Travailleurs autonomes : 7 choses à faire en temps de crise

Alors que vos clients arrêtent leurs activités pour un certain temps, pas question de fermer votre bureau. Il y a des choses à faire !  

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Près de chez moi, un petit café a ouvert tout récemment ses portes… le jour de la première conférence de presse de François Legault ! J’espère que les propriétaires ont prévu des réserves financières, car la crise sanitaire risque de se prolonger pendant des semaines, sinon des mois.

À moins d’être consultants en santé publique, la plupart des travailleurs autonomes, même s’ils ne sont pas confinés chez eux, vont sérieusement souffrir des conséquences des restrictions imposées par le premier ministre Legault. C’est toute l’activité économique qui est fortement ralentie, sinon à l’arrêt.

Je suis travailleur autonome depuis 33 ans, j’ai même écrit un livre de conseils sur le sujet. Mais je dois admettre que je n’ai jamais affronté une situation de cette ampleur, qui dépasse même la crise du verglas de 1998. En moins d’une semaine, j’ai déjà rayé de mon carnet de commandes quatre conférences, dont une majeure, et deux contrats. Pour la plupart, il s’agit de « reports », m’a-t-on dit, mais je vais m’estimer chanceux si la moitié des ententes sont effectivement reconduites — dans un, deux, trois ou six mois.

Je peux également m’estimer heureux : je suis journaliste et il y a toujours de quoi écrire ! Pour les artistes, notamment ceux des arts de la scène, les formateurs, les gens de la restauration et de plusieurs autres secteurs d’activité, ça risque d’être « long longtemps », comme on dit.

Aide-toi et le ciel t’aidera

Les gouvernements travaillent à mettre en place divers programmes d’aide, comme le Programme d’aide temporaire aux travailleurs (PATT) du Québec, dont certains éléments s’adressent aux travailleurs autonomes, et l’Allocation de soutien d’urgence au fédéral. Vous ne devriez pas être gêné de vous en prévaloir, même si cette aide ne suffira pas à compenser vos pertes de revenus. Et tant qu’à être dans l’attente, aussi bien vous occuper de vos affaires.

Voici ce que vous devriez faire.

1) Respirez par le nez ! La pire chose à faire est de commencer à paniquer. Des solutions existent. Si la situation actuelle est inédite, elle n’est pas sans ressembler à d’autres épisodes où l’activité a subitement ralenti ou cessé momentanément — comme lors de la récession de 2008 ou la crise du verglas. De plus, vous n’êtes pas seul dans votre situation, ce qui est à votre avantage : il y a tellement de travailleurs autonomes — 15 % de la main-d’œuvre au Québec, ce qui est énorme — que les gouvernements n’auront d’autre choix que d’aider cette catégorie de travailleurs.

2) Documentez la situation. Pour chaque prestation ou contrat annulé, sauvegardez l’avis d’annulation, et conservez-les tous dans un même dossier. C’est particulièrement nécessaire pour les artistes, les conférenciers, les formateurs et les consultants. Certains programmes d’aide pourraient être liés à des pertes ou à des manques à gagner. Il vous faudra être en mesure de fournir des preuves en cas de réclamation.

3) Communiquez. Chaque crise est une occasion. Avisez rapidement vos meilleurs clients que vous êtes disponible. Comme leur situation est probablement sens dessus dessous, ils cherchent peut-être quelqu’un pour les aider, justement. Dans vos communications, suscitez la discussion. Vous pourriez être surpris des idées qui surgissent et qui pourraient se transformer en occasions nouvelles. En 1973, la crise pétrolière a fait disparaître du jour au lendemain la moitié du marché de la motoneige chez Bombardier. En quelques mois, le PDG Laurent Beaudoin a réorienté une partie de son activité vers les wagons, une brillante reconversion. Bon, 47 ans plus tard, Bombardier ne fait plus dans les trains, mais ça a marché pendant longtemps !

4) Réclamez vos créances. Si vous avez des clients qui tardent à payer, il est plus que temps de réclamer votre dû. Ce travail désagréable est trop souvent négligé, surtout quand on est occupé, mais vous n’avez maintenant aucune raison de ne pas vous y mettre. Un délai de paiement de 30 jours est normal. Au-delà de 45 jours, il devient anormal. À 90 jours, inquiétant. Bien sûr, il faut user de doigté pour ne pas s’aliéner ses meilleurs clients, mais ce qu’ils vous doivent vous appartient. Et si vous acceptez de souffrir pour leurs comptes en souffrance, cela équivaut à financer vos clients !

5) Demandez du financement. Si vous êtes au courant de programmes de subventions dans votre domaine, c’est le moment de déposer une demande. Prenez aussi rendez-vous avec votre banquier pour obtenir une marge de crédit ou augmenter la limite de celle que vous avez déjà, si elle vous paraît insuffisante. L’erreur que tous les débutants et bien des vétérans commettent est de laisser s’épuiser leurs réserves avant de présenter une demande de prêt. C’est mal comprendre les institutions financières, qui ne prêtent qu’à ceux qui ont de l’argent et qui en veulent plus !

