Rester vivants

« À l’extrême gauche comme à droite, on raille encore cette posture-là. Celle du bourge, plus ou moins tenaillé par la culpabilité, qui vote et milite pour une gauche que le cliché prétend tartinée de caviar. »

David Desjardins
Photo : Daphné Caron

Enfant, comme j’étais bien né et n’avais besoin de rien, mes rêves étaient surtout peuplés de désirs. D’amitiés, d’expériences, de choses. Beaucoup de choses. Comme le personnage de Ricardo Trogi dans son film 1984 : la trame de mes envies se déclinait dans les pages d’un catalogue.

Nous venons de la même banlieue. Pas de la même classe sociale. J’ai grandi parmi les bourgeois. Adolescent, mes convictions politiques n’avaient donc pas pour terreau la souffrance, mais germaient dans le confort, et peut-être un peu la mauvaise conscience qu’engendre le privilège. Mon père m’appelait « l’anarchiste de Cap-Rouge » pour mieux se moquer du décalage entre mes aspirations gauchisantes et un code postal qui suintait l’élitisme.

Je tenais pourtant de lui et de ma mère cette contradiction. L’idéal d’une société plus juste qui n’avait pas, me semblait-il, à tremper dans la misère pour être valable.

À l’extrême gauche comme à droite, on raille encore cette posture-là. Celle du bourge, plus ou moins tenaillé par la culpabilité, qui vote et milite pour une gauche que le cliché prétend tartinée de caviar. Comme s’il fallait abandonner entièrement son confort pour rêver à un monde meilleur.

Tout cela pour dire que je viens d’un milieu aisé qui rêve à des choses, mais pas seulement. Autrefois, c’était à un pays. Cette idée-là englobait une autre vision du monde, plus juste. Elle s’est diluée dans l’affairisme ambiant, dirait-on. Dans l’idée d’une société où le prix le plus bas fait loi.

C’est d’ailleurs le message envoyé par l’électorat le 1er octobre dernier.

Un message cependant ambigu, dissonant. Une déferlante bleu pâlot. Couleur délavée d’une identité commune cependant soluble dans le service après-vente et le clientélisme. Mais la carte électorale s’est aussi constellée de taches orangées, qui font croire que le désir d’autre chose que de choses émerge de notre continent de plastique.

Les Jean-François Lisée et autres Denise Bombardier m’ont bien fait rire en brandissant les épouvantails marxistes pendant la campagne électorale. Je connais des tas de gens qui ont voté pour Québec solidaire, mais qui ne savent même pas ce qu’est « L’Internationale » et qui n’ont pas lu une ligne du Kapital. Ils ne sont pas prêts non plus à renoncer à l’économie de marché.

Des pelleteurs de nuages ? Pas tellement, comme dirait la madame du premier débat télévisé à Radio-Canada. Le rêve qui nourrit le concept de justice sociale est viable économiquement. Ils le savent. Ils font donc taire la petite voix qui leur dit de sauver leur peau et de jouir maintenant, sans penser à demain. Ils savent que la paix sociale, mais aussi que la santé économique, passe par le nécessaire remplissage du fossé entre les classes.

Des hypocrites ? C’est plus compliqué que ça. C’est une posture parfois difficile à tenir, entre le conformisme d’un mode de vie et le désir de vivre autrement qu’à crédit, sur le dos des plus faibles. Mais ça peut aussi être assez simple. En commençant par voter autrement. Donc pas comme on achète des pneus d’hiver, en attendant le rabais postal qui viendra récompenser l’électeur au moment de la déclaration de revenus. Pour cela, il faut simplement partager la conviction que ces quelques dollars qu’on pourrait flamber pour faire rouler à vide une économie de surface font plus de chemin lorsqu’on les multiplie afin de tisser des mailles plus serrées au filet social.

