Ruée vers le Nord

La région de la Baie-James a besoin de 1 000 travailleurs d’ici cinq ans pour combler sa pénurie de main-d’œuvre dans le secteur minier.

Jamésie : ruée vers le Nord
Photo : Paul Brindamour

Marc Kavanagh était dans son salon, à Longueuil, en octobre dernier, quand il a vu à la télé un reportage sur La ruée vers le Nord, une campagne de recrutement visant à promouvoir l’emploi dans les mines de la Baie-James. Dès le lendemain, cet ancien décrocheur, qui a travaillé dans la construction et l’hôtellerie, s’est inscrit au Centre de forma­tion professionnelle de la Jamésie, à Matagami. Les cours, qui mènent à l’obtention d’un DEP en extraction de minerai, commençaient six semaines plus tard. « C’est un métier payant, stable et tripant ! dit ce futur mineur de 37 ans. J’adore l’ambiance sous terre, les grosses machines, le bruit… »

La formation, étalée sur sept mois, combine théorie et pratique. L’apprentissage se déroule dans la mine souterraine de zinc Persévérance, de la société Xstrata, à Matagami, où un espace de travail est réservé aux élèves. « Les journées durent 10 heures, mais on ne les voit pas passer », dit Marc Kavanagh. Et la vie à Matagami ? « Pas de problème, j’aime la campagne ! » Dès l’été, il devrait travailler à la mine Persévérance ou dans une autre mine de la région.

Mise sur pied par le Comité action mines (financé à 60 % par des fonds publics et à 40 % par des entreprises minières), la caravane de La ruée vers le Nord entreprendra une deuxième tournée régionale cet automne. Objectif : attirer 1 000 travailleurs d’ici cinq ans – mineurs, géologues, ingénieurs, comptables, foreurs, mécaniciens… – et les convaincre de s’établir en Jamésie (autre nom de la Baie-James), région vaste comme l’Allemagne, où vivent environ 15 000 Jamésiens et quelque 14 000 Cris. Les salaires sont alléchants (85 000 dollars en moyenne pour un mineur) et la forêt boréale est un « cadre idéal pour faire carrière et élever une famille », lit-on dans le site de La ruée vers le Nord.

Près de 700 CV ont déjà été reçus par le Comité action mines. Le type de main-d’œuvre recherchée varie selon qu’il s’agit d’emplois dans une mine souterraine ou à ciel ouvert. Actuellement, cinq mines sont en exploitation (or, cuivre, zinc…) en Jamésie, auxquelles s’ajoutent une dizaine de projets. Quelque 250 autres sont au stade de l’exploration. Mais la concurrence est rude avec l’Abitibi-Témiscamingue, qui recrute activement aussi. Bonne nouvelle pour les futurs mineurs !