Se rassembler

Notre collaboratrice Josée Boileau a trouvé dans une biographie du sociologue Guy Rocher un début de réponse pour comprendre la montée de l’indignation perpétuelle, amplifiée par les réseaux sociaux. 

Photo : Christian Blais pour L’actualité

Comme chroniqueuse, je suis souvent embêtée. Je cherche à aborder ce qui nous unit, ce qui fait société, alors que ce qui nous divise domine l’espace public.

Je conçois sans peine que le grand tout universel cache des injustices — la moitié féminine de l’humanité peut en témoigner ! Brasser la cage est donc nécessaire. Mais je trouve aussi qu’on s’y accroche, à cette cage : alors que le progrès serait de faire disparaître les différences, au contraire, la moindre d’entre elles sert maintenant de caractéristique pour se distinguer.

J’aimais bien la publicité d’une marque de bière d’autrefois (il y a un demi-siècle, déjà !) qui, sur un air et des paroles de François Dompierre, disait : « On est six millions, faut s’parler. » Et de quoi ? « Du travail de nos mains, de c’qu’on f’ra d’main. »

Aujourd’hui, ce serait plutôt : « On est huit millions, faut s’engueuler ! » D’ailleurs, il s’en trouverait pour ajouter : « C’est pas 8 millions, c’est 8,6. Et puis la chanson disait aussi : “On est six millions de presque parents”, donc ça excluait ceux qui venaient d’arriver. Faut dénoncer ! »

En fait, peu importe le sujet, c’est l’indignation qui domine, ce que les réseaux sociaux exacerbent. On y réagit si souvent sans même quelques… secondes de réflexion ! Mais la situation dépasse les moyens de communication : il y a visiblement quelque chose de plus profond à l’œuvre. Quoi donc ?

Il me semble avoir trouvé un début de réponse dans la biographie que l’ex-journaliste et ex-ministre Pierre Duchesne consacre au grand sociologue Guy Rocher. Ce géant de la construction du Québec moderne a siégé à la commission Parent, fut l’un des opposants à la Loi sur les mesures de guerre pendant la crise d’Octobre 1970, a participé à l’élaboration et à la mise en place de la loi 101…

Or, dans le tome 2 de sa biographie, au milieu de la description de tous ces événements marquants, se glisse un chapitre intitulé « Octobre 1971 : le multiculturalisme ».

À cette époque, le premier ministre Pierre Elliott Trudeau doit répondre à la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme, dite commission Laurendeau-Dunton. Il choisit de proposer un énoncé politique qui contredit le mandat de la Commission : alors que celle-ci tablait sur l’approche des « deux peuples fondateurs », il met en avant le multiculturalisme, qui serait « l’essence même de l’identité canadienne ».

L’énoncé précise : « Chaque groupe ethnique a le droit de conserver et de faire épanouir sa propre culture et ses propres valeurs dans le contexte canadien. » Un ministère d’État au Multiculturalisme sera bientôt créé.

Immédiatement, la classe politique québécoise comprend que la manœuvre vise à isoler le Québec — un constat qui nourrit la réflexion de bien des analystes politiques encore aujourd’hui.

Guy Rocher relève également ce fait. Mais il ajoute une réflexion sociologique plus vaste. Lors d’une conférence tenue en mai 1972, il dit : « Je me demande quelle sorte de nation peut vraiment exister sur une base aussi fluide et aussi peu engageante. » Car dorénavant, la nation canadienne ne se basera plus sur l’histoire et la culture commune, mais sur la psychologie sociale : le groupe qu’un individu doit privilégier, c’est celui dans lequel il se reconnaît et qui le rassure.

Le constat de Guy Rocher a pris de l’ampleur, tant les identités personnelles tiennent dorénavant lieu d’appartenance : ethnique, racisée, sexuelle, religieuse, émotionnelle…

Selon l’analyse de Rocher, le nouvel énoncé fait que les communautés ethniques se retrouvent chargées « de combler le besoin d’identité et de sécurité de l’homme contemporain ». Vivre ensemble, ce n’est donc plus être tourné vers les autres en tendant la main, mais se replier sur ses semblables.

