Stades Olympiques de l’ère moderne

Entre Athènes, en 1896, et Londres, en 2012, les stades olympiques sont devenus des symboles importants des jeux, souvent l’occasion d’audaces architecturales. Les voici présentés en images et en mots.

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Athènes 1896 – Stade Panthénaïque
Le stade d’Athènes est construit sur le site d’un stade datant de 329 avant Jésus-Christ. C’est ce même stade qui a accueilli les épreuves de tir à l’arc et l’arrivée des marathons lors des jeux de 2004.

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Paris, 1900
Les Jeux de 1900 se sont déroulés dans l’indifférence générale. Le comité organisateur de l’Exposition universelle, chargé de leur tenue, s’intéressait peu aux sports. Il avait réparti les épreuves sur cinq mois, dans différents sites de la ville, dont le stade et le vélodrome de Vincennes (banlieue de Paris). Il n’y eut ni cérémonie d’ouverture, ni cérémonie de clôture

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Saint-Louis 1904 – David R. Francis Stadium
Après les Jeux de Paris, où aucun stade n’était dédié, ce fut au tour de St-Louis d’accueillir les jeux. Le stade de 15 000 places a accueilli, en même temps que les Olympique, les Journées anthropologiques, des compétitions visant à vérifier les habiletés physiques d’ethnies considérées par les Américains comme des sous-hommes avec celles d’hommes blancs. Réduit à 4 000 places en 1984, le stade sert maintenant aux matchs de l’équipe de football de l’équipe de football de l’Université de Washington

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Londres 1908 – Stade White City
Le stade de Londres fut le premier stade construit expressément pour les Jeux, en 1907. Il comprenait une piste cyclable, une piscine et une piste d’athlétisme. Le groupe irlandais The Pogues lui a consacré une chanson, White City, sur l’album Peace and Love.
Le stade a été démoli en 1985 pour faire place à un édifice de la BBC.

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Stockholm 1912 – Stade olympique de Stockholm
Avec sa capacité de 35 000 places, le stade de Stockholm est l’un des plus petits des stades olympiques. Malgré cela, il ne fut jamais plein durant les Jeux. Inauguré en 1912 et œuvre de l’architecte Torben Grut, le stade a depuis servi à la présentation de 50 finales du championnat suédois de bandy, une sorte de hockey qui se joue à 11 contre 11 sur un terrain de soccer gelé avec une petite balle en liège orange.

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Anvers 1920
Après une pause obligée durant la Première Guerre Mondiale, les Jeux Olympiques de 1920 se tinrent Anvers afin de rendre hommage aux souffrances infligées au peuple belge au cours de la guerre. Le stade est aujourd’hui utilisé par le Koninklijke Football Club Germinal Beerschot Antwerpen, le club belge de soccer base à Anvers.

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Paris 1924 – Stade de Colombes
D’une capacité de 60 000 places, ce stade a été construit en 1907 sur le site d’un ancien hippodrome par l’architecte Louis Faure-Dujarric, également l’auteur de l’Hippodrome de Buenos Aires, et du court Central de Roland-Garros. Les trois quarts de tribunes ont été rasées dans les années 1990. Seule subsiste aujourd’hui la tribune principale, dotée de quelque 7 000 sièges. C’est là qu’évolue le club de rugby Racing-Métro 92.

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Amsterdam 1928 – Olympsich Stadion
Construit en 1928 par l’architecte Jan Wils, c’est là que, pour la première fois, la flamme olympique a brûlé dans une vasque surplombant le stade pour la durée des jeux. Comptant tout d’abord 34 000 places, il est agrandi à 64 000 places en 1937, avant de retrouver sa configuration d’origine en 1996 et d’être rénové en 2000. L’Olympsich Stadion est aussi médaillé olympique : il gagna l’or dans la compétition d’architecture des Jeux.

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Los Angeles 1932 – Memorial Coliseum
Inauguré en 1923, il a été agrandi pour les Jeux afin de compter 101 000 places. C’est le seul à avoir servi deux fois de stade olympique, en 1932 et en 1984. On y présente maintenant des matchs de l’équipe de football USC Trojan, des concerts et événements sportifs.

