Trop lourd, ce budget!

Quelles solutions le gouvernement québécois peut-il apporter aux pressions budgétaires qu’entraîne le vieillissement de la population?

(Eric Godin pour L'actualite)
(Eric Godin pour L’actualité)

Le vieillissement démographique frappe le budget du Québec de deux manières. D’une part, avec beaucoup plus de personnes âgées, la pression sur les dépenses de santé et de services sociaux est très forte. Elles augmentent de 500 millions de dollars de plus par année. D’autre part, avec une population de 15 à 64 ans en déclin, les contribuables sont moins nombreux, et les revenus fiscaux, moins abondants. C’est 500 millions de moins chaque année.

Au total, le vieillissement ajoute 1 milliard à la hausse annuelle de la facture. Comment relever ce défi financier? Le budget 2016-2017 prévoit des revenus de 102 milliards de dollars, dont 82 en revenus fiscaux et 20 en transferts fédéraux. Les dépenses, elles, devaient atteindre 100 milliards, dont 39 pour la santé, 51 pour les autres missions et 10 pour les charges d’intérêts sur la dette. Le surplus budgétaire de 2 milliards qui en résulte doit être déposé au Fonds des générations pour réduire la dette.

Pour réagir, le gouverne­ment dispose de cinq possibilités. En premier lieu, il peut augmenter les impôts de façon à éponger la perte de revenus fiscaux découlant de la baisse du nombre de contribuables. La contribution santé introduite en 2010 par le ministre des Finances Raymond Bachand visait cet objectif. Son successeur, Carlos Leitão, a cependant promis de l’abolir en 2017.

En deuxième lieu, le Québec peut supplier le fédéral de lui transférer plus d’argent. Une telle démarche est en cours cet automne. Toutefois, Ottawa est déjà engagé dans un lourd programme d’investissements dans les infrastructures. Il est plutôt enclin à ralentir ses transferts, ou à imposer ses conditions pour en donner plus.


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En troisième lieu, le Québec peut agir directement sur les dépenses de santé et de services sociaux. Une tentative en ce sens est en cours. En 2014 et 2015, sous la gouverne du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, les dépenses ont augmenté en moyenne de 1 milliard de dollars par année, plutôt que de 1,4 milliard, comme dans les quatre années antérieures. Mais son approche repose sur la centralisation administrative et l’affrontement musclé avec les principaux acteurs (gestionnaires, médecins, infirmières, pharmaciens). Tous les manuels de gestion vous diront que ce sont les pires moyens d’améliorer durablement la productivité du système et la qualité des services. Comme on ne peut laisser les gens sans soins ou services, il est plus que probable que le succès du ministre à maîtriser les coûts sera passager. La progression des dépenses devrait bientôt reprendre de plus belle dans ce système rigide et improductif tiré par une demande de soins dont la croissance est accélérée par le vieillissement.

En quatrième lieu, le gouvernement peut agrandir l’espace budgétaire consacré à la santé en «tassant» les autres missions (éducation, culture, transports, justice, économie, solidarité, environnement, etc.). Il a en fait déjà emprunté cette voie. Depuis 10 ans, les dépenses pour la mission Santé et Services sociaux ont augmenté de 56 % ; celles pour les autres missions, de 37 %. Il y a toutefois une limite économique et politique à jouer à ce jeu de bousculade entre missions. La résistance des secteurs «tassés» se fait de plus en plus vive devant la détérioration vérifiée des services à la population.

En cinquième lieu, on pourrait envisager d’utiliser le surplus de 2 milliards pour combler en partie le trou budgétaire creusé par le vieillissement. Mais cela est interdit par la Loi sur la réduction de la dette. Dans son application concrète, cette dernière exige que, d’ici l’année 2025-2026, le budget réalise des surplus d’environ 3,5 milliards par année en moyenne. Pas de veine, il faut obéir à la loi.

Pour l’instant, c’est l’impasse: les cinq portes sont fermées, ou presque. La taxe santé va disparaître, les transferts fédéraux vont piétiner, le système de santé continue à se complaire dans sa rigidité, les autres secteurs sont écœurés de se faire «tasser» et la loi oblige le gouvernement à réaliser des surplus.

Misère.

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15 commentaires
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Le gouvernement du Québec n’a pas un problème de revenus. Nous sommes déjà les plus taxés et les plus imposés en Amérique.

Le problème du gouvernement québécois en est un de dépenses. Les réduire serait LA solution la plus logique.

