Qui paiera la facture ?

Les Québécois ne comptent plus sur l’État pour prendre soin d’eux durant leurs vieux jours. C’est ce qu’ont affirmé 77 % des répondants à un sondage CROP-L’actualité mené en mars dernier.

Il est vrai que d’ici 2030 la proportion de travailleurs contribuables par personne âgée chutera de cinq à deux. Le financement de la santé s’annonce mathématiquement périlleux.

Qui paiera la facture ?
Photo : Masterfile

Les Québécois ne comptent plus sur l’État pour prendre soin d’eux durant leurs vieux jours. C’est ce qu’ont affirmé 77 % des répondants à un sondage CROP-L’actualité mené en mars dernier.

Il est vrai que d’ici 2030 la proportion de travailleurs contribuables par personne âgée chutera de cinq à deux. Le financement de la santé s’annonce mathématiquement périlleux.

Le Dr Réjean Hébert milite en faveur de la création d’une caisse publique d’assu­rance autonomie, calquée sur le modèle de la Régie des rentes. « Il est urgent de séparer le financement des soins de longue durée du budget de la santé, dit le médecin. Quand il faut établir des priorités, les gestionnaires mettent l’argent là où ça saigne, c’est-à-dire à l’hôpital. »

L’idée d’une telle caisse est loin d’être nouvelle. Elle faisait partie des recommandations de la commission présidée par Michel Clair, en 2000, et de celles du comité présidé par Jacques Ménard, en 2005, qui se sont tous deux penchés sur la pérennité du système de santé québécois. « Il est trop tard, tranche Joanne Marcotte, cofondatrice du mouvement de droite Réseau Liberté-Québec. Il aurait fallu créer cette caisse il y a 10 ans. »

En 2008, Joanne Marcotte a été mandatée pour revoir – une fois de plus – les options possibles en matière de financement de la santé, en collaboration avec l’ancien ministre de la Santé Claude Castonguay et le directeur général de l’Institut du Nouveau Monde, Michel Venne. Dans leur rapport, En avoir pour notre argent (pdf), ils émettent des doutes sur la viabilité financière d’une telle caisse et concluent qu’elle serait inéquitable pour les jeunes générations. « Nous n’aurions pas le temps de la faire fructifier avant que nous, les baby-boomers, commencions à y piger », dit Joanne Marcotte.

Convaincue que les coffres de l’État seront à sec quand elle aura besoin de soins, elle s’est procuré une assurance privée afin de pouvoir s’offrir les services de préposés à domicile !

Le Dr Hébert refuse de baisser les bras : « Le Québec compte 14 % de personnes de 65 ans et plus. Dans certains pays européens, c’est 20 %. Ces pays ont mis sur pied leur sys­tème d’assurance autonomie alors que la proportion d’aînés était semblable à la nôtre. »

 

Les plus populaires