Ce sont des bourgeois, oui. Ils ne s’en cachent pas, même si leur richesse les encombre un peu, parfois. Alors ils se font croire qu’ils sont différents. Ils voyagent autrement qu’en tout compris ou en auto de l’année. Ils mangent bio et se font un potager dans la cour. Ils ne sont pas moins capitalistes pour autant. Mais ils cultivent aussi quelque chose comme une conscience. Appelez-les des bobos, ils s’en fichent. Je le sais, parce que j’en suis. Je n’ai rien à faire des étiquettes méprisantes que nous accolent les supra-gauchistes ou les cyniques d’une droite à genoux devant un gros bon sens qu’ils dévoient à l’envi.

Le Québec a voté pour du changement. Surtout « cosmétique », dans la majorité. Mais il y a cette frange orange qui s’est mise en tête d’enfin aligner son geste sur ses désirs profonds, sur un besoin de sens, et sur l’appel à l’aide d’un avenir qui nous regarde arriver avec appréhension.

Nous sommes des milliers à choisir ce chemin tortueux. La voie de la complexité, de l’écartèlement, des paradoxes. Mais surtout, nous sommes portés par une idée forte. Un désir qui transcende les autres, pourfend les clichés et anéantit le fatalisme.

Une nation qui cesse de rêver et n’obsède que sur la fin du mois ou la « fin du moi » est déjà morte.

Nous avons choisi de rester vivants.

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25 commentaires
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Au moins, vous savez que vous êtes un gauche caviar naïf. Plusieurs d’entre vous ne le savent même pas. Mais, ce que vous n’avez pas encore compris, c’est que teinté d’objectifs louables, vos méthodes sont destructives pour tous. Et je dis bien pour tous.

Ce n’est pas parce des membres n’ont jamais lus des manifestes communistes, que le parti n’est pas communiste. Vouloir trop entraver les lois du marché, ou, ne carrément pas y croire, c’est du communisme. Ne pas croire à la libre entreprise, ou vouloir l’entraver par une machine publique immense, c’est du communisme.

Mais croyez-le ou pas, il y a encore pire. À l’intérieur même du caucus, à l’intérieur même du petit groupe d’élus, il y a désaccord profond. Il y a une haine viscérale, une haine intestine entre ces gens. Une haine beaucoup plus grande que ce que l’on trouve habituellement entre les élus et officiers d’un parti politique.

Comme j’ai toujours dit : si tu n’es pas capable de mener à bien ta propre vie financière, comment peux-tu penser que tu as l’intelligence et les capacités d’amener à bien les finances de tout un pays et de tous les citoyens de ce pays … Et, si tu n’es pas capable d’une certaine harmonie, ou d’une harmonie minimale à l’intérieur de ta propre organisation, comme penser que tu peux créer une harmonie nationale … c’est ridicule …

Quel beau monde en noir et blanc! Ça c’est la vision d’un monde où la nuance n’existe pas et qui a souvent fini en désastre. Heureusement, la réalité est bien différente et le monde est plein de nuances, en politique comme dans tout. Sortir l’épouvantail du « communisse » et du McCarthyisme ne fait pas justice à la réalité ou à la realpolitik comme certains l’énoncent.

La réalité c’est toutefois que quand on étire un élastique un peu trop, il tend à se briser et risque de causer des dommages. Plus le fossé entre les nantis s’élargit, plus les non-nantis vont réagir. Toute société qui est inégalitaire court de très grands risques et le capitalisme débridé, à outrance, peut devenir aussi désastreux que le « communisme » à outrance. En d’autres mots, l’extrême gauche et l’extrême droite partagent toutes les deux un danger très réel.

Enfin, démoniser et déshumaniser l’autre ne font pas avancer le débat. Tenter de construire une société meilleure mérite notre attention, au lieu de s’embourber dans un système fondé sur le profit débridé qui est maintenant obsolète et dangereux en ce qu’il crée des inégalités intolérables et une soif effrénée de « posséder » qui dépasse de loin les besoins. Ce système est tellement déchaîné qu’il risque même de détruire l’humanité et une partie de la vie sur la planète! À bon entendeur, salut!

