Six jours

La peur de l’injustice, il n’est pas hasardeux de s’avancer et de dire que les Noirs la connaissent mieux que les Blancs.

Photo : L'actualité

La conjointe de Mamadi Camara aura attendu six jours avant de voir les menottes autour des chevilles et des poignets de son mari innocent lui être retirées. Je ne veux pas imaginer les nuits que cette femme enceinte de jumeaux a vécues. Je ne veux pas imaginer les scénarios qu’elle a dû se faire dans sa tête. Je ne veux pas imaginer l’anticipation de la suite, les larmes, l’angoisse, le sentiment qu’un piège se referme doucement sur soi.

C’est la hantise de tout le monde de se faire accuser à tort. Quand les langues ont commencé à se délier dans le mouvement #moiaussi, je voyais les hommes se mettre à trembler. Revoir leurs relations passées, se demander : « Est-ce que j’ai toujours été correct ? Oui, j’ai toujours été correct. Mais t’à coup qu’on me croirait pas ? T’à coup que je devrais me défendre ? T’à coup que quelqu’un se vengerait et m’accuserait à tort ? » Je voyais les roues tourner dans leurs têtes. Je voyais leur peur. 

Cette peur, je crois qu’il n’est pas hasardeux de s’avancer et de dire que les Noirs la connaissent mieux que les Blancs. C’est sûr, en fait. C’est sûr que les mamans et les papas d’enfants noirs ont des conversations avec leurs enfants que je n’ai pas besoin d’avoir avec les miens, qui sont blancs. Sur le profilage racial, la police, les préjugés, la manière de se comporter en cas de contrôle d’identité… C’est certain. 

L’un de mes livres préférés s’intitule The Sun Does Shine, je l’ai lu dans le bois un été et ça raconte le parcours étouffant d’Anthony Ray Hinton, un homme noir américain prisonnier pendant 28 ans du couloir de la mort pour un meurtre qu’il n’a pas commis. C’est une histoire d’espoir, une histoire de racisme et d’une de ces situations où la police avait besoin d’un coupable rapidement. Dans ce cas-ci, un homme noir et pauvre en Alabama, un flingue planqué chez sa mère, un juge corrompu et hop, l’affaire est dans le sac.

Ce n’est pas ce qui s’est déroulé dans le cas de M. Camara. Il y a zéro évidence de la fabrication d’une preuve, et au moment où j’écris ces lignes, on ne sait que très peu de choses des erreurs qui ont conduit au menottage de cet innocent. Mais je sais que c’est le Mois de l’histoire des Noirs, et c’est la deuxième fois depuis le début de février que j’entends parler d’une enquête où un homme noir est accusé à tort par la police. 

Quelques jours plus tôt, Me Kwadwo D. Yeboah avait été arrêté par pas moins de six policiers, accusé à tort d’avoir un faux permis, menotté, installé pour rien à l’arrière d’une voiture de patrouille, tout ça devant sa fille de 15 ans. Il avait l’air suspect parce qu’il était au volant de la Mercedes de sa femme, ignorait où étaient les papiers d’immatriculation, et il a fait rire de lui quand il a dit qu’il était avocat et qu’il savait que la police n’avait pas le droit de fouiller dans son cellulaire… Humiliant. 

En écoutant le témoignage de Me Yeboah, j’avais honte. C’était tellement cliché, tellement textuellement ce qu’on reproche aux policiers relativement au profilage, j’avais envie que le premier ministre s’excuse au nom de tous les Québécois. 

Comprenez-moi bien, une erreur, ça arrive. Ça arrive dans tous les corps de métier. On ne pourrait pas vivre dans un monde où l’erreur est interdite. Mais ces histoires s’accumulent. Il y a trop de Camara, de Hinton et de Yeboah, et je ne peux pas croire que ça ne jouait pas dans la tête de la femme de M. Camara pendant ces six jours. La grande peur d’être accusé à tort, d’être empêtré dans la lourdeur du système de justice… Imaginez quand, en plus, on est conscient que le système a l’habitude de ne pas pencher en sa faveur. 

Bon Mois de l’histoire des Noirs.

Il faut toujours en droit, tout comme dans sa vie, s’efforcer d’établir une distinction entre ce qui relève d’une apparence et ce qui relève des faits. Dans un cas spécifiquement comme cette affaire touchant monsieur Camara, je ne suis pas sûr que sa situation soit la conséquence de ses origines ethniques ou bien qu’elle résulte d’une situation rare dans laquelle la personne appréhendée est complètement innocente, mais les apparences la mettent au mauvais endroit au mauvais moment.

Il ne fait aucun doute que toute personne qui fait l’objet d’une arrestation arbitraire, qu’elle ne peut que passer de mauvais moments, il n’est pas besoin d’être expert en psychologie pour comprendre que sa conjointe et d’autres proches ont possiblement senti pendant ce temps le plancher se dérober sous leurs pas. Ce n’est pas une expérience agréable.