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Berlin 1936 – Olympiastadion
Noire histoire que celle du stade de Berlin, marquée par l’histoire nazie. Inauguré en 1936, il accueille le premier relai de la flamme, comme on le voit sur la photo. Avant d’être rénové en 2004 et de servir pour la Coupe du monde de soccer de 2006, il aura été utilisé à bien d’autres fins. En 1944, les sous-sols du stade abritent, dans des bunkers, les émetteurs et les studios de la radio nazie. Des munitions sont stockées dans le bâtiment administratif, de grandes quantités de nourriture entreposées un peu partout dans le stade. À la fin de la guerre, on découvre les corps de milliers de jeunes des Jeunesses hitlériennes, morts pour retarder la prise du stade par l’Armée Rouge, quelques jours plus tôt. L’armée britannique utilise le stade comme quartier général jusqu’en 1994.

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Londres 1948 – Stade Wembley
Inauguré en 1923 pour l’exposition britannique de 1924 et conçu par l’architecte Owen Williams, le stade de Wembley a été détruit en 2002 pour laisser place à un nouveau stade en 2007. Le Wembley d’origine était doté d’une piste de course de lévriers et les réunions de cette discipline y furent nombreuses. D’autres sports furent également pratiqués à Wembley : hurling et football gaélique de 1958 au milieu des années 1970 à l’occasion du tournoi annuel de Wembley, cricket et football. On y présente maintenant des concerts et des événements sportifs. Ce sera d’ailleurs l’un site de compétitions pour les J.O. de 2012.

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Helsinski 1952 – Olympiastadion
Le stade de Helsinki a été inauguré en 1938 et conçu par les architectes Yrjö Lindegen et Toivo Jäntti. Sa tour est haute de 72,71 m, soit le record mondial réussi par Matti Jaervinen au javelot en 1932. Le stade abrite une auberge de jeunesse. Depuis 2007, un aigle hibou eurasien niche dans le stade. Baptisé Bubi, il a été nommé résident de l’année de la Ville d’Helsinki. En juin 2007, Bubi retarda le coup d’envoi d’un important match de soccer. Il était perché sur le montant d’un but.

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Melbourne 1956 – Melbourne Cricket Ground
Capacité : 104 000 places.
La première tribune du « G », c’est son surnom, a été construite en 1854. D’autres furent rajoutées jusqu’en 1956. Il a été désigné, en 2005, « Spiritual Home of Australian Sport ». Une tapisserie de sept mètres sur deux a été créée pour l’occasion, représentant les grands personnages du sport australien et les grands événements sportifs que le « G » a connus. Un poème lui a été consacré. Les projecteurs sont les plus hauts du monde (six tours de 85 mètres).

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Rome 1960 – Stadio Olimpico
Inauguré en 1953 et rénové entre 1987 et 1989, il accueille actuellement les matchs de soccer du AS Roma et de la Lazio de Rome.

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Tokyo 1964
Construit en 1958 sur le site d’un ancien stade, le Stade Olympique de Tokyo a d’abord accueilli les Jeux Asiatiques la même année. C’est un Japonais né à Hiroshima le jour où la bombe atomique y est tombée qui a porté la flamme olympique dans le stade.

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Mexico 1968 – Estadio Olimpico Universitario
Inauguré en 1952, il a d’abord servi aux matchs de football entre les 2 plus grandes universités publiques du Mexique, l’UNAM et l’IPN. Il s’agit du stade le plus haut du monde, puisqu’il est placé à 2300 mètres d’altitude. Créé par l’architecte Augusto Perez Palacios, on y retrouve la dernière mosaïque de Diego Rivera. Aujourd’hui, il accueille les matchs de soccer des Pumas de l’UNAM.

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Munich 1972 – Olympiastadion
Créé spécialement pour les jeux, le stade de Munich voulait se démarquer de l’austérité du stade de Berlin de 1936. L’architecte Günther Behnisch lui a donc donné une allure futuriste. C’est le premier stade partiellement couvert : un filet d’acier retenu par 410 km de câbles soutient le toit, recouvert de plaques d’acryliques transparentes, dont la forme rappelle les Alpes.