Exactement!
Pour avoir un peu frayé avec les PCML dans les années ’70, je trouve Monsieur Desjardins bien naïf.

David Desjardins : « Une nation qui cesse de rêver et n’obsède que sur la fin du mois ou la «fin du moi» est déjà morte. »

Oui, eh bien, surtout dans un pays dont le processus d’unité démocratique (1867) n’a pas été le résultat d’une révolution – contrairement à la France en 1789, aux États-Unis en 1776 et à l’Angleterre en 1648-1688 – et où, par conséquent, le concept de NATION n’est pas pertinent et même dangereux pour penser tant la patrie (Québec) que la fédération (Canada).

Pour marquer ce coup, citons un fameux ministre des Affaires étrangères (en 1920-21 et 1947-51) d’un pays qui, tout comme le nôtre, a fait son unité démocratique via des moyens diplomatiques et politiques plutôt que révolutionnaires, dans les années soixante du 19e siècle, après que des tentatives d’insurrections libérales aient échoué dans les décennies précédentes. (Papineau ici, Mazzini là-bas).

« La guerre de 1939 aura montré même aux plus aveugles à quel point il est insensé et dangereux de substituer exclusivement l’idée abstraite de Nation à la réalité de la vie sociale. »

– Carlo Sforza, ‘LES ITALIENS TELS QU’ILS SONT’, Montréal, Éditions de l’Arbre, 1944. (Notons en passant que le comte Sforza n’avait pas le choix de publier ici pour la version francophone de son livre, car dans la France de 1944, les propos d’un antifasciste historique étaient impubliables.)

Eh oui, je suis antinationaliste, ce qui me fait bien peu d’amis tant dans la capitale provinciale (et pas « nationale », comme on dit souvent par erreur) que dans la capitale fédérale (et pas « nationale », comme on dit souvent par erreur). J’ajoute que le parallèle entre l’unité italienne (1860) et l’unité canadienne (1867) n’est pas de mon cru. Non, non : c’est plutôt John A. MacDonald soi-même qui, à l’époque, a transposé ici la gaffe historique commise par le député Massimo D’Azeglio au Parlement d’Italie en 1861 : « Nous avons fait l’Italie, il nous reste maintenant à faire les Italiens ! » Ce qui donna chez MacDonald: « Nous avons fait le Canada, maintenant nous devons faire les Canadiens. ! »

Faire le Canada, faire le Québec, faire l’Italie = citoyenneté = patriotisme.

Faite les Canadiens, faire les Québécois, faire les Italiens = identité = nationalisme.

Et je boucle cette brève attaque par une autre citation du comte Sforza :

« Le nationalisme n’est pas seulement la contrefaçon et la caricature du patriotisme, mais à proprement parler son antithèse même. » (L’ITALIE CONTEMPORAINE: SES ORIGINES INTELLECTUELLES ET MORALES, 1948)

Que c’est donc facile de moraliser les autres quand on a le cul bien au chaud. Facile de signer un pacte quand on habite une cabane de plusieurs milliers de pieds carrés avec les moyens pour la chauffé et qu’on va faire un tour «sua» lune quand on s’ennuie. On mange bio bravo ça va changer le monde, surtout quand plusieurs mangent aussi bio enfin un autre genre de bio car eux ils mangent les vidanges que les bios ou moins bios laissent dans les containers du surplus, du gaspillage des m’as-tu vu, j’ai signé le pacte et je voyage maintenant toujours aussi seul dans ma Telsa «S» en faisant juste un voyage par année mais je donne de l’argent pour planter des arbres afin d’annuler mon empreinte carbone de voyageur maintenant occasionnel.