Rocher se fait durement rabrouer par des sociologues du Canada anglais : le multiculturalisme est l’avenir et le Québec doit s’ouvrir au monde, lui dit-on (un air toujours en vogue !). Il rétorque que ça n’a rien à voir : « C’est un problème de pouvoir et non de largeur de vue. » Pour lui, les accusations d’intolérance cachent le véritable enjeu : une société en voie d’atomisation.

Cinquante ans plus tard, il me semble que le constat de Guy Rocher a pris de l’ampleur, tant les identités personnelles tiennent dorénavant lieu d’appartenance : ethnique, racisée, sexuelle, religieuse, émotionnelle… Et chacun demande à être compris.

Dès lors, l’Autre est celui qui ne fait pas partie du groupe (il le voudrait qu’il ne le pourrait pas, faute d’en avoir les caractéristiques), mais qui doit quand même en connaître les codes — parfois complexes ! —, et il nous faut accepter sa logique victimaire, sous peine d’être accusé des pires maux.

De la psychologie sociale, disions-nous : pas étonnant qu’on ait envie de passer son tour devant ces contradictions insolubles ! Mais passer son tour, c’est l’envers de faire société, à l’heure où tant de défis devraient au contraire nous rassembler.

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Et…, une semaine plus tard…, pas même un seul commentaire.
P’assez « ‘rassembleur’ » ?…

Ah, moi, vous dirai-je, ce seul mot, puis ce seul homme – Guy Rocher
c’pas mêlant, c’est la personne Q, encore vivante, pour qui éprouvé-je
le plus d’admiration. Mais quel être! Authentique, posé, articulé, sensé.

Alors, donc, ce titre, ce sujet, c’qu’ils tombent bien-à-point!
Se rassembler? PM/Q, qui jure vouloir rassembler en faisant le contraire
c’est se ressembler qu’il veut ou dont a-t-il manifestement tant de nostalgie.

Ces ‘tricotés serrés’, ‘tissés serrés’, n’ont plus rapp’ / ce n’est plus vrai.
Observez la jeunesse ou nos jeunesses, elles sont autant sinon plus USA
que Q. Plus rien à voir avec le Québec d’il y a trois quarts de siècle ou avant.

« N’aiment pas la chicane » – les Québécois français?
Mieux dit, sont-ce des débats qu’ils ne veulent pas ou
dont s’avèrent-ils incapables. Assez pathétique, merci.

Où peut bien aller une telle société qui aujourd’hui encore
n’en aurait, presque, que pour feelings (j’aime, j’aime pas)
émotions, affections, sentiments; et si peu pour raisons
arguments, idées ?

Où peut bien aller une telle société pour laquelle pourtant…
de si bonnes personnes, tel ce M. Rocher, se sont tant échinées
afin qu’elle puisse acquérir d’aussi hauts standards de connaissance
qu’autres sociétés autour, et qui, aujourd’hui, engendre des millions
d’analphabètes (dys)fonctionnels, abaisse lamentablement les seuils
d’acceptabilité de connaissance pour diplômation; bref, met en place
tout ce qu’il faut pour s’hisser au plus haut niveau navrant de médiocrité
possible; tout en n’en finissant jamais comme n’en finit jamais de le faire
PM/Q, d’élogier sans fin quant à la fierté-d’être-Québécois français ?… …

Désolé, mais il n’y en a point de fierté à y avoir, là. De la honte plutôt.

On se demande pourquoi ça pogne pas plus que ça le français au Québec?
Mes observations participantes aux fins de mon mémoire l’avaient révélé.
Est-ce entre autres, notamment ou principalement, en raison du manque
d’attrait du Québécois français, qui, en plus d’autres manières d’être, ne
le parle guère d’une façon attrayante séduisante invitante son français
québécois.

