Vivre à Montréal dans les années 1960

Il n’y a pas que les esprits qui ont changé au cours de cette plaque tournante qu’ont représentée les années 1960. Le visage de Montréal, la métropole de la province, s’est aussi transformé.

Les années 1960 sont synonymes de profondes transformations. De bien des manières, le Québec a plongé dans la modernité durant cette décennie. C’était l’époque de la Révolution tranquille, de l’évolution (voire de la révolution) du paysage urbain.

«C’est le temps que ça change» était d’ailleurs le slogan de campagne du Parti libéral du Québec de Jean Lesage, qui remporta l’élection générale en 1960. Une date cruciale dans l’histoire de la province, selon Phyllis Lambert, directrice fondatrice émérite du Centre canadien d’architecture (CCA).

«L’on peut, sans contredit, affirmer que le Québec moderne naît le 22 juin 1960, avec l’élection à la fonction de premier ministre de Jean Lesage. Son programme politique, qui est au cœur de la Révolution tranquille, s’inscrit comme un pas décisif contre le statu quo», a-t-elle écrit en 2004, en préambule de la publication Les années 1960: Montréal voit grand.

Et les choses ont bel et bien changé, grâce à des réformes politiques, mais aussi des chantiers sociaux et culturels novateurs. Pour Phyllis Lambert, il s’est alors effectué une rupture avec le passé pour «créer une société moderne non rurale, non sacrée, et sortie de ses mythes».

Cela s’est notamment traduit par une augmentation substantielle du taux de fréquentation scolaire des jeunes de 19 à 24 ans, qui est passé de 4 % en 1960 à 9,5 % 10 ans plus tard. Ce taux n’a cessé de grimper, pour atteindre 49,9 % en 2012.

Il n’y a pas que les esprits qui ont changé au cours de cette plaque tournante qu’ont représentée les années 1960. Le visage de Montréal, la métropole de la province, s’est aussi transformé. Cela a commencé le 23 janvier 1960 avec l’ouverture du boulevard Métropolitain. D’autres l’ont suivi: le pont Champlain (1962), la Place Ville-Marie (1962), la Place des Arts (1963), l’immeuble de la Bourse (1964), le métro (1966), le pont-tunnel Louis-Hippolyte-Lafontaine (1967), l’autoroute Bonaventure et l’autoroute Décarie (1967), le Westmount Square (1967) ou encore la Place Bonaventure (1968).

Assez pour déboussoler n’importe quel Montréalais. Ce fut le cas de l’écrivain Mordecai Richler, qui en a témoigné dans The Street (1969):

«Regagnant Montréal dix-neuf ans après, à l’été 1967 (l’été de notre glorieuse Expo), au retour par avion de Londres la démodée via New York la délabrée, je fus frappé par la prospérité de la ville. […] J’y entrai par des autoroutes à voies superposées qui plongeaient ici, surgissaient là, débouchant sur un îlot de prospérité, un centre-ville hérissé d’immeubles de rapport et d’hôtels, ces derniers si neufs d’aspect qu’on les eût cru sortis de leurs caisses la nuit précédente. La Place Ville-Marie. Le métro. L’île Notre-Dame. Habitat [67]. La Place des Arts. Cette corne d’abondance ne pouvait être la ville où j’avais grandi et que j’avais désertée.»

C’était il y a un demi-siècle. Les uns sont nostalgiques d’une époque où tout était possible. Les autres sont fascinés par le mode de vie, le style et le design dont ils ont été témoins dans des téléséries comme Mad Men. Notre galerie «Montréal, il y a 50 ans» avait d’ailleurs connu un vif succès, voilà deux ans. Grâce aux archives de photos que la Ville de Montréal ne cesse d’alimenter, tout le monde peut facilement replonger dans les années 1960.

Voici un petit retour en arrière. Pour une plus grande immersion encore, rendez-vous sur la page Flickr des Archives de la Ville de Montréal.

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      4 commentaires
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      J’aurais pu être sur la majorité de ces photos… Quel beau voyage dans mes souvenirs. Merci.

      Version un peu câlinours du Montréal des années 60 . Où sont les images de la pauvreté de certains quartiers ?
      Moedecai , y peut ben allez au diable , lui ! Un autre aspect passé sous silence dans ce réconfortant portrait
      d’un certain Montréal des années 60 : rien ne souligne l’affichage anglophone omniprésent . . .

      Je ne peux que vous donner raison…

      Richler restera toujours le pire Francophobe que nous avons eu au Québec !

      Votre fanatisme vous aveugle…

      Mordecai Richler est l’un des plus grands auteurs québécois, comparable à Michel Tremblay (plus provocateur mais très descriptif de nos travers, tout comme Tremblay). Un grand Québécois!!!

      La « pauvreté » (toute relative…)? Elle a toujours existé et elle existera toujours; d’ailleurs, ça fait plus de 55 ans que les gauchistes essaient de l’endiguer au Québec à l’aide de lois et de règlements (il y a même une loi québécoise contre la pauvreté…aussi bien voter une loi contre la mauvaise température!) et ils ont lamentablement échoué.

      Dans les années ’60, avant la venue du PQ, Montréal était la métropole du Canada et elle rayonnait à l’international. C’était la ville la plus enviée de notre pays, le Canada et elle était en effervescence à tous les points de vue.

      On donnerait cher aujourd’hui pour reprendre cette place brillante que nous a fait perdre le PQ et la gauche.