Fort heureusement, les enquêteurs en charge de cette affaire, ont su faire montre d’assez de professionnalisme pour valider les arguments de monsieur Camara qui établissaient son entière innocence. On peut déplorer que cela ait pris six jours pour lever les accusations et un jour de plus avec les résultats des tests d’ADN pour l’innocenter complètement.

Il y a donc dans une affaire comme celle-ci quelques choses de positif puisque cela démontre que notre système de justice s’efforce d’être équitable pour tous ; qu’autant que faire se peut, les enquêteurs du SPVM s’efforcent de s’acquitter de leurs obligations avec suffisamment de rigueur pour n’envoyer durablement en prison que des personnes susceptibles d’avoir réellement commis les crimes qui leurs sont reprochés.

Y a-t-il matière à amélioration ? Certainement ! Ce sont plutôt les techniques d’arrestation qui devraient être révisées, il y a encore trop de bavures, puis c’est le traitement des personnes appréhendées qui devrait être revu, au même titre que la survie carcérale qui selon moi n’est réellement pas adaptée aux principes de la réhabilitation.

— Mais ce sont d’autres sujets évidemment.

J’espère que monsieur Camara qui a un diplôme d’ingénieur, qu’il puisse profiter de sa nouvelle notoriété pour se trouver un autre emploi qui corresponde à sa qualification plutôt que celle de livreur Uber Eats. Car le vrai problème est probablement là, rien de tout cela ne se serait produit s’il avait eu un vrai travail, plutôt qu’un emploi précaire requérant d’être très prompt sur son cellulaire pour obtenir plus de livraisons.

— Mais il y aura toujours des gens pour voir dans ce genre de « jobines » qui enrichissent les gros actionnaires de ces multinationales, de merveilleux exemples de l’économie du partage.

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Le problème de la lutte aux préjugés et aux stéréotypes, c’est qu’il devient assez facile de tomber soi-même dans les préjugés et les stéréotypes. Parce que l’on sait qu’il existe du profilage racial et du racisme systémique, on se met à penser systématiquement que lorsqu’un noir a des problèmes avec la police, c’est un cas de profilage racial ou de racisme systémique. Difficile de sortir de ce cercle vicieux…

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« une erreur, ça arrive. Ça arrive dans tous les corps de métier. On ne pourrait pas vivre dans un monde où l’erreur est interdite. »

Mais, malheur, ç’arrive, trop souvent, là où ça devrait y arriver le moins, et pas qu’eu égard aux racisés ou « religiosés » (?). Tels ces pauvres Juifs qui se sont aussi indûment fait traiter de « fins finauds ». Et pour qui ç’aura pris, encore, comme pour les sans abri, une ‘police’ au-dessus de la police, la Justice, pour rétablir et faire respecter le Droit.

Ç’arrive, plus aux noirs qu’aux blancs, oui. Significativement. Mais comment comprendre que ç’arrive si fort et si crûment là même où ça ne devrait advenir que, sinon rarissimement, à tout le moins, moins? Comme en milieux universitaires et aux sommets POLI, police et politique?

L’université n’est-elle pas censée être haut lieu d’intelligences, de discernement, de savoirs et de leur transmission? Or, on ne s’y est pas moins avéré tout à fait incapables de « régler » ou d’éponger de manière tant soit peu acceptable le cas Verushka; au point que celle-ci semble avoir été vouée à réclusion (disparue, comme «morte»?). Et… y aurait-il, là, maintenant, transmission de savoirs qui n’y serait plus permis?…

Puis côté POLI, avons-nous exemple permanent en ce moment d’un cas, à la fois célèbre et caché, où police et politique se retrouvent intriquées au-delà de fiction. A-t-on là, en effet, un autre «disparu». Un dg/SQ, réputé exemplaire comme il n’y en aurait jamais eu, mis en pénitence indéfiniment. Pour avoir censément parlé trop fort à quelqu’une. Ainsi va la vie. Lui, ce n’est pas que six jours dont il pourrait hériter, mais six fois six ans de mise au ban, après en avoir déjà croupi deux, probablissimement, sans bonne raison le justifiant (le procédé étant qualifié par la plupart d’«inhumain»).

Conclusion? Comment voulez-vous que justice advienne ou règne, lorsqu’il y a du plus complexe, telles de la ‘race’ ou de la couleur ‘différentes’; lorsqu’on trouve moyen de rendre et maintenir éternellement insolubles, inextricables ou hors d’atteinte de justice et d’équité, au sommet, des cas plus simples, où n’y a-t-il pas de culture ou d’historique différents à prendre en compte ?

Le goût du juste, s’il existe, n’est pas fort.