Les gilets jaunes en France, les électeurs de Trump au États Unis, l’Italie, La Pologne, Le Brésil, La Hongrie…ce sont tous des frustrés qui comprennent rien au monde capitaliste, des chialeux qui devraient se trouver une job plus payante et arrêter de se plaindre. Ou des gens qui sont tout simplement plus capable de se saigner pour l’élite de leur pays pendant que les bobos chez eux aussi jouent aux mondialistes, écologistes genrés ou non genrés à saveur multiculturaliste.

Une petite lecture du programme de Québec Solidaire serait fort utile pour certain…; à défaut de le lire au complet, voici un résumé des perles que l’on y trouve!
https://www.journaldequebec.com/2017/07/06/les-10-perles-du-programme-de-quebec-solidaire

Merci. Très édifiant et instructif.

Je les savais dangereux mais pas à ce point.

Il faudrait que nos journalistes, presque tous de gauche, aient tout de même l’honnêteté de répandre ces « bonnes nouvelles » dans toute la population histoire de bien renseigner les électeurs sur le vrai visage de QS.

Peut-être qu’ensuite, les Québécois trouveraient les apparitions des députés solidaires moins « le fun ».

LOL! Les perles de QS n’ont rien d’épeurant pour moi. Privatiser les sociétés d’État et faire un pont sans études qui le justifient, voilà qui me fait plus peur!

Bravo!
Très rafraîchissant et inspirant. En espérant en faire réfléchir quelques uns sur l’avenir d’un(e) statuquo.

Tout ça pour ça. C’est beaucoup de mots pour dire si peu. En ce qui me concerne, j’ai un mal fou à comprendre ceux qui ont voté QS. Il est clair que certains l’ont fait parce qu’il y avait une mini vague orange. Il est aussi plus qu’évident qu’un bon nombre l’a fait sans savoir pourquoi il le faisait. Sans avoir pris connaissance du programme du parti. Ils se sont laissés convaincre par le discours nébuleux des porte-paroles. Discours qui, il va sans dire, ne faisait jamais mention des bouts du programme du parti qui sont totalement farfelus. Nombre d’électeurs ont ainsi été floués. J’ai un peu de mal à saisir ce qui a pu motiver la poignée d’électeurs qui a voté tout en sachant que ce parti souhaite nationaliser les banques et les distributeurs internet (pour ne nommer que quelques-unes des idées saugrenues du parti). J’ose croire que la prochaine fois les électeurs sauront davantage dans quelle galère ils s’embaarquent ou, s’ils ont deux onces de jugeote, ce qu’ils refusent d’endosser.

Si Jean-François Lisée et Denise Bombardier vous ont fait rire, vos propos m’ont fait rire encore plus. Si vous ne voyez pas le marxisme chez QS, soit vous êtes naïf soit c’est de l’aveuglement volontaire. Il est vrai que les hypocrites font tout pour le cacher à la population, profitant de son analphabétisme politique. Une chance que le parti ne sera jamais élu, le Québec ferait bien pitié.

Je connais des tas de gens qui ont voté pour Québec solidaire, mais qui ne savent même pas ce qu’est « L’Internationale » et qui n’ont pas lu une ligne du Kapital. »
C’est peut-être pour ça qu’ils ont voté QS.
Mettons que l’ignorance de l’histoire n’est pas une qualité!

David Desjardins: «Les Jean-François Lisée et autres Denise Bombardier m’ont bien fait rire en brandissant les épouvantails marxistes pendant la campagne électorale. Je connais des tas de gens qui ont voté pour Québec solidaire, mais qui ne savent même pas ce qu’est « L’Internationale » et qui n’ont pas lu une ligne du Kapital.»

Et alors ? Ce n’est pas un argument, sauf pour souligner l’ignorance de ces braves gens. On peut très bien être en aval sans apercevoir l’amont ; être influencé par telle ou telle idée, tel ou tel schéma de pensée, sans en connaître les sources, l’origine intellectuelle et historique. Et même, cela va peut-être plus facilement quand on n’a pas conscience de sa provenance.

