Suivez l’escouade antidopage

Les 1 000 membres de l’équipe antidopage travailleront jour et nuit pour collecter, transporter et analyser plus de 5 000 échantillons pendant les Jeux de Londres. Voici, en six étapes, le parcours d’une fiole d’urine.

Ill : Patrick Doyon

1. Au saut du lit…

Environ 40 % des contrôles sont effectués avant les compétitions – certains au hasard, d’autres ciblés. Une équipe est chargée de repérer l’athlète dans le Village olympique. Elle procède généralement tôt le matin, pour augmenter ses chances de le trouver rapidement… dans sa chambre, explique le chef de l’antidopage à Londres, Jonathan Harris. Un chaperon le conduit sur-le-champ à la station de prélèvement.

… et après la médaille

Tous les médaillés se soumettent obligatoirement à un test antidopage dans les instants qui suivent la tenue de leur épreuve. Et ils ne sont pas seuls : dans la plupart des disciplines, les athlètes qui ont terminé dans les cinq premières positions subissent un contrôle. Les autorités s’assurent ainsi que la médaille d’un champion suspendu pour dopage n’ira pas au cou d’un autre tricheur.

 

2. Un tiers de tasse, SVP !


Chaque athlète testé fournit au moins 90 ml d’urine (environ un tiers de tasse). Le sportif demeure constamment sous surveillance visuelle, même pendant qu’il urine. Une fois le pot rempli, l’échantillon est réparti dans deux contenants – A et B – marqués d’un numéro unique, pour assurer l’anonymat lors des tests. Les deux fioles sont scellées en présence de l’athlète. Seul le laboratoire possède l’équipement nécessaire pour les ouvrir sans les abîmer. Dans 20 % des cas, on fait également un prélèvement sanguin.

 

3. Vite, au labo

Quatre heures. C’est le délai à l’intérieur duquel les échantillons sont livrés au laboratoire, par UPS. Le labo, situé à une trentaine de kilomètres du Parc olympique, a été construit par le géant pharmaceutique GlaxoSmithKline.

 

4. Contre la montre

Pendant la quinzaine des Jeux, 150 spécia­listes scientifiques analysent 400 échantillons chaque jour. À leur arrivée au labo, on s’assure que les fioles n’ont pas été altérées, puis l’échantillon B est placé au frigo. On analyse le A, à la recherche de l’une des quelque 240 substances interdites – et détectables – par l’Agence mondiale antidopage. Le labo, grand comme sept terrains de tennis, est en activité jour et nuit afin de livrer les résultats le plus rapidement possible. « Un résultat négatif arrive en 24 heures et un positif en 28 », précise Jonathan Harris. Pour la détection de l’érythropoïétine (EPO), une hormone qui augmente l’endurance en stimulant la production de globules rouges, il faut compter 72 heures.


5.
Hop ! au congélo

Résultat négatif : tout est bien qui finit bien ? Pas si vite. L’échantillon B restera au congélateur pendant huit ans, au cas où de nouvelles méthodes permettraient de déceler des substances aujourd’hui indétectables.

 

6. Adieu médaille et record


En cas de résultat positif, l’athlète a le droit d’assister à l’analyse de l’échantillon B. « Le test est beaucoup plus rapide, car nous savons alors ce que nous cherchons », dit Jonathan Harris. Dans les rares cas où le deuxième échantillon ne contient aucune substance interdite, le dossier est clos. Dans le cas contraire, le CIO organise promptement une commission disciplinaire composée de trois personnes, devant laquelle l’athlète peut se défendre. Une violation du règlement antidopage entraîne le retrait de la ou des médailles gagnées pendant ces Jeux. La fédération sportive à laquelle appartient l’athlète peut également prendre des mesures disciplinaires supplémentaires.

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