Homosexualité, avortement, alcool : 40 pays, 40 morales

Si les Canadiens et les Américains montent sur leurs grands chevaux quand vient le temps de s’indigner d’une relation adultère, ils sont bien plus ouverts en ce qui concerne les autres questions de mœurs citées.

Photo © Philippe Leroyer / CC BY-NC-ND 2.0
Photo © Philippe Leroyer / CC BY-NC-ND 2.0

Le Centre de recherche Pew a mené un sondage* dans 40 pays afin de déterminer où la morale se situe au sein de la population mondiale en ce qui a trait aux relations extraconjugales, aux jeux d’argent, à l’homosexualité, à l’avortement, au sexe avant le mariage, à la consommation d’alcool, au divorce et à la contraception.

Un consensus semble se former à travers le monde sur la condamnation des relations extraconjugales, qui sont jugées moralement inacceptables par 78 % des personnes interrogées. La France est le seul pays où moins d’une personne sur deux trouve l’infidélité intolérable; pour 40 % des Français, avoir une aventure ne constitue même pas une question morale.

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Si les Canadiens et les Américains montent sur leurs grands chevaux quand vient le temps de s’indigner d’une relation adultère, ils sont bien plus ouverts en ce qui concerne les autres questions de mœurs citées.

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Au Canada, seules 30 % des personnes sondées pensent que l’homosexualité est moralement acceptable, ce qui ne place le pays qu’au 15e rang des plus tolérants en la matière ― à noter que dans pas moins de 12 États, l’homosexualité est rejetée par huit répondants sur 10. Les Européens sont les plus ouverts aux relations entre personnes de même sexe, puisque la République tchèque, l’Espagne et l’Allemagne sont les seuls pays où la barre des 50 % d’approbation est franchie.

Les Canadiens, eux, se retrouvent sur le podium des nationalités les moins intolérantes à l’égard des jeux d’argent et de la consommation d’alcool.

Fait particulier : il y a autant de Canadiens qui condamnent et qui approuvent l’avortement (26 %), la majorité des personnes interrogées ayant répondu qu’il ne s’agissait pas d’une affaire de morale. Parallèlement, 49 % des sondés jugent l’usage de moyens de contraception moralement acceptable, ce qui classe le Canada au 26e rang sur 40, entre la Chine et le Kenya.

L’étude dresse un portrait peu flatteur de certains pays. Le Ghana, par exemple, est le pays plus réfractaire à l’homosexualité et au divorce, et figure sur le podium des pays les plus intolérants en matière d’avortement et d’utilisation de moyens contraceptifs. Le Pakistan n’est guère plus accommodant, comme le montre le graphique ci-dessous.

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*Pour chaque pays, l’échantillon sur lequel s’est basé le Centre de recherche Pew avant de livrer ses conclusions comporte de 700 à 3 000 personnes. La récolte d’information s’est déroulée durant le printemps et l’hiver derniers, auprès d’adultes âgés de 18 ans ou plus.

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Vos commentaires sont un peu étranges.
« Au Canada, seuls 30 % des personnes sondées pensent que l’homosexualité est moralement acceptable, ce qui place le pays au 15e rang des plus tolérants en la matière »
Le début de votre phrase devrait être formulé ainsi: « Au Canada, seuls 15% pensent que l’homosexualité est moralement inacceptable… » la suite de votre phrase aurait ainsi davantage de sens.

En outre, je crois que le pourcentage de gens pour qui une question donnée ne constitue pas une question morale devrait être ajouté à ceux pour qui cette question est moralement acceptable, car pour eux non plus ça ne pose pas de problème.

On obtiendrait donc ainsi, au vu des chiffres publiés, 80% des gens pour qui l’homosexualité est moralement acceptable ou n’est même pas une préoccupation. Vive le Canada!

Côté avortement, si vous additionnez le « moralement acceptable » et le « pas un problème », vous obtenez 63% de la population qui soit approuvent ou sont indifférents à la question, par rapport à 26% qui le condamnent. Une assez grosse majorité là aussi.

Bonjour Sophie ! J’ai ajouté une négation à la deuxième partie de la phrase en question, qui ne cherchait pas à valoriser le classement du Canada à la 15e place des plus tolérants en ce qui a trait à l’homosexualité. Toutefois, la phrase n’aurait pu être tournée comme vous le proposez, car les chiffres de ce qui est moralement inacceptable renvoient davantage à l’intolérance qu’à la tolérance, et la nuance est importante. Je comprends votre logique, mais elle ne peut être appliquée, car les résultats du sondage nous permettent d’élaborer deux classements distincts : celui des pays les plus/moins tolérants et celui des plus/moins intolérants. Enfin, je salue votre enthousiasme, mais je pense que vous prenez un peu à la légère les chiffres de la colonne « pas une question de morale ». Dire que quelque chose est moral et penser qu’elle n’a pas de rapport avec la morale sont deux choses bien différentes, et c’est pourquoi les deux séries de données n’ont pas été additionnés par les auteurs de l’étude. Sur ce, je vous souhaite une bonne journée !

L’auteur présente les choses à sa manière et guide très mal le lecteur, c’est franchement dérangeant. Le Canada est 5ième au monde pour son plus bas taux d’intolérance. et 1ier au monde avec la France avec 50% à penser que ce n’est pas un sujet moral. L’auteur choisi de faire abstraction de cela dans son texte, et ne s’interroge pas sur la méthode du sondage, sur ce que voulait dire « n’est pas une question morale », et il guide le lecteur vers l’information qui lui semble pertinente.

