Tous pris à l’hôpital !

L’affaire est entendue, il faudra apprendre à vivre avec la COVID. Il vaudrait mieux être plus franc : au Québec, il s’agit plutôt d’apprendre à vivre malgré notre très défaillant système de santé !

Photo : Christian Blais pour L'actualité

Si la chose était possible, le mot « COVID » serait interdit de prononciation tant il est devenu synonyme de fatigue, de lassitude, d’exaspération, de colère et de tous ces sentiments qui grugent le moral.

Et c’est encore pire quand on se compare.

En faisant le tour de médias canadiens, américains ou européens, on voit bien que la COVID est partout le grand sujet d’actualité. Et comme les critiques ne manquent pas envers la manière dont les différents gouvernements gèrent la crise, on en déduit qu’au fond, nous sommes tous dans le même bateau.

Mais quand on est sur le terrain, on comprend que les mots « chaos », « désorganisation », « sévérité » et compagnie n’ont pas le même sens pour chacun. Dans mon cas, j’avoue être passablement déroutée depuis que deux de mes enfants sont partis, début janvier, étudier plusieurs mois en Europe, l’un en France, l’autre en Suède.

L’agréable surprise : dès leur arrivée, l’impression de revivre ! La COVID existe, ce qui impose des contraintes, dont la précieuse vaccination, mais leur société d’accueil n’est pas paralysée. On se visite, on va au resto, on sort, et en cas de doute, on a des tests rapides sous la main. Et on arrive à parler d’autre chose dans l’espace public !

C’est ce qu’on appelle « vivre avec la COVID ». Ici, ce scénario est invraisemblable.

Certes, il faut tenir compte d’une foule de facteurs qui expliquent le cas particulier du Québec, comme ma fabuleuse médecin de famille (elle tient un cabinet à domicile et peut recevoir des patients en cas d’urgence !) me l’a rappelé lors de ma toute récente consultation. Ici, la rigueur de l’hiver nous enferme longtemps et nous sommes des Latins, donc la pratique de la distanciation propre aux peuples scandinaves, germaniques ou asiatiques ne nous est pas naturelle…

Et surtout, a-t-elle insisté en professionnelle qui a aussi beaucoup voyagé, notre système de santé n’a rien de rien à voir avec ce que l’on trouve ailleurs.

Rappelons-en les grandes lacunes : moins de lits d’hospitalisation par habitant, moins de soins à domicile, moins de professionnels de la santé pour se répartir le travail, que le médecin concentre ici entre ses mains…

La COVID a au moins permis de faire voler en éclats l’illusion que nous entretenons sur l’état du réseau, cette croyance qu’« une fois qu’on y est entré, tout va très bien » avec lequelle les Québécois se rassurent depuis trop longtemps.

Ça va mal depuis des décennies — depuis les débuts, en fait. Notre système de santé public a été mis en place en 1970, et dès 1974, le gouvernement créait un premier comité de travail pour se pencher sur l’encombrement des urgences ! De comités en rapports, de rapports en réformes, l’affaire n’a fait qu’empirer.

Que tout soit à deux doigts de s’écrouler aujourd’hui n’est finalement que la suite logique d’un problème présent dès la fondation du système. À moins de tout rebâtir à neuf, ça ne pourra jamais aller mieux. Pas pour rien que le premier ministre François Legault a promis il y a quelques jours une « refondation » du système de santé.

On aimerait le croire. Il faudrait le croire, parce que ça n’a aucun sens que la faiblesse du réseau enferme tout le Québec à la maison, en attente de l’ouverture, la fermeture, la réouverture — et on recommence ! — d’une multitude d’activités selon que les lits d’hôpitaux sont occupés ou non.

La tâche sera toutefois si gigantesque qu’elle tient déjà de l’utopie, même si le gouvernement caquiste a l’avantage de pouvoir envisager un projet à long terme, sa réélection étant quasiment assurée.

Mais simplement imaginer les strates du ministère de la Santé entre lesquelles il faudra naviguer, les corporatismes médicaux et syndicaux qu’il faudra affronter, la force de l’habitude et de l’inertie qu’il faudra contrer, les formulaires en tout genre qu’il faudra abandonner, les réflexes comptables qui ont souvent le dernier mot… on devine que cela finira par une autre lueur au bout d’un tunnel qui s’allonge à mesure qu’on avance.

C’est d’autant plus difficile à accepter quand on a déjà testé ailleurs un système de santé. Ce fut mon cas en France, où j’ai vécu deux ans et où j’ai eu un enfant.

