Six pistes pour comprendre (et aider) les conspirationnistes

Votre père est persuadé que le coronavirus a été créé en laboratoire et votre voisine soutient que c’est un outil pour contrôler la population ? Voici pourquoi certains deviennent complotistes.

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Désillusion, angoisse, isolement, colère et méfiance à l’égard des autorités : de nombreuses raisons peuvent pousser des gens pourtant sains d’esprit à adhérer à des théories conspirationnistes en temps de crise, affirment les experts. Bonne nouvelle, il est possible de les aider à s’en sortir… à condition d’éviter le jugement et l’affrontement.   

Au-delà des préjugés

Oubliez le stéréotype du jeune homme blanc en colère abonné aux radios poubelles. Il n’y a pas vraiment de conspirationniste type, puisque ce phénomène touche des personnes aux profils très diversifiés, constate l’anthropologue médicale Ève Dubé, qui sonde 3 300 Québécois chaque semaine avec son équipe de recherche de l’Institut national de santé publique du Québec. La tendance est stable depuis juin 2020 : 20 % des répondants entretiennent une vision du monde dite complotiste. « C’est beaucoup plus élevé que ce à quoi je m’attendais, dit la chercheuse, et c’est inquiétant, car ça traduit un effritement important de la confiance à l’égard des autorités. » 

Parmi les conspirationnistes, on retrouve autant d’hommes que de femmes, et autant de ruraux que d’urbains. La différence principale, c’est la scolarisation. Le quart (24 %) des adeptes de théories du complot sont titulaires tout au plus d’un diplôme d’études secondaires, tandis que 13 % ont un niveau universitaire. Les 25-44 ans sont aussi plus représentés. 

Sans surprise, ces Québécois respectent moins les mesures sanitaires que le reste de la population et ont moins l’intention de se faire vacciner. Cela dit, tous ne sont pas des complotistes en furie, prêts à incendier des antennes-relais 5G, nuance l’anthropologue. « L’adhésion à certaines théories varie beaucoup d’un individu à l’autre. Certains sont moins extrémistes — ils ont surtout l’impression que le gouvernement leur cache des informations et la méfiance s’est installée. »

L’expression d’une détresse

Une pandémie, c’est affreux pour le moral, et les humains ont toutes sortes de stratégies pour éviter la noyade — dont se couper de la réalité, explique la psychologue et chercheuse Geneviève Beaulieu-Pelletier, qui s’intéresse aux états mentaux et à la régulation des émotions chez les adeptes d’idéologies radicales. « Pour certains, la charge d’anxiété liée à la crise est si violente qu’ils s’en défendent en niant l’existence de la COVID-19 ou en minimisant ses conséquences sur la santé. » La manière dont on réagit aux coups durs dépend beaucoup du passé que l’on traîne. Par exemple, quelqu’un ayant vécu du rejet social et qui, de ce fait, ne ressent pas une appartenance à la collectivité pourra avoir le réflexe de bouder le message des autorités pour adhérer à des discours conspirationnistes, observe la professeure à l’UQAM. « Souvent, ce n’est pas tant l’idéologie qui attire la personne que l’idée de faire enfin partie d’un groupe, peu importe lequel. » 

La pandémie est un « incubateur » à désinformation, servie sur un plateau d’argent à des gens angoissés qui passent bien plus de temps que d’habitude sur le Web

Même constat du côté de Louis Audet Gosselin, directeur scientifique et stratégique au Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence. Depuis un an, les intervenants de l’organisme reçoivent un nombre record d’appels de gens désemparés parce qu’un proche est devenu complotiste. L’isolement semble avoir accentué l’adhésion à des groupes marginaux, remarque le sociologue de formation, car beaucoup se cherchent des cercles sociaux de remplacement. « Les leaders des groupes extrémistes misent justement là-dessus pour recruter : ils offrent une famille de substitution, soudée par des croyances communes, ainsi que des activités sociales, comme les manifestations. »

Trahis par la science

Un jour, le masque ne vaut rien pour protéger de la COVID ; le lendemain, tout le monde doit obligatoirement le porter dans les commerces. Un jour, tel vaccin est jugé sécuritaire et on exhorte la population à le recevoir ; le lendemain, sa distribution est suspendue à la suite d’un nouvel avis. Cette valse-hésitation de la science n’a rien de nouveau — les chercheurs sont souvent en désaccord et c’est ainsi que le savoir progresse. Mais jamais le grand public n’a été aussi exposé à leurs tiraillages que cette année, et cela déstabilise bien des gens, estime le philosophe Jean-Michel Longneaux, professeur à l’Université de Namur, en Belgique. « La crise sanitaire nous a fait perdre la foi en une science toute-puissante, détentrice de la vérité, et cette révélation angoissante a provoqué chez certains un rejet du discours scientifique porté par les autorités compétentes, désormais considérées avec suspicion », observe-t-il. Souscrire à des explications parallèles leur confère le sentiment de ne pas se laisser embobiner par les voix officielles, sur l’air de « moi je sais lire entre les lignes, je ne me laisse pas manipuler par ces experts », et, au final, ils ont l’illusion de regagner un peu de contrôle sur leur vie perturbée par la COVID.