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Voilà bien un titre qu’espérais-je voir apparaître un jour en rapport avec le se disant si « rassembleur » chef d’État du Québec pour encore une secousse (à moins d’Événement fortuit inimaginable actuellement / ça requerrait une bourde ‘dépareillée’) : « Le vernis craque pour la CAQ »

C’est que rêvé-je depuis un certain temps de pouvoir appeler ce parti la… CrAQ.

Chose certaine, ne sont-ce certes pas les propos de F. L. à propos du… lien Mtl-Qc
tel qu’énoncé(s) par lui
qui contribueront à atténuer le cratère existant entre, oui, ces deux mondes… séparés.

L’indifférence ou tension sévissant entre eux me semble être le pire problème qu’on ait.
Sérieux ? On ne peut plus.

Imaginez, la chose ressort à nouveau nettement, pathétiquement, du sondage du jour :
la CAQ s’avérerait incapable d’arriver en Ville (i.e. d’y entrer le moindrement sensément).

Comment voulez-vous que ça « marche » une « ‘patente’ » de même ?
Comment voulez-vous qu’il y ait progrès social Q ?

Les fois où ç’a avancé pas à peu près au Q, ç’a été des fois où y avait-il au gouvernement
‘full’ montréalité(s) en l’humaine gouvernance d’alors : premier lustre de décennie 1960
dernier lustre de décennie 1970 / là, ç’avait brassé : équipe « du tonnerre » puis
la troupe gravitant autour d’incomparable jamais remplacé Doc Laurin

mais comme aujourd’hui préfère-t-on des téléréalités à l’avancement
on a c’qu’on a / on est c’qu’on est / pas grand chose / en tout cas
certes pas « quelque chose comme un grand peuple »
en tout cas (bis), ça n’s’y voit guère à l’oeil nu.

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Fin d’époque.
À l’évidence est-on à nouveau à un tournant majeur – politique tout au moins. Pas moins significatif que celui d’il y a soixante ans.
À cette différence que peut-on se demander autour de qu[o]i pourra-t-on « se rassembler »
ce différemment de naguère où ç’apparaissait assez clair. Savait-on en effet où voulait-on aller.

Ne serait-ce que depuis un an, les partis ou s’en allant à la retraite, en maintes et maintes aires
ne se comptent pas (on entre vraiment dans une nouvelle ère ou en quitte-t-on une en tout cas).

Vient-on de voir confirmer, week-end dernier, qu’il y aurait de « l’ancien » qui ne saurait plus…
‘pogner’ – (Charest ayant récolté moins du quart de ce qu’a obtenu son rival vainqueur).

Puis, là, ici, au Québec, pourrait advenir même chose à l’égard de la cheffe libérale…
Comme s’il n’y avait assez que les deux grands partis du dernier demi-siècle soient à
l’agonie
leurs chefs mêmes ‘y passeraient’.
« Indépendantriste » ou, comme dit l’autre en ce moment, « dépendantistes ».

Hier soir aussi était-ce ‘triste’. C’était de voir en effet c’pauvre PM/Q — (qui pourtant
n’a pas été / n’a pas « fait » pire que les autres pour l’ensemble de la rencontre) —
mais qui faisait donc un peu ‘pitié’ au début plus particulièrement;
c’pas mêlant, hé!, il m’est arrivé ici quelques fois, il y a deux et trois ans, de l’appeler
PèreLalogemonBidou
eh bien, lorsqu’est-il arrivé ainsi avec ces nouveaux verres…; comme ai-je trouvé là
une réelle frappante ressemblance! – (ça n’l’avais-je pas mais vraiment pas anticipé).

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J’appréhende fort que le vote imminent, dans deux semaines et deux jours, en sera un qui « consacrera » quelque éclatement, plutôt qu’une démarche en vue de « se rassembler ». Qqn a fait remarquer, semaine dernière, que la prétention du PM/Q à s’évertuer « à rassembler » évoque, bien davantage, ses efforts, vachement prévalant, à fin de maintenir ensemble… ses seuls partisans… Vous le dis-je, moi m’attends-je à la catastrophe…

Laquelle? Eh bien, 70% de sièges avec moins de 40% du vote = 30% de sièges pour plus de 60% du vote. ‘Pas « ‘catastrophe’ », ça ?…
On s’apprête à revivre, en le répétant, l’« exploit » navrant de Bourassa il y a cinquante ans : l’ANQ pleine à craquer de libéraux, vide d’Opposition(s).