Je me revois m’ébahir quand, en raison d’un malaise, je m’étais rendue aux urgences d’un petit hôpital parisien. La salle d’attente était vide ! « Quelle chance exceptionnelle ! » avais-je lancé à la jeune femme à l’accueil. À son air fermé, j’ai déduit qu’elle ne me comprenait pas… Évidemment, m’ont expliqué plus tard des amis français, très amusés : dans ce pays, l’attente aux urgences n’existe pas !

Ma grossesse m’a permis de comprendre pourquoi : accès rapide au cabinet d’un médecin pour les grosses inquiétudes ; recours au pharmacien en cas de problème mineur ; visite à domicile d’une sage-femme à la suite d’un accouchement ; facilité de la prise de rendez-vous en tout genre, même pour l’étrangère que j’étais… Je n’ai plus revu d’urgences de tout mon séjour.

J’ai eu mes autres enfants ici et je n’ai jamais retrouvé cette approche globale, ni pour moi, ni pour eux, ni quand récemment certains de mes proches ont été atteints de maladies graves, encore plus épuisés parce que l’accès aux soins devait trop souvent passer par un séjour inhumain aux urgences.

En France, on faisait tout pour nous éviter l’hôpital ; ici, tout nous y envoie. Au point que, et c’est là notre drame, tout le Québec y est maintenant emprisonné. À défaut de nous donner la clé pour en sortir, peut-on au moins ouvrir pour de bon les fenêtres et nous laisser respirer ?

Les commentaires sont fermés.

Bonjour madame Boileau,

Effectivement, il n’y a pas de définition commune du vivre avec le virus. Nous devrons un jour en avoir une.

Dans votre article, vous comparez le Québec avec d’autres pays où la vie « COVID » semble plus facile et vous faites référence à notre système de santé. Le nombre de lit disponible au Québec est plus qu’en France et en Suède. Il y a eu des choix qui ont été faits par les gouvernements successifs qui font que nous en sommes là.

Cependant, une des grosses différences avec la France et la Suède concerne le salaire des médecins qui dans ces pays, sont des salariés.

Un bon article de Francis Vaille en septembre 2019 en parlait avec grande justesse. En Suède, un médecin de famille est payé plus de 2 fois moins qu’au Québec.

Finalement, le corporatisme, très accaparant, des médecins au Québec font qu’ils ne sont pas ceux qui partagent le plus avec les autres professionnels de la santé.

Il n’y a pas de recette magique mais à un moment donné, ça prendra des actions fortes.

Je ne suis que dans la chaise de gérant d’estrade. Rôle pas mal plus facile que celui-là de nos dirigeants.

Merci pour vos chroniques.

bonne journée

C’est effectivement aberrant qu’un médecin soit considéré être en affaires…

Vous avez bien raison sur le fond, notre système de « santé » est très malade. L’idée de tout centraliser, de tout vouloir contrôler en a fait un monstre qui nous coûte tout de même environ 60G$. c’est tout à fait absurde. La fonctionnarisation a fait son œuvre c’est à dire rendre le service inaccessible et hors de prix. On est rendu en Russie communiste. Personne n’est imputable, on s’attarde plus à conserver son emploi et faire fonctionner le système qu’à donner les soins. Personnellement je trouve un tantinet aberrant qu’on regroupe dans un même endroit les personnes les plus contagieuses et les malades les plus vulnérables. Surpris du résultat ?

Plusieurs personnes souffrent en silence dont je fais partie. Je me suis cassée le tibia, le péroné et la malléole de la jambe droite, il y a plus de 20 ans , et on m’avait alors opéré en installant une plaque et des visses qui n’ont d’ailleurs jamais été retirées à ce jour. Depuis près de 9 mois, mon pied me fait souffrir 24h/24. Je suis sous dilaudids et j’utilise régulièrement de la glace pour soulager la douleur. La douleur intense m’empêche de marcher plus de 10 minutes à la fois et ceci crée d’autres problèmes de santé comme une prise de poids importante et beaucoup d’arthrose dû à cet immobilisme . Mon médecin de famille a dû envoyer une requête en orthopédie avec la mention urgent en juin dernier à l’hôpital où j’ai été opérée soit St-Jérôme car le service d’orthopédie de mon hôpital, qui est la Cité de la Santé de Laval, refuse de me voir prétextant que ce n’est pas l’endroit où j’ai été opérée pour ce problème. Il faut dire que je suis très connue à la Cité de la Santé de Laval étant donné que j’y suis suivie depuis 40 ans pour une maladie de crohn. Là où le bas blesse, c’est que l’hôpital de St-Jérôme me considère comme une nouvelle patiente puisqu’il n’y a plus de dossier à mon nom et que le chirurgien orthopédiste qui m’avait d’abord opéré n’y pratique plus. J’ai téléphoné à la clinique d’orthopédie de l’hôpital de St-Jérôme, la semaine dernière, afin de savoir où en était rendue ma requête et à ma grande surprise, la clinique n’avait toujours pas reçu ma requête étant donné que toutes les requêtes entrantes sont d’abord triées par une agence externe afin d’en établir la priorité et la covid ralenti également le processus . Ceci a pour effet de retarder énormément ma visite en clinique d’orthopédie pour une première évaluation de mon état ! Je suis au bout du rouleau car la douleur me tue à petit feu!