C’est la faute du cerveau

Si un Québécois sur cinq finit par embrasser des idées conspirationnistes, c’est aussi parce que se défendre contre les fausses informations est difficile — « ce sont de véritables sucreries mentales », affirme le sociologue Gérald Bronner, qui se penche notamment sur la prolifération des théories du complot dans son récent essai, Apocalypse cognitive. L’éducation, qui permet de développer l’esprit critique et la capacité de raisonnement, empêche de tomber dans certains pièges, mais n’immunise pas totalement contre les histoires mensongères, selon le professeur à l’Université de Paris. 

Inutile de tenter de faire entendre raison à un conspirationniste — ça mènerait à un dialogue de sourds.

D’autant que la pandémie est un « incubateur » à désinformation, servie sur un plateau d’argent à des gens angoissés qui passent bien plus de temps que d’habitude sur le Web. Malheureusement, les fausses informations circulent six fois plus vite que les vraies, ce qui leur donne un avantage concurrentiel sur le marché cognitif — des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology, aux États-Unis, l’ont démontré dans une étude en 2018. Il faut dire que les auteurs d’informations fallacieuses cultivent l’art de titiller l’attention, en appuyant sur l’effet de surprise ou la peur, soutient le sociologue. « Le contenu allant souvent dans le sens de nos intuitions, l’information nous paraît vraisemblable. Le pire, c’est qu’une fois stockée entre les deux oreilles, il est bien difficile de la déconstruire, car c’est une activité coûteuse pour le cerveau, qui est plutôt avare de son énergie. » Pour en ajouter une couche, le fait d’être exposé à des informations contraires à nos croyances met certains modules cérébraux sur le qui-vive, comme si on était attaqué dans notre identité — ce qui explique pourquoi on tient tant à la vision du monde à laquelle on souscrit. 

C’est aussi la faute des algorithmes

Ça nous a tous frappés au moins une fois : il suffit de magasiner en ligne une scie sauteuse ou un frisbee pour être ensuite assailli de publicités de scies sauteuses et de frisbees sur nos réseaux sociaux. Or, c’est la même chose sur le marché des idées. « Dès qu’on a consulté un site dont les propos sont en marge du consensus scientifique, on se met à recevoir plus souvent d’autres contenus d’inspiration complotiste, grâce aux algorithmes qui gardent la trace de nos activités numériques », remarque l’anthropologue médicale Ève Dubé. Conséquence : notre univers intellectuel se rétrécit, puisqu’il est désormais moins soumis à des opinions qui bousculent les nôtres. 

Gérald Bronner remarque aussi que le numérique a donné une tribune à des groupes marginaux dont les propos étaient naguère confinés dans des milieux confidentiels — le commun des mortels n’était jamais exposé à leur idéologie. « Mais aujourd’hui, avec Internet, leur pensée essaime bien au-delà — si bien que les propositions les plus radicales finissent toujours par trouver leur public. » Or, les échanges avec des gens partageant une idéologie commune ont pour effet de renforcer encore plus nos croyances. « Ça crée des chambres d’écho dont il est bien difficile de sortir », observe le sociologue.

Comment tendre la main à un conspirationniste

Entendre sa sœur ou son meilleur ami véhiculer des idées qu’on trouve totalement délirantes est une expérience pénible, convient Louis Audet Gosselin, du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence. On peut ressentir de l’incompréhension, de la déception et de la frustration à l’égard de ce proche qu’on croyait pourtant connaître. Mieux vaut toutefois maintenir le contact, dans la mesure du possible. « Autrement, une fois coupée de son cercle social de base qui lui offrait d’autres perspectives sur le monde, la personne a toutes les chances de s’embrigader davantage. » 