Si bien qu’UN seul (le PM) pourra décider, à lui seul, qui dirigera la ‘Sûreté’, ainsi qu’/ou s’il ‘mérite’ d’en être destitué. Vive la démocratie! et la non-partisanerie à la Q ! Personne ne se bat dans les autobus pour réforme de tel système aberrant… Personne, non plus, ne se battait dans les autobus pour abolition de la peine de mort… On était contre! Ç’a été fait quand même, par qqn leader digne de telle fonction.

Et ainsi va-ce sur pas mal toute la ligne, n’est-ce pas.
Par exemple, ne sied-il pas, avant de faire qqch, de le penser, soupeser, évaluer? Eh bien, voit-on là un PM suggérant que lui considère qu’il vaille mieux faire avant. Penser, évaluer après. Est-ce là, très exactement en effet, son traitement du troisième lien ‘anyway’, succédant au ‘tramway no way’ : les études, on les fera[it] après. « ‘Fort’ », hein, pour qqn se disant rigoureux, structuré, rationnel… et suivant la Science ?…

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Fracture / facture

Toute dernière ligne :
« tant de défis devraient au contraire nous rassembler. »

Bien oui, n’y a-t-il pas suffisamment de troubles, de problèmes sociaux et humains, collectifs et personnels, p’assez de souffrances d’ensemble pour suggérer de s’atteler ensemble à leur résolution ?

On dirait que non.

Quand on sait l’éminence, l’intensité, la gravité et la quantité de problèmes
constater à quel point peut-on s’en ficher même en période telle celle-ci
de campagne électorale où faudrait-il y proposer des voies de remédiation;
hum!…

C’est qu’a-t-on vu, n’est-ce pas, ce qui a cours en notre monde aujourd’hui:
féminicide violent — (y en a-t-il de non violents? / probable) — avant-hier
homme abattu par police hier
attaques au couteau à l’occasion de mariage ensuite…

à l’évidence, il ne manque pas d’« ‘actualité(s)’ »…

d’aucunes évoquant de criants problèmes de santé mentale.

Ah, cela tombe bien, deux partis venant d’en parler abondamment.
Sauf que…
sauf que ces deux mêmes partis ont l’temps de « niaiser » au travers de ça.
L’un parlant de « lutte à deux » (!) / l’autre s’appesantissant sur une candidature rejetée… sur 125…

‘comprenez ça, vous? moi, pas
hé! : sur les 124 autres restant
on n’en fera pas même élire une vingtaine
et ce en un parti seul multi-séculaire à l’ANQ
n’est-ce pas là l’Important ? Non, on trouve le temps de niaiser avec rien.

Non, ne sais-je où ou quand se « rassemblera »-t-on, considérant que la…
« chicane », comme dirait PM/Q, semble éminemment plus importante que
la recherche de solutions aux maux qui accablent notre société. Lesquels ne
sont ni prêts de disparaître ni même de s’atténuer, en raison de l’inversion de
la pyramide des âges particulièrement.

Si y avait-il souci de « règlement », le moindrement, de problèmes socio-pol.
on ne se retrouverait pas, encore, une millionième fois, avec cette perspective
de voir dans quinze jours
trois partis, avec 50% du vote populaire, récolter moins de 22% d’élu.e.s
face à
UN parti, récoltant moins des 2/5 du vote populaire, ayant plus de 3/4 d’élu.e.s

On récolte ce qu’on sème, n’est-ce pas?