Il est pourtant clair selon les graphique, que plus le taux d’intolérance baisse, plus le taux de « ce n’est pas une question morale » monte. 1+1 = 2, l’identité d’une personne n’est pas une question morale pour un Canadien sur deux, C’est plutôt ça que le sondage dit selon moi, et pas, le Canada est seulement 15ième au Monde pour sa tolérance envers les homosexuels.

Vous auriez pu écrire, si vous teniez tant à faire cette affirmation que ce 30% qui ne place le pays qu’au 15e rang des plus tolérants en la matière … pour la tranche de la population qui considère l’orientation sexuelle comme une question morale, mais sachez que 50% sont en désaccord avec cette classification.

Je suis aussi d’accord avec Sophie ainsi qu’Alexandre Ferland que le fait de dire qu’une question n’est pas d’ordre moral implique qu’elle n’est pas amorale, donc qu’elle est acceptable. Je crois que ce que ça démontre, c’est que les répondants ayant donné cette réponse ne considèrent pas devoir se prononcer sur la moralité de la chose, puisqu’ils croient que cet aspect ne s’applique pas à la question. J’aurais aussi plutôt mis en évidence le faible nombre de canadiens qui considèrent l’homosexualité immorale.

** Correction: Dans la première phrase de mon commentaire, j’ai voulu dire « implique qu’elle n’est pas immorale » et non « amorale ».

M. Destouches, votre entêtement est de mauvais aloi. Vous faites vous-mêmes référence à la catégorie « n’est pas une question morale en ces termes « La France est le seul pays où moins d’une personne sur deux trouve l’infidélité intolérable; pour 40 % des Français, avoir une aventure ne constitue même pas une question morale. ». Le « même pas » indique clairement une attitude de tolérance. Comme les autres lecteurs j’ai été surpris et trompé par la phrase d’ouverture de votre texte. Elle sème la confusion.

Je crois que l’analyse de ce sondage est biaisée par l’auteur comme la plupart des commentaires émis. Cependant, vu la grande proportion de répondant qui disent que les questions ne sont pas d’ordre moral, cette proportion devrait être enlevée de l’analyse car au finale on ne connait pas la position des ces répondants. L’analyse comparative entre les pays devrait plutôt se baser sur la proportion de gens où leurs réponses aux questions considèrent les affirmations comme étant immoral. Car en définitives, ce sont les seuls données sur à 100% si on veut orienter ce texte sur un classement de la tolérance.

Moi ce qui m’étonne dans ce sondage, c’est le pourcentage de »not a moral issue » . Au Canada, pour la plupart de ces questions, on a 40% ou plus de gens qui ne considèrent pas ces comportements comme faisant partie de la morale. C’est quasiment à se demander quelles sont les valeurs morales de ces canadiens, mais c’est probablement la définition de morale qu’il faudrait expliciter.

Je suis d’accord avec plusieurs des commentaires ci-haut indiquant que si un comportement n’est pas considéré comme moral ni comme immoral, c’est probablement parce qu’il est vu comme acceptable. S’il était inacceptable pour ces gens, ce serait pour une question de morale dans la majorité des cas. Ceux qui ne sont pas d’accord devraient donner des exemples pour expliciter leur position.

Quant à enlever le pourcentage de ‘’not a moral issue’’ pour tirer quelque conclusion que ce soit, je dirais que ça va à l’encontre de la logique. Le monde ne se divise pas en noir et blanc, ni en bon et mauvais, moral ou immoral, comme bien des gens ‘’moraux’’ semblent le croire.

Prenons la contraception. On pourrait demander pourquoi la contraception est-elle reliée à la moralité chez ceux qui la trouve moralement acceptable: est-ce parce qu’on doit limiter les naissances pour ne pas surpeupler la planète? Ou est-ce que c’est parce que la contraception diminue grandement le nombre d’avortements? Est-ce pour garder les femmes au travail et ne pas payer trop de congés de maternité ou de garderies?

Devant ces questions, j’ai bien l’impression que ceux qui ont dit que la contraception est moralement acceptable réviseraient leur position pour dire que ce n’est pas une question de morale… Maintenant, imaginez les conclusions que certains tireraient de cette donnée qui pourrait être révisée comme suit: 4% des gens trouve l’utilisation de la contraception comme étant moralement inacceptable, environ 5 % des gens trouve son utilisation comme étant moralement acceptable et environ 85% des gens n’y voit pas une question de morale.

On peut poser la même question concernant le jeu : comment le jeu peut-être vu comme moralement acceptable? Je maintiens que ce n’est plus une question de morale lorsqu’il est accepté.

Conclusion : il y a bien des comportements qui ne sont pas vus par les canadiens comme étant liés à la morale, contrairement à bien d’autres pays où la religion dicte cette morale. Le sondage aurait été bien meilleur si on avait éliminé le concept mal défini de morale. On aurait eu des question comme : est-ce que tel comportement est acceptable ou non? Et les réponses auraient été : oui, non, ne sais pas. Concernant l’homosexualité, le Canada aurait été classé bien différemment.

J’aurais aimé voir les résultats selon la répartition du Québec et du Canada, car je crois que des différences auraient pu être constatées, ou tout au moins, être intéressantes à savoir.