Inutile de tenter de lui faire entendre raison, par contre — ça mènerait à un dialogue de sourds. « Généralement, les gens qui adhèrent à des théories du complot ont fait leur choix ; ils se sont beaucoup renseignés et tiennent un discours cohérent à leurs yeux, alors tout affrontement idéologique est stérile. » On peut garder le dialogue ouvert en évitant les sujets susceptibles de déraper, pour se concentrer plutôt sur le lien affectif — par exemple en discutant des sentiments qu’éprouve la personne depuis le début de la crise, de ce qui se passe à son travail, ou encore en évoquant des souvenirs communs. « C’est plus facile à dire qu’à faire, mais il faut tenter de distinguer la personne des idées qu’elle professe, et lui montrer qu’on s’intéresse à elle même si on ne partage pas du tout ses vues. » 

Cet investissement en vaut la peine, assure le sociologue de formation, qui voit régulièrement des gens se désengager de mouvances extrémistes. « Une fois que les rapports sociaux normaux seront rétablis, je crois qu’une partie des adeptes du complotisme n’éprouveront plus le besoin de cultiver ce genre de théories. Surtout si l’adhésion idéologique n’était pas très forte au départ — on peut penser que beaucoup sont surtout frustrés et fragilisés par la crise. » 

Si vous êtes inquiets pour un proche, le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence offre de l’assistance partout au Québec. À Montréal : 514 687-7141 ; ailleurs dans la province : 1 877 687-7141. On peut aussi remplir un formulaire en ligne.

Les commentaires sont fermés.

Excellent papier! Je suis également surpris par le pourcentage de (20%) de comspirationniste. Je vais tenter d’utiliser les approches préconisées à l’égard des gens qui pourraient avoir un tel comportement. J’aime bien la théorie , je vais me joindre à eux de cette façon moi aussi je fais partie d’un groupe.

Hum… si vous ne voulez pas vraiment dire qu’après avoir lu le papier en question, vous avez décidé de devenir conspirationniste pour faire partie d’un groupe vous aussi, je vous suggérerais de modifier un peu votre dernière phrase. (-:

Merci pour votre observation. J’aurais du écrire ceci J’aime bien la théorie que vous mettez de l’avant à savoir: » je vais me joindre à eux de cette façon moi aussi je vais faire partie d’un groupe »

On ne peut pas faire un article sur les conspirationnistes / complotistes sans parler des lanceurs d’alertes!

Comme c’est malhonnête de traiter un groupe de ‘terroristes’ sans un retour aux sources pour apprendre pourquoi ce groupe s’est formé. Est-ce que ces ‘terroristes se sont fait voler leurs ressources naturelles et saccager leur territoire par des pétrolières et minières irresponsables? Faudrait savoir toute l’histoire, non?

Un sans l’autre est une manipulation souvent commerciale ou politique.

J’aimerais rapporter au ‘Centre de prévention de la radicalisation …’
que je suis inquiet de la machine à mensonge qu’est la ‘War room’ de Jason Kenney qu’il subventionne à $30 MILLIONS par des fonds publics pour nous mentir au sujet des hydrocarbures.

J’aimerais rapporter au ‘Centre …’ que je suis inquiet de l’exercice ignoble, par la CIRAIG, de stigmatisation des VE avec le cycle de vie par des scientifiques à faux-nez commandités par TOTAL et Arcelor Mittal.
Oui je suis inquiet du formatage de cerveau que la CIRAIG a fait subir au Québecois indécis en leur faisant croire que les VE polluent,
en plaçant sur le dos des VE toute la pollution qui se passe entre la mine et l’usine qui a toujours existé et existerait même s’il n’y avait pas de VE
il faut le faire,
même Charles Tisseyre sur Découvertes a mordu à l’hameçon avec un petit sourire en coin sur les ondes de Radio-Canada (organe d’information d’un état pétrolier qui nous matraque à la journée longue de publicité sur les bagnoles à pollution)

Misère, comment les comprendre et leur tendre la main?

Voilà ce qu’est un conspirationniste : il prend un événement isolé et l’étend à la société entièere. C’est ce que JJC se plaît à faire.

@ A.Nickell

Ceci étant dit quel est votre point, et JJC c’est qui ou quoi, connais pas?

Allez tendez la main et aidez à faire comprendre, vous ne voulez quand même pas laissez sombrer un fidèle dans la noirceur.

J’aime lire Actualité et ses commentaires pour aider à réfléchir pas pour lire des épithètes sur les commentateurs.

Quand une société accepte et laisse aller des organismes officiels comme la War Room de Jason Kenney dans le but de mentir à la population canadienne effrontément
il ne faut pas s’étonner que ça alimente le mal des deux côtés;
une partie de la population accepte la fausse nouvelle et l’autre la refuse.

Ceux qui l’acceptent et la colportent, empirent le mal
et exaspèrent ceux qui n’embarquent pas dans ce bateau

et quand ceux qui n’acceptent pas ces faussetés ne se sentent pas supportés par les média en qui ils avaient confiance avant
et bien c’est le doute qui s’installe et ça dégouline sur tous, même ceux qui tentent honnêtement de faire la lumière.