Pensez par exemple à l’expression (et oxymoron !) « critique constructive », qui fut lancée dans la Yougoslavie de Tito (comme me l’ont appris, hilares, un couple d’ex-Yougoslaves judéo-hispanophones et toujours communistes), et qui dans le temps m’a été rabattue sur la tête à l’envi par mes profs baby-boomers de gogauche ; ou encore, considérez le mot d’ordre stalinien « éducation des masses », que j’ai entendu passer des dizaines de fois sur une foule de sujets, de la télévision « éducative » aux discussions sur le contenu des programmes du ministère de l’Éducation.

Ceci ne prouve en rien la justesse des analyses-popcorn de M. Lisée ou de Mme Bombardier ; mais votre réplique à celles-ci est vraiment faiblarde. D’autant que vous reprenez vous même le vocabulaire issu du marxisme avec les fameux « bourgeois » (vs les bons « prolétaires »). Ayant grandi le nez dans les livres à Montréal-Nord, dans un environnement social où il ne faisait pas bon avoir le nez dans les livres, je n’ai pas la chance d’appartenir à cette auguste caste ; mais peu importe, c’est un vocabulaire simplet, voire captieux. Ce n’est pas du tout vrai que l’humanité peut être scindée entre deux groupes économiques dont on fait, en plus, tout dépendre.

En gros, des trois cauchemars totalitaires du vingtième siècle, le fascisme écrase l’individu dans la nationalité, le nazisme l’écrase dans la « race » et le marxisme l’écrase dans la classe. Ou pour le formuler autrement, le fascisme croit que le prétendu « moteur secret de l’histoire » est la lutte des nations ; le nazisme, que c’est la lutte des « races » ; et le marxisme, que c’est la lutte des classes. Les trois croient à un prétendu « moteur secret de l’histoire » dont le démiurge idéologique (et une fois au pouvoir, le dictateur) possède la clé, clé qui lui sert bien sûr à guider (et parfois à trucider) les « masses ».

Il faut savoir effectuer les transpositions nécessaires, à l’époque contemporaine, car l’écrasement de l’individu dans la catégorie (alors que chacun est de plusieurs catégories à la fois et non d’une seule) n’est pas le monopole de ces trois-là. Par exemple, « majorité » (sous entendu raciale) vs « minorités » (toujours sous-entendu raciales, par nos faux antiracistes qui croient dur comme fer au délire de la race). Ou encore, tenez, par exemple, qui vous dit que dans mes propos sur mes « profs baby-boomers » du temps jadis, je ne ne suis pas moi-même porteur d’une idéologie qui prétend tout expliquer de ce que pense, dit et fait un être humain par la génération à laquelle il se trouve appartenir ?

Je crois que la gauche actuelle est encore très souvent post-marxiste, que souvent elle ne s’en aperçoit guère et qu’elle gagnerait à ne plus l’être. Pour cela, il faudrait peut-être VRAIMENT convenir de l’épouvantable et mortifère échec du marxisme – révélé, même pour les plus butés, lors de la chute du Rideau de fer en 1989 – au lieu de reprendre la rhétorique apparemment innocente mais en réalité cynique des « camarades qui se trompent » (sous-entendu : se trompent en tuant). Et surtout, convenir que pendant tout ce temps, c’était plutôt la gauche anticommuniste qui était dans le vrai, ou moins dans le faux : des penseurs et/ou leaders politiques comme Gaetano Salvemini, Carlo Rosselli, Mazaryk (le père, pas le fils), Simone Weil… ou pourquoi pas, René Lévesque. Bon, disons peut-être centre-gauche dans ce dernier cas. Mais en tout cas l’idée c’est que, historiquement, la droite n’a jamais eu le monopole de l’anticommunisme, pas plus que la gauche n’a jamais eu le monopole de l’antifascisme).