Un certain nombre de conseillers financiers insistent beaucoup sur l’épargne, et il est vrai que chacun, dans ses affaires personnelles, devrait épargner. Mais pour des travailleurs autonomes, qui sont à la fois des individus et des entreprises, cette logique d’épargnant ne devrait pas s’appliquer à la conduite des affaires. Vous devriez justement tout mettre en œuvre pour ne pas gruger vos épargnes personnelles. Il est rare qu’une entreprise, même prospère, ne dispose pas minimalement d’une marge de crédit pour traverser les périodes creuses. Évidemment, une marge de crédit n’est pas un cadeau et vous devrez apprendre à la gérer pour en garder la maîtrise. Mais voilà, il y a des circonstances exceptionnelles où il faut parfois courir un risque. Après tout, c’est bête de se mettre en difficulté financière alors qu’on aurait pu utiliser un prêt pour régler le problème — surtout que les taux d’intérêt sont proches de zéro.

6) Faites le ménage. Si vous êtes travailleur autonome, vous êtes forcément débordé et il y a nécessairement un certain nombre de tâches que vous mettez de côté, faute de temps. C’est le moment ou jamais de vous y attaquer — ou de vous en débarrasser définitivement.

7) Développez vos idées. Il se pourrait bien qu’en faisant le ménage, vous tombiez sur une ou deux vieilles idées que vous aviez mises de côté, faute de temps. Quelle que soit la raison, un ralentissement est aussi une occasion offrant du temps pour travailler sur des idées qui vous permettront de rebondir encore plus fort !

 

Jean-Benoît Nadeau est l’auteur du Guide du travailleur autonome, édition 3.1 (Québec Amérique).

Vous avez des questions sur la COVID-19 ? Consultez ce site Web du gouvernement du Québec consacré au coronavirus.

Vous avez des symptômes associés à la maladie ? Appelez au 1 877 644-4545 ou consultez un professionnel de la santé.

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Bonjour! J’ai une question aujourd’hui. Pourquoi a-t-on choisi le terme distancement social? Des gens pourraient courir le risque de l’interpréter ou de l’appliquer littéralement, donc ne plus être en contact avec d’autres individus, parfois même pas sur les réseaux sociaux ou le téléphone, ce qui serait très négatif pour leur santé mentale. Pourquoi a-ton préféré le terme « distancement social » sur d’autres possibilités comme « distancement physique interpersonnel » par exemple, qui pourrait être plus exact? C’est le besoin d’agir rapidement, les médias sociaux, ou l’usage qui l’ont imposé? C’était plus « transparent », plus court, plus acceptable pour la phonétique? Ce terme n’a pas été pris trop vite de l’anglais? Est-on sûrs que toutes les personnes comprennent bien ce que cela veut dire exactement?

Merci Jean-Benoît ! Très rassurant de te lire, comme toujours. Bonne continuité !

Je suis devenu travailleur autonome grâce à son livre, super bon, je le recommande fortement!

TRAVAILLEURS AUTONOMES, CORONAVIRUS/COVID-19 ET INNOVATION QUÉBEC 2.0

Lettre ouverte à tous les dirigeants politiques et fiscaux du Québec et du Canada ainsi qu’à tous les travailleurs autonomes du Québec

Nous, les travailleurs autonomes du Québec qui ont toutes sortes de bonnes idées et de services à offrir mais qui, par la faute d’une politique fiscale inadéquate, restreignante et inadaptée au monde d’aujourd’hui, peine à joindre les 2 bouts et à atteindre un seuil de rentabilité minimale au détriment de toutes les règles et fardeaux fiscaux imposés par nos dirigeants et notre système archaïque de taxes et d’imposition! Tout ceci favorise et engendre systématiquement le travail au noir, l’évasion fiscale et la valeur élevée des produits et services offerts.. Unique moyen pour espérer atteindre un semblant de qualité de vie avec un salaire décent et adapté au coût de la vie d’aujourd’hui qui augmente sans cesse contrairement au revenu…

Depuis toujours, au Québec, un travailleur autonome ne doit pas dépasser un montant limite de $30000 en facturation totale pour une année fiscale sans quoi il doit obligatoirement devenir un percepteur de taxes pour les gouvernements en se créant un compte de taxes TPS/TVQ! Ce qui engendre par le fait même un paiement élevé de taxes trimestriels avec des règles, normes et limites rigoureuses et punitives imposées par nos dirigeants ainsi que des frais de comptabilité trimestriels eux aussi beaucoup plus élevée! Ces montants combinés représentent environ l’équivalent du profit net de ces petites entreprises pour cette même période… Dans ce petit $30000 au total qui frôle le seuil de pauvreté, nous devons bien sûr inclure toutes les dépenses et frais fixes engendrés par le seul fait de mettre en œuvre la nature du travail et des services offerts! Rien à voir avec un revenu net de $30000…

Donc, petite mise en situation; une personne travailleur autonome avec une bonne idée qui facture moins de $30000 brut dépenses incluses, peine à vivre dans le monde d’aujourd’hui en créant son propre emploi! Pourtant, il comble un besoin et contribue à la croissance économique locale que préconisent tant tous nos leaders politiques! Comme tout le monde, elle doit aussi payer ses impôts à la fin de l’année. Cette même personne qui après quelques années voit son chiffre d’affaire augmenter légèrement et dépasser le ridicule seuil de $30000 jusqu’à concurrence de $40000 et plus doit maintenant ouvrir ses comptes TPS/TVQ et embarquer dans la machine fiscale gouvernementale! Voilà où est le problème! Malgré le fait que cette même personne voit son chiffre d’affaire augmenter de $10000 par année, elle demeure toujours aussi pauvre en tant qu’individu puisque tous ces revenus supplémentaires sont complètement engloutis par la machine gouvernementale et les frais en tous genres combinés qu’elle implique!