Vous voyez avec cet article, il est facile de penser que c’est pour faire porter le blâme sur le dos de ceux qui ne sont que des récipients d’information après tout
dans le but de dédouaner ceux qui déversent des faussetés.
Corrigez-moi je vous en prie.

Je vous invite à lire Marchands de doute, Exxon, Kock brothers, FTI, ALEC et tous ces organismes qui sous le couvert d’organismes de soi-disant bienveillance manipulent la vérité à des fins commerciales et politiques.
https://cleantechnica.com/2021/04/02/the-fossil-fuel-industry-used-deception-to-conceal-damage-to-bipoc-naacp-report/

La vérité, c’est embêtant, car une fois qu’on la connait, il faut agir en connaissance de cause.
Nier est si facile.

@ Cher Daniel Grant,

Je pense pouvoir répondre à l’énigme du JJC, il s’agit de Jean-Jacques Crèvecœur, un conspirationniste francophone Belge, bien connu des Belges mais… mais assez inconnu au Québec, bien qu’il s’était opposé à la vaccination au Canada lors de la grippe H1N1.

Voici son site web :
https://jeanjacquescrevecoeur.com/

Ce qui laisse supposer que André Nickell (connu aussi sous le pseudonyme de André Blanc) pourrait soit poster ses commentaires depuis la Belgique ou qu’il serait à tout le moins originaire de Belgique. Avec une frite moules mayonnaise, une fois ! Ça devrait passer mieux….

Merci Monsieur Drouginsky
de m’éviter de perdre mon temps,
il est trop tard pour moi de commencer à douter des vaccins, j’en ai déjà reçu plusieurs qui remplissent mon carnet de vaccins pour avoir piloté en Inde
en plus de celui de Pfizer pour COVID au début mars et j’ai encore des belles couleurs.
Namasté!

Monsieur Nickell pense que d’appliquer des épithètes faciles aux gens ça résout les problèmes,

Bonjour , il y a abondance d’info correcte et fausse . Mais qu’en est il quand certains sujets importants sont pratiquement évités? Moi c’est ce qui m’inquiète le plus. Je pense ici aux pharmaceutiques et à la propriété de droit intellectuel. Vous savez l’espoir que la recette efficace soit partagée . Ce qui éviterait peut être que des vaccins moins efficaces soient produits aujourd’hui. Le calcul est simple plus on retarde à vacciner ,plus les variants prolifèrent , plus le vaccin original risque d’être moins efficace. Je ne suis pas complotiste ,j’aimerais simplement voir des questions être posées à ces dirigeants de pharmaceutiques par les journalistes d’enquête. Mais ça ressemble plus à la loi du silence . Ça m’inquiète pas vous? Merci

Je ne sais si je suis ici, complètement « hors sujet », je remarque qu’il est question de celles ou ceux qui succombent aux théories du complot et comment il faut les aider ; comme si celui ou celle qui succombe était un peu malade, de sorte que le bon samaritain ou la bonne samaritaine devrait recentrer le « complotisé » (un mot nouveau) vers les choses essentielles….

— La question que je me pose est plutôt la suivante : Comment se fait-il que 80 ou 90 ou 100% de la population ne soit pas tombée un jour ou l’autre dans l’adhésion à certaines théories du complot ?

— En d’autres termes : Est-ce que le complot d’État ou le complot privé ou entre des individus, existe oui ou non ?

Est-ce que Lee Harvey Oswald, est bien le seul responsable de la mort du président Kennedy, qu’il a agi seul, de son propre chef sans l’aide et le soutien de personne ? Si par malheur ou par mégarde, je succombe à l’idée qu’il y aurait eu complot, que la balle supposément tirée par Oswald ne serait pas celle (ou celles) qui aurait atteint le président ; suis-je complètement malade docteur ? Mon cas est-il vraiment désespéré ?

Refuser l’existence de toutes formes de complots et en soi une licence. Toute l’histoire de l’humanité est jalonnée de toutes sortes de complots. Le complot est en soi une forme de trahison. Qui pourrait me dire avec aplomb qu’il n’a jamais trahi qui que ce soit, qu’il ne se soit jamais trahi, qu’il a toujours été fidèle à ses valeurs et à ses idées, qu’il ne mentira jamais, ni ne trahira point ?

