Un club social pas comme les autres

Autisme sans limites porte bien son nom : visites de musées, rencontres d’employeurs, cours de cuisine… des autistes trouvent de tout au sein de cet OSBL. Même des amis.

Illustration : Sébastien Thibault

Présenté parLogo partenaire

L’histoire qui suit est celle d’un lauréat de la deuxième édition des Prix de l’impact social, qui récompensent des entreprises et des organismes québécois qui travaillent de façon méthodique à changer le monde. L’organisme Autisme sans limites a reçu le prix dans la catégorie Mobilisation de l’écosystème. Pour lire tous les récits inspirants, c’est ici.

Lise-Marie Gravel, dont l’organisme propose des activités à de jeunes adultes autistes considérés comme « à haut niveau de fonctionnement », aime dire que quelqu’un a fait une faute de frappe. « Je compare les autistes à des artistes : ils ont une créativité incroyable, une sensibilité à fleur de peau et des passions qui peuvent tourner à l’obsession. C’est valorisé quand on est un artiste ; pourquoi ça ne l’est pas quand on est un autiste ? Si les jeunes autistes avaient le quart du capital de sympathie qu’on voue à nos artistes en raison de leur différence, leur vie ne serait pas la même ! »

Non seulement Lise-Marie Gravel est la présidente d’Autisme sans limites, mais elle est aussi la maman de Kevin, 29 ans, un de ces jeunes adultes dits « à haut niveau de fonctionnement ». Dans le large spectre de l’autisme, cela désigne les personnes les plus autonomes, capables de fonctionner socialement sans besoin d’accompagnement.

L’ancienne journaliste étudie l’autisme sous tous les angles lorsqu’elle apprend le diagnostic de son fils alors qu’il a 15 ans. Elle constate que les programmes sont axés, par exemple, sur la recherche de travail. Toutefois, elle se rend bien compte que ce qui manque à son fils pour être heureux, c’est de passer du temps constructif avec des jeunes comme lui, de façon détendue.

« Les jeunes adultes autistes à haut niveau de fonctionnement ont besoin de se sentir à l’aise dans un cadre structuré, et ils ont aussi besoin de se sentir acceptés », souligne la maman. Elle ne fait ni une ni deux et crée un club social dans le sous-sol de sa maison de Beaconsfield, où elle invite des jeunes autistes, mais aussi des amis et des bénévoles du milieu. Chaque vendredi, c’est soirée de jeux de société, et Lise-Marie Gravel constate que des manifestations de l’autisme — comme le bégaiement ou des manies qui expriment un stress — diminuent chez les participants au fur et à mesure des soirées. « J’ai réalisé que, quand les jeunes autistes sont dans un milieu où ils sont totalement acceptés, la personne cachée derrière le masque de l’autisme apparaît », note-t-elle.

Depuis trois ans, Autisme sans limites a mis sur pied des programmes en partenariat avec des musées, des entreprises et des écoles. Les membres du groupe suivent des cours de cuisine, visitent des musées, assistent à des conférences ou découvrent des entreprises. « C’est important pour eux de rencontrer des dirigeants, et de se trouver dans des milieux de loisirs et de travail. Ils comprennent qu’ils peuvent être à l’aise dans ces milieux-là », explique Lise-Marie Gravel.

La démarche aide également le public et les employeurs à les rencontrer et à comprendre leur potentiel. « On a invité un réalisateur à venir parler de films, et un jeune a travaillé sur un documentaire l’été passé. On provoque des rencontres ! » raconte la directrice générale de l’organisme.

L’année dernière, Autisme sans limites a accompagné plus de 60 adultes autistes à Montréal. L’organisation a attiré l’attention du gouvernement québécois, qui étudie la possibilité d’appliquer le concept dans d’autres agglomérations au Québec. « Les autistes peuvent être de super atouts dans la société, ils ont vraiment des façons de penser différentes », dit Lise-Marie Gravel.

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