Salluit songe à plier bagage

Le maire de Salluit, dans l’Extrême Nord québécois, veut déménager son village. Il en a assez de voir le sol se dérober sous ses pieds.

Grand Nord : Salluit songe à plier bagage
Diane Frappier / Wikimedia

Le pergélisol, cette couche de sol jadis gelée 12 mois sur 12, fond à un rythme affolant, ce qui entraîne des glissements de terrain. L’automne dernier, la route menant à l’aéroport a dû être fermée pendant deux mois, au grand dam du maire, Qalingo Angutigirk, qui s’inquiète pour l’avenir de son petit village.

Quand avez-vous constaté les premiers signes de réchauffement climatique à Salluit ?

– Le premier glissement de terrain a eu lieu en 1998. Nous avons dû déplacer 17 maisons et aménager un nouveau quartier. Ça nous avait vraiment inquiétés. Ici, le sol est tellement boueux qu’il pourrait glisser à tout moment…

Le déménagement est-il la seule solution ?

– On n’a plus le choix, même si l’idée déplaît. Et le temps presse : avec ses 1 300 habitants, notre village traverse une crise du logement. On doit construire de nouvelles maisons, mais on ne peut plus le faire sur le pergélisol. Pour trouver un sol plus stable, des experts nous suggèrent d’aller vers la baie Déception, à une cinquantaine de kilomètres d’ici.

Qu’en pense la population ?

– On a fait un référendum il y a quelques années. La moitié des gens voulait rester, l’autre déménager… Il faudra faire une autre consultation. Ce sera à la population de décider.