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Montréal 1976 – Stade olympique
Les Québécois s’en sont souvenu longtemps : le stade olympique de Montréal, conçu par Roger Taillibert, fut le plus cher de tous les stades olympiques de l’ère moderne. C’est aussi le seul stade inachevé au moment de la tenue des Jeux : la tour penchée, la plus grande tour inclinée au monde n’était pas terminée pour l’ouverture. Complexités techniques, malfaçons, grève des ouvriers, hausse du prix des matériaux… le stade aura fini par coûter 1,47 milliard !

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Moscou 1980 – Stade Lenine, renommé Stade Loujniki
Ce stade fut inauguré en 1956, à l’occasion d’un match de football entre l’Union Soviétique et la Chine. Il accueille encore aujourd’hui les matchs du Spartak Moscou, du Torpedo Moscou et de l’équipe nationale russe. En 1966, 66 personnes (le nombre officiel) trouvèrent la mort lors d’un match de soccer entre le Spartak de Moscou et le HFC Haarlem

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Los Angeles 1984 – Memorial Coliseum
Il s’agit du même stade qu’en 1932.

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Séoul 1988 – Jamsil Olympic Stadium
Inauguré en 1984, l’architecte Kim Su Gum l’a doté d’un toit rétractable, ce qui en fit le premier stade entièrement couvert. Aujourd’hui, il sert aux matchs de l’équipe de soccer Seoul United.

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Barcelone 1992 – Estadi Olímpic de Montjuic
Le stade de Barcelone a été construit en 1927 puis rénové en 1989. L’italien Vittorio Gregotti, chargé de la rénovation de la vielle arène municipale en 1989, réussit la prouesse, pour environ 88 millions de dollars de l’époque, à intégrer les techniques modernes et faire passer le nombre de places de 15 000 à 70 000 en modifiant le moins possible l’aspect extérieur du monument. Jusqu’en 1975, le stade servit de paddock au Grand prix d’Espagne de Formule 1. Il sert présentement à la présentation des matchs de l’équipe de soccer Espanyol Barcelone et sa capacité a été ramenée à 55 000 places.

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Atlanta 1996 – Centennial Olympic Stadium
Le stade fut inauguré le 19 juillet 1996 puis… transformé en stade de baseball dès le 27 août ! Il fut « offert » aux Braves d’Atlanta par le comité d’organisation des Jeux, qui avait financé sa construction. Il fut dès lors baptisé le Turner Field (du nom de Ted Turner, magnat des médias et propriétaire des Braves).

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Sydney 2000 – Stadium Australia
Le plus grand stade olympique jamais construit et le plus écologique. L’eau de pluie, recueillie sur le toit et stockée dans des cuves d’une capacité totale de 3,2 millions de litres, permet d’alimenter en eau non potable les installations. Aucun PVC n’a été utilisé. L’emphase a été mise sur un système de ventilation et de climatisation naturelle. Le toit transparent réduit l’utilisation de lumière artificielle. Il sert aujourd’hui à la présentation de matchs de rugby, de football australien et de soccer.

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Athènes 2004 – Olympiako Stadio Athinas ‘Spyros
Inauguré en 1982 puis rénové en 2004 par l’architecte Santiago Calatrava, c’est le seul stade à porter le nom d’un héros des J.O., en l’occurrence « Spyros » Louis, vainqueur du marathon à Athènes en 1896.

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Pékin 2008 – Stade olympique de Beijing
Fait de gigantesques lames d’acier tordues, le stade de 91 000 places a l’apparence d’un « nid d’oiseau », comme on l’a surnommé. Il a été conçu par des architectes suisses et chinois. En raison d’un dépassement de coûts, le projet de toit rétractable a été abandonné. Les organisateurs prient pour qu’il ne pleuve pas pendant la cérémonie d’ouverture ! (Les joyaux de Pékin, texte de François Guérard)

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Londres 2012 – Stade olympique de Londres
D’une capacité de 80 000 places, l’ouverture du stade de Londres est prévue pour l’été 2011. Ce stade se veut un modèle en termes de recyclage et de développement durable. Sa capacité passera à 25 000 places dès la fin des J.O., toutes couvertes.