Une femme présidente, ça change le monde?

Tous ne sont pas convaincus que Hillary Clinton ferait avancer la cause des femmes en devenant présidente des États-Unis. Mais la portée symbolique de son élection pourrait à elle seule déplacer des montagnes.

La candidate Hillary Clinton a remporté le nombre de délégués requis pour obtenir l'investiture démocrate. (Photo: AP Photo/John Locher)
Hillary Clinton a remporté le nombre de délégués requis pour obtenir l’investiture démocrate. (Photo: AP Photo/John Locher)

L’accession de Hillary Clinton à la présidence des États-Unis changerait-elle la vie des femmes pour le mieux ? Pour certaines observatrices, son élection ne serait pas automatiquement un baume pour la condition féminine ; encore faudrait–il qu’elle mette en œuvre des politiques qui favorisent l’égalité des sexes. Il s’en trouve même pour affirmer que Bernie Sanders, l’autre candidat à l’investiture démocrate, sénateur du Vermont bien connu pour ses positions progressistes, aurait été un meilleur allié, puisque, étant plus à gauche, il aurait été mieux armé pour lutter contre les inégalités socio-économiques qui affectent disproportionnellement les femmes.

Mais pour d’autres commentatrices, voir une femme prendre les commandes du plus puissant pays de la planète serait une percée historique si importante que cela constituerait en soi une révolution. Et ce, peu importe ce que Hillary Clinton accomplit concrètement durant son mandat, et quelles que soient ses inclinations néolibérales.

Lat_09_garsfilles_exergueJ’ai trouvé des éléments de réponse à ce dilemme dans une élégante étude, réalisée récemment par la psychologue Ioana Latu, de l’Université Rutgers, au New Jersey, et des collègues de la Suisse et de l’Allemagne. Leurs résultats ont été relayés en 2013 dans la revue Journal of Experimental Social Psychology.

Si on se fie à ces travaux, se trouver en présence d’un modèle de femme de pouvoir comme Hillary Clinton peut amener les femmes à se comporter elles-mêmes comme de meilleures leaders en situation de stress. Pas besoin de la voir en chair et en os pour que la magie opère ; une simple photo accrochée au fond d’une pièce suffit.

Quelque 150 étudiants d’une université suisse, hommes et femmes, ont été recrutés pour se prêter à l’expérience. Leur mission : faire le discours le plus convaincant possible, devant public, pour s’opposer à une hausse des droits de scolarité. Les chercheurs ont eu recours à l’environnement contrôlé de la réalité virtuelle pour s’assurer que le décor et les réactions de l’auditoire seraient identiques pour tous les tribuns. Munis d’un casque de visualisation, les sujets ont fait leur exposé dans une salle virtuelle où avaient pris place 12 spectateurs.


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Les conditions étaient donc les mêmes pour tout le monde… à un petit détail près. Certains sujets ont prononcé leur allocution dans une salle aux murs vides, d’autres voyaient, sur le mur du fond, une photo d’un politicien en train de s’exprimer à un micro, soit Hillary Clinton, Angela Merkel ou Bill Clinton. Chaque discours a été chronométré, filmé, puis soumis à des juges indépendants qui en ont évalué l’efficacité (sans connaître l’objectif réel de l’expérience). À la suite de l’exercice, les orateurs eux-mêmes ont aussi noté leur propre prestation.

Photo: AP Photo/Michael Sohn
La chancelière allemande Angela Merkel. (Photo: AP Photo/Michael Sohn)

Avis aux politiciennes en herbe : gardez à portée de main la photo d’une femme politique de cette trempe. Rien qu’en étant exposées à leur image, les participantes ont absorbé une dose de leur aplomb, et reproduit une part de leur succès.

On sait que les femmes ont tendance à être plus effacées que les hommes en public ou dans des contextes professionnels ; on le constate entre autres au fait qu’elles parlent moins longuement qu’eux. Dans cette expérience-ci, comme à l’habitude, les femmes ont fait plus court que les hommes… mais seulement si elles faisaient face à un mur dénudé ou à l’effigie de Bill Clinton. Il n’y avait aucun écart entre les sexes lorsque c’était l’image d’une politicienne qui était affichée. Les femmes ont alors osé prendre plus de place : leurs discours se sont allongés de 24 % sous l’effet de la photo de Hillary Clinton et de 49 % grâce à celle d’Angela Merkel.

Après leur prestation, les oratrices qui avaient pris la parole face à une des deux femmes d’État se sont aussi dites plus satisfaites d’elles-mêmes que celles qui avaient discouru devant Bill Clinton ou un mur blanc. De plus, leurs discours ont été jugés meilleurs par des évaluateurs externes, tant du point de vue de la structure des arguments que sur le plan de la posture et de la voix.

Fait intéressant, la présence ou non d’un modèle masculin ou féminin n’a eu aucune influence sur les allocutions des hommes. Peu importe ce qui était visible sur le mur du fond, ils ont disserté tout aussi longtemps et avec autant de conviction, sans doute parce que leur monde est déjà peuplé de leaders qui leur ressemblent.


