Rémunération des médecins : coupez !

Un Québécois sur deux estime que le gouvernement a raison de lier le salaire des omnipraticiens à leur rendement au travail, révèle un sondage CROP-L’actualité.

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Un Québécois sur deux estime que le gouvernement a raison de lier le salaire des omnipraticiens à leur rendement au travail, alors que plus du tiers considère que ce n’est pas une bonne idée, révèle un sondage CROP-L’actualité.

Parmi les 1 000 répondants, les hommes (59 %) sont nettement plus favorables que les femmes (45 %) à la variation du revenu des médecins de famille en fonction de leur rendement.

Selon le projet de loi 20 proposé par le ministre de la Santé, si un médecin de famille ne répond pas aux attentes fixées par l’État (son employeur), sa rémunération sera réduite. Êtes-vous…

 Tout à fait / Plutôt d’accord ?                              52 %

Tout à fait / Plutôt en désaccord ?                     38 %

Je ne sais pas                                                       10 %

Ce sondage CROP-L’actualité a été mené du 15 au 19 janvier par l’intermédiaire du Web auprès de 1 000 personnes.

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Depuis au moins une génération, beaucoup plus de femmes que d’hommes sont admises en médecine en raison du dossier scolaire. Une fois diplômée, beaucoup d’entre elles veulent concilier travail et famille, en travaillant à temps partiel. La question qui tue: peut-on se permettre de diplômer, à grands frais pour l’État, des médecins qui travailleront à temps partiel?

Je suis le même courrant d’idée. Plus tu travail, plus tu fais de l’argent et vice versa. Dans combien de domaine nous voyons des semblants de travailleur qui sont là pour échanger du temps et non du travail contre de l’argent? Ceux qui réclâme l’équité salariale doivent revoir leur notion de justice. Ces groupes nous montrent souvent le salaire annuel pour démontrer l’inégalité des sexes en milieu de travail. On se contente de dire que l’homme fais plus d’argent que la femme pour le même travail et compétences et que c’est innacceptable. Ce qu’ils (oublient) de nous dire c’est que les hommmes travaillent 300 heures de plus et prend la moitié voir le tier des congés rémunérés en moyenne comparé à la femme. Loin de moi l’idée de déclarer la guerre des sexes mais est-ce qu’on pourrait s’assurrer que l’argent des contribuables soit dépensé judicieusement de manière à ce qu’on paye du monde pour travailler et si tu travail moin … et bin tu mérite moin

Pourquoi avoir choisi la médecine si les personnes veulent travailler à temps partiel.Etre médecin ce n’est pas un métier de fonctionnaires du neuf à cinq…Est-ce ceci veut dire qu’ils sont tellement bien payés qu’ils peuvent travailler à temps partiel?

Je penses qu’il est important de clarifier quelques points.

1- Les médecins travaillent rarement à temps partiel (J’imagine que cela existe, mais la moyenne d’heures travaillées est supérieure à la moyenne des travailleurs, soit >40-45 heures semaine)
2- Les médecins sont des travailleurs autonomes, facturant leurs services à l’assurance maladie. Cette facturation se fait à l’acte.
Donc, le salaire (pris au sens de rémunération totale annuelle), est déjà hautement rendement-dépendant.
3- Les médecins omnipraticiens ne font pas que de la médecine de famille en bureau. Il sont aussi à l’urgence, à l’hôpital, en suivi de grossesse/accouchements, en suivi à domicile… (C’est ceci qui explique la différence avec les autres provinces et certains pays, leurs médecins de famille ne font QUE du bureau, pour la plupart.)

Ceci étant dit, il existe un problème d’accessibilité qui est réel. Des solutions ont déjà été entreprises, notamment la valorisation de la médecine familiale auprès des étudiants en médecine. Avec les efforts mis de ce côté, il y a des nombres records d’étudiants en médecine familiale, la plupart de ces gros contingents sont encore en formation.