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En fait ça peut arriver à tout le monde d’être à la mauvaise place au mauvais moment. Les erreurs judiciaires ne se limitent pas à des gens issus des communautés culturelles mais elles peuvent toucher tout le monde et tout le mode a raison d’avoir peur. Je sais évidemment que les Noirs courent plus de risques avec la police ici car notre société est pleine de stéréotypes et les policiers n’y échappent pas.

Allez aussi demander au deux chasseurs Innus qui sont allés voir leur territoire dans le Nitassinan car ils craignaient qu’une opération forestière était en train de le détruire et ils ont été victimes d’une arrestation décrite comme « musclée » par des policiers de la SQ. Dans la SQ on aime pas trop les « Indiens » et j’en ai été témoin pendant plusieurs années. Quand des allochtones se sont retrouvés dans la même situation, la même journée et pour les mêmes raisons, il n’y a pas eu d’arrestation « musclée », pas d’agression ni de menottes.

Pour en revenir à ce pauvre M. Camara, il faut se poser la question à savoir pourquoi la police devait le garder en détention alors qu’il a un domicile fixe et un emploi stable. N’y a-t-il pas dans ce pays le concept de présomption d’innocence ? Le Code criminel ne permet pas de détenir quelqu’un pour une continuation d’enquête, il faut avoir des motifs plus sérieux de croire que la personne va fuir, ne se présentera pas à son procès ou est un danger public. Est-ce que M. Camara tombait dans une de ces catégories ? L’histoire ne le dit pas mais on se demande bien si la couleur de sa peau a pu influencer la police et le procureur à le garder en détention pendant 6 jours.

Je me souviens d’une Inuite, Kitty Knowdluk Reynolds qui avait été victime d’une agression sexuelle très violente à Iqaluit et elle a quitté la ville puis ne s’est pas présentée à l’enquête préliminaire du violeur. La police est allé la chercher à Vancouver, l’a menottée et l’a gardée en détention pendant une semaine, le temps de se rendre de Vancouver à Iqaluit alors que normalement ça se fait dans une journée. Son voyage menottée dans des avions l’a menée de Vancouver à Edmonton, à Yellowknife, à Calgary, à Ottawa puis à Iqaluit… Si elle avait été une allochtone l’aurait-on traitée de la sorte ?

On voit bien que le système judiciaire pénal a un examen de conscience à se faire et qu’il y a des déficiences majeures. Il serait temps de le moderniser et de cesser d’emprisonner les gens avant leur procès, voire les innocents. Sera-ce la goutte qui fait déborder le vase ? Disons que je ne retiendrai pas mon souffle.

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@ NPierre,

Vous écrivez ceci : « Pour en revenir à ce pauvre M. Camara, il faut se poser la question à savoir pourquoi la police devait le garder en détention (…) »

En pratique, monsieur Camara n’a jamais été détenu, il a plutôt été mis sous garde ; en d’autres termes, il a fait l’objet d’une détention policière provisoire jusqu’à sa comparution devant un juge. C’est au juge d’apprécier d’une remise en liberté ou d’une incarcération et non aux policiers.

Il a été interpelé le jeudi 28 janvier en soirée. Compte-tenu de la nature des accusations, de la recherche de preuves et du fait que le système judiciaire fonctionne au ralenti en fin de semaine il aurait été peu probable qu’il puisse comparaitre avant le 1er février. Dans ce cas, cela a pris deux jours de plus car le témoignage de monsieur Camara était très crédible et probablement le DPCP était informé qu’il y avait un doute, il aurait réclamé plus d’éléments pour pouvoir prendre une décision éclairée.

Six jours de détention sous supervision policière, cela peut paraitre long. Mais, c’est une procédure assez commune dans la province de Québec. Simplement, ce genre de choses ne font usuellement pas la « une » des journaux.

Quelquefois, nous confondons cette procédure de garde avec la « présomption d’innocence » en vertu de laquelle une personne devrait conserver sa liberté en attente de son procès. Force est cependant de constater qu’au Canada, il y a plus de personnes incarcérées en attente de procès que de personnes effectivement condamnées chaque année. Ce qui veut dire en clair qu’il y a des gens en prison qui pour diverses raisons purgeront une peine pour laquelle ils n’auront jamais été condamnés.

Les juges disposent d’une large amplitude (malgré la présomption d’innocence) de garder ou d’envoyer quelqu’un en prison car les termes du Code criminel sont suffisamment larges pour permettre à la discrétion du juge de conserver pour des périodes indéterminées qui que ce soit en prison.

Le bureau du Procureur n’a quant-à-lui aucun pouvoir de prolonger ou de réduire quelque forme de détention.

L’exemple que vous nous apportez de Kitty Knowdluk Reynolds démontre bien qu’en Colombie-Britannique ces procédures policières prolongées sont tout aussi (bien ou mal) utilisées qu’au Québec.

