Un Viet chez les Cris

S’il y a du bok choy et des aubergines dans les épiceries de la réserve de Manawan, dans Lanaudière, et dans celles des villages de Kuujjuarapik et de Whapmagoostui, au Nunavik, c’est beaucoup grâce aux recettes de Hop Lamdao.

Ce chef de 54 ans, d’origine vietnamienne, partage depuis 10 ans son temps entre ces localités attikamek et inuite-crie. Il donne des cours de cuisine santé aux cuistots des garderies ainsi que des ateliers à la population en général. Il offre aussi des repas à deux dollars dans les écoles. Les activités sont financées par les conseils de bande.

« Traditionnellement, les autochtones mangent peu de fruits et légumes. Leur taux de diabète est très élevé. Ils ont un immense besoin de bien manger et de bouger. » Hop Lamdao est conscient qu’il ne peut pas répondre aux besoins de toutes les familles amérindiennes du Nord. « C’est un travail à long terme. Si je les quittais maintenant, je crois qu’elles perdraient leurs bonnes habitudes. »

Le chef a été propriétaire de plusieurs restaurants à Montréal, mais c’est chez les autochtones qu’il a trouvé sa voie. « J’ai vécu la guerre au Viêt Nam, dit-il. J’ai passé des années difficiles, caché dans les bois. Lorsque je me retrouve sans électricité, sans eau courante, ce sont de vieux souvenirs d’enfance qui refont surface. » Les autochtones le considèrent presque comme l’un des leurs. « Dans ces localités, on m’a donné des noms autochtones. Avec ma couleur de peau et mes yeux bridés, nous nous ressemblons un peu.