Cette personne qui travaille avec acharnement depuis des années à monter son entreprise à la sueur de son front sans compter les heures et sans aucune protection comme l’assurance chômage, les contraintes dues au fardeau fiscal, les salaires instables et tout le reste… Elle prend conscience de tout ça et ne peut voir le moment où enfin elle atteindra une rentabilité descente pour vivre et faire vivre sa famille alors arrive le moment où le découragement et la peur de perdre son entreprise croissante si durement bâtie fait surface et le moyen le plus simple et rapide de remédier à tout ça est de ne pas tout déclarer à l’impôt… Ce qui par le fait même met cette personne dans une position où elle contrevient aux lois fiscales et l’expose à différents problèmes et sanctions! Était-ce vraiment le but premier de cette personne ou de contribuer à la société avec fierté…?

De plus, un couple vivant ensemble sous un même toit qui décide de démarrer son entreprises ensemble ne peux pas déclarer un montant de $30000 chacun comme travailleur autonome pour une facturation total de $60000 c’est $30000 pour les 2!!! Wow tout un revenu familial… Le seul cas où c’est possible c’est lorsque les 2 personnes du même couple sont travailleurs autonomes mais pas pour le même type de travail. Ce qui rend presque impossible le démarrage d’un petite entreprise à 2 afin d’augmenter la qualité de vie familiale du couple!

Demandez vous pourquoi il y a tant de faillite et de commerce pignon sur rue qui ferment en laissant tous ces locaux vides à la grandeur du Québec? Plus rien n’est rentable, malgré le besoin et les bonnes idées, due aux fardeaux fiscaux et à toutes ces règles… En cette nouvelle ère d’innovation du Québec 2.0 où l’on prône désormais l’achat local et l’autosuffisance, le prix des produits “Made in Québec” serait beaucoup plus bas et donc plus abordable pour le Québécois de classe moyenne si toutes ces normes étaient révisées et adaptées au monde d’aujourd’hui!

Aujourd’hui l’ère numérique nous permet de réduire les frais fixes en nous permettant de travailler de la maison sans avoir besoin d’un pignon sur rue pour avoir accès à une clientèle et ainsi espérer pouvoir rentabiliser une bonne idée. Mais tout de même rien n’est garanti avec toute cette problématique ainsi que le coût de la vie qui ne cesse d’augmenter…

J’invite tous les travailleurs autonomes, qui doivent certainement se reconnaître dans cette lettre à la partager afin qu’elle vienne aux oreilles de nos politiciens qui prônent le changement, l’évolution et l’écoute de ses citoyens et ainsi mettre à jour cette situation qui perdure depuis toujours et qui ne semble aucunement être une priorité ou un sujet d’actualité pour nos dirigeants qui n’ont qu’un seul but la croissance économique au détriment des travailleurs et payeurs de taxes! Taxes, Taxes et ReTaxes!!!

Pourquoi ne pas augmenter cette limite de $30000 à $50000 avant l’obligation d’ouvrir des comptes TPS/TVQ et aussi permettre à chaque individu quelle que soit sa situation d’avoir droit à ce revenu en tant que travailleur autonome pour ainsi réduire l’évasion fiscale et favoriser la création de nouvelles entreprises Québécoises rentables qui répondent aux besoins et revenus de la vie d’aujourd’hui? C’est pourtant si simple….

De plus avec la situation présente en ce qui a trait au Coronavirus, quelles seront les mesures misent en œuvre afin d’aider tous les travailleurs autonomes du Québec qui sont de plus en plus nombreux et qui n’ont droit à absolument aucune aide du gouvernement et qui devront tout arrêter pour les quarantaines obligatoires? Le retour ne se fera certainement pas en un claquement de doigts! Les médias parlent de toutes les situations mais jamais nous n’entendons quoique ce soit à propos de nous les travailleurs autonomes du Québec! Il est temps que ça change!!!

Si vous voulez nous aider, SVP veuillez copier ce texte et le partager partout sur les réseaux sociaux et les pages internet des médias télés et journalistiques ainsi que gouvernementaux et autres puisque c’est la seule façon de mettre en lumière et de faire avancer cette cause qui est totalement oubliée depuis toujours de la part de nos dirigeants! MERCI!

Un travailleur autonome désabusé… depuis plusieurs années et qui se demande bien ce que lui réserve l’avenir….. QUÉBEC 2.0….

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