En effet monsieur François 1, cependant par quel enveloppe ministérielle commencera t’il. Pluiseurs hôpitaux doivent être reconstruites et non rénovés, le secteur de l’immobilier scolaire doit aussi subir une cure d’amaigrissement mais comment pourra t’on savoir comment équilibrer les ressources contre la demande, il y a de moins en moins d’enfant par famille au Québec et nous distribuons des diplômes universitaires comme des bonbons dont les curriculum sont véritablement bien en dessous des universités Européennes et d’Amérique du nord. Tout cela a un coût faramineux, surtout que les étudiants veulent la gratuité scolaire.

Nous parlons depuis plus de trente années de réduire le nombre d’automobiles qui entrent sur l’Ile de Montréal et nous continuons à construire des ponts. Durant de temps, les gouvernements dépensent des milliards pour fournir des services toujours de plus en plus fiables et dont la desserte est au summum de la réalité qu’est la demande. Il faudra bien que le gouvernement mette le pied à terre. Partout en Amérique du Nord et de plus en plus en Europe, il y a une tarification selon le nombre de kilomàtres parccourus sur les principaux autoroutes et à l’entrée des grands centres, le tout s’effectuant automatiquement sans ralentissement des véhicules.

A écouter tout ce beau monde, ils ont tous besoin d’une automobile au point où s’en était ridicule il y a vingt ans, vous pouvez imaginez aujourd’hui. Si je compte le nombre de personnes qui m’entourent et ont ce discours, je juge qu’il n’y a que 40% qui ont vraiment besoin de leur véhicule pour aller travailler. Pendant ce temps, ils mangent du « baloné » pour pouvoir payer la deuxième automobile dont ils n’ont pas besoin, c’est le même problème depuis des décennies.

Demander aux citoyens de s’auto gérer relève de la même farce que de penser que les entreprises devraient s’auto gérer.

Du point de vue système de la santé, le minisre devrait imposer que les infirmière détenant un Bacc puissent renouveler les prescription avec certanes exceptions tel que les narcotiques et certains type de médicament tels les benzo. Selon les statistique du ministères, nous payons 135$ par consultation auprès d’un médecin pour un renouvellement d’un médicament et les renouvellements génèrent près de 28% des actes médicaux. Il s’agit de mettre fin aux actes des petits dictateurs que sont les médecins qu’ils soient d’accord ou non. Le système existe en Europe dans plusieurs pays depuis plus d’une décennie dans certains.

Un comité d’expert s’est récemment penché sur la question des dépenses gouvernementales au Québec et a fait des propositions parfaitement intelligibles et sensées mais qui vont à l’encontre de la pensée gauchiste et syndicaliste unique du Québec. Personne n’a le courage de les mettre en pratique. Il y a en plus eu les Lucides qui ont fait un travail magnifique mais ici également, on tarde à mettre en pratique leurs recommendations. On (TOUS les partis confondus mais QS est probablement le pire!) préfère jouer aux autruches et continuer à exiger de plus en plus d’interventions étatiques avec le troupeau de fonfons syndiqués, trop payés et pensionnés à outrance qu’il faut recruter pour concrétiser ces interventions.

À chaque jour, nous sommes confrontés au gaspillage honteux de Millions de beaux dollars de NOTRE argent par les différents paliers de gouvernement.

LA solution? RÉDUIRE la taille de l’État obèse, improductif et tentaculaire et PRIVATISER la plupart des « services » que l’État nous « fournit ». Si le privé est capable de nous nourrir, nous loger, nous vêtir, nous fournir nos médicaments, etc… à coût acceptables, il est également parfaitement capable de remplacer l’État à coût beaucoup MOINDRE. Ensuite, il faut s’attaquer aux monopoles despotiques syndicaux et repenser la formule Rand serait un bon pas dans la bonne direction.

Il y a beaucoup de pain sur la planche mais ça prend du courage sinon, ce sont nos créanciers qui prendront les décisions pour nous, comme en Grèce.

WOW!!!

Je suis tout à fait impressionné par la solidité et la profondeur de l’argumentaire très édifiant que vous étalez ici.

Respect man!!!

Si on pouvait réduire la dette publique par une simple loi, tous les états trop endettés l’auraient déjà fait. Quand l’exécutif contrôle le législatif, l’expression « [p]as de veine, il faut obéir à la loi » n’est pas un gros obstacle pour abolir une loi dont le gouvernement a de la difficulté à respecter.

Fillion en France parle d’augmenter les heures travaillées par les fonctionnaires, d’en éliminer 500,000 et de privatiser en masse en santé. Les Français sont dans le trou, plus le choix de remèdes de cheval! Il faut couper des fonctionnaires et éliminer des «missions» de l’état.

On est dans le même pétrin ici, l’état est trop gros et étouffe tout le reste. Le système de santé communiste est déjà en train d’imploser on attend quoi pour changer tout ça?

