Réforme scolaire albertaine : un arrière-goût de pétrole

L’industrie pétrolière s’allie au gouvernement pour réformer les programmes d’enseignement dans les écoles primaires de l’Alberta. 

Photo : Bloomberg / Getty Images
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La réforme scolaire albertaine, prévue pour 2016, sera teintée de noir. Pour remanier le système d’éducation, les conservateurs ont invité l’industrie pétrolière autour de la table des discussions.
Fouineur

Un document publié sur le site du ministère de l’Éducation de l’Alberta révèle que les géants de l’or noir, dont Syncrude Canada, Cenovus Energy et Suncor Energy, ont formé un partenariat avec le gouvernement afin de l’«aider à rédiger le futur programme de l’Alberta pour [ses] élèves» de la maternelle à la 12e année.

Plus précisément, on y apprend que Syncrude et Suncor font partie des membres du groupe de travail dirigé par le conseil scolaire public d’Edmonton, qui désire revoir le programme de la maternelle à la 3e année.

L’opposition n’a pas tardé à critiquer la décision du gouvernement d’Alison Redford.

«Troublant» et «inquiétant» sont les mots qu’a employés le député néo-démocrate Deron Bilous, comme le rapporte Edmonton Journal. «Ce sont les années les plus formatrices pour les enfants : quand ils sont jeunes. Rien ne justifie l’implication des compagnies pétrolières dans l’orientation [du programme]», a-t-il tonné.

Ce à quoi le ministre de l’Éducation, Jeff Johnson, a répliqué : «Nous voulons que l’économie s’implique dans le système d’éducation. Pour mettre sur pied un système scolaire durable, nous avons besoin de l’avis des employeurs, du milieu des affaires, des acteurs du développement économique. Nous avons besoin de ces personnes autour de la table.»

Une table qui n’a rien d’équilibré, selon Mike Hudema, militant pour Greenpeace Canada. «C’est le travail du gouvernement et des enseignants d’équilibrer les points de vue sur les différents enjeux concernant l’Alberta.»

Si l’industrie des sables bitumineux pèse lourd dans la balance albertaine, reste à savoir quelle sera son influence sur l’éducation de la province. «Je me demande ce que [les entreprises pétrolières] vont y gagner et quelles seront les conséquences pour nos élèves», s’inquiète Deron Bilous.

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