On sait aussi que même si les médecins travaillent beaucoup d’heures, ceux-ci ne « soignent » pas assez de patient. Et la faute est en partie au niveau de l’efficience de notre système. Il faut donner les bons outils, et éliminer les pertes de temps.

En espérant que cela puisse nourrir votre réflexion, j’aimerais présenter plus de détails, mais le temps me manque.

Évidemment. Dès qu’il s’agit de payer, personne n’est content, jamais. Ceux qui critiquent les personnes talentueuses qui demandent une juste rétribution devraient peut-être songer au fait qu’elles le méritent. La question n’est pas tant de se comparer avec elles, mais de se demander si leurs compétences ne valent pas plus cher que celles des critiques sur le marché. Dans mon cas, je dois faire acte d’humilité et reconnaître qu’un médecin pratique un métier plus utile que le mien et que ce médecin peut exiger plus que moi. C’est la loi du marché. À Cuba, un médecin gagne pas plus qu’un chauffeur de taxi. C’est un autre marché. C’est relatif tout ça. Il faut se demander aussi si on est prêt à vivre les mêmes sacrifices qu’un médecin (horaires brisés durant toute sa vie professionnelle) et leurs répercussions sur la vie familiales. En somme, faut comparer les pommes avec les pommes et les oranges avec les oranges.

Les citoyens doivent se souvenir de cette mémorable publicité d’il y a deux mois, qui rendait responsable le gouvernement du Québec des listes d’attente et des longues attentes dans les urgences au fait que les médecins n’étaient suffisamment payés.

Hors, lorsqu’un médecin ne fait que renouveler vos prescriptions est-ce que cela vaut 135$ ?

Cette responsabilité devrait être mise entre les mains des infirmières lorsqu’il s’agit de renouveler des prescriptions où il n’y a pas de changement de dosage, i.e. 77.9% des prescriptions en 2013 selon les statistiques du Ministère de la santé. Les médecins ne font que rarement des prescriptions de plus de 3 mois alors que beaucoup d’usagés utilisent les même médicaments comportant le même dosage depuis plusieurs années.

Nous devrions aussi exiger un paiement lorsqu’une personne se rend dans une urgence inutilement, une étude sur les fréquentations effectuées pour l’année (avril à mars) 2013-2014 démontre que plus de 21% des utilisateurs se présentent plus de 8 fois par année dans une urgence. Si nous diminuons le nombre de visites à 6 par année nous obtenons 29%. De ces consultations plus de 63% sont inutiles

Est-ce normal ? Le Ministère indique que ce ne sont pas les personnes âgées qui consultent le plus mais les jeunes de 20 à 30 ans, dont un grand pourcentage sont des mères ou pères d’un enfant qui se dirigent immédiatement à l’urgence lorsque l’enfant pleure, ils comptent pour plus de la moitié du 63% et ne représente que 37% du nombre de personnes âgées.

Le gouvernement devrait exiger que les nouvelles mères et pères suivent un cours de soins de 600 heures tout comme le système de santé de l’Angleterre a mis sur pieds en 1998. Le système de santé a réussi à diminuer de plus du deux tiers, le nombre de personnes qui se présentent inutilement. Une économie de 374 millions de livres sterling soit 824 millions de dollars canadiens par année (en dollars de 2012).

En étant payé à l’acte, le médecin a déjà une rémunération proportionnelle à son travail. Si il travaille moins, il est moins payé. Le ministre veut ajouter une réduction supplémentaire à son salaire. Pour les besoins de cette démonstration, nous pouvons nous demander comment réagiraient des physiothérapeutes, électriciens, coiffeurs, mécaniciens payés à l’actes si on coupait leur tarifs de 30% sous prétexte qu’ils voient moins de clients. Et détrompez-vous, le salaire net du médecin de famille est beaucoup plus bas que son revenu étant donné tous les frais à déboursés.
Les médecins ne chôment pas, ce n’est qu’une minorité qui travaille à temps partiel. Comme c’est le cas dans les autres emplois libéraux.
Exiger des quotas va créer une énorme pression sur la durée des rendez-vous et surtout lors du suivi des plus malades et vulnérables. Est-ce que ceux-ci étaient bien représentés dans l’échantillonnage de ce sondage?

