Trois astuces pour éviter les fausses nouvelles

Ou comment éviter de vous faire corriger dans la section commentaires de votre plus récent partage sur Facebook. Notre nouvelle collaboratrice Camille Lopez inaugure la chronique Venons-en aux faits !

Fake news
Photo: iStockphoto

Bonne (et vraie) nouvelle ! À l’heure où « FAKE NEWS » s’écrit automatiquement en majuscules et que l’expression « fausse nouvelle » est utilisée comme une insulte et non comme un argument, j’ai le plaisir d’inaugurer la chronique Venons-en aux faits !

Parmi les centaines de publications qui se bousculent dans vos différents fils d’actualité sur les réseaux sociaux, certaines (voire beaucoup, en fonction du type de contenu que vous consommez) tendent des pièges bien façonnés.

Il y a plusieurs moyens de ne pas tomber dans le panneau. La chronique Venons-en aux faits ! en sera un. (Pardonnez l’autopromotion.)

Vous trouverez ici les démentis des plus récents canulars qui polluent Internet, des listes des fausses nouvelles entourant un événement majeur (attentat, catastrophe naturelle…) et des analyses du phénomène.

Puisque vérifier ce qu’on lit, partage, like, commente ou gazouille est un réflexe qu’il faut encourager, je publierai aussi mes démarches de vérification des faits.

Pourquoi ne pas commencer par quelques astuces utiles ?

1. Arrêter de penser que le Québec est épargné (ou que le phénomène des fausses nouvelles n’affecte que les États-Unis)

L’article le plus partagé lors de la dernière campagne présidentielle américaine était une fausse nouvelle. Puis, pour la première fois, on a pu constater l’ampleur de l’influence de la Russie sur l’élection en question, quand certaines publicités commanditées par le pays ont été dévoilées devant le Congrès américain.

Quant au terme « fake news », lancé (et surtout gazouillé) par Donald Trump plus fréquemment que ne l’aurait fait le petit garçon qui criait au loup, il est devenu le mot de l’année 2017.

Vu de loin, il est facile de s’imaginer qu’on a affaire à un phénomène américano-centriste. Mais il vaut mieux ne pas se péter les bretelles.

Des médias dits « alternatifs » ont récemment repris la nouvelle erronée selon laquelle une mosquée de Montréal aurait conclu une entente avec le chantier de construction adjacent pour qu’aucune femme ne puisse y travailler. Il s’agit pourtant d’une rumeur issue d’une erreur journalistique. Rumeur qui a depuis été clarifiée par plusieurs sources.

Pensons aussi à l’attentat de la mosquée de Québec. Aux sites de théories du complot qui s’époumonent depuis des mois à répéter qu’il y avait en fait deux tireurs, et que l’un d’eux s’est exclamé « Allahu akbar » avant d’ouvrir le feu. Faux.

Et pensons à l’arrivée massive des demandeurs d’asile haïtiens cet été, qui a donné lieu à des mobilisations contre l’« immigration illégale », un terme devenu slogan chez certains groupes… mais qui n’a aucune portée juridique, tant selon les avocats que d’après les élus.

2. Sortir de sa bulle idéologique

Pour être en mesure d’évaluer rapidement si une information est légitime, il faut savoir la remettre dans son contexte. Et pour bien y parvenir, il faut s’intéresser à tous les angles de la question. Bref, lire des textes nuancés et soutenus par de bons arguments, publiés dans toutes sortes de médias fiables.

En vue de se préparer aux résultats d’une élection, par exemple, il est préférable de sortir de son réseau pour se faire une idée du climat politique global.

Un peu après l’élection de Donald Trump, un sondage du Washington Post nous apprenait qu’en Virginie, plus de la moitié des électeurs ne connaissaient personne qui ne partageait pas leur opinion politique. Aucun ami, aucun membre de la famille proche de l’électeur moyen ne comptait voter pour un candidat différent.

Pas étonnant que l’issue de l’élection ait causé la surprise (presque) générale.

L’exercice peut s’avérer difficile à faire, voire un peu pénible pour certains, mais quelques publications ont pris l’initiative de proposer à leurs lecteurs des textes d’autres médias qui ont une ligne éditoriale différente.

S’il y avait une sous-catégorie à ajouter à ce conseil, ce serait ceci : il vaut mieux arrêter de penser que la désinformation ne se fait que « de l’autre bord ». Ce n’est pas juste la droite ou juste la gauche qui joue avec les fausses informations. C’est un party déprimant auquel tout le monde est (malheureusement) invité.

Récemment, par exemple, une  vidéo a ému le Web au complet : celle d’un [youtube href= »https://www.youtube.com/watch?v=oiC_HG3u-nk »]ours polaire émacié[/youtube] « victime des changements climatiques ». Du moins si l’on en croit l’organisation Sea Legacy, qui l’a mise en ligne. Plusieurs experts ont réagi au court clip, demandant aux médias de traiter la nouvelle avec prudence. Trop tard, l’info avait déjà fait le tour de la planète. Pourtant, selon le scientifique Steven Amstrup, de Polar Bear International, le réchauffement climatique ne serait probablement pas responsable de l’état rachitique de l’animal. Bien d’autres facteurs pourraient être en cause.