Une nation qui cesse de rêver et n’obsède que sur la fin du mois ou la « fin du moi » est déjà morte.

Bien sûr que nous aurions pu faire pire.
Notre enfer est tout de même pavé de bonnes intentions.

Il aurait pu être pavé de mauvaises.

Imagine un monde dirigé par les nazis, ou les staliniens, ou les daeshiens ou les ce que tu veux.

On en serait au même niveau de sur(pollu)population, mais dans un monde encore plus dégueulasse au point de vue moral.

Le monde est passé tellement de fois à 2 doigts de chier dans la colle encore plus.

La civilisation thermo-industrielle à triplé notre espérance de vie, a éradiqué la polio, instauré l’hygiène et l’éducation pour un pourcentage inédit de population humaine dans l’histoire.

Non
Franchement on aurait pu faire bien pire.

Nous sommes la seule espèce à porter la responsabilité de sa destinée et à en être conscient.

Quand une espèce animale sur-occupe une zone donnée et ne peut s’en échapper ou maîtriser sa reproduction par le stress.

Un élément s’effondre et s’ensuit une épidémie ou une famine et pouf, les bestioles survivantes recommencent a repeupler sans état d’âme.

Pas de passé, pas d’histoire, pas de traumatisme culturel.

Pour l’humain ça sera plus dur lorsque tout va partir en vrilles.

Continuons à tenter de rester vivants sans vraiment rien changer.

Un jour nous nous verrons tels que nous sommes réellement.

Une espèce invasive (qui a investit tous les continents)
de singes nus a libido permanente
(femelles sans périodes de chaleur, fertiles toute l’année)
à lourdes tendances psychotiques et territoriales,
fascinés par les choses brillantes et leur accumulation (un peu comme certaines pies),
persuadés d’être à l’image du créateur de l’univers (et que celui ci se préoccupe gravement de ce que nous faisons lorsque nous sommes tout nus).

Bref, ce jour là sera un grand moment de solitude pour l’humanité.

« Nous sommes la seule espèce à porter la responsabilité de sa destinée et à en être conscient. »

C’est ça: la seule espèce qui échappe (tant bien que mal) à la nature. Le mot « sapiens » ne signifie aucunement « plus sage », il indique seulement que chez l’Homme, la culture prend pas sur la nature, et par conséquent l’individualité, ce qui fait l’irréductible singularité de chaque voix humaine.

Au sein du règne animal, l’araignée et le dauphin semblent totalement sans rapport ; et pourtant, ils gardent comparé au genre humain un énorme point en commun : qui a appris à l’araignée à tisser une toile? Personne. Qui a appris au dauphin à chanter? Personne. À telle enseigne que si je dis que l’araignée « sait » tisser une toile, que le dauphin « sait » chanter, il me faut ces guillemets à « sait », car il s’agit déjà d’un anthropomorphisme : pour nous humains, le savoir implique l’apprentissage.

Quand dans la France rurale de la fin du 19ème siècle, on retrouva en forêt le petit Victor, dit « l’Enfant sauvage de l’Aveyron », il avait 8 ou 9 ans et avait miraculeusement réussi à survivre seul en forêt, sans un seul humain dans son entourage. Résultat? Le jeune Victor, sans qu’il n’y ait eu le moindre traumatisme décelable aux jambes (telle une vieille fracture ou foulure, par exemple), se déplaçait seulement À QUATRE PATTES. À 8-9-10 ans, le professeur Itard dut lui apprendre à marcher.

Le dauphin chante sans que personne ne le lui apprenne ; l’araignée tisse sans que personne ne le lui apprenne ; mais pour l’Homme, même marcher debout est acquis et non inné. J’ai beau être ÉQUIPÉ (physiquement, biologiquement, du point de vue de la nature) pour marcher debout, si personne ne m’apprend à marcher debout, je ne marcherai pas debout. Même marcher est acquis, sans parler du reste ! D’où l’appellation « sapiens ».

