Techno et écolo à Lévis

Un parc technologique axé sur le développement durable. Un décor enchanteur. Lévis mise sur un cadre de travail agréable pour séduire une main-d’œuvre jeune et instruite.

Québec : techno et écolo
Photo : Innoparc

L’Innoparc de Lévis, le long de l’autoroute 20, risque de se vider chaque midi. « En quelques pas, les employés pourront aller en pleine nature faire une visite aux canards », décrit un responsable du concept, Philippe Meurant. Sous leurs fenêtres s’étalera un boisé verdoyant. Beau site pour le premier parc technologique axé sur le développement durable au Québec.

Les créateurs de l’Innoparc, dont le premier bâtiment devrait ouvrir en 2011, comptent bien obtenir le même succès que ceux du Parc technologique du Québec métropolitain, presque entièrement occupé. D’ici 2015, ce technopôle devrait fournir 550 postes directs à Lévis, dans des domaines de pointe comme la robotique industrielle et les aliments fonctionnels.

« Il manquait un lieu pour créer une masse critique d’entreprises de haut savoir. L’Innoparc agira comme un catalyseur de la nouvelle économie », juge Philippe Meurant, directeur du développement à la Ville de Lévis (sur la rive sud du fleuve), où vivent 133 000 personnes.

Le parc espère compter d’ici cinq ans une quinzaine d’immeubles répondant aux normes de construction écologique LEED. Façades tournées vers la chaleur du soleil, toitures paysagères, eaux de pluie récupé­rées… Des feuillus rafraîchiront les lieux en été sans bloquer la lumière en hiver. Une piste cyclable traversera l’endroit, où l’on favorisera le transport en commun. Même les lampadaires seront munis de diodes électro­luminescentes peu énergivores. « Un concept sexy, qui nous projette dans l’avenir », s’emballe Meurant.

Le premier bâtiment abritera la Chaire de recherche industrielle en technologies de l’énergie et en efficacité énergétique, de l’ETS (cette jeune chaire, créée l’automne dernier, est déjà logée à Lévis dans un incubateur d’entreprises, en attendant d’avoir ses propres locaux). Et ce n’est qu’un début.

La région métropolitaine de Québec-Lévis a déjà des atouts pour séduire les travailleurs. Elle offre le logement le plus abordable au Canada au regard du revenu, un faible taux de criminalité et, surtout, bien des emplois. L’an dernier, au cœur de la récession, elle enregistrait un taux de chô­mage d’à peine 4,9 % ! D’ici 2013, les patrons chercheront à pourvoir 61 500 postes, dont 10 300 fraîchement créés. « Le marché du travail sera très accessible », analyse Martine Roy, économiste pour la Capitale-Nationale à Emploi-Québec. « Le secteur finances et assurances devrait croître sur les deux rives du fleuve. Il y aura aussi des besoins en santé, en génie et en technologies de l’information. »

En fait, la région devra affronter une sérieuse pénurie de personnel. « La population en âge de travailler devrait se mettre à diminuer autour de 2013 », note son collègue Dominique Bois, économiste pour la région Chaudière-Appalaches. D’ici à ce que les bambins de l’actuel boum des naissances rejoignent le marché du travail, la main-d’œuvre se fera rare. Il faudra la courtiser de multiples façons. Par exemple, en offrant un cadre de travail agréable…

En investissant 6,4 millions de dollars dans l’Innoparc, Lévis espère créer une zone d’excellence en haute technologie. La ville compte surtout des sociétés de services financiers (Desjardins en tête) et des usines. Dans son étude Villes aimants II, publiée en janvier, le Conference Board du Canada attribue un maigre C à Lévis et à Québec dans la catégorie Innovation, qui prend en compte la haute technologie et la productivité. Ça risque de changer !

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