3. Sur Facebook, relire le nom du média et son adresse Web s-y-s-t-é-m-a-t-i-q-u-e-m-e-n-t

Oui, ça peut vous éviter de partager un texte particulièrement haineux provenant d’un site dont l’URL ressemble à s’y méprendre à celui d’un grand média.

Ça peut également vous éviter de participer au concours vraiment trop beau pour être vrai d’une pseudo-compagnie aérienne qui ne vous demande que vos informations bancaires et votre numéro d’assurance sociale.

Mais ça peut surtout vous sauver la face et ne pas vous faire partager un article satirique du « Journal de Mourréal » par mégarde. Ce serait dommage.

Voilà pour mes trois conseils. Cette chronique se voudra aussi interactive : je vous encourage à m’écrire à toute heure de la journée, dès qu’une nouvelle vous semble louche, douteuse, et qu’elle titille votre mensonge-o-mètre.

Et maintenant, venons-en aux faits !

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« Des médias dits « alternatifs » ont récemment repris la nouvelle erronée selon laquelle une mosquée de Montréal aurait conclu une entente avec le chantier de construction adjacent pour qu’aucune femme ne puisse y travailler. Il s’agit pourtant d’une rumeur issue d’une erreur journalistique. »
Si on lit le court bilan officiel de la Commission de la construction du Québec a démenti que la mosquée ait demandé de retirer des femmes du chantier, mais elle n’a pas démenti que des femmes aient été retirées. Elle a dit qu’il y avait eu erreur administrative (mélange de directives dans la sous-traitance) et qu’elle était confiance que cette situation ne se « reproduirait » pas dans ces entreprises. Mais des médias continuent de dire qu’aucune femme n’a été retirée. Ça aussi c’est une « fausse nouvelle ». Par ailleurs, les médias n’ont pas cherché davantage à savoir si les femmes déplacées par erreur seraient réintégrées dans leurs postes d’origine avec des excuses. Enfin, aucun n’a trouvé singulier qu’une mosquée demande à un chantier de construction de ne pas faire de bruit le vendredi. Aussi bien demander de ralentir les travaux. Voici le bilan de la CCQ: https://www.ccq.org/~/media/PDF/Travaux_abords-mosquees_CDN-12-2017_VFin.pdf

Quant à « chipoter sur des détails »… y a-t-il eu vraiment des femmes qui ont été « sorties du chantier »… ou empêchées d’y entrer pour travailler? Ce petit « détail » ne semble intéresser personne, pas plus les journalistes que les blogueuses, dirait-on… C’est beau les FAKE NEWS, mais il y a également cette habitude de tourner la tête, de « regarder ailleurs »… tout simplement…

Come on… Encore un complot? Une petite virgule qui accroche? Un petit coin qui retrousse?

Vous êtes sérieuse là?

TVA, qui fait partie intégrante de l’Empire, a créé lui-même de toute pièce une « fake news » et SURTOUT, ayant les moyens de vérifier leurs « nouvelles » AVANT des les publier, (après tout, n’ont-ils pas leur propre bureau d’enquêtes?) ils auraient dû enquêter et scruter un peu le contenu avant de crier sur tous les toits cette malheureuse dépêche qui aurait pu avoir des conséquences catastrophiques compte tenu du sujet brûlant du dossier. Mais naôôônnn… Pressés qu’ils sont de nuire au gouvernement, ils ont préféré le scoop sensationnaliste à la rigueur journalistique et le pire, c’est que les partis de l’opposition, jamais en reste d’accuser vicieusement notre gouvernement, les ont suivi aveuglément dans leur délire.

Votre fanatisme vous aveugle…

La Société Royale de Londres destinée à promouvoir les connaissances scientifiques (Isaac Newton et Charles Darwin en faisaient partie) a pour devise : «Nullius in verba» qui signifie : «Ne rien croire sur parole» Je cite suvent la devise aux élèves au cours de mes animations scolaires.
Élizabeth Turgeon

Confucius a dit « ne croit que la moitié de ce que tu as vu et 10% de ce que l’on te rapporte ».

Toutes les rechrches concernant le sujet de la mémoire récente démontrent que des faits dont nous avons été témoin le jour prédécent nous nous rappelons que du quart. Le pourcentage varie selon l’événement constaté ou vécu.

En doit criminel, les professeurs démontrent à tous les étudiants que la mémoire, même très récente faillie à plusieurs égards. Il y a le test où un individu entre normalement dans le local et se retourne vers le contoir pour y voler ce qu’il y a dessus. Le professeur demande par la suite aux étudiants les détails de ce vol dont les données sur ce qui fut volé ainsi que l’individu concernant sa grandeur, couleur et longueur des cheveux, avec ou sans barbe etc ainsi que les vêtements qu’il portait.

Personne ne réussi à ce test (écrit) la moyenne étant d’entre 20% et 30% des questions dont les réponses sont exactes, si ma mémoire est exacte. Il y a aussi une émission de la série « Brain test » ou « Brain memory » qui exploite plusieurs scénario pour éguiser notre mémoire. J’ai réussis à peine à répondre qu’à 16%. Pas fort, la mémoire ! C’est sans doute la raison pour laquelle je vérifie presque toujours l’information avant de la divulguer, il n’y a rien de meilleur que la vérification des données et des faits.

@ François 1. Hann ? Tivi-A a un bulletin de nouvelle ?