Bien, y en a un qui devrait avoir le temps, avant de mourir, de constater
avoir omis de faire ce que doit pour la maintenir la cohésion sociale nationale
interne
car oui comptent les factures de ci et d’ça
mais n’y a point que facture$ en la vie…
il y a la vie même aussi / or… un jour
sera salée la facture de la fracture
occasionnée par cette incurie
d’iniquité de représentation

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Addendum : mon dernier mot s’eût tant soit peu mieux intégré sous le titre — (paru en même temps*… à midi ici) — « Anglade lance un appel à tous les opposants à Legault »
(*les deux sont comme entrés ‘en collision’…;-)
eût mieux valu également qu’eussé-je donné les réf. web directes à la toute fin
les voici donc :
in La Presse, page A 22, 5 février 2005
https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2200818

in Le Devoir, 9 février 2005
https://www.ledevoir.com/opinion/idees/74427/lettres-un-mois-de-grace-m-charest

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Eh bien, le ‘rassemblement’ souhaitable n’est pas pour demain.
Mme Boileau dit, en son dernier billet hier, qu’il y a là un politique « dépassé ».
C’est peu dire. Et surtout, justement, ne peut-on, hélas, compter sur ce genre
de personnage pour rassembler.
Ah, certes, a-t-il le culot parfois d’avoir cette prétention pcq que c’est ce qu’on
lui dit de dire…
mais l’Évidence est là, criante, adore-t-il la division pour garder le plein (de vide)

nous avons/sommes en effet un « ‘pays’ » vidé de sa puissance, de ses possibles
et ç’avancera pas imminemment si est pour r’advenir ce qui augure pour r’advenir
savoir réélection d’un gouvernement sur-majoritaire, démesurément majoritaire
pouvant (quasi) tout tout tout faire, seul, sans assentiment, (quasi) jamais des
oppositions (pour ce qu’il en restera…)

or, a-t-on beau le savoir, ça, qu’il n’est pas sain qu’il y ait trop de… pouvoir-au…
pouvoir, exagérément concentré entre les mains d’un seul;
eh bien va-t-on, collectivement, le laisser faire ou LE FAIRE advenir quand même
ce qui évoque assez bien la classique pathétique coulée de Titanic

ainsi donc, s’apprête-t-on, à compter de demain, à tout mettre en place pour que
ç’aille de mal en pis / c’en sera inévitable à partir du moment où y aura-t-il
— (si ç’advient comme ç’augure) —
surreprésentation insensée de caquistes à l’ANQ

qqn vient de commencer à dire que serait-ce la toute première fois qu’y aurait-il
telle « distorsion » entre vote populaire et représentation; or, non, en 1973, ç’a
été « aussi ‘pire’ », voire peut-être pire encore que le sera-ce dans dix jours
mais…
ce qui ‘fait mal’ aujourd’hui, c’est qu’on sait, qu’on le SAIT qu’ç’a aucune allure
qqch comme ça / que ce sera aussi préjudiciable aux élu.e.s caquistes mêmes
qu’au reste du monde / mais on va l’refaire quand même !

Si bien qu’essayez pas, essayez pas d’prétendre que ce PM en aura[it] été un
bon
il l’a eue, en effet, bien eue, l’opportunité d’être à la hauteur de ce que peut être
de ce que DOIT être un véritable chef d’État, doté de noblesse et de vision
et ce en respectant seulement sa promesse solennelle sacrée en plus!…
de réformer le mode de scrutin, de manière à ce que n’advienne plus tel inique
insensé
or, n’en a-t-il rien fait / si bien que…
comme en a-t-on conclu lors du choix par la « foule » d’un relâchement de
Barabbas plutôt que de Jésus
qu’étaient-ce davantage les leaders-‘agitateurs’ sur qui retombait la plus
grande part de responsabilité
eh bien, en ce cas-ci aussi la plus grande part de responsabilité
incombe au chef – (plus qu’à sa députation et plus qu’au peuple)
d’avoir failli à rendre tant soit peu plus équitable, logique, sensé
l’acte censément le plus essentiellement démocratique qu’il soit
donné de pouvoir exercer / et qui par sa faute en demeurera un
si méprisable, odieux, parce qu’inique et ainsi si crûment divisif.

