Satisfait du travail des journalistes ? Oui, mais…

Les journalistes font une bonne couverture de la pandémie… mais ils parlent trop de la COVID-19, révèle un récent sondage SOM. 

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Les commandes que reçoit la maison de sondage SOM viennent généralement d’entreprises et d’institutions, mais les messages du public se faisaient insistants au fur et à mesure que la pandémie évoluait. « Les gens nous ont écrit : “Les journalistes font un mauvais travail, vous devriez sonder ça !” », raconte Julie Fortin, la coprésidente de SOM.

SOM a donc décidé de se pencher sur la couverture médiatique de la pandémie au Québec et mené un sondage en ligne du 7 au 12 mai auprès de 937 Québécois francophones.

Il semble bien que les mécontents représentent une minorité : 61 % des Québécois jugent que les journalistes font du bon travail pendant la pandémie. « C’est toujours ceux qui parlent le plus fort qu’on entend le plus, plaisante Julie Fortin. Mais cette grogne envers les journalistes qui transparaît dans certains messages sur les réseaux sociaux reflète seulement l’opinion d’un Québécois sur cinq. »

La majorité des répondants considère que les journalistes présentent un portrait fidèle de la situation au Québec, donnent des informations fiables et abordent des sujets pertinents.

Une bonne nouvelle selon Michaël Nguyen, le président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ). « Les médias font de l’excellent travail depuis le début de la pandémie, dans des conditions pas faciles. » La crise qui frappe les médias depuis quelques années s’accentue avec le retrait d’annonceurs qui éprouvent eux aussi des problèmes financiers. « Malgré cela, on continue, et on voit le résultat : les gens nous font confiance. »

Les sondés sont toutefois moins satisfaits de certains points : la moitié des Québécois estime par exemple que les journalistes posent de mauvaises questions lors des points de presse de François Legault. Et environ une personne sur quatre trouve que les journalistes ont été trop critiques envers le trio formé par François Legault, Horacio Arruda et Danielle McCann.

« On voudrait que les journalistes soient plus indépendants, mais on leur reproche d’être critiques, c’est une contradiction classique que l’on retrouve souvent dans les sondages », explique Colette Brin, directrice du Centre d’études sur les médias de l’Université Laval, qui depuis plus de 20 ans étudie la question de la perception du travail journalistique.

Et entre le public et les médias au Québec, c’est presque une histoire d’amour, raconte-t-elle. La perception des journalistes et de leur rôle critique a toujours été généralement bonne au Québec et au Canada.

Les experts qui étudient la confiance envers les médias dans le monde notent une forte corrélation entre la confiance à l’égard des journalistes et la confiance à l’égard des institutions, explique Colette Brin. « Au Canada, cette confiance est généralement forte et constante. Le public comprend que les journalistes sont critiques des institutions, mais va avoir tendance à les associer à cette élite, et à leur faire confiance lorsqu’ils font confiance à leurs gouvernements et institutions. Les deux vont de pair. »

Le public s’est lassé d’entendre parler de la pandémie, indique par ailleurs le sondage. Près de trois Québécois sur quatre trouvent que les médias parlent trop de la COVID-19, particulièrement les moins de 35 ans.

Il y a fort à parier que les gens vont s’éloigner de cette information, dit Colette Brin. « Ce n’est pas surprenant que les gens se sentent saturés, mais c’est un peu préoccupant, dit-elle. Quand il y aura une deuxième vague, est-ce que les gens seront aussi attentifs ? C’est la question que tout le monde se pose. »

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En général on peut dire que les journalistes font un travail convenable mais deux aspects de leur travail peuvent porter à confusion.En premier,lors du début des reportages,les gens ont apprécié la façon de l’équipe Legault de s’adresser au peuple. Les gens n’aimaient donc pas le journaliste qui semblait vouloir piéger un membre du trio Legault par une question qui semblait plutôt une critique du gouvernement.Puis,on pouvait voir que certaines questions venant des journalistes anglophones,donnaient plus à penser que la région montréalaise se méfiait plus de la CAQ que de l’ancien gouvernement.La grogne faisait donc dire aux gens que ceux-ci tentaient d’amener la discussion davantage au niveau politique .

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Justement, c’est cela le problème. J’ai vu plusieurs commenter « Vous êtes trop durs, ils font un excellent travail, vous feriez quoi si vous étiez à leur place ». Mais sans ces questions là, il n’y aurait pas d’opposition. La crise au CHSLD Herron a été dévoilée par un journaliste anglophone par exemple. Mais le niveau de popularité élevé du gouvernement a fait cela selon moi. Et pourtant, les journalistes ne sont pas des « cheerleaders » du gouvernement. J’ai déjà vu des commentaires aussi dire « Vous devriez être + facile avec eux » (quelque chose du genre). Quand je vois ça, je pense que certaines personnes n’ont pas compris le principe du métier de journaliste.

En général, les journalistes posent de bonne questions, mais ne savent pas écouter les réponses et reposent à nouveau la même question. Ce qui fait dire qu’ ils sont souvent mal préparés.

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Ils savent écouter les réponses. Mais lorsqu’ils répètent les questions, c’est parce que ils n’ont pas de réponses justement. Ils ont une chance de poser des questions au gouvernement lors de la conférence de presse. Alors c’est sûr qu’ils vont écouter les réponses.