Terres rares : le Québec se lance dans la course

Le Québec pourrait bientôt faire partie du club sélect des producteurs de terres rares. Une dizaine de projets sont en cours pour sortir du sol ces précieux minerais. Parmi eux : la mine de Kipawa, au Témiscamingue, qui devrait ouvrir en 2016, et Strange Lake, située à la frontière du Québec et du Labrador, qui pourrait être en exploitation d’ici quatre ou cinq ans. D’autres sites miniers sont en exploration au Saguenay et au Nunavik.

Extractions de terres rares en Chine. (Photo : EPA)
Extractions de terres rares en Chine. (Photo : EPA)

Prisées par l’industrie de pointe pour la fabrication de cellulaires, de piles ou d’alliages aéronautiques, les terres rares regroupent 17 métaux aux propriétés électromagnétiques uniques.

Les géologues et les sociétés minières ne savent pas avec précision la quantité de terres rares que renferme le sous-sol québécois, mais estiment que la seule mine de Strange Lake pourrait avoir un rendement de 15 000 tonnes par an pendant plus de 25 ans. La production mondiale actuelle est de 110 000 tonnes par an.

« L’exploitation et la transformation des terres rares au Québec peuvent devenir un secteur industriel majeur, mais il faut faire vite », estime le géologue Michel Jébrak, professeur à l’UQAM.

Car la course planétaire aux terres rares est lancée. Des gisements majeurs entrent déjà en activité en Australie et aux États-Unis, pour satisfaire à la demande croissante et contrer le monopole commercial et stratégique de la Chine, qui fournit 97 % de la production mondiale.

Pays

Production*

Réserves estimées*

2011

2012

Chine

105

95

55000

États-Unis

7

13000

Australie

2.2

4

1600

Inde

2.8

2.8

3100

Malaisie

0.28

0.35

30

Brésil

0.25

0.3

36

Autres pays

N/D

N/D

41000

Total

111

110

110000

* En millier de tonnes
(Source : U.S. Geological Survey Mineral Commodity Summaries, Janvier 2013)

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