Vivre quelques heures dans la peau d’un Noir

Combattre le racisme au moyen de la réalité virtuelle? L’expérience sera tentée en septembre.

Illustration: Sarah Mackinnon et Richard Redditt
Un aperçu de ce qu’un participant peut voir à l’aide d’un casque de réalité virtuelle. (Illustration: Sarah Mackinnon et Richard Redditt)

En 1959, John Howard Griffin a utilisé des médicaments et des lampes à rayons ultraviolets pour rendre sa peau plus foncée. Il a ensuite voyagé dans le sud des États-Unis et a raconté son périple dans son livre: Dans la peau d’un Noir. Aujourd’hui, n’importe qui peut modifier sa perception de la réalité grâce à la technologie appelée «changement virtuel de corps».

Dès septembre, des chercheurs de l’Université Columbia, à New York, et du Laboratoire d’interactions humaines virtuelles de l’Université Stanford, en Californie, équiperont des personnes de race blanche d’un casque de réalité virtuelle et d’une combinaison de saisie de mouvements. Lorsque ceux-ci regarderont leur corps, ils verront des bras et des jambes noirs. C’est donc dans la peau d’un Noir qu’ils s’immergeront dans une simulation de la vie à New York, comme s’ils jouaient à un jeu vidéo. «À Harlem, ils verront une quantité considérable de policiers sur un coin de rue lors d’un samedi après-midi habituel», dit Courtney Cogburn, professeure adjointe en travail social à l’Université Columbia. La marche virtuelle entre les quartiers Harlem et Soho se fera dans un laboratoire de cet établissement. L’environnement virtuel sera conçu par une entreprise d’animation selon les consignes de l’équipe de Cogburn. Cette dernière ne peut toutefois pas encore dire si les Noirs y subiront des formes flagrantes de racisme ou d’autres types d’agressions de la part des personnages Blancs. Les participants prendront conscience «du racisme ambiant. Il est perceptible.»

Cogburn croit que les employeurs, les écoles et, plus important encore, les forces policières pourraient utiliser cette technologie pour aider les Blancs à mieux comprendre le racisme systémique. Le changement virtuel de corps a déjà prouvé son efficacité ailleurs dans le monde. En Europe, des chercheurs ont découvert que les Blancs s’identifient rapidement à leur avatar noir. «Les gens ne disent pas: “Wow, j’ai un corps noir!” commente Mel Slater, professeur de sciences informatiques au University College de Londres. Ils acceptent simplement leur nouveau corps. Slater s’attendait à observer des réactions plus prononcées, mais «ce qui est le plus intéressant, c’est que rien d’intéressant ne s’est produit». Soumis à un test d’association, une fois l’expérience terminée, les participants avaient tout de même moins tendance à associer aux Blancs certains mots comme «amour» et «mauvais».


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Une autre étude faisant appel aux avatars a été menée à Stanford en 2006. Cette fois, des chercheurs ont placé des gens d’âge mûr et des jeunes dans des avatars ressemblant à des versions plus vieilles d’eux-mêmes. Ils pouvait regarder leur corps vieilli et se déplacer dans une salle virtuelle vide. Après l’expérience, les participants montraient moins de préjugés envers les personnes âgées et étaient plus enclins à économiser pour leur propre avenir.

Le changement virtuel de corps fait croire au cerveau du participant que le corps du personnage qu’il voit dans ses lunettes de réalité virtuelle est bien le sien. «Le cerveau n’aime pas l’incertitude ou la confusion, dit Slater. Il tente de trouver des réponses, et la plus simple qu’il puisse formuler est que c’est son corps.»

Des conflits d’éthique pourraient survenir. Mel Slater dit que le changement virtuel de corps fonctionne mieux lorsque les participants ne sont pas conscients de l’intention d’augmenter l’empathie entre les races. Des employés blancs pourraient apprendre à faire cuire des boulettes de hamburgers ou à remplir des sacs d’épicerie alors qu’ils incarnent des avatars noirs. «Il est préférable que l’objectif ne soit pas explicite, dit Slater. Mais si on modifie sournoisement l’attitude des gens, certaines personnes y décèleraient des conflits d’éthique.»


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Les critiques soutiennent que les gens pourraient mieux accroître leur empathie en passant du temps avec de vraies personnes d’ethnie différente. Dans les jeux vidéos, l’attribution de personnages appartenant à des groupes raciaux variés a plutôt empiré les préjugés en donnant aux joueurs l’impression d’être menacés. Lorsque le développeur du jeu d’aventure et de survie Rust a récemment décidé d’attribuer un personnage noir aux joueurs blancs, des amateurs ont publié des commentaires racistes et rageurs sur des blogues. «Si mon personnage est noir, disait l’un d’eux, je demande un remboursement.»

Courtney Cogburn affirme que le changement virtuel de corps ne devrait pas remplacer les vraies interactions, mais plutôt s’y ajouter, puisque de nombreux Américains ne passent probablement pas beaucoup de temps avec des personnes d’autres ethnies. Contrairement à l’expérience de John Howard Griffin, Cogburn dit que son initiative a pour but d’aider les gens à constater la présence du racisme. Ceux qui tentent l’expérience n’ont rien à craindre lorsqu’ils marchent dans différents quartiers de New York, avec ses policiers et tout le reste. «Il s’agit d’une vision indirecte de ces réalités, dit Cogburn. Ça ne vous arrive pas réellement, et c’est le but.»

Cet article a été adapté de Maclean’s.

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Nous pourrons faire tous les simagrés et simulation que l’on veut, ce n’est qu’un effet presque placebo qui s’installe que temporairement. Ce que l’on ne dit pas dans cet article concernant la simulation sur l’âge des participants. En fait, cette recherche fut une échec. Il s’agit de mentalité et de pouvoir. Les pouvoirs consentits aux policiers qui agissent comme de petites mafias dont un très grand nombre de villes de toutes importances ont perdu le contrôle depuis des lunes.

Il n’y a que quelques villes américaines où il y eut des purges telles que New-York (1978, 1990, 2002) New-Orléans (1984, 1994, 2013) mais Los-Angeles, Detroit, Philadelphie, Baltimore, Dallas, Houston, et Washington qui est la pire de toute sont des pièges à crâbes qu’il faut éviter. La SQ et la ville de Québec sont au top du palmares des plaintes (qui soi disant ne représentent que 10% des délits) de la Commission de police qui est prédisé par nul autre que DEUX AGENTS DE LA SQ et un citoyen qui se la ferme bien TIGHT.

Lorsque le temps viendra, et il n’est pas très loin, ce sont eux qui se feront enfourcher les premiers.

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