Et les clsc, les médecins n’en voulait pas. Alors on a crée les gmf, double structures à quel prix.

Les services sont organisés en fonction des médecins seulement.alors ça marche tout croche.

Que de vérités ressortent de votre texte. Il y a tant de choses à améliorer. Cela prendra du courage politique. Je me suis amusée dernièrement à aller voir les multiples organigrammes du ministère de la Santé et des Sevices sociaux, de même que ceux des CIUSS et cie. Une image vaut mille mots… et c’est sans compter le corporatisme qui anime les nombreux syndicats qui, trop souvent, font semblant de défendre le bien public

Il m’arrive de dire « quand je me regarde je me désole, quand je me compare je me console ». Votre article m’amène à ne pas pouvoir me consoler et ce, même si toute comparaison demeure boiteuse. La santé est depuis longtemps sous l’emprise de ceux et celles qui croient savoir ce qui est bon pour une personne malade. Cette partie, je ne la remet pas en question. La difficulté arrive avec le vieillissement et les étapes suivantes menant à la mort. Tout ce secteur devrait être décroché de ce réseau dit de la santé et dédié à un autre portant sur le mieux être possible. La lecture de certains cheminements notamment en santé mentale m’amène à croire que le corporatisme soigneur a fait évoluer tout un réseau vers l’hôpital. Je me vois vieillir et je n’ai aucune envie de me retrouver enfermée dans ce genre de boite qu’est le CHSLD ou le RPA. Est-il encore possible de penser qu’avec un peu d’aide chez moi, je pourrais continuer à prendre soin de moi? J’admet que perdre ses moyens exige davantage mais déposséder une personne dont le seul mal est d’être vieille c’est la faire mourrir.
Vous parler des années 70, s’il est vrai que les urgences connaissaient déjà les problèmes liés à l’urgence, il est aussi vrai qu’on connaissait déjà le phénomène du vieillissement de la population. On a laissé pourrir un système en payant chèrement certains groupes. Curieux qu’on lendemain de ces choix, ce ne sont pas eux qui répondent le mieux aux besoins créés par la pandémie.

Ça ne peut pas être plus juste quant à l’état de notre système de santé! Dans ces conditions-là ouvrir pour de bon les fenêtres pour nous laisser respirer ne serait-ce pas le chaos assuré! Il faut le dire la “Castonguette” à ouvert grande la porte à l’exploitation de la santé, et ça c’est le problème majeur; même Gaétan Barrette, l’ancien Ministre de la santé, est allé fort dans cette philosophie de soigner d’abord la paie des médecins. Plus les gens sont malades plus s’est payant! Ça c’est une grosse réalité et personne va s’attaquer à ce pouvoir-là; le pouvoir des médecins qui nous soignent nous vulnérables.

Bonjour madame Boileau,
En effet, notre système de santé est gravement malade. Il est hospitalo-centrique et lorsqu’arrive une pandémie, il n’y a pas assez de lits disponibles. Il faut améliorer les services de première ligne afin d’éviter le recours à l’urgence. Il faut repenser la rémunération des médecins et ce ne sera pas facile car la rémunération à l’acte a créé un certain nombre de femmes et d’hommes d’affaire qui peuvent gagner jusqu’à un million par année et qui peuvent s’incorporer afin de payer moins d’impôt. Qui aura le courage de rendre nos médecins des salariés de l’État comme les infirmières et comme les enseignants, dont j’ai fait partie de 1959 à 1996. Je ne crois pas qu’il y ait un médecin qui puisse dire qu’il ne doit rien à l’État parce que ses parents auraient payé entièrement ses études….L’État finance les cégeps, les universités, les hôpitaux où les médecins font des stages, alors ce ne serait que juste que ces personnes soient considérées comme des employés de l’État et rémunérées avec un salaire fixe. Cela diminuerait de beaucoup le budget de la Santé.

