Sauvegarde d’Auschwitz : le Canada est-il pingre ?

Le Canada est le seul des anciens pays alliés qui n’ait pas encore de mémorial à la Shoah dans sa capitale. Mais plus pour longtemps.

Photo : RGB Ventures / Superstock / Alamy
Photo : RGB Ventures / Superstock / Alamy

Le Canada est le seul des anciens pays alliés qui n’ait pas encore de mémorial à la Shoah dans sa capitale. Mais plus pour longtemps : le ministère des Affaires étrangères a annoncé récemment la construction à Ottawa du Monument national de l’Holocauste, au coût de six millions de dollars.

Or, selon Robert Jan van Pelt, professeur à l’École d’architecture de l’Université de Waterloo, en Ontario, et sommité mondiale de l’histoire d’Auschwitz, ces millions devraient plutôt être investis dans la sauvegarde du lieu de l’horreur lui-même.

Financer la préservation d’Auschwitz-Birkenau serait une façon « poétique » d’honorer le rôle singulier qu’a joué le Canada dans l’histoire de cet immense complexe d’extermination, dit-il. « Canada » était le surnom donné par les prisonniers au secteur du camp où étaient entreposés les objets de valeur qui leur avaient été dérobés, parce que « pour eux, le Canada était la contrée de leurs rêves », précise Robert Jan van Pelt.

Le gouvernement Harper a promis l’an dernier 400 000 dollars à la fondation Auschwitz-Birkenau, mise sur pied pour sauver le site de la ruine. « Ça me paraît bien peu », dit l’historien. (Les principaux donateurs sont l’Allemagne [82 millions], les États-Unis [16 millions] et la Pologne [14 millions]). Car la tâche est herculéenne : certains bâtiments doivent être régulièrement reconstruits.

Les tonnes d’objets ordinaires ayant appartenu aux prisonniers sont rongés par la pourriture et la rouille. Les tonnes de cheveux des victimes — toutes avaient la tête rasée à leur arrivée au camp — ont viré au gris. À cela, il faut ajouter la pression du tourisme de masse et celle du développement immobilier aux abords du site.

« On ne doit pas tout laisser se détériorer. Mais dans toute situation où il y a un manque de ressources et une abondance de responsabilités, il faut faire des choix, estime le professeur. Quel Auschwitz voulons-nous préserver ? Si on sauvegarde les miradors et les barbelés, c’est celui des coupables qu’on conserve. Si on préserve les cheveux, ce sont en quelque sorte des restes humains, et certains croient qu’il faudrait plutôt les enterrer. »

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