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Le multiculturalisme est-il une vision de l’esprit et une chimère qui nuit à la cohésion d’un pays ? Car il ne faut pas oublier que l’identité est l’essence d’un peuple et doit reposer essentiellement sur un territoire. Autrement dit, le territoire est le fondement de l’identité avec la langue et la culture.

Or, ce multiculturalisme a créé des territoires qui sont en fait des ghettos qui se veulent réfractaires à l’intégration à l’identité nationale du peuple hôte. En fait, le territoire est avant tout le territoire autochtone dont les colonisateurs se sont emparés et dont la question de la restitution demeure ouverte si on aspire à une cohésion nationale.

Quant aux deux nations issues des colonisateurs européens, la compétition pour le territoire fut féroce mais ceux qui étaient ici les premiers ont perdu la grande partie du territoire qu’ils partageaient avec les nations autochtones avant la cession de la colonie française aux Britanniques. Ce qui reste comme territoire identitaire s’appelle le Québec, un territoire aussi partagé avec les Premiers Peuples mais où la nation québécoise française s’érode de plus en plus sur l’autel du multiculturalisme car la métropole québécoise est devenue en grande partie un ensemble de ghettos aux identités multiculturelles.

Était-ce volontaire de la part de son concepteur, P.-E. Trudeau ? On peut penser à son machiavélisme tel qu’exposé dans le film de Denys Arcand «Le confort et l’indifférence» et au fait qu’il jouait à l’apprenti sorcier avec ce concept qui devait éventuellement mener à l’érosion du fait français au Canada.

En fait cela allait à contre-courant de la notion d’identité telle qu’on la connaît à travers le monde et qui souvent entre en conflit avec l’émergence d’identités qu’on pourrait qualifier de secondaires sur un territoire national qui a tendance à se balkaniser en ghettos identitaires. Nous récoltons aujourd’hui ce que Trudeau a semé au siècle dernier et il reste à voir si la question des identités demeure importante ou si, en fin de compte, l’Amérique du Nord est devenue une espèce de Melting Pot multiculturel où les identités premières (peuples autochtones, francos et anglos) sont reléguées à une histoire du passé.

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La diversité est une idée noble, humaniste et source de richesse, qui tend à prendre chez chacun, quelle que soit son origine, ce qu’il y a de meilleur pour enrichir le socle commun de la nation.

Le multiculturalisme, quant à lui, permet à chaque groupe de cultiver sa différence « en silo », en voisinant avec les autres groupes, mais en ne s’y mêlant pas plus que nécessaire. Et chacun de revendiquer le droit d’être lui-même, de vivre selon ses coutumes ou d’avoir ses lois et normes internes. Et au besoin, de demander à l’ensemble de la société se faire des concessions pour pouvoir agrandir sa propre zone d’influence ou imposer ses valeurs. La contestation de la Loi sur la laïcité en est une parfaite illustration.

Tout cela sous l’égide d’une élite paternaliste anglo-canadienne qui, dans sa vision multiculturaliste, ne se voit certainement pas au niveau d’une simple communauté parmi les autres et qui, sous couvert de grande tolérance, tire en fait les marrons du feu. Ce que j’appelle la pax britannica, à la façon dont la pax romana régnait sur une infinité de cultures sans trop se mêler de leurs affaires (et c’est ainsi que l’empire romain se disloqua).

Bref, alors que la diversité veut rassembler, le multiculturalisme (ou l’interculturalisme cher aux libéraux provinciaux, qui est en définitive la même chose) divise.

Le multiculturalisme, en permettant à chaque communauté ethnique, religieuse ou culturelle de revendiquer le droit de vivre à sa façon (et à la manière de sa société d’origine) crée de facto plusieurs sociétés dans la société. N’espérez surtout pas que cela puisse engendrer de la solidarité dans la société ou un sentiment d’appartenance nationale. Chaque communauté est centrée sur ses intérêts et ses croyances, mais ne s’intéresse que minimalement à la cohésion nationale d’un bout à l’autre du pays. Cette division par essence porte en germe la possibilité d’une guerre civile, comme on en voit dans d’autres régions du monde où les diverses communautés culturelles (parfois partageant pourtant la même religion) ne dialoguent que par la bouche de leurs fusils.