Merci de ce beau témoignage et reportage. Sommes-nous si impuissant et illogique au Québec pour entreprendre des réformes centrées sur le citoyen et l’efficience? Je vais commencer à m’ennuyer du temps oû les religieuses faisaient la job (administrative, pas de soins) pour moins cher et en plus humain. Quant à la covid, à quoi sert le passeport vaccinal, si on ferme tout? Y aurait-il pas lieu d’ajouter une composante au passeport, soit pas de maladie chronique ni de comorbidité? Ainsi, si on se fait contaminer dans un resto, on est presque sûr de ne pas se retrouver à l’hôp.

Merci pour ce texte si clair, qui nous fait vraiment comprendre que toutes les mesures qu’on vit au québec, sont essentiellement reliées au système de santé non adéquat. Vous avez raison, nos illusions tombent sur ce système de santé qu’on croyait très bien. Est-ce que la réforme du système de santé est une mission impossible….mais au moins en attendant, laissez nous vivre normalement , comme dans es autres pays…merci de votre belle réflexion.

Il reste qu’actuellement, il y a très peu de cas à l’urgence qui sont vus pour des « niaiseries » par rapport à d’habitude, et les hôpitaux sont pleins. Les gens qui y sont hospitalisés sont malades et ne peuvent être traités ailleurs qu’à l’hôpital. On a pas l’habitude d’envoyer à l’urgence tout problème aigu de santé, à moins d’avoir besoin d’un plateau technique. Je ne pense pas qu’en France ils soient mieux organisés qu’ici dans les cabinets de médecins. Si ça prend un ECG + radio poumons + prise de sang, ben c’est impossible de faire ça en cabinet la plupart du temps. Si c’est pour une suspicion de fracture, il sera impossible de faire un plâtre en clinique, donc si pas de fracture, tout va bien, mais si fracture, le patient doit retourner chez lui et attendre la consultation en orthopédie, qui peut prendre parfois quelques jours avant d’avoir un rv… Une douleur abdominale avec frissons/fièvre, ou nausées vomissements ne peut pas être évaluée en clinique non plus, nécessitant une échographie. Personnellement je suis convaincue que ce qui fait qu’ailleurs ça va mieux, c’est un nombre plus important d’hôpitaux et de médecins, et possiblement un nombre moins important de gens consultant pour des niaiseries qui pourraient attendre quelques jours/semaines pour avoir un rv avec leur md plutôt que de consulter à l’urgence ou une clinique SRV alors que rien n’est urgent dans leur problème. Ainsi qu’un recours plus important aux autres professionnels de la santé AVANT de consulter un médecin. Les gens ici n’ont pas d’autonomie pour se soigner. Plusieurs ne demandent pas à leur pharmacien de conseils, ne vont pas voir de physiothérapeute avant de consulter un médecin. L’éducation générale de la population sur la santé et les maladies ainsi que leur prise en charge est assez déficiente.

Lorsqu’on compare succinctement les dépenses de santé par habitant pour des pays comparables de l’OCDE, on constate que le Canada se situe dans la moyenne de ces pays. Il n’y a donc pas de sous-financement des services.

Josée Boileau fait mention de la France notamment et de la Suède. Il est vrai que la France a acquis au fil du temps une expertise pour la prise-en-charge des patients qui est exceptionnelle selon moi (une des meilleures du monde) ; un modèle dont pourrait certainement s’inspirer le Québec pour contrer nos faibles performances.

Encore faudrait-il que nous disposions d’infrastructures adéquates. Ce qui n’est pas nécessairement partout le cas.

Le cas des pays Scandinaves mérite aussi notre attention. La différence fondamentale entre le Québec, la Norvège, la Suède ou le Danemark vient du fait que les services de santé, les services sociaux, mais encore les services à la petite enfance et les établissements d’enseignement fonctionnent selon un mode autogéré complètement décentralisé. Ce sont les municipalités et les collectivités locales qui déterminent leurs besoins et qui gèrent elles-mêmes les montants qui leurs sont alloués.