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D’autres chercheurs avaient déjà démontré les bienfaits des modèles féminins dans le domaine scolaire. Dans les matières traditionnellement masculines, comme les maths et les sciences, les filles obtiennent de meilleures notes lorsque leur prof est une femme, par exemple. Ioana Latu est l’une des premières scientifiques à avoir examiné ce phénomène dans la sphère politique. « Le manque de modèles féminins forts crée un cercle vicieux, écrit-elle, parce que si les femmes n’accèdent pas à des postes de pouvoir, elles ne peuvent pas devenir des modèles à suivre pour les plus jeunes. Heureusement, comme le montre notre étude, en prenant pour modèles des politiciennes qui ont réussi, les femmes peuvent surmonter l’effet paralysant des stéréotypes négatifs. »

Imaginons un monde où l’effigie de la présidente des États-Unis tapisserait le paysage médiatique. Ce monde transmettrait, comme par osmose, une dose de confiance, d’audace, de sang-froid aux femmes qui aspirent à des rôles d’autorité. Imaginons maintenant un monde où les femmes ne sont plus systématiquement la minorité parmi les chefs de file qu’on célèbre, les experts qu’on interviewe, les artistes qu’on honore, les têtes d’affiche des médias, des galas, des festivals, des conférences. Ces formes de reconnaissance ne sont pas que des reflets neutres de la réalité ; elles façonnent activement les leaders de demain.

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8 commentaires
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Il aurait fallu faire le même test avec la photo de Mme Tatcher. Facile de déduire que l’effet est positif si les leader(e)s ont une image positive ce qui est le cas de Mme Clinton et Merkel mais non pour M Bill Clinton où Mme Tatcher. Bizarre que cette hypothèse n’est pas été envisagée par les chercheur(e)s.

Pour autant que j’aie bien compris le message de madame Clinton. Son objectif n’est pas de changer la vie des femmes pour le mieux. C’est plutôt d’offrir à tous américains une bonne gouvernance, tout en s’assurant d’un bon fonctionnement des institutions. C’est de faire de l’État un partenaire de qualité pour aider les gens, tous les gens à réaliser ce qui pour eux est le mieux.

Il n’existe pas à ma connaissance une condition féminine versus une condition masculine. La condition de l’espèce humaine est très variable partout sur la planète. L’État d’une manière générale ne peut pas tout pour soulager les gens des vicissitudes de leur condition.

L’État dans le meilleur des cas, peu aider les gens à supporter le fardeau de la vie. D’une manière général, l’État doit se préoccuper en priorité des plus vulnérables de la société. Cette réalité n’est pas à proprement parler sexuée.

Il y a huit ans, lorsque Barack Obama était en campagne électorale. Nombre de gens pensaient que la venue d’un président en partie issu de la communauté noire, allait complétement changer les choses. Au fond l’Amérique après presque 8 ans passés avec Obama, cette Amérique n’a pas tellement changé par rapport à ce qu’elle était sous George W Bush.

Penser que le retour de madame Clinton à la Maison Blanche soit une révolution. Tout cela me semble improbable. J’ai pour cela une explication simple qui valait pour Obama et qui vaudra tout autant pour madame Clinton, l’explication se résume à deux mots : Constitution & Institutions.

Quant à cette magnifique expérience « scientifique » que vous relatez, c’est un fait connu que les images, l’environnement et les gens qui nous entourent ont une influence sur ce que nous faisons. Je conçois qu’on ne tient pas exactement le même langage suivant qu’on regarde en face l’image de Bouddha ou celle d’Adolphe Hitler. Le Pape Jean-Paul II se disait quant à lui inspiré par la Vierge Marie. La psychologie nous enseigne que l’image entre autre de la mère influence les garçons. Dans de très nombreuses familles, le leader naturel, c’est la mère. Il faudrait donc bien comprendre la méthodologie de l’étude pour pouvoir tirer des conclusions.

Si on envisage cette étude froidement, je devrais déduire que lors des débats de Donald Trump face à Hillary Clinton. La seule vue de cette dame pourrait décupler les talents d’orateur de Donald Trump (s’il est sensible à l’image des femmes). Tandis que madame Clinton face à cet individu devrait alors faire une bien piètre prestation. Puisqu’en tant que femme elle serait plus influençable négativement par son adversaire….

Pas trop intéressante, ni très valorisante, ni trop motivante, ni très encourageante cette étude « scientifique » pour les supporters du Parti démocrate. En lisant cet article, je comprends désormais beaucoup mieux pourquoi Donald Trump entend s’attirer les bonnes grâces et les votes des électrices et électeurs de Bernie Sanders. Heureusement que je ne vote pas aux USA, car après cette édifiante lecture, voter pour Hillary Clinton, je pense que désormais j’y repenserai comme plutôt à deux fois.

N’empêche monsieur Drouginsky, moi je dis à mon mari depuis le début de cette campagne que ce sera madame Clinton qui sera élue grâce à monsieur Trump.

JE CONSIDÈRE CETTE FEMME INTELIGENTE, AVEC UN FON JUGEMENT, DE PLUS CE SERAIT DU 2 POUR 1 AVEC SON MARI « BILL CLINTON »

Non ça ne changera pas le monde! C’ est une leader née, qui a gravit les échelons politiques comme tous les autres mâles qui l’ on fait auparavant ! Les Meir, Thatcher,Merckel, Gandhi ect… Sans compter des reines à travers les âges comme la reine Victoria par exemple! Non Les USA est un pays démocratique qui défend les libertés d’ expressions et individuelles de toutes les personnes à travers le monde ! Avec le principe d’ égalité; que se soit des noirs des hispaniques, des femmes , ce pays a droit a une femme comme présidente tout comme il a eu droit a un premier noir !

Votre étude ( Suisse )me semble aucunement significative ! Le comportement humain que ce soit homme ou femme face à un leader est toujours le même! On s’ accroche à un leader !

Hillary Clinton, Angela Merkell et Pauline Marois portent toutes le pantalon
Y’a-t-il une raison spéciale?

Parce que c’est plus confortable et met toute l’emphase sur le visage et non sur le corps, les jambes. Ce pourquoi les hommes le portent aussi. Pour ne pas qu’on les juge sur leur corps seulement.