Toutes les angoisses de la rentrée

Le plan annonce-t-il un succès ? « Tant que l’on arrive sans trop de bobos, sans reconfiner, à se rendre à la fin des classes 2021, je vais estimer que c’est un succès », dit Léa Stréliski.

Photo : L'actualité

Ils sont là ! Vous les avez vus ? Les rayons de fournitures scolaires ? Pleins à craquer comme un verger au début de l’automne. Tout est là. La cloche va sonner. Est-ce que ça m’inquiète ? Oui. Bien sûr. Demander à une mère si elle s’inquiète, c’est comme demander à un canard s’il va dans l’eau. Je m’inquiète tout le temps. Tout m’inquiète. Depuis juillet 2009, époque à laquelle j’ai sorti mon premier petit caneton de l’œuf.

J’ai regardé la conférence de presse du ministre de l’Éducation, je l’attendais comme on attend une game des séries. Non pas avec une brique et un fanal, mais attentivement, pratiquement avec un calepin et un crayon pour noter toutes les recommandations. J’étais prête. Est-ce que je suis rassurée par ce qui a été dit ? À moitié. Parce que je pense qu’il est impossible de savoir ce qui va réellement arriver. Est-ce que je pense que nous sommes bien gérés par un gouvernement responsable ? Oui. Dans la mesure du possible. On aimerait tous que les gouvernements soient formés par des surhommes et des surfemmes, malheureusement, ils restent constitués d’humains. Qui, comme vous et moi, lisent les faits, se renseignent, et après sont forcément sujets à une marge d’erreur.

Mais il n’en reste pas moins que le message général c’est : nous voulons que tous les enfants retournent à l’école et nous faisons tout ce que nous pouvons dans la mesure du possible pour assurer que ça se passe le plus sécuritairement possible, basé sur nos connaissances actuelles. Pas assez bon ? Vous auriez aimé plus ? Moi, sincèrement, tant que l’école est ouverte, que mes enfants sont assis dedans et qu’ils apprennent quelque chose (d’autre qu’un défi de youtubeur), je vais être satisfaite. Tant que l’on y va au cas par cas et que l’on arrive sans trop de bobos, sans reconfiner, à se rendre à la fin des classes 2021, je vais estimer que c’est un succès. Ils sont tellement mieux à l’école qu’à la maison, je suis tellement sous-qualifiée par rapport aux profs pour prendre en charge leur éducation. Sincèrement, je serais prête à me plier à pas mal de recommandations pour savoir qu’ils restent les fesses sur un banc d’école.

Sans mentir, je les enverrais à l’école en habit de ski-doo avec trois tuques sur la tête si on me disait qu’il va falloir maintenir les fenêtres de la classe ouvertes en plein février. Je le ferais. J’ai confiance en ma petite école de quartier, je sais que le personnel et la direction sont armés de bonne volonté, et qu’elle est blindée de profs qui aiment les enfants et qui font face aussi à l’incertitude. On va y aller un jour à la fois. Le reste de la société n’est pas trop loin d’avoir retrouvé un sens de la normalité. Allez, on approche de la ligne d’arrivée, dans quelques jours, enfin, la cloche sonne.

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Bonjour, ce qui me préoccupe depuis le début de la pandémie est le soutien pour les enfants en difficultés et en troubles d’apprentissage. La rééducation a cessé depuis plusieurs mois et ces élèves doivent recevoir un soutien constant et de manière rigoureuse. La récupération est bonne pour tous les élèves sauf que ces derniers ont besoin de rééducation, ce n’est pas la même chose. Je souhaite que les enfants ayant des besoins particuliers soient rencontrés tous les jours pendant 45 minutes afin de poursuivre la rééducation de manière intensive et efficace. Je souhaite aussi que des orthopédagogues cliniques soient consultés pour faciliter le plan d’action pour soutenir ces élèves. Selon les recherches de la dernière méta-analyse de l’INSERN (2007) les séances individuelles donnent plus de résultat que celles en groupe. Il y avait du travail à réaliser et le mandat pour aider les enfants à besoins particuliers sont encore plus grands sauf qu’ils sont ignorés ou presque. Francine Cloutier orthopédagogue clinicienne, enseignante, médiatrice et auteure. Directrice de la clinique CONFIÉ

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Je pense que tout réside dans notre attitude. Pour ma part tant que l’école reste flexible et s’adapte au fur et à mesure, ça va me convenir. Espérons que ça se déroule dans le calme et le respect.

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Madame Stréliski votre approche est tout ce qu’il y a, à mon sens, de lucide et de raisonnable. Si tous les acteurs de ce très gros réseau y mettent les efforts requis et surtout recherchent des solutions réalistes aux défis particuliers que le contexte de la pandémie nous imposera, les chances de réussite de nos enfants et adolescents seront très bonnes.

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