Les Conseils municipaux, les citoyennes et citoyens impliqués dans la collectivité sont en mesure de faire entendre leur voix, les Conseils peuvent procéder à des arbitrages qui répondent aux besoins de la population.

Au Québec, c’est tout le contraire, les municipalités (et autres collectivités locales) ne sont pas considérées comme des paliers de gouvernement, leur capacité d’administrer ces services et pratiquement nulle, tout dépend de l’Assemblée Nationale, des ministères et des structures administratives mises-en-place par ces ministères.

Il est concevable que l’administration universelle des soins de santé soit tributaire de la structure administrative en vigueur, laquelle ne peut répondre par sa logistique adéquatement à tous les besoins.

Un exemple récent est celui de la logistique de distribution des tests rapides à la population. Ah mais ! On va dire, c’est parce que le Fédéral n’en a pas donné assez à la Province. Mais… dans les faits, il aurait été possible de distribuer ces tests autrement ; de les remettre à ceux qui en ont vraiment besoin, plus précisément.

Le point ici est qu’il y a bcp de mauvaise gestion et de bureaucratie ! Le système de santé doit passer en partie , poir les gens assez à l aise financièrement , par le privé !!! Le gouvernement peux aider en allouant une partie et les cies d assurances pourraient aussi être un autre joueur dans l’équation. Bref on se doit de trouver des solutions rapidement et être constructif et pro actif là , ça presse comme on dit !!! Jeu de mot : il faut opérer 🙏👍

Les solutions sont connues depuis fort longtemps mais de docteur en docteur comme ministre de la santé la situation se dégrade suivant les réformes. La seule lumière dans ce dossier fort complexe c’est l’actuel ministre de la santé qui a les compétences nécessaires pour mettre en place les changements nécessaires. J’ajouterais aussi la majorité des employés du réseau qui ont hâte de travailler dans un environnement de trAVAIL NORMAL

Si la COVID nous montre finalement à quel point notre système de santé fait dur comparativement à ceux des autres juridictions occidentales, provinces du reste du Canada comprises, ça sera toujours ça de pris. J’espère que notre honte collective devant un fiasco à responsabilité partagée entre de nombreux acteurs de notre société sera le moteur qui nous amènera vraiment à nous inspirer des meilleures pratiques d’ailleurs (je pense particulièrement à la France et aux pays scandinaves) et d’ici (je pense aux différences entre les hôpitaux anglophones et francophones). J’espère que nous ne nous demeurerons pas immobilisés par nos corporatismes forcenés et notre propension à toujours blâmer quelqu’un d’autre.

Un article bien fait, sans excès et sans acharnement, sur les lacunes immenses de notre système de santé. Inquiétant!

Je suis parmi les 1,5 million de Québécois sans médecin de famille et fais partie des 800 000 qui sont encore sur la liste d’attente. J’avais des ordonnances d’une autre province mais pour la renouveler ici j’ai dû faire appel au pharmacien dans un premier temps car aucune clinique ne pouvait me renouveler mes ordonnances car je suis «orphelin». Le pharmacien m’a averti qu’il fallait que je trouve un autre moyen de les faire renouveler.

Il me restait l’urgence, engorgée avec des attentes de 16 heures, qui devrait s’occuper de cas sérieux et non pas des renouvellements d’ordonnances, ou le privé. J’ai eu toutes les misères du monde pour finir par avoir un RV au privé pour faire renouveler mes ordonnances. Donc, je paie pour ce système de santé bancal avec mes impôts depuis une cinquantaine d’années et en plus je dois payer pour avoir un RV pour renouveler mes ordonnances. Il ne faut juste pas être malade ni vieux dans cette province car on est laissés à nous-mêmes.

Avec ce genre de médecine, on attend que les gens soient bien malades et qu’ils sont en danger de mort pour s’en occuper. Pas étonnant que le système coûte aussi cher quand on fait à peu près pas de prévention (ça prend un suivi avec… un MD de famille car on n’a pas accès aux super infirmières puisqu’il faut être référé par un MD de famille).

Enfin, souvenez-vous de Lucien Bouchard et le PQ qui ont mis des centaines d’infirmières à la retraite pour sauver de l’argent… En fait, ces politiciens sont là pour l’argent, pas pour le bien être des citoyens, et ils ne se gênent pas pour graisser leurs amis et on n’a qu’à voir le fossé béant entre les salaires honteux que les médecins ont obtenus de leurs confrères politiciens Couillard et compagnie, par rapport à celui des infirmières et infirmiers. Le mépris n’aura-t-il qu’un temps?