Toronto, les îles du plaisir

La Ville reine pourrait adopter une solution inusitée pour éliminer la prostitution du centre-ville : confiner bordels et salons de massage… dans les îles de Toronto.

Toronto, les îles du plaisir
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Situées à quelques minutes de traversier du centre-ville, les 15 îles du lac Ontario abritent déjà un quartier résidentiel, un aéroport et une plage nudiste. Le conseiller municipal Giorgio Mammoliti, qui défend cette idée controversée, évoque la présence de cette plage pour justifier son choix géographique. Selon lui, une « zone de sexe » insulaire, légale et taxée par la Ville permettrait à Toronto de gar­nir ses coffres tout en libérant ses rues des prostituées.

Les insulaires sont atterrés. « Nous devrions avoir droit au même respect que les habitants des autres quartiers », s’insurge Steven Whitfield, résidant des îles. Les prosti­tuées ne décolèrent pas. « C’est de la ghettoïsation », dit Keisha Scott, directrice de Maggie’s, organisme qui défend les travailleuses du sexe de la Ville reine. Maggie’s craint que la création d’un red-light aussi isolé ne compromette la sécurité des travailleuses. « Les prostituées vivent en ville, étudient en ville, elles devraient avoir le droit de travailler en ville », ajoute Keisha Scott.