La réalité, selon moi, c’est que l’adhésion à certaines théories est tout-à-fait normale. Ce qui n’est pas normal, c’est si cette adhésion vous conduit à développer diverses pathologies. On peut parler ici de diverses formes d’addictions. Si vous adhérez à une grande théorie mondiale du complot, il est possible que vous soyez confronté à des troubles de l’esprit, mais usuellement le développement de telles addictions est associé à d’autres addictions, une addiction n’arrive que très rarement seule.

Si tel est le cas, une petite relation d’aide superficielle de la part d’un proche ou d’un membre de la famille risque de conduire la personne à se renforcer dans ses convictions, c’est ce genre de situations toxiques et malsaines qui conduisent finalement à toutes formes de radicalisation.

Alors disons-le clairement, mieux vaut laisser aller les gens dans leur cheminement et leur laisser la liberté de la verbalisation. Il faut être capable d’écouter les gens et comprendre ce qu’ils disent. Il faut être capable de faire valoir ses propres arguments, les assumer, c’est toujours la meilleure façon de désamorcer une bombe à retardement. N’oublions pas qu’en tout être humain siège par principe la raison, qu’une personne troublée ne désire rien d’autre que de recommencer à marcher droit.

Votre analyse est très juste. Le fait de douter et de poser des questions sur un sujet ne fait pas nécessairement de nous des partisans de théories du complot. Le chiffre de 20 % de québécois adhérant à une pensée complotiste me paraît donc exagéré.

Il est évident que le gouvernement ne nous dit pas tout et qu’ils retient de l’information pour des raisons d’efficacité, de bonne gestion ou de stratégie. Affirmer ceci ne doit donc pas nous faire coller l’étiquette de complotiste.

Questionner le fait que le virus aurait pu être créé en laboratoire et échappé accidentellement ne fait pas nécessairement de nous également des complotistes. Les scientifiques eux-mêmes ne savent pas l’origine du virus et même l’OMS a étudié cette hypothèse. Il y a de nombreux laboratoires dans le monde qui font des recherches sur les virus, les médicaments et les vaccins. Ce n’est donc pas une hérésie de soulever l’hypothèse qu’un virus aurait pu s’en échapper, muter favorablement et créer la pandémie que l’on connaît.

Lorsque l’on pose des questions sur des théories vraiment farfelues comme un lien qui existerait entre la covid- 19 et la 5G, il n’y a que 6% de personnes qui y adhèrent. Ça reflète à mon avis le vrai pourcentage de la population ayant une pensée complotiste.

Et nous, celles et ceux qui pensent autrement et par soi-même, celles et ceux qui vont chercher les informations ailleurs que par le dicta des médias, celles et ceux qui réfléchissent avant d’écrire…Comment peut-on vous aider????

« ils ont surtout l’impression que le gouvernement leur cache des informations et la méfiance s’est installée. »

En 2021, penser que nos gouvernments sont corrompus, c’est etre un conspirationniste.

C’est un fait que les gouvernements cachent des informations et même qu’ils vont utiliser des informations partielles ou incorrectes pour se sortir du pétrin quand quelqu’un les démasque. On n’a qu’à penser à l’affaire SNC Lavalin et le sort fait à la Procureure générale qui a refusé de jouer le jeu de la corruption des libéraux ou encore de l’affaire WE Charity. Oui, la méfiance s’est installée et si c’est du conspirationnisme, soit, mais il faut demeurer méfiant et avoir l’esprit critique car le pouvoir corrompt.

Merci pour cette réflexion très constructive. Personnellement, j’ai la chance de côtoyé un chercheur et ceci me permet d’avoir confiance en la science. Mais ce n’est pas le cas de tous. Ce serait avantageux que les gens de science puissent aborder et vulgariser les thèmes scientifiques avec la population, sur une base régulière. Ceci nous permettrait de nous prémunir contre les adeptes du complot. D’autre part, je sais que les chercheurs, ceux qui sont à la pointe des dernières découvertes, sont très accaparés par leur travail. Donc, une solution m’apparaissant intéressante, serait que les chercheurs retraités volontaires et qui sont au fait récentes informations scientifiques, puissent avoir la générosité de partager leurs connaissances avec la population en générale. Ceci m’apparait un bel apport pour contrer la désinformation. Car une population bien informée est nécessaire pour que des politiques appropriées soient mises en place, par la suite.

Je termine en affirmant qu’il faudrait se rendre compte de notre chance d’avoir découvert des vaccins, en si peu de temps. Pour apprécier toute cette chance, il faudrait se demander quel aurait été notre sort collectif s’il en avait été autrement. Alors malgré tous les désagréments de cette pandémie mondiale, il faudrait se rendre compte de notre chance inouïe.

Alors, c’est qui sont les complotistes ?
Faut croire que papa avait raison…