Violence au hockey : Dryden se lance dans la mêlée

Le député fédéral Ken Dryden, ex-gardien de but étoile du Canadien de Montréal, passe à l’offensive et dénonce la violence au hockey.

Violence au hockey : Dryden se lance dans la mêlée
Photo : A. Wyld / PC

Dans un essai publié à la mi-mars dans de grands quotidiens du pays, il fustige l’attitude de la LNH en matière de coups à la tête. Dans 50 ans, dit-il, les gens se demanderont : comment avons-nous pu être si stupides ?

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Depuis que vous êtes député, vous refusez de parler hockey. Pourquoi prendre la parole maintenant ?

J’y pensais depuis des mois, bien avant les blessures de Max Pacioretty et de Sidney Crosby. J’ai beaucoup lu sur les effets dévastateurs des commotions cérébrales. La position de la LNH dans ce dossier me rappelle l’attitude inconsciente que nous avons longtemps eue à l’égard du tabagisme ou de la conduite en état d’ébriété. Il est temps d’agir.

Que devrait faire la LNH ?

D’abord, ne plus tolérer les mises en échec quand les joueurs n’ont pas la rondelle. Elle devrait aussi tenir des états généraux sur la violence, auxquels participeraient des experts en commotion cérébrale, à la fois pour mieux l’informer des risques et la conseiller sur les mesures à prendre. La LNH doit savoir que le public et les politiciens n’accepteront pas son inaction.

Le hockey est un sport de contact. Les blessures ne font-elles pas partie du jeu ?

Il y aura toujours des collisions au hockey. Mais on doit tout faire pour en réduire les répercussions sur la santé. Le jeu est plus rapide et les joueurs sont plus gros qu’avant. Les risques de blessure sont donc plus grands.

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LES COMMOTIONS CÉRÉBRALES EN CHIFFRES

(par Vincent Destouches)

Depuis l’automne 2006, les joueurs de la LNH ont subi pas moins de 380 commotions cérébrales. Et le nombre annuel de commotions augmente continuellement. Il est passé de 72 il y a cinq ans à 82 lors de la dernière saison. Cette année seulement, alors qu’il reste encore quelques semaines au calendrier avant les éliminatoires, 79 cas ont été recensés.

Selon la LNH :

44 % des commotions sont la conséquence d’une mise en échec « permise » ;

26 % sont attribuées à un accident ;

17 % résultent de coups à la tête, interdits ;

8 % sont apparues à la suite d’un combat ;

5 % n’ont pu être expliquées en raison de l’absence de bande vidéo.