Surtout, ne confondons pas diversité et ouverture d’un côté, ce que l’on chérit au Québec, et multiculturalisme/communautarisme, synonyme d’éclatement de la société, de l’autre, ce qui est la vision anglo-canadienne.

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Voilà une analyse crédible !
J’ajouterais, personnellement, ceci : l’individualisme de nos jours me semble provenir du fait que le capitalisme néolibéral a pour mobile l’accumulation de la richesse matérielle comme première valeur pour se classer socialement. À preuve : les programmes électoraux des partis de droite qui se popularisent partout, sans tenir compte de la planète. Les valeurs humaines enseignées dans nos écoles se résument à un petit cours sur la citoyenneté. Il faut démocratiser, décentriser, dépolluer le système, changer le cap.

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À n’en pas r’venir. Incroyable. Vraiment.

Pourtant… étais-je sûr, la dernière fois, d’en avoir terminé d’é p i l o g u e r
sans fin sur sur ce thème
or, non, car la voilà LA Question de l’urne : « Rassembler au Québec »
QUI veut, véritablement, cela, ou qui en est capable en politique Q ?

C’en est plus qu’irritant d’entendre ce PM ressasser se considérer comme
celui devant ‘rassembler’, lorsqu’on sait ce qu’il (a) dit, ce qu’il (a) fait et…
ce qu’à l’évidence il ne laissera de redire et refaire à propos d’immigration.

Ce qui se donne à entendre aujourd’hui sur le sujet émanant d’eux (la CAQ)
r’évoque ultra-douloureusement ce qu’avait-on dû subir en 2013 de la part
du PQ concernant les ‘fameuses’ « valeurs ‘québécoises’ ». Ah, misère !…

Jamais n’avait-il été légiféré à propos de du religieux à l’Assemblée nationale
eh bien, la CAQ l’a fait, elle, et s’en vante s.v.p., s’en glorifie aux quatre vents;
oh, oui, vous assuré-je, y a d’quoi s’vanter : priver des enfants d’enseignantes
parce que, toi, t’es ‘pogné’, ben dur, avec la religion; que, toi, t’es « allergique ».

Ahurissantes les sorties legaultiennes aujourd’hui.
Son « suicidaire » et son… ministre. Pas n’importe lequel…
Celui d’Immigration – dégoulinant goulument à l’encontre d’immigrants.
Qu’il « ramasse » à ‘planche, durement, sans ménagement aucun, sans pitié.
Qu’il désavoue, drès-là, le désignant comme s’étant disqualifié par manque de
jugement.
Eh, c’est qu[o]i le pire : ‘piquer’ des pamphlets dans boîtes aux lettres ou…
parler d’immigrants et d’immigration comme l’a fait son propre ministre de ?

Hallucinant. Si une jeune fille a dû se retirer pour ’substitution’ de pamphlets
combien plus encore un ministre tenant de tels propos devrait-il être enjoint
de le faire également.

Alors, donc, serait-ce « suicidaire » d’en prendre plus.
Et si était-ce de ne PAS en prendre plus qui l’était ?
Si le « ‘suicide’ » allait advenir faute d’infirmières immigrantes suffisantes
pour ‘prendre soin’ de Québécois?
Si c’était d’avoir un PM comme ça qui serait « suicidaire » pour la nation Q..
du fait qu’avec ce genre de personne au sommet de l’État, les citoyenne.e.s
ordinaires auront grand’ peine à accepter comme il le faut la main-d’œuvre
supplémentaire leur fallant d’une part, et être prêts à s’adonner aux bonnes
oeuvres consistant à accueillir «plein» d’étrangers en difficulté d’autre part ?

On n’est pas sortis du bois. La crise, en effet, n’est pas moindre que l’avait-
elle été il y a dix ans. À propos de « l’Autre ». Encore.