Monsieur Fortin,
Avez-vous pris en considération les impôts sur les successions qui vont aller en augmentant dans votre analyse aux cinq portes? Tous ces Réer qui seront taxés aux de plus en plus nombreux décès annuels et d’autres formes de patrimoines????

Un peuple bien éduqué est un peuple fort. Et présentement, force est de constater que notre système d’éducation a besoin d’un sérieux virage pour enfin former des citoyens bien « équilibrés ». Le recrutement et la formation des enseignants laissent grandement à désirer, malgré que ce soit la base de toute société moderne.
Nous aurions grand intérêt à voir ce qui se fait dans les pays scandinaves et particulièrement au Danemark.
(Et pour @François 1, les étudiants qui ont la capacité de fréquenter l’université, ceux-ci sont payés pour y performer…)

Suggestions pour économiser et permettre des baisses d’impôt substantielles qui aideraient à relancer l’investissement privé et l’entreprenariat au Québec (valable pour tout le secteur public incluant les sociétés d’état):

Ramener la semaine de travail à de 35 à 40 heures en payant seulement l’équivalant de 37.5.

Ramener l’âge de la retraite à 65 ans et sauf exception pénaliser fortement tous ceux qui veulent partir avant.

Ramener le concept d’évaluation du personnel dans le secteur public et y associer autant que possible le progrès salarial.

Abolir le concept de job à vie (permettre le congédiement) et congédier immédiatement les incompétents et tout le «bois mort», tablettes, etc…

Permettre le congédiement basé sur la performance au travail (non plus sur l’ancienneté).

Et ce n’est qu’un début, il faudrait aussi affaiblir les pouvoir légaux des syndicats, alléger de multiples réglementations et sortir l’état de nombreux secteur y compris éventuellement sortir de la livraison des services en santé et permettre l’assurance santé privée.

J’aimerais ajouter que depuis l’élection de Donald Trump les américains ont dorénavant un gouvernement fédéral dont toutes les branches sont «pro business» et pro entreprise. Il faut s’attendre à ce qu’ils (re)deviennent des compétiteurs féroces, notamment en ce qui a trait à la fiscalité.

Nous sommes déjà beaucoup plus pauvres que les américains (PIB par tête environ 40% inférieur!!!), bien sûr la plus grande redistribution de la richesse ici masque un peu ce fait et rend cette situation plus vivable pour le moment, mais ce n’est pas une solution viable à long terme comme en témoigne l’état lamentable de nos infrastructures, l’implosion de notre système de santé et la pauvreté de notre système d’éducation, sans parler de notre piètre performance économique, vient un temps où même en égalisant très bien les morceaux la tarte n’est plus assez grande…

Comme la France qui semble se diriger vers des changements le Québec a besoin d’un coup de barre, ça presse!

La problématique du gouvernement québecois est sa structure , son organigramme ! Le parti au pouvoir gère à la petite semaine et selon les sondages. Le modèle québecois est caduque et personne ne semble vouloir corriger le tir ! L’ opposition martèle sans cesse qu’ il faut investir de nouvelles ressources pour-ci ou cela sans même analyser les conséquences sur le budget ; comme si cet aspect n’ a pas à faire partie de la solution!!! Pour ce qui est des communistes QS eux sont tellement irresponsables dans leur idéologie , qu’ ils sont complètement déconnectés de l’ économie 101 de base que ça prend pour être en mesure de répartir de façon équitable les REVENUS pour optimiser les services à la population.

Actuellement la population vieillit et bien sûr ça va prendre plus de ressources humaines pour pouvoir donner les services à ceux qui ont pour la pluspart payer des taxes et impôts toute leur vie pour avoir de bonnes conditions en fin de vie. Bien sûr ça ne veut pas dire augmenter les dépenses mais bien plutôt RÉPARTIR les ressources de façon différentes! Cela passe nécessairement par le réorganisation du travail de nos fonctionnaires ! Qui dit réorganisation du travail dit forcément réouverture des conventions de travail et réorganisation des conditions nouvelles qui doivent être admises comme un fait incontournable !!! C’ est drôle , je n’ai pas entendu ces propos de la bouche des invités à la grande messe du dimanche qui revendique,revendique,revendique……………

Car beaucoup d’ intellectuels de droite, de centre et de gauche et /ou syndicalistes ont oublié que les employés du gouvernement, que ce soit provincial, municipal et fédéral sont au service de la population à qui ils donnent des services et non au service du corporatisme syndical qui les endoctrinent ! Maintenant regarder dans les caisses des Corporations syndicales et vous allez constater que l’ argent ne tombe pas de l’ arbre !!!!