1. Tout le monde s’entend là-dessus les québécois en ont pas pour l’argent qu’ils investissent dans leur système de Santé public, l’accessibilité à ce système fait problème (temps d’attentes inacceptables dans beaucoup trop de cas)

2. Un coup la barrière à l’entrée franchie, une majorité de québécois se disent satisfaits des traitements qu’ils reçoivent,.

3. Les coûts de notre système de Santé eux explosent et ion ne semble plus savoir comment les contenir.

4. En même temps les nombreux rapports de spécialistes qui ont analysé sérieusement notre système de Santé signalent qu’il y a beaucoup de place pour en améliorer l’efficacité, souvent mais pas seulement des réaffectations de responsabilités et de tâches feraient une bonne différence souvent pour ne pas dire toujours on entend dire que « les médecins bloquent ces changements, qu’ils protègent leurs acquis avant de se soucier de l’intérêt commun », vrai ou seulement une perception ? depuis le temps que ça dure je serais porté à croire qu’il y a beaucoup de vrai là.

5. Le pouvoir des médecins sur notre système de Santé semble démesuré, ils ont un statut de travailleur autonome payés à l’acte, l’Association qui les représente négocie leurs conditions de rémunération et de travail avec l’État, ils ne sont pas considérés comme des employés de l’État, on pourrait dire qu’ils s’apparentent plutôt à des sous-traitants de l’État dans le domaine de la Santé, l’accès aux médecins dans le système de Santé du Québec est donc un service « privé » que l’État utilise pour desservir ses citoyens.

6. Si je décode bien le fonctionnement du système, la direction d’un hôpital du Québec n’a pas grand pouvoir sur les médecins qui y pratiquent, aucun sur sa rémunération et ses conditions de travail, aucun sur sa productivité non plus; ces médecins alors s’autorégularisent !

Rendu pas mal loin du sondage qui pour faire la nouvelle amène les gens à se prononcer sur le salaire des médecins (à d’autres moment on lance aussi des sondage sur le salaires de politiciens par ex.); mais la question qui tue dans le système de Santé n’est pas « sont-il suffisamment ou trop payés, mais bien est-ce qu’ils n’ont pas trop de pouvoir sur notre système de Santé, est-ce qu’ils bloquent réellement les changements qui sont nécessaires pour à la fois contenir les coûts et améliorer l’accessibilité et l’efficacité du système, et enfin les médecins ne devraient-ils pas être des employés / des salariés de l’État comme les autres ?

M.Barrette a déjà répliqué clairement à un député de l’opposition qui remettait en question le statut actuel des médecins, que s’il croyait que ses projets de loi 10 et 20 allaient faire des vagues avec les médecins qu’ils ne pouvait tout simplement pas imaginer ce que serait la réaction des médecins si on tentait de leur retirer le statut qu’ils ont… ce serait la guerre… et ça disait tout quant à moi, il faudrait au moins débattre de cette possibilité de changement et des impacts qu’il pourrait avoir sur notre système de Santé, mais de toute évidence PERSONNE ne semble en mesure d’affronter la PUISSANTE association qui représente les médecins et ils ne veulent pas céder un pouce de leurs acquis. M.Barrette un bulldozer ! peut-être mais pas sur n’importe quel obstacle, pourquoi cette dominance des médecins sur le système de Santé du Québec ? Pourquoi on tolère le statut quo si « casser » ce genre de monopole qu’ils ont est la vraie solution pour enfin avoir un système de Santé performant.

J’espère que je me trompe dans mon analyse de la situation, c’est bien difficile d’y voir clair, trop de choses non transparentes, mais lorsque je recoupe les informations que j’ai vues j’en arrive à ce constat et à cette conclusion.