Les explications biologisantes du comportement humain ne nous parlent toujours – souvent sans trop se rendre compte des conséquences – de cet humanoïde qui va à quatre pattes et que nous ne sommes plus depuis que nous marchons debout. C’est un renversement de l’homme: la nature détermine la culture, alors ça nous met la tête en bas, gueule dans la boue. Pas étonnant dès lors que le racisme menace à notre époque, presque autant que dans le dernier tiers du 19e siècle et dans les années 1930 ; et dans un sens, peut-être même davantage, puisque de nos jours la pensée raciale (le naturalisme, le déterminisme biologique, l’application à la diversité des peuples d’un schéma tiré de la zoologie, selon des traits physiques) est répandue par ceux-là mêmes qui se prennent pour l’antiracisme et nous parlent à l’envi de prétendues « relations raciales » alors que les relations ne sont raciales qu’au sein du règne animal. Rien n’est plus dangereux que le poison circulant via le remède.

«La seule espèce qui échappe (tant bien que mal) à la nature.»

L’humain fait partie du vivant.

Ce n’est que grâce à la magie de la civilisation thermo industrielle qu’il se croit capable de vivre en lévitation au dessus des lois universelles qui régissent le vivant.

Le système va crasher fatalement et revenir à un système stable plus bas et plus simple. C’est tout.

Si nous avions deux sous de jugeote nous l’accepterions, et l’anticiperions.

Imaginons un homme politique de haut niveau qui annoncerait aux médias

Les sources énergétiques principales étant bientôt taries (ou toute autre raison, de toute façon y en a plein qui nous foncent dessus)
et dans un souci de préservation de notre civilisation nous allons

– inverser l’exode rural car le maintien des services eau/énergie/nourriture des 3/4 de la population ne pourra bientôt plus être assuré de façon convenable dans les mégalopoles .

– Exiger de tous les citoyens la participation à des travaux collectifs de mise en permaculture des terres arables par du travail non mécanique.

– Déconstruire les grandes villes pour reconstruire et rendre éco autonomes les villes moyennes et les villages en démontant et transférant tout ce qui peut l’être.

– remettre en service le réseau secondaire de transport en commun que nous avons patiemment démantelé au nom de la rentabilité depuis 60 ans.

– Demander à chacun de tendre vers l’autonomie alimentaire partielle en créant des potagers partout où un mètre carré de terre vivante est disponible.

– accepter des mesures drastiques d’économie et de coupures d’eau, d’électricité et de carburant par tranches successives/heures/jours/semaines.

– créer des patrouilles citoyennes de volontaires pour assurer la sécurité durant la transition.

Bref faire exactement l’inverse de ce que nous faisons depuis 150 ans.
Et ben je souhaite bon courage aux politiciens qui auront cette annonce à faire au bon peuple nourrit de hamburgers transgéniques, de télé réalité et de croissance de revenue pour l’année prochaine.

@ Yves Corbeil

« Ce n’est que grâce à la magie de la civilisation thermo-industrielle qu’il se croit capable de vivre en lévitation au dessus des lois universelles qui régissent le vivant. »

Pourquoi celle-là en particulier, que vous appelez « thermo-industrielle »? Du point de vue très minimal d’où je me place, n’importe quelle civilisation, peu importe laquelle, fait la job de sortir l’Homme de la nature. Mais si je vous suis bien, ou si je traduis bien, ce que vous dites en somme c’est au contraire que :

« L’homme ne doit jamais tomber dans l’erreur de croire qu’il est véritablement parvenu à la dignité de seigneur et maître de la nature. Il doit, au contraire, comprendre la nécessité fondamentale du règne de la nature et saisir combien son existence reste soumise aux lois de l’éternel combat et de l’éternel effort, nécessaires pour s’élever. Il sentira dès lors que dans un monde où les planètes et les soleils suivent des trajectoires circulaires, où des lunes tournent autour des planètes, où la force règne, partout et seule, en maîtresse de la faiblesse qu’elle contraint à la servir docilement ou qu’elle brise, l’homme ne peut pas relever de lois spéciales. »

En somme, c’est bien ce que vous dites, non ? Pour ma part, je reste absolument d’accord au moins sur un point avec Hannah Arendt : l’Homme est l’être non-naturel par excellence.

