Une visite des universités techno

Des télévoteurs pour répondre aux questions du prof, des cours en baladodiffusion, des simulations plus vraies que nature. Bienvenue dans les universités de la génération « piton ».

McGill

Plus vraiment besoin d’apporter de crayon ni de papier en classe : l’ordinateur portable est devenu l’élément incontournable du sac à dos des étudiants universitaires.

Le clicker, ou télévoteur, est un objet familier pour les étudiants de l’Université McGill. En un clic, ce petit appareil permet de répondre aux questions à choix multiples posées par le professeur. Les solutions s’affichent sur des écrans géants, indiquant le pourcentage d’étudiants qui ont bien ou mal répondu. Cela permet au prof de rectifier le tir et de revenir sur une notion mal comprise. Et aux étudiants de ne pas s’endormir pendant le cours !

Tous les cours d’Ariel Fenster, professeur de chimie à McGill, sont enregistrés, et les étudiants peuvent les réécouter à leur rythme en ligne ou les télécharger dans leur lecteur MP3. Ce qui change la dynamique de la classe. « J’ai toute leur attention, car ils ne sont pas uniquement préoccupés par la prise de notes, dit-il. Ça permet de passer plus de temps à faire des démonstrations. » Ici : Fenster fabrique de la fibre de nylon devant un auditoire allumé.

Oubliez les bibliothèques sombres et austères ! À la Cyberthèque de McGill, la lumière jaillit de partout, y compris dans les locaux vitrés réservés au travail d’équipe. Ouvert en 2008, l’endroit est doté d’un équipement technologique de pointe, depuis la connexion sans fil jusqu’aux écrans au plasma et à cristaux liquides, auxquels on peut brancher son portable.

La Cyberthèque offre de multiples locaux confortables et décontractés pour étudier en groupe ou en solo.

Assis par terre sur des coussins ou affalés sur les banquettes – aucune position n’est interdite à la Cyberthèque !

HEC

À la salle des marchés Financière Banque Nationale, de HEC Montréal, on propose des séances de simulation de négociation avec les données financières nationales et internationales. Les étudiants plongent ainsi dans l’ambiance réelle des établissements financiers et font rapidement des liens entre la théorie et la pratique.

Dans la salle des marchés Financière Banque Nationale, de HEC Montréal, professeurs et étudiants travaillent sur des panneaux ACL interactifs. Grâce à un stylet faisant office de souris, le professeur peut écrire directement sur l’écran et transmettre les explications et notes de cours dans l’ordinateur des étudiants. Contrairement au tableau noir et à la craie qu’on efface, tout peut ensuite être sauvegardé. Ici : Tolga Cenesizoglu, professeur adjoint au Service de l’enseignement de la finance.

Université Laval

Au Centre Apprentiss, de la Faculté de médecine de l’Université Laval, les futurs professionnels de la santé s’entraînent sur des mannequins-patients high-tech. Alités dans des salles imitant celles d’un hôpital, ces « malades » réagissent comme des humains aux médicaments et aux traitements qui leur sont donnés. Soumis à des situations extrêmes mais sans danger pour quiconque, les étudiants acquièrent une confiance et des compétences qui leur seront précieuses lorsque surgiront de complications réelles. Sur cette image : comme dans une vraie salle d’opération, un drap sépare le champ opératoire (à gauche) de l’aire de travail de l’anesthésiste (à droite).

Dissimulé derrière un miroir sans tain, l’instructeur observe le travail de l’équipe médicale depuis la salle de contrôle. Il fait réagir le patient – chute du pouls, hémorragie… – à volonté, en fonction des objectifs pédagogiques. La salle de simulation est équipée de caméras qui permettent d’enregistrer chaque étape du travail des étudiants. L’instructeur pourra ensuite corriger les erreurs commises et apporter les explications nécessaires.

Sur la main presque réelle de ce mannequin, un « neurostimulateur » permet de mesurer le degré de paralysie sous anesthésie générale, tandis qu’une sonde de saturométrie mesure le taux d’oxygène dans le sang.

Dans cette fausse salle d’urgences, l’équipe médicale s’affaire à soutenir la respiration d’un « patient » dont l’état se détériore. Une étudiante (au milieu) ventile le mannequin à l’aide d’un sac de réanimation, tandis qu’une autre (à gauche) s’assure que cette ventilation est efficace.

Victime d’un arrêt cardiaque, le « patient » doit être réanimé. On charge le défibrillateur pour lui donner un choc électrique et faire repartir son cœur. Contrairement à un véritable patient, le mannequin peut recevoir autant de chocs que nécessaire pour que les futurs professionnels de la santé se familiarisent avec la procédure de réanimation. Ici : l’étudiant tient les « palettes » qui serviront à provoquer le choc, tandis que l’étudiante vérifie le rythme cardiaque du patient sur l’écran du défibrillateur.

Cette « tête d’intubation pédiatrique » permet aux futurs médecins de s’entraîner à introduire un tube dans la trachée d’un bébé afin de lui procurer une respiration assistée. Cette tête permet également de pratiquer plusieurs techniques, comme la ventilation au masque.

Dans beaucoup de classes, les étudiants n’ont pour seul équipement qu’un ordinateur portable. Parfois indispensable pour suivre le cours, cet outil est aussi souvent employé pour clavarder dans Facebook… S’ils sont nombreux à s’être accoutumés à la chose, certains profs n’en déplorent pas moins la difficulté d’enseigner à un mur d’ordinateurs portatifs… Ici : la salle IBM du pavillon Palasis-Prince, de la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval.

Longueuil

Le « campus vertical » de l’Université de Sherbrooke à Longueuil accueillera ses premiers étudiants en janvier 2010. L’architecture audacieuse de ce bâtiment de 16 étages comprend, notamment, quatre « zones d’études » : des blocs vitrés qui forment une légère excroissance à chaque coin de l’édifice (on en voit trois sur la photo). Dans ces locaux lumineux, les étudiants pourront travailler ou se détendre. Misant sur le partage et la collaboration entre les différents domaines, ce campus abritera toutes les disciplines en un même lieu. Un toit vert complétera l’ensemble, accessible aux étudiants et aux enseignants.