On n’est pas sortis du bois, non; à vue de ce qu’on voit. Car…
Bien sûr qu’il faut s’y attendre à ce que ça brasse au sein de la CAQ
au cours des prochaines années, advenant qu’on en élise une centaine
comme avait-ce tourné au vinaigre la fois de la centaine à Bourassa (73)
et pour mêmes raisons évidentes faciles à comprendre. Mais là…
« l’diable est déjà pogné » avant même les élections entre eux…
Ça promet, n’est-ce pas? Ça va être «beau» tantôt. Préparez-vous…

Hideux, bref, ce à quoi assiste-t-on en ce moment.
J’ignore si peut-on espérer que la population ‘restante’
i.e. les deux tiers n’ayant pas encore voté par anticipation
vont être assez sages, raisonnables ou futés pour mettre les
‘brakes’ à tel dérapage (annoncé ou déjà en cours) — ou s’ils
vont faire, dire et penser, comme en ai-je vu à profusion, en commentaires
au cours des dernières semaines, une nette impressionnante majorité, disant
que Legault ne fait que dire crûment la plate vérité et ne serait aucunement à
blâmer pour ce, bien au contraire.

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Rassemblement Q juré. Encore. Et pour PM, s’y engageant solennellement.
Et pour l’autre cheffe, important (plus qu’autres), grande rassembleuse devant
l’Éternel.

Pourtant… Alea jacta est. Le Québec était, déjà, divisé. Il l’est demeuré.
Il y a un p’tit Québec. Il y a le grand Québec. Non l’un dans l’autre.
L’un sans l’autre.
« LE Parti »*, comme ils disent ou disaient quelque part, domine partout
sauf là où s’avère-t-il répétitivement résolument incapable d’entrer même.
Là où, réciproquement, les « alternatives » s’avèrent incapables d’en sortir.

Ainsi donc, soit y a-t-il deux Québec ou l’un n’en est point, n’en fait pas partie.

« LE Parti » est CrAQ. Indépassable. Insurmontable. Fissure achevée.

Qui dit vrai? Qui fera? Quoi adviendra?
Les belles paroles du re-PM — (qui semblait avoir pris un « p’tit coup »)
étaient les mêmes que quatre ans plus tôt – (non respectées).
Les belles paroles de la cheffe d’en face plongent à leur face même.
Car si n’a-t-elle même pas pu… conserver le comté-type francophone
sis sur l’Île même de Mtl (Verdun); si RIEN n’a ressorti de tous ses efforts
en province pour en recueillir quelques miettes de francophonie au moins
et si le proche voisinage lavallois s’en va aussi…
comment croire qu’un même baratin, avec même approche, même cheffe
puisse engendrer retournement positif de situation? Invraisemblable en un
mot.

Bref, un… mot, justement, pour évoquer un possible plus souriant devenir Q

Il est arrivé, il y a un demi-siècle, qu’un parti n’ayant re-fait élire qu’une poignée
de députés (la petite demi-douzaine); face à la grosse centaine du parti gagnant

trois ans plus tard seulement… devint le gouvernement!

Eh bien, regardez bien ce qui vient de se passer, écoutez bien, analysez bien
constatez, surtout, que le « petit » GND est le seul semblant avoir à la fois les
aptitudes, la personnalité et l’« étoffe » d’un PM/Q
constatez, enfin, qu’aura-t-il, dans quatre ans, le même âge qu’avait Bourassa
lorsqu’il est devenu l’un des plus ‘efficients’ ou brillants PM/Q
— (Lise Payette même en a dit, à la fin, s’exclamant avec grande admiration:
« c’était Quelqu’un! ») —
et, alors, oui, p’t’être, apercevrez-vous là l’espoir que peut-on avoir pour l’avenir

que GND parvenant à ramener QS à un plus grand réalisme
puisse en même temps rapprocher davantage le Québec
d’un certain idéalisme à investir, si escompte-t-on
pouvoir encore vivre sur Terre au prochain siècle…

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