Un ex-sénateur en chute libre

L’ex-député libéral et sénateur Raymond Lavigne, 65 ans, est devenu à la mi-juin le premier sénateur canadien condamné à une peine d’emprisonnement.

Un ex-sénateur en chute libre
Photo : S. Kilpatrick / PC

Il a été reconnu coupable de fraude et d’abus de confiance. Le juge Robert Smith, de la Cour supérieure de l’Ontario, le condamne à six mois de prison, suivis de six mois à purger dans la collectivité, ainsi qu’à une amende de 10 000 dollars. L’ex-sénateur, qui a démissionné le 21 mars dernier, en appellera de cette décision.

Les dénonciateurs

Juillet 2005. Carol et Neil Faulkner voient un homme couper des arbres sur leur terrain et sur celui de leur voisin, le sénateur Raymond Lavigne, à Wakefield, dans l’Outaouais. Le bûcheron ? Daniel Côté, adjoint de Lavigne, qui abat 60 arbres en trois jours… au beau milieu de la semaine. Le couple porte plainte au Sénat pour utilisation abusive des fonds publics.

La fraude

L’enquête du Sénat conclut que Raymond Lavigne a détourné des ressources de la Chambre haute à des fins personnelles. Les enquêteurs découvrent aussi que pour rembourser les déplacements de ses adjoints entre Montréal et Ottawa, le sénateur leur verse 50 dollars. Il réclame pour lui-même, à plus d’une cinquantaine de reprises, un remboursement de 217 dollars pour le même trajet… qu’il n’a pas effectué. La fraude s’élève à 10 120,50 $. La GRC est saisie du dossier.

La suspension

Août 2007. La police fédérale dépose trois chefs d’accusation contre Raymond Lavigne : fraude, abus de confiance et entrave à la justice. Il est suspendu illico du Sénat. De 2007 à 2010, malgré sa suspension, Raymond Lavigne reçoit son salaire annuel de 132 000 dollars. Il continue ses activités de sénateur et réclame des remboursements de dépenses de 315 000 dollars.