Rattrapage scolaire : l’été, c’est fait pour jouer !

Faiblesses en mathématiques ou en français, ambition d’augmenter sa moyenne générale, contenus escamotés à cause de la pandémie : toutes de bonnes raisons pour forcer les enfants à ressortir leurs bouquins cet été ?

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Les deux dernières années scolaires n’ont pas été de tout repos, c’est le moins que l’on puisse dire. Du brusque arrêt des cours à l’enseignement à distance, en passant par le présentiel à temps partiel, les élèves ont dû s’adapter à une foule de formules pédagogiques. Souvent imposées à la dernière minute, celles-ci n’ont pas toujours été cohérentes avec les besoins des enfants, surtout pour ceux et celles qui éprouvaient déjà des difficultés d’apprentissage ou détestaient copieusement l’école. 

Au milieu de cette zone de turbulences, il est tentant de profiter de la belle saison pour éviter ce que bon nombre de spécialistes surnomment « la glissade de l’été », cette période où bien des jeunes perdent des notions acquises en classe, dont en lecture et en écriture. Mais attention, lance la psychologue Geneviève Beaulieu-Pelletier : plutôt que le gavage de connaissances, favorisons la curiosité, la créativité et la découverte.

Le rattrapage scolaire en été, selon vous, est-ce une bonne ou une mauvaise chose ?

En soi, l’idée de rattrapage présente une connotation négative : ça signifie que nous sommes en retard ! Et c’est vrai qu’à cause de la pandémie, on peut dire que tous les élèves ont pris du retard. Mais j’opterais davantage pour la stimulation, la consolidation des acquis, ce qui est un peu plus positif. Le rôle d’un enfant, c’est d’apprendre, continuellement. À moins d’avoir reçu un plan de rattrapage personnalisé de la part de l’enseignant, il ne faut surtout pas que ça devienne une pression. Sinon, on passe complètement à côté de l’objectif.

Le rattrapage scolaire semble-t-il parfois plus rassurant pour les parents que pour les enfants ?

Les parents veulent le bien de leurs enfants, ils sont parfois anxieux et aimeraient tout prévoir. Cette anxiété fait qu’ils sont contrôlants, et cela nuit à la motivation des enfants. Le parent arrive avec ses peurs, son bagage, mais il doit prendre un pas de recul face, par exemple, aux difficultés en mathématiques. Il faut connaître les ressources offertes, et surtout départager son propre vécu de celui de son enfant. Un adulte qui a eu de la difficulté dans certaines matières peut être porté à trop analyser la performance de son enfant.

La glissade de l’été demeure un phénomène réel, et sans doute plus important depuis le début de la pandémie. Toutefois, elle est surtout présente chez les enfants issus de milieux défavorisés, ou dont les parents sont très peu disponibles. Lorsqu’on leur dit qu’un rattrapage scolaire est souhaitable, ils n’ont pas nécessairement le temps ou les capacités pour l’offrir. 

Comment favoriser la réussite scolaire, même en été ?

À la base, l’enfant doit continuer à être curieux, à découvrir, à explorer, qu’il éprouve des difficultés d’apprentissage ou pas. Et l’été offre de nombreuses occasions : faire la liste d’épicerie, apprendre à cuisiner, découvrir un coin de la ville que l’on ne connaît pas, aller dans les bibliothèques, rédiger un journal de vacances, etc. Lorsque l’on inscrit son enfant dans un camp de jour, l’objectif est qu’il soit stimulé et développe ses habiletés. Participer à un camp d’astronomie ne va pas nécessairement faire de lui un astronome, mais quelqu’un de fier de ses apprentissages.

La lecture revient souvent parmi les ingrédients essentiels pour assurer la réussite scolaire. Est-ce aussi important pendant la saison estivale ?

Dans des milieux défavorisés, des recherches ont démontré l’impact de la présence des livres. On a permis à un groupe d’enfants de choisir 20 livres à apporter durant l’été, et d’autres groupes n’avaient pas cette possibilité. À la fin de l’été, la capacité de lecture du groupe à qui on avait laissé des livres était supérieure à celle des autres. Et cela démontre aussi l’importance de tenir compte des goûts des enfants, et de leur donner le choix.

En quoi les habitudes de lecture des parents influencent-elles celles des enfants ?

Nous sommes des modèles tellement importants pour nos enfants. Lire sur un sofa ou dehors au soleil, ne serait-ce que quelques minutes, c’est encore plus marquant pour eux, car ils voient le plaisir que cela nous procure. Même chose avec l’histoire avant le dodo, qu’il ne faut vraiment pas banaliser. Lorsque l’on prend soi-même du plaisir à lire, à écouter son enfant lire quand il est un peu plus vieux, on transmet non seulement du plaisir, mais un aspect relationnel très positif entre le parent et l’enfant.

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Si l’école faisait ce qu’elle doit faire : enseigner le français et les mathématiques convenablement on entendrait plus de si j’aurais , de si ça serait , de ça la , de sontaient de y jousent ..en troisième année les enfants ne connaissent pas encore par cœur la table de multiplication et comptent encore sur leurs doigts pour calculer ???? Beaucoup de moments sont accordes pour faire des découvertes , explorer la nature , jouer, bricoler , discuter ….alors l’été venu il faut combler les déficiences et elles sont nombreuses !!

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