée !
Combien de chars pour cette invasion ?
Combien de morts ?
Où donc sont les images de la population qui résiste ?

Et pourquoi nier que la Russie est entourée de missiles pointés sur elle ?
Ce ne sont pas les Russes qui menacent, mais ce sont les Russes qui sont bel et bien menacé.

Si les citoyens US avaient élu la criminelle Clinton, celle-ci n’aurait probablement pas hésiter à déclencher une grande guerre contre la Russie.
Heureusement que la population US a fait en sorte d’élire Trump qui, jusqu’ici, semble favoriser vraiment la détente.

Je crois qu’il est temps que l’on cesse ces propagandes haineuses qui nous oriente vers la haine et la guerre.

Les Russes ne sont pas nos ennemis et ne sont pas les ennemis de personne.
Par contre ceux qui ont 140 bases militaires à travers le monde menacent vraiment tous ceux qui ne voient pas le monde comme eux.
Écoutez bien ce général états-unien, Mark A Milley, c’était cet automne:
https://www.facebook.com/118123311617759/videos/vb.118123311617759/1082463831850364/?type=2&theater

Serge Charbonneau
Québec

J’aime beaucoup votre analyse qui correspond parfaitement à la réalité !! La Crimée a toujours été Russe , jusqu’à ce soir de 1954 , dans des circonstances injustes !! Merci pour vos commentaires éclairés qui remettent les pendues ;a l’heure !!

La Russie est un monde en soi et on ne peut imposer une conception de la démocratie à des gens d’une culture aussi différente. Elle a à peu près toujours connu une forme d’autoritarisme, que ce soit le Tsar, les Bolchéviques ou encore Poutine. Ils connaissent aussi bien les excès, les purges staliniennes tout comme la défense du pays contre les armées nazies avec des millions de soldats sacrifiés pour la patrie (sans eux qui forcèrent la Wehrmacht à mettre plein de divisions dans l’est et divisé ses forces, il est probable que le débarquement en Normandie aurait échoué). Qui décide ce qui est bon pour la Russie? Sont-ce les Russes ou les occidentaux?

La Russie ne mijote pas plus que les autres pays du monde qui veulent s’ accaparer de richesses et de pouvoir!! Leur histoire n’ est pas aussi démocratique que les pays du G7 mais leur avenir est aussi prometteur que toute autre puissance !

Pourquoi vouloir toujours diaboliser la Russie ?? On veut faire passer Poutine pour un voyou car il a récupéré la Crimeé …Mais la Crimée a toujours été russe …jusqu’à ce soir de 1954 , ou Kroutchev qui avait bu trop de vodka , l’a donnée à l’Ukraine , au grand désespoir de ses habitants !, La Crimée était russe du temps de Catherine II et c’est en Crimée que se trouvaient les palais d’été des Tzars ..Poutine n’a fait que restituer la Crimée au peuple russe !!