Val-d’Or: les chiffres d’une crise annoncée

Les femmes autochtones comptent pour 16 % des femmes assassinées et 11 % des femmes disparues au Canada de 1980 à 2012.

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Photo : F. Chartrand / PC

Les récentes révélations de l’émission Enquête, de Radio-Canada, sur les abus envers les femmes autochtones par des policiers de la Sûreté du Québec à Val-d’Or, braquent de nouveau les projecteurs sur les conditions de vie difficiles des femmes des Premières Nations. Des chiffres pour comprendre.

16 %

Les femmes autochtones comptent pour 16 % des femmes assassinées et 11 % des femmes disparues au Canada de 1980 à 2012… alors qu’elles ne représentent que 4 % de la population féminine.

13 %

des femmes autochtones de 15 ans et plus ont déjà été victimes d’un crime violent (agression sexuelle, vol qualifié ou voies de fait). C’est presque trois fois plus que chez les femmes non autochtones.

66 %

Les deux tiers d’entre elles sont âgées de 15 à 34 ans.

50 %

Seules la moitié des femmes autochtones trouvent que la police répond rapidement aux appels, qu’elle traite les gens de façon équitable et qu’elle fait ce qu’il faut pour faire respecter les lois.

50 %

C’est le pourcentage des femmes autochtones violentées par un conjoint ou un ex qui disent craindre pour leur vie. Les femmes autochtones sont plus susceptibles que les autres de subir de la violence conjugale, et leurs blessures sont plus sérieuses.

 

Sources: GRC, Statistique Canada

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Le chiffre de 13% de femmes violentées ne représente que la pointe de l’iceberg car ce sont les chiffres de la GRC et la grande majorité des victimes ne signalent pas ces crimes aux corps policiers. La réalité est malheureusement plus tragique et ayant vécu en milieu autochtone je peux dire que plus de la moitié des femmes autochtones (dans certains endroits ce sont au-delà des ¾) ont été à un moment dans leur vie les victimes de violence. Elles ne vont pas aux autorités parce qu’elles craignent autant la police que les auteurs d’agressions, à tort ou à raison. De plus, signaler le crime implique qu’elles vont devoir témoigner devant les tribunaux et chez les autochtones c’est souvent incompatible avec la culture – on ne parle pas en public contre quelqu’un, c’est inapproprié. Faut aussi comprendre que dans les collectivités autochtones, la majorité des gens se connaissent très bien et les familles ont vécu ensemble pendant toute leur vie. Enfin celles qui en ont assez et vont à la police pour signaler le crime, souvent changent d’idée avant d’aller témoigner en cour car ça prend tellement de temps que la communauté a traité de l’affaire à leur manière et il est mal vu d’aller rouvrir les plaies plusieurs mois, voire années, après que le tout ait été « réglé ». D’ailleurs, si finalement le délinquant est condamné, c’est généralement une peine de prison qu’on lui impose et pour la majorité d’entre eux, ce concept ne correspond à rien et ils font leur « temps » comme si c’était un voyage… Ça n’aide en rien la victime sauf pendant le temps que le délinquant est parti mais il finit toujours par revenir… C’est tout le système judiciaire, de la police aux tribunaux, qui ne fonctionne pas en milieu autochtone et qui ne réussit pas à traiter de ces crimes et à réduire la récidive, devenant très souvent la mouche du coche…