Je suis tellement d’accord avec ce texte. Si le communisme rime avec le bien commun, le bien de la communauté, je suis un communiste enragé, enragé contre le bien pour soi seulement, le je m’en fou du voisin et finalement de mes enfants, des mes petits enfants, je veux del’argent pour moi, maintenant. Je suis un capistaliste ,tout pour moi seulement maintenant. Parce que je sais que je vais bientôt mourir sans en être conscient. Je crois que l’humanité va bientôt mourir, enfin. Enfin pour la planète . De toute façon elle va se débarrasser de l’humanité, comme d’un caillou dans sa chaussure, celui qui l’emmerde et dont on se débarrasse. Le capitalisme ne sert que les riches et la classe moyenne confortable dont je suis issu. Mais j’ai choisi Quebec Solidaire parce que je ne vois pas d’autre issue à la lenteur, la grosseur et l’imbecilite d’une société grandissante de Trump, de Ford , de ceux du Nouveau-brunswick, de l’ouest canadien, du Brésil et de tout ces autres pays qui veulent étouffer l’expresiion des gens pour en mettre dans leurs poches . Et il y a tant d’imbeciles qui les portent au pouvoir, croyant qu’ils pourront se partager le butin . C’est 40 % des américains et probable de l’occident . Au delà de votre confort relatif comme on se conforte dans ses hémorroïdes, il y a plus que nous: on ne sauvera pas la planète, elle se sauvera de nous, comme nous le faisons avec tant d’especes. La vie finit inévitable par mourir, je le sais, je vais mourir, vous aussi dans votre inconscience nappée de dollars. Bonne mort.

« Si le communisme rime avec le bien commun, le bien de la communauté, je suis un communiste enragé. »

Eh bien dites donc, votre définition du communisme est aussi slack que celle de la droite. Nous voilà bien partis.

Si on se croit le summum de la création alors oui, ce que notre civilisation impose à la planète est effectivement lamentable.

MAIS

Si on se dit qu’on est 7 milliards de singes sans poils, névrosés, violents et obsédés du cul.

Alors là on se dit que c’est pas si mal.
On aurait pu faire tellement pire. (référence à mes autres interventions)

Mais vous n’avez rien appris!
À chaque fois qu’un parti qui tente de faire évoluer les choses, même le moindrement, se voit affubler du très simpliste et commode épouvantail de « communiste ». Un exemple de parti dit « communiste »? Le PQ à ses débuts. Le sang devait même couler dans les rues en 1970 selon Drapeau si l’on votait pour ce parti.
Pourtant, pourtant….
il faut arrêter de se faire peur et d’apeurer avec des chimères…

Bonjour, toutes les formes économiques ont leurs avantages et leurs désavantages. C’est la nature de l’homme pécheur égoïste qui rend ces formes malsaines.
Le capitalisme est le bateau principal dans notre monde. Pour faire virer ce bateau ça va prendre des forces incroyables. Il faudrait que l’homme devienne généreux, droit, aimant son prochain, renonçant à lui-même.
L’homme a besoin de pratiquer les valeurs chrétiennes. Il a besoin de Dieu pour cela. Jésus a dit sans moi vous ne pouvez rien faire.

Il y a une petite coquille dans le texte. Ricardo Trogi n’a pas réalisé 1984, mais plutôt 1981. C’est dans cet opus que Ricardo est un grand lecteur du catalogue Distribution aux consommateurs.