Sauter rapidement et sans preuves aux conclusions et supposer à l’avance un cas de racisme, ça devient exaspérant. Cette recherche de victimes à tout cran à l’endroit de minorités est une tendance récente. Nous sommes tous différents d’une manière ou de l’autre, par la naissance ou par la vie ensuite, unique à chacun. À ce compte, il faudrait plus que Le mois de…, mais La semaine de… et même Le jour de… Le jour des femmes, des hommes, des autochtones, des handicapés, des pauvres, des homosexuels, des LGBT+, des vieux, des opprimés, de la misérable minorité anglaise au Québec, de la misérable minorité français au Canada, etc.
Ne faudrait-il pas plutôt célébrer et encourager l’Année de tous les Québécois? Dénicher ce qui nous unit et non rechercher ce qui nous divise?
Sur ma rue, je suis un des seuls méchants Blancs entouré de gentils immigrants de divers pays, Liban, Tunisie, Kasakstan, Afghanistan, Italie, Grèce, Ghana. Je veux ma Journée des Méchants Blancs…

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Il y a des préjugés et racisme partout , avant de faire la morale au monde regarde toi dans le miroir :
https://twitter.com/LeaStreliski/status/1357737385140846602

….tes commentaires sur les juifs hassidiques est remplie de préjugés et ‘borderline’ raciste…..’…ne pas virer full pin antisémite’ … que veut tu dire un peu cest correct ??…pour ton information cest un jugement de 53 pages et qui inclue TOUTES les religions……

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Chose certaine, il y a quelque chose à améliorer au chapitre du rapport à « l’Autre ».
À commencer par « ‘top-down’ », i.e. des plus hautes autorités envers les ‘gens’…

Tu ne peux, en effet, traiter « à la grosse », comme ça, des catégories requérant d’y regarder d’un peu plus près, lorsqu’arrive le temps de légiférer, réglementer ou décréter (en vitesse).

Cela vient de ressortir, et ce deux fois d’affilée plutôt qu’une, eu égard d’abord aux itinérants sans abri, puis aux juifs hassidiques, à propos desquels le gouvernement se sera vu désavoué et rappelé à l’ordre chaque fois par la Cour supérieure. Imaginez…

… eût-ce été déjà suffisamment humiliant de se faire « sermonner » ainsi — (la juge exprime on ne peut plus clairement qu’on ne peut comme ça aller à l’encontre de règles qu’on a soi-même dûment édictées et communiquées) —, était-il ‘nécessaire’ qu’au plus haut du gouvernement, il y ait eu en plus grossier mépris affiché à l’endroit d’indûment lésés, en les traitant de « fins finauds » ? Semence, entretien ou exacerbation d’antisémitisme, ne cherchez pas plus loin. Avec de telles attitudes si clairement et crûment déployées au sommet, comment voulez-vous que ne s’ensuive pas un sentiment de ‘légitimité’ d’« antisémiter » dans la population ?

Ce qui est advenu au cours des « six jours », c’est quelque chose assez semblable. Il y a eu là un « mauvais ‘placement’ » ou, mieux, un déplacement d’émotions. Une police, indignée à raison de ce qu’un des leurs se soit fait faire un si mauvais parti; mais, si aveuglée par telle juste indignation, se préoccupant trop peu de frapper sur la bonne mauvaise personne ayant fait le méchant coup, qu’elle s’adonne in ter mi na ble ment à un indu traitement d’innocente personne.

Conclusion ? « En haut », en POLI (police et politique), il faudra revoir et réformer ses façons d’appréhender choses et gens. Autrement dit, ce n’est pas parce que, toi, tu disposes de pouvoirs supérieurs, en force ou puissance, que tu peux les exercer, à la légère, lourdement…, comme ça te chante, où et quand ça te chante. Il va falloir (ré)introduire du sentiment. Si, si, du sentiment. De bons sentiments. Car…

… LA Raison pour laquelle on l’avait échappé avec les itinérants sans abri, ç’aura été on ne peut mieux décrit en La Presse et au Devoir. Avait-on accouché là d’une « loi sans coeur », « insensible » et, partant, « insensée ».

Impossible de concevoir, d’élaborer ou d’agir sagement et… rationnellement, même en police ou au gouvernement, sans « ‘bon’ sentiment »; car « les grandes pensées viennent du coeur »…

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Il faudra plus que des excuses, si nécessaire et justifiées soient-elles. Il faut s’assurer que cela ne se produisent jamais plus et pour cela, en comprendre les causes profondes. Pourquoi, par exemple, cette méfiances de trop de policiers et de trop de gens envers nos concitoyens noirs? Pourquoi n’ont-ils pas droit eux aussi à la présomption d’innocence? Et surtout, quel type de société voulons